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  • 1 - Disparus en laissant des traces.

    Image https://www.lesfilmsdunord.com/traces Le Carrefour du cinéma d’animation qui se tient au forum des Images se termine ce dimanche 15 décembre avec de belles séances toutes la journée. Hier soir la dernière séance du jour présentait des courts métrages français. Parmi ceux-ci un film d’animation de 13 mn admirable ,« Traces » - mai 2919. Réalisation, Scénario : Sophie Tavert Macian, Hugo Frassetto • Animation : Hugo Frassetto, Hannah Letaïf, Nicolas Liguori, Clémentine Robach • Montage : Christian Cuilleron, Hugo Frassetto, Sophie Tavert Macian, Cyril Besse • Voix : Emilie Charbonnier, Claudio Dos Santos, Jérôme Fonlupt, Anny Vogel • Son, Musique : Fabrice Faltraue • Mixage : Nils Fauth Les réalisateurs ont souhaité raconter la genèse de la fresque de la grotte de Chauvet-Pont d’Arques ( http://archeologie.culture.fr/chauvet/fr ), raconter l’histoire de l’auteur qui a réalisé cette fresque avec une liberté d’interprétation de ces témoignages. Nous savions que l’Animation permet de synthétiser, de condenser un vivant inventé, elle nous permet ici de voyager dans le temps avec un réalisme sensible recréé à partir des oeuvres de cette grotte. L’équipe du film nous transporte dans l’univers de la chasse et de l’art pariétal , ce vivant d’il y a 36 000 ans. Quand revient le temps de la Chasse et de la Trace, Gwel prend la tête du groupe des chasseurs tandis que Karou le Traceur et son apprentie Lani partent dessiner dans la grotte monumentale. L’apprentissage de Lani pour apprendre le dessin souvent sévère et parfois brutale. Image https://www.lesfilmsdunord.com/traces Deux techniques sont utilisées : la peinture à l’huile sur verre pour créer les scènes, le sable sur verre pour ce qui est lié au dessin dans le film. Elles permettent de nous offrir cet univers austère, primitif et pourtant raffiné qui nous transporte avec force dans ce temps passé. Ce temps où la chasse permettait d’assurer ces besoins essentiels se nourrir et se vêtir. La chasse : Image http://www.studio-wasia.com/promofilms/Tra/FrTra/tra-img.html La peinture à l’huile permet la liberté de geste nécessaire pour rester proches des fresques pariétales d’un point de vue graphique tout en permettant une grande souplesse de l’animation. Le temps de séchage long de la peinture à l’huile permet de déplacer des zones très fines dans l’image, de déplacer la matière et de faire des retouches pour obtenir des petits détails raffinés. Un univers austère, brut et raffiné :Image http://www.studio-wasia.com/promofilms/Tra/FrTra/tra-img.html La deuxième technique avec le sable noir permet de recréer les fresques avec son grain et sa pureté graphique. Cette technique très adaptée aux transformations permet, avec ces métamorphoses qui animent ces fresques, d'achèver ainsi notre immersion dans ce temps recréé. Cet univers inventé et si réel, nous donne un court-métrage exceptionnel et un hommage admirable à ces créateurs qui nous ont précédé il y a 36 000 ans. A voir sur Arte TV : Le making of https://www.arte.tv/fr/videos/092888-000-A/making-of-traces/ On peut voir un extrait sur https://www.youtube.com/watch?v=k46pd-f_NbY #traces # sophietavertmacian #hugofrassetto #lesfilmsdunord #gamcaanimation

  • 52 Annecy 2023 : Prix André-Martin pour un court-métrage français ... on va se régaler ! 1er partie

    La chasse à l'arc dans la saison pourpre - Image https://www.ecrannoir.fr/2023/05/17/cannes-2023-lanimation-fait-un-peu-sa-place/ Une fois de plus Annecy nous propose une belle sélection de courts métrages français qui exprime la bonne santé de l'animation en France. Les coproductions internationales sont aussi bien présentes, comme un clin d'œil heureux aux premières Journées Internationales du Cinéma d'Animation qui initièrent un mouvement qui n'a jamais cessé de s'amplifier depuis (1). Quand on pense qu'il manque, comme toujours, quelques beaux films dans cette sélection, on ne va plus savoir ou tourner la tête pour les prix accordés au court-métrage, mère de toute les Animations. Plaignons ensemble le pauvre Jury du prix André-Martin qui va devoir trancher devant tant de petits bijoux singuliers tandis que nous pourrons tranquillement savourer avec gourmandise ce programme de courts-métrages. D'ici le début du festival, GAMCA va proposer de mettre en lumière quelque uns de ces films. Aujourd'hui petit coup de projecteur sur un nouveau film réalisé sur "l'épinette" de Claire Parker et Alexandre Alexeieff ,"le stradivarius de l'écran d'épingles", instrument inventé et construit dans les années 30 puis perfectionné par cette ingénieure et ce graveur d'origines qu'étaient Claire Parker et Alexandre Alexeieff jusque dans les années 70. Il y a aussi beaucoup d'émotions à voir ce nouveau film sur l'écran d'épingles qui a fait l'objet d'une résidence à Bois d'Arcy au CNC où se trouve l'épinette et d'une résidence de mentorat à la Cinémathèque Québécoise sous le regard du regretté Jacques Drouin. On pense aussi à Michèle Lemieux qui a également contribué à passer le flambeau du "jeu" sur l'écran d'épingles, cet instrument si particulier. Si de nouveaux acteurs s'affairent a prolonger la vie et l'évolution de cet instrument si singulier et de ses pratiques, un nouveau film d'animation sur l'épinette constitue toujours une naissance rare (2). La saison pourpre France 2023 10' RÉALISATION : Clémence Bouchereau SCÉNARIO : Clémence Bouchereau COMPOSITING : Anne Sophie Girault IMAGE : Nadine Buss MONTAGE : Catherine Aladenise SON : Pierre Sauze, Régis Diebold PRODUCTION : Bandini Film : Rafael Andrea Soatto, Laëtitia Denis, Kévin Rousseau DISTRIBUTION : MIYU distribution Après Chloé Van Herzeele sorti en 2019 où le personnage était une vieille dame (3), Clémence Bouchereau nous montre un groupe de petites filles nues qui vivent dans une mangrove en chassant l'oie sauvage avec un arc. Les petites filles de la saison pourpre : image https://cinemobile.ciclic.fr/la-saison-pourpre-de-clemence-bouchereau-0 Alors que le son du film, en l'absence de tout dialogue, nous plonge dans une réalité aqueuse et animalière, Clémence Bouchereau a voulu dépeindre ces corps de manière furtive; les silhouettes se révèlent dans un mouvement avant de disparaître au profit de la flore et de la faune. Notre créatrice a réussi a dompter l'écran d'épingles pour nous offrir de délicates esquisses décrivant la vie quotidienne de ces petites filles en nous baignant dans la poésie d'un beau chant sans parole sur la puberté. Les petites filles et les nénuphars. Image : https://ciclic-animation.com/actualites/new-project-residence-crimson-season-clemence-bouchereau A lire l'interview de Clément Bouchereau sur la réalisation de ce film et ses deux ans de travail en solitaire pour réaliser le film sur l'épinette (4). A ne pas manquer au Festival d'Annecy du 11 au 17 juin ! On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=vq6TPAU6TUY Et on peur voir le film sur la chaîne youtube Bang Bang - A shot of shorts : https://www.youtube.com/watch?v=ktgICeio98I Depuis la parution intiatiale de cet article, le film a obtenu le prix André Martin pour un court métrage à Annecy en 2023 (5). (1) Genèse du festival d'Annecy 3 : Des journées internationales pour le cinéma d’animation https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/gen%C3%A8se-du-festival-d-annecy-3-des-journ%C3%A9es-internationales-pour-le-cin%C3%A9ma-d-animation (2) Jacques Drouin, l'apporteur d'épingles (1943-2021) : passion et transmission. https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/jacques-drouin-l-apporteur-d-%C3%A9pingles-1943-2021-passion-et-transmission (3) Chloe Van Herzeele : une plongée patrimoniale https://www.gamca.info/post/chloe-van-herzeele-une-plongée-patrimoniale (4) « La Saison pourpre » : rencontre avec Clémence Bouchereau autour de l’écran d’épingles du CNC https://www.cnc.fr/cinema/actualites/la-saison-pourpre---rencontre-avec-clemence-bouchereau-autour-de-lecran-depingles_1957707 (5) 58 Prix André-Martin 2023 court-métrage : La saison pourpre de Clémence Bouchereau https://www.gamca.info/post/prix-andré-martin-2023-court-métrage-la-saison-pourpre-de-clémence-bouchereau #clemencebouchereau #lasaisonpourpre #Bandinifilms #annecyfestival #prixandremartin #gamcaanimation

  • 118 L'association "Gamca Animation" est née ! Vive l'animation !

    Présentation des projets avec l'Institut Sainte-Geneviève. Photo Florentine Grelier L'association culturelle "GAMCA Animation" a été officiellement enregistrée le 15 septembre 2025. GAMCA est une contraction de "Geneviève et André Martin des Communications Animées". Le mot animation a été accolé afin de faciliter les recherches dans les moteurs de recherches internet. Cette association a pour but de promouvoir le cinéma d'animation et prend en charge le site GENEVIÈVE ET ANDRÉ MARTIN : DES COMMUNICATIONS ANIMÉES qui existe depuis 2019. Les deux premiers projets en tant que personne morale se font avec l'Institut Sainte-Geneviève et les étudiants de 2e année en DNMADE Cinéma d'Animation avec deux sujets sur lesquels GAMCA Animation aura l'occasion de revenir. C'est pour GAMCA Animation l'opportunité de : Participer à deux projets pédagogiques et de transmettre aux plus jeunes des éléments historiques importants qui ont construits "le cinéma d'animation" en France et à l'international sur 50 ans d'histoire du cinéma d'animation; Préparer quelques surprises pour l'anniversaire du centenaire de la naissance d'André Martin né le 31 décembre 1925 et que GAMCA Animation fêtera tout au long de l'année 2026. Mariane Pinel, enseignante à l'Institut Sainte-Geneviève, et Clément Martin, président de GAMCA Animation, présentent le premier projet aux étudiants. Photo Florentine Grelier A suivre ! André Martin chez lui en 1977. Photo Clément Martin #gamcaanimation #institutsaintegeneviève #marianepinel #florentinegrelier

  • 60 - Pourquoi il faut voir le sexe de ma mère.

    Le sexe de ma mère Francis Canitrot - image La station animation https://www.linkedin.com/posts/la-station-animation_court-métrage-eli-activity-6976572709262532608-eySO/?originalSubdomain=fr Les sexe de ma mère réalisation Francis Canitrot France 2023 - 14' Direction artistique : Francis Canitrot Scénario : Francis Canitrot, Jimmy Bemon Décors : Bruno Collet Scan sculptures : Paul Parneix Modélisation personnages/props : Stéphane Gamblin, Thomas Lagana Texturing/Shading : Lina Methout Compositing : Francis Canitrot Musique : Julien Decoret Montage : Nicolas Demaison Son : Emmanuel Rebaudengo Voix : Bruno Magne : Eli Corinne Noël : Marie Jessie Lambaste : Nathalie Martial Le Minoux : Patrick Cécile Gatto : Mia Studio Personne n'est parfait : prestataire pour la fabrication des décors et le tournage Studio O2o : prestataire pour une partie de l'animation et quelques effets spéciaux. Auditorium Badje : Enregistrement des voix, montage son, design sonore, mix final. Studio Vinilix : Studio de bruitage Production : La Station Animation : Franck Samuel, Pierre Coré, Christian Ronget, Michel Cortey Distribution : Miyu distribution Le réalisateur Francis Canitrot - image https://www.festival-cannes.com/f/le-sexe-de-ma-mere/ Le Film Le film traite de la vieillesse d'une mère avec la perte d'autonomie, le poids que ça peut représenter pour les proches et l'impact sur les relations intrafamiliales en l'occurrence pour son fils. Une mère vieillissante en perte d'autonomie - Image https://www.festival-cannes.com/f/le-sexe-de-ma-mere/ On aurait pu facilement sombrer dans l'émotion convenue et résignée face à la fin de vie, ses déchéances et admirer avec compassion, voire contrition un film qui traite d'un sujet sociétal profond qui nous touche tous tôt ou tard ... Ah ! quelle tristesse ! Mais non ! Francis Canitrot nous emmène avec "le sexe de ma mère" dans un indicible scénario aussi joyeux et drôle que le sujet est lourd car le film parle aussi "de cul" ! Oui "de cul" ! :-) Le film aborde crûment et sans détour le sujet de la sexualité et du désir mais en effleurant seulement le voyeurisme tentateur de ces questions. Avec cette opposition entre le sujet pesant d'une mère physiquement diminuée, de son fils qui s'en occupe avec la charge mentale induite et du caractère intrusif de la mère à propos du sexe, le film tourne à la farce tant ce contraste est inattendu et drôle. Le film acquiert ainsi une légèreté salutaire bien qu'il n'occulte aucune facette de l'aide aux personnes âgées avec ses obligations, ses faiblesses et ses culpabilités. Eli le fils et la voisine Nathalie - image https://www.lastationanimation.com/sexe-de-ma-mere Si le sexe de ma mère est en mesure d'affairer tout un minibus de psychanalystes munis de tout aussi nombreux tamis analytiques tant le dossier est ici complet :-), Francis Canitrot "refoule" avec bonheur cette tentation grâce à une séquence surréaliste et délirante qui "exorcise" toute tentation psychanalytique ! Dans ce tour de force, le réalisateur traite avec profondeur le sujet vivace de l'accompagnement d'un parent en fin de vie tout en piétinant les convenances avec un plaisir non dissimulé et communicatif ! La musique de Julien Decoret achève de compléter une œuvre originale, tranchante et pleine de fraîcheur. Bravo ! Des références pour une création enracinée Lors de notre entretien, Francis Canitrot m'a fait part des nombreuses influences qu'on retrouve dans son film. On peut citer pour la peinture le douanier Rousseau avec le tableau dans le salon avec le personnage du père. Le fils Eli dans le salon devant le tableau rappelant les peintures du douanier Rousseau - Image Eli Court-Métrage d'animation dans ELI-20729.pdf par Francis Canitrot Ou Edward Hopper pour la guérite du parking où officie Eli. Un personnage seul dans la lumière référence à Hopper - Image https://www.lastationanimation.com/sexe-de-ma-mere Pour la musique, on peut citer Joy Division ou encore The Glove (inspiration pour la scène d’ambiance de la chambre) ou pour le cinéma, "fenêtre sur cour" d'Alfred Hitchcock ou l'œuvre du vidéaste Bill Viola. Film "Tristan's ascension" 2005 de Bill Viola lors son exposition dédiée à l’art vidéo à la Royal Academy of Arts de Londres en 2019. Image : https://www.numero.com/fr/art-design/exposition-bill-viola-michelangelo-michel-ange-royal-academy-londres-art-video#slide74459 La technique, le graphisme et l'animation Francis Canitrot qui mêle avec réussite des compétences scientifiques et artistiques fait partie de cette jeune génération de spécialistes du 3 D et des effets spéciaux dans le prolongement d'une tradition inauguré par Méliès et poursuivie par de nombreux maîtres au 20e siècle avec des trucages analogiques ou numériques. André Martin (1) aurait adoubé un tel travail d'artisan pour produire une animation 3D originale au service du propos car le réalisateur nous évite l'image 3D parfois trop habituelle avec des images dont on pressent un savant mélange entre images animés en objets animés et traitement 3D. On s'interroge d'ailleurs pendant le film s'il agit d'animation d'objets ou d'images 3D. Les techniques utilisées permettent aussi de maîtriser le budget toujours contraint dans la réalisation d'un film d'animation. Construction physique des têtes des personnages Pour rendre ces personnages proche d’un rendu de marionnettes animées image par image, le réalisateur a modelé les têtes avec des résines qu'il a peintes en acrylique une fois cuites, l'acrylique lui permettant de superposer des couches de peintures successives de la finesse d'une aquarelle aux textures avec matières. Têtes sculptées des personnages dans ELI-20729.pdf "Eli Court-Métrage d'animation" par Francis Canitrot Construction de maquettes d'éléments de de décors Les éléments de décors sont construits à l'échelle 1/12e. La numérisation permet d'économiser sur les différents éléments généralement construit à l'échelle 1/6e pour la stop-motion. Etapes de fabrication du canapé. Photos ELI-20729.pdf "Eli Court-Métrage d'animation" par Francis Canitrot dans ELI-20729.pdf "Eli Court-Métrage d'animation" par Francis Canitrot Capture 3D : La capture 3D des objets préparés se fait par photogrammétrie en lumière polarisante afin d'éliminer tout reflet pour une numérisation précise avec des couleurs fiables. Une série de clichés à des positions clefs permet de reconstituer l'objet en 3 dimensions. L’ensemble des clichés sera assemblé dans un logiciel dédié. Image : ELI-20729.pdf "Eli Court-Métrage d'animation" par Francis Canitrot. Autre exemple capture des éléments de décors ici le salon vue du face. Image : ELI-20729.pdf "Eli Court-Métrage d'animation" par Francis Canitrot. Résultat des captures et modèles pour l'animation Le résultat des captures après traitement est ensuite simplifié pour obtenir un maillage 3D animable. Image : ELI-20729.pdf "Eli Court-Métrage d'animation" par Francis Canitrot. Les bustes sont ensuite intégrés avec un modèle 3D du corps des personnages pour finaliser leur forme de base à placer dans les décors à éclairer et à animer. Idem pour les décors avant de placer avec précision les personnages, de les animer, de gérer les effets VFX et les lumières. Le corps d'Eli - Image : ELI-20729.pdf "Eli Court-Métrage d'animation" par Francis Canitrot. C'est ainsi que le réalisateur a mélangé avec bonheur l’animation 3d / VFX et la stop motion pour nous offrir ce film. Projeté à Cannes en mai en sélection officielle du court-métrage, le film a depuis été acquis par Canal+ et sera diffusé en septembre. A voir absolument ! Le film m'a trouvé mais il doit maintenant trouver son public ! Vous pouvez voir le film sur https://vimeo.com/1119107684 Remerciements : Merci à Francis Canitrot pour nos échanges et pour la fourniture des documents. (1) André Martin avait décrit l'arborescence des techniques de l'époque dans Le cinéma chez soi no 31 Novembre 1960 : "Les principes d'un cinéma à une image près." p 214 L'arbre de l'animation a bien grandi depuis 1960 ! Image Le cinéma chez soi no 31 Novembre 1960 Les principes d'un cinéma à une image près. Collection Geneviève et André Martin. Cela ne l'a pas empêché de réaliser le premier court métrage entièrement synthétique son et image 3D en France en 1982 . voir : https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/maison-vole-l-envol%C3%A9e-a-40-ans #lesexedemamere #franciscanitrot #gamcaanimation

  • 117 Plaisirs d'archives durent un moment : L'animation est morte, vive l'animation ! 1ère partie

    1979 Sunstone de Ed Emshwiller. source image : https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/c7p9LA9 C'est sous un titre aussi provocateur qu’historique, qu'André Martin lance un pavé dans la marre du Cinéma d’Animation en annonçant, dans une vision prophétique, les bouleversements qui attendent les réalisateurs et les animateurs dans un article paru en mars 1981 dans la revue Banc-Titre. Cette revue dont Thierry Steff a été le créateur et le rédacteur en chef était spécialisée dans le Cinéma d'Animation et ce numéro était consacrée aux images vidéos et numériques.   Couverture du no 16 de la revue Banc-Titre - Source collection Geneviève et André Martin Mis à part quelques “égarés”, des chercheurs (par exemple voir (1)), et des spécialistes de la publicité ou des clips musicaux, le milieu de l’animation mettra plus de dix ans avant de commencer à appréhender ce changement majeur. 1981 Un forum sur ces nouvelles images En février 1981 venait d’avoir lieu le premier forum des nouvelles images dans le cadre du festival international de télévision de Monte-Carlo qui fût un succès. Affiche du 21e festival international de télévision de Monte-Carlo. Source Image : https://www.tvfestival.com/fr/historique/1980#poster-1981 Ce premier forum était un premier aboutissement des efforts passionnés d’André Martin pour développer les nouvelles images en France face au développement extrêmement rapide aux Etats-Unis notamment. Spécialiste du cinéma, de l'animation, de la télévision et des télécommunications suite à ces années passées au Conseil de la Radio Télécommunications Canadiennes, André Martin était l’homme idéal pour rassembler créateurs, chercheurs, informaticiens et professionnels de la télévision autour de ce sujet. Son discours d’introduction marque le départ d’un forum qui pendant plusieurs années accompagnera les développements des nouvelles images en devenant un festival à part entière. Le succès sera tel qu’il jouera un rôle d'accélérateur dans la mise en place du plan image en 1983 par le Ministre de la culture Jack Lang dont l’objectif est de favoriser le développement industriel autour des nouvelles images.  C’est dans ce contexte qu’André Martin jette son pavé dans la marre en alertant les professionnels de l’animation de la révolution en cours dans la création d’images animées avec les moyens électroniques et informatiques. Qu’il s’agisse des modes de contrôles électroniques ou numériques, André Martin pose la question des outils et de leurs utilisations par les créateurs pour composer des images. Il y a débat entre les ingénieurs et les chercheurs souvent scientifiques qui créent les outils et les créateurs qui n’ont pas forcément toujours accès à une ergonomie qui favorise la création.  Ce sujet n’est pas nouveau et on a déjà vu des alliances réussies de créateurs et d'informaticiens comme Lillian Schwartz et Ken Knowlton  au laboratoire Bell dans les années 70 (2), (3). Comme à son habitude André Martin dresse dans son article un paysage encyclopédique précis sur les acteurs de ces nouvelles images et leurs œuvres  qui voient à cette époque l’Art vidéo opérer une jonction avec l’Art Numérique dans un feu d’artifice graphique. Intéressons nous à quelques créateurs cités dans l'article, ce panorama vaut le détour ! Aujourd'hui : Ed Emshiller (1925-1990). Ed Emshwiller . Source Image https://argyll.fr/la-saga-emshwiller-episode-1-ed-emshwiller/ Ed Emshwiller de l'illustration à l'animation par ordinateur Ed Emshiller a d'abord été illustrateur dans les années 50 notamment pour des revues de science-fiction Galaxy Science Fiction et The Magazine of Fantasy & Science Fiction. 1958 Couverture de World without men - Ed Emshwiller, Source image : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ed_Emshwiller 1954 09 Galaxy Couverture  - Ed Emshwiller,  Source https://tdhicks.com/2022/11/30/wonder-and-weirdness-1-ed-emshwiller/ Ed Emshwiller réalise ensuite des films expérimentaux dans les années 60 avec "Thanatopsis" en 1962, "Relativity" en 1966 ou " Image, Flesh and Voice " en 1969. Ed Emshwiler nous parle de son film Thanatopsis : "Les poses du danseur Becky Arnold créent des clignotements et des vibrations de l'image juxtaposée au visage fixe de Mac Emshwiller. Un film expérimental qui produit et décrit un état d'angoisse. Des battements de cœur et des grincements de scie sur la bande son contribuent à l'intensité de l'effet." – Ed Emshwiler, Catalogue Paris Films Coop, 1979. On peut voir le film Thanatopsis sur https://www.youtube.com/watch?v=fyOShDoUqek . et Relativity sur https://www.youtube.com/watch?v=kyncE3uy5FU Relativity - source image https://www.artnews.com/gallery/art-in-america/aia-photos/ed-emshwiller-at-lightbox/dream-dance_-the-art-of-ed-emshwiller-7/ Dans les années 70, Ed Emshwiler se lance dans l'Art vidéo comme d'autres artistes importants de l'époque : Joan Jonas, Nam June Paik et Bill Viola. Il nous offre "Scate-mates". Toujours dans un registre abstrait Ed Emshwiler crée dans une partie de film une sensation oppressante d'emprisonnement avec un jeu de cadres géométriques qui évoluent sur un nuage chaotique de couleurs vives, d'où un doigt, une main, un bras errant cherche à sortir de ce magma bouillonnant au travers des cadres, le tout sur un bruit de fond où on perçoit des voix par moment. Scate-mates : Une main essaie de s'extraire de ces cadres concentriques. Source Image https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/crb5kA6 Scate-mates. Source Image https://www.imdb.com/fr/title/tt0447696/ On peut voir un extrait du film sur https://www.youtube.com/watch?v=0d0bIQSUZUY On peut voir un autre extraits du film mais la copie est très mauvaise sur https://www.youtube.com/watch?v=e4ufmyRniQI Avec Crossing and meetings, Ed Emshwiler propose un jeu chorégraphique de personnages en marche avec des répétitions et des mouvements inverses grâce à l'utilisation de mémoires de trame (frame buffer) vidéo. Crossing and meeting ... En marche ! source image https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/caj56gX On peut voir le film sur : https://www.youtube.com/watch?v=61bUm-PA5ww Mais c'est avec Sunstone (1979) qu' Ed Emshwiler marque l'histoire de son empreinte avec l’une des premières œuvre s d’animation par ordinateur conçue au Computer Graphics Lab du New York Institute of Technology. Ce film qui nous propose des métamorphoses de lunes et de soleils utilise la projection d'images électroniques au moyen de l'animation en 3 dimensions sans oublier un passage abstrait de marche que l'on peut voir, à nouveau (3), comme un hommage moderne à Jules Marey et la chrono-photographie. Un petit bijou. Sunstone métamorphoses de lunes et de soleils. Source image : https://archive.ica.art/whats-on/artists-film-club-edge-earth/index.html Les animations vidéos projetées sur un cube 3D lui même en mouvement. Source image https://computerhistory.org/blog/alvy-ed/ On peut voir le film sur https://www.youtube.com/watch?v=tMW15OajuKc Non l'animation n'est pas morte ! Les techniques numériques ont été adoptées par les cinéastes d'animation. Nous avons même parfois un heureux mariage des outils numériques et des techniques traditionnelles. Il n'en demeure pas moins que les pionniers de l'époque ont montré une voie parfois faite de hasards et d'expérimentations qui ont donnés lieu à une explosion créative qui contraste avec des rendus de logiciels d'aujourd'hui parfois un peu convenus. GAMCA Animation reviendra prochainement pour découvrir d'autres artistes de l'époque cités dans l'article d'André Martin ... A suivre ! # edemshwiler #andremartin #festivalinternationaldetelevisiondemontecarlo #gamcaanimation (1) 106 Plaisirs d'archives durent un moment : Découvrir la disparition https://www.gamca.info/post/plaisirs-d-archives-durent-un-moment-découvrir-la-disparition (2) 91 Lillian Schwartz : du motif au mouvement https://www.gamca.info/post/lillian-schwartz-du-motif-au-mouvement (3) 23 Naissance du cinéma Informatique 2e partie : Les années 60 et les pionniers du numérique. https://www.gamca.info/post/naissance-du-cinéma-informatique-2e-partie-les-années-60-et-les-pionniers-du-numérique

  • 88 - Annecy 2024 - Rock Bottom : retour vers le futur.

    2024 Rock Bottom - réalisation María TRÉNOR - Espagne Image https://programme.annecyfestival.com/programme/event/100001504946 Cette année le festival d'Annecy nous a proposé en avant-première dans la compétition longs métrages un film d'animation qui rend hommage à un génie du rock progressif des années 70 : Robert Wyatt. Robert Wyatt au tout début des années 70 - Source image https://www.theguardian.com/music/2015/jan/28/robert-wyatt-70th-birthday-prog-rock-pioneer-1974-nme-interview Une filiation musicale et des parcours prolifiques Au départ se trouve le groupe Soft Machine créé au milieu 1966 avec Mike Ratledge , Robert Wyatt , Kevin Ayers , Daevid Allen and Larry Nowlin. Robert Wyatt et Daevid Allen quitteront ce groupe mais d'autres brillants musiciens l'éclaireront à leur tour de leurs talents : Andy Summers (qui fera partie plus tard du groupe Police) , Hugh Hopper , Elton Dean , John Marshall , Karl Jenkins , Roy Babbington et Allan Holdsworth. Pochette du Soft Machine 1 Source image https://planetgong.fr/the-soft-machine-volume-one.html En 1971, Daevid Allen fonde le groupe Gong et réalise, après un premier album   le mythique Camembert électrique où le dadaïsme, le surréalisme et la patphysique "théinée" font des incursions intéressantes dans le domaine du rock progressif. Pochette du Camembert Electrique - Source Image Site eBay L'australien Daevid Allen guitariste mais aussi gourou hallucinatoire du groupe Gong. source image : https://echoes.org/wp-content/uploads/2015/03/Allen-Daevid.jpg De son côté Robert Wyatt fonde Matching Mole. Cette autre "machine molle" sort son premier album en 1972. Pochette de l’album Matching Mole 1 C'est à cette époque que commence le sujet du film "Rock Bottom" de Mar ía Trenor qui commémore les 50 ans de l'album mythique de Robert Wyatt : "Rock Bottom". Couverture de l'album Rock Bottom 1973 de Robert Wyatt - source image https://en.wikipedia.org/wiki/Rock_Bottom_%28album%29 Rock Bottom - Réalisation María Trénor - Espagne, Pologne- 2024 - 1h26mn Scénario : María Trénor Musique : Robert Wyatt Décors : Dani Aizpitarte Animation : Marta Gil Soriano Montage : Joaquín Ojeda de Haro Production : Alba Sotorra Clua , Miguel Molina , Robert Jaszczurowski , Aliaga Adán , Joaquín Ojeda de Haro et Dani Bagur Sociétés de production : Albasotorra , Jaibo Films , GS Animation , et Empatic Production Société de distribution : Avalon Technique(s) utilisée(s) : ordinateur 2D, rotoscopie 2023 nous avait donné la  coproduction internationale espagnole  "They shot the piano Player"(1) de Fernando Trueba sur la vie d'un pianiste de jazz brésilien surdoué, Francisco Tenório Júnior. 2024 l'Espagne donne une nouvelle coproduction internationale de long-métrage d'animation musical. On se demande s'il s'agit là d'un hasard ou d'un intérêt particulier de l'Espagne pour les longs métrages d'animation sur la musique populaire. Une fête d'Anniversaire qui "tombe mal" Marìa Trénor n'a pas souhaité faire un biopic sur Robert Wyatt et nous offre plutôt une immersion dans le monde de Robert Wyatt de l'époque. Elle nous plonge immédiatement dans une soirée dans le New York des années 70, dans l'univers d'une jeunesse libre, créative où musique, drogue, alcool et sexe accompagnent joyeusement les fêtes. Historiquement cette soirée à eu lieu le 1er juin 1973  lors de la soirée d'anniversaire de la chanteuse et poétesse Gilli Smyth  du groupe Gong .. à Londres. Peu importe ! Robert Wyatt subit un grave accident lors d'une chute accidentelle de 4 étages qui le laissera paraplégique. Cette chute changera sa vie et sa carrière musicale à commencer, une fois sauvé, par la réalisation d'un chef d'œuvre : l'album Rock Bottom. Robert Wyatt interprète le magnifique morceau O Caroline (album Matching Mole 1) lors de cette soirée anniversaire - image https://www.marchedufilm.com/fr/projects/rock-bottom/ Une histoire d'amour et de création Suite à "l'accident", María Trénor revient sur le séjour à Majorque avec Alfi qui a précédé cette soirée alternant présent et passé et nous raconte l'histoire d'amour tourmentée entre Robert Wyatt et Alfreda Benge (Alfi). Robert Wyatt et Alfreda Benge (Alfi) artiste plasticienne qu’il a épousée en 1974 -source image https://www.repubblica.it/spettacoli/musica/2015/10/24/foto/robert_wyatt-125813327/1/ Hors du temps, dans un paradis aussi naturel qu'artificiel, le film nous plonge dans un monde de création et d'amour qui sombre dans l'impasse des drogues. La réalisatrice nous propose une interprétation de l'album "Rock Bottom" dans la genèse qui l'a précédée, nous ramenant de temps en temps à une réalité plus dure des suites de l'accident. Un amour aux paradis - source image https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/films-animation/en-competition-au-festival-d-annecy-rock-bottom-de-maria-trenor-rend-hommage-au-musicien-robert-wyatt-avec-un-film-d-animation-luxuriant_6601713.html On distinguera une scène magnifique où Robert Wyatt rend visite à un Daevid Allen hallucinant en gourou psychédélique qui enregistre Robert Wyatt en lui suggérant une chanson aux paroles improvisées, littérales et minimalistes. Robert Wyatt nous interprète le sublime "Signed Curtains" de l'album 1 de Matching Mole. L'utilisation de la rotoscopie (2) et du travail en animation 2D, nécessaire pour la réalisation de ce long-métrage dans des conditions économiques raisonnables, nous amène des éléments de mise en scène mais n'offre pas des qualités graphiques particulièrement originales sur les personnages. En revanche les décors travaillés et colorés contribuent à la réussite de cette immersion psychédélique. Les scènes abstraites et hallucinatoires évoquant l'effet des drogues psychotropes font également preuve de qualité graphiques intéressantes. Avec "Rock Bottom" de  María Trénor, le cinéma d'animation recrée  une fois de plus avec bonheur une époque révolue avec un rapport à la musique privilégié. Pour ceux qui connaissent les musiques de l'école Canterbury et celle si prolifiques et particulières des années 70, ils pourront s'y replonger avec joie. D'autres pourront les découvrir à l'occasion de ce film. C'est peu étourdi par ce tourbillon de couleurs et de musiques, qu'on suivra le générique de fin avant d'avoir un gros sourire en découvrant les messages d'avertissement inévitables sur les drogues, l'alcool, et autres excès. Ces contraposées obligatoires du film nous ramènent de manière burlesque dans un "ici et maintenant réglementaire". Il est vrai qu'à une époque où on voit des messages d'avertissements sur les dessins animés de Walt Disney, il semble difficile d'échapper à ce "cadrage convenu". On peut toujours espérer qu'un tel film annonce un "retour vers le futur" vers un espace de création, de liberté, de refus des conventions avec ses excès, ses drames mais aussi une puissance de création qui continuera à nous transporter 50 ans après. En attendant la sortie du film on peut voir la bande annonce pour patienter: Bande Annonce Rock Bottom - https://www.youtube.com/watch?v=pl3Lmppw6tU (1) Lire 74  They shot de piano player : Francisco Tenório Júnior pour l'éternité https://www.gamca.info/post/they-shot-de-piano-player-francisco-tenório-júnior-pour-l-éternité (2) Rotoscopie : Procédé qui consiste à filmer des scènes réelles pour ensuite les traiter image par image pour un film d’animation. A écouter : OCaroline Robert Wyatt 1972 - https://www.youtube.com/watch?v=tdVkqLrsr4M Signed Curtains Robert Wyatt 1972 - https://www.youtube.com/watch?v=aJ1pM06WgRg Sea Song - Rock Bottom - Robert Wyatt 1974 - https://www.youtube.com/watch?v=Y1Wss9RHi_Q Little Red Robin Hood hit the road - Rock Bottom - Robert Wyatt 1974 - https://www.youtube.com/watch?v=l7i5j5sIcpU #rockbottom #mariatrenor #robertwyatt #daevidallen #softmachine #matchingmole #gong #annecyfestival #gamca

  • 42 - Petit Cogneur : Attention une intimité peut en cacher une autre

    Petit cogneur : paysages et lumières - Image https://www.arte.tv/fr/videos/093614-000-A/petit-cogneur Dimanche à 11 h 00, le MK2 Beaubourg vous propose une séance inédite avec une rétrospective des couts-métrages du réalisateur de films d'animation Gilles Cuvelier. Une belle séance en présence du réalisateur à ne pas manquer avec la projection des films suivants : Chahut 2005, 12min Festival du film d’animation d’Annecy 2005 Prix de la création sonore et Prix de la jeunesse au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand 2006 Love patate 2010, 13min Semaine de la critique 2010, Festival du film d’animation d’Annecy 2011, Festival du court métrage de Clermont-Ferrand 2011 (Fool time) Job 2017, 17min Festival du film d’animation d’Annecy, Festival national du film d’animation de Rennes et Festival du court métrage de Clermont-Ferrand 2018 LM² 2020, 4min Prix du son, de la conception sonore dans la Compétition Pro du PIAFF Piaff 2021 Petit cogneur 2022, 14min Compétition Courts Piaff 2023 Prix de la mise en scène Compétition École d’Animation Piaff 2023 Meilleure Réalisation C'est là l'occasion de vous entretenir du "petit cogneur", son dernier court-métrage. Le petit cogneur - Réalisation Gilles Cuvelier - PAPY3D Productions - France 2022 Gilles Cuvelier nous livre ici un film sur sa famille. Il nous offre une belle vision onirique et poétique de la vie d'une famille : Gilles, Zoé, Lucrèce et Niels, qui doit s'adapter aux turbulences du petit dernier. Jeux d'enfants - image http://www.studiotraintrain.com/site2017/index.php?post/2022/06/02/Petit-Cogneur Gilles nous offre un poème sans dialogue dont le graphisme, la mise en scène, les mouvements de caméras nous transportent dans un monde mi-métaphorique, mi-réel qui nous plonge dans l'intime d'une famille et de ses difficultés. Le cinéma d'animation est ainsi fait que malgré cette plongée dans l'intime, le film reste pudique et le spectateur se laisse porter et doit se livrer à ses propres interprétations. Que signifie ce bus ? une métaphore du temps qui passe ? Le jong qui porte la petite fille ? une petite fille qui grandit trop vite ? ce phare qui illumine le monde ? une découverte apaisante et enthousiasmante pour Niels ? Le bus qu'emprunte la famille dans son cheminement - image https://www.unifrance.org/film/54552/petit-cogneur Ce dont on est sûr, c'est que ce film exprime avec une grande puissance la solidarité d'une famille et l'amour qui en unit les membres. Attention l'intimité de cette famille peut en cacher une autre ... celle du spectateur et de ses émotions. Gilles Cuvelier nous parle de son film dans https://www.arte.tv/fr/videos/111808-000-A/rencontre-avec-gilles-cuvelier/ . Ne manquez pas le rendez-vous dimanche 12 février à 11h00 au MK2 Beaubourg 50 Rue Rambuteau à Paris où vous pourrez également découvrir ou redécouvrir les autres films de Gilles Cuvelier dont "LM²". Lire l'article sur "cette abstraction qui illustre" sur https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/lm-l-abstraction-illustre Pour ceux qui ne pourront pas ce rendre à cette belle séance, ils pourront se consoler en regardant : Petit cogneur sur Arte https://www.arte.tv/fr/videos/093614-000-A/petit-cogneur/ et LM² sur Ca ne remplacera pas l'ampleur que prennent les films dans une salle de cinéma mais c'est quand même une consolation.

  • 41 Piaff 2023 5e journée : Et dire qu'après il va falloir attendre 1 an ...

    Après une magnifique 4e journée qui nous a donné une séance exceptionnelle avec Steven Woloshen et Bastien Dupriez sur "le cinéma sans caméra" (1) ainsi qu'un programme époustouflant sur le cinéma d'animation expérimentale, le PIAFF va à nouveau remplir la salle du studio des Ursulines avec un beau programme final. 16 h 00 Comme chaque année le programme jeunesse va drainer le jeune public rue des Ursulines et on peut être sûr que le programme concocté par Marie-Pauline Mollaret va enchanter les jeunes et les plus vieux. voir le programme p 30-31 sur https://130558db-2dc1-1070-10da-311af295c72a.filesusr.com/ugd/8914b1_54e2f5c0bcda4fd69cf2594fbcc55fd7.pdf 18 h 00 Les Jury du festival nous présenterons le Palmarès 2023. 19 h 00 Il en est ainsi le Festival 2023 se terminera sur la soirée de clôture où nous pourrons voir le long métrage "My Love affair with marriage" de Signe Baumane. My Love affair with marriage" de Signé Baumane - Image https://movierama.fr/my-love-affair-with-marriage-manuel-desenchante-de-la-bonne-epouse/ Suite à son premier film "Rocks in my Pockets", qui nous montrait les démons des femmes de sa famille qui avaient succombé "à la pression masculine et sociétale", Signe Baumane continue à régler ses comptes avec le mariage et les hommes dans un nouveau récit. On retrouve toujours ce magnifique graphisme qui caractérise Signe Baumane qui nous livre ici avec un humour remarquable une comédie musicale très réussie. La réalisatrice nous offre un pamphlet militant sur le formatage culturel que subissent les jeunes filles pour leur inculquer que l'amour, le mariage et un bon mari lui apporteront le bonheur dans la vie. Le film nous expose les échecs répétés des mariages où chaque homme a un comportement pour le mieux machiste voire franchement minable. Un cocktail scientifique à base d'hormone accompagne le tout. Venez nombreux ce soir pour voir ce film désopilant ... à éviter bien sûr si vous comptez vous marier dans l'année. :-) Voir la bande annonce du film. (1) voir https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/le-cinéma-sans-caméra-ou-la-rencontre-des-structure s

  • 46 - Maison Vole : L'envolée a 40 ans !

    Maison Vole - Image https://histoire3d.siggraph.org/index.php/Maison_vole Il y a 40 ans, le film Maison vole était présenté au Forum international des nouvelles images organisé par André Martin et qui s'est tenu à Monte-Carlo du 2 au 4 février 1983. L'occasion de célébrer ce film entièrement synthétique (images et musiques) qui montra la voie d'une création graphique, poétique et narrative par ordinateur en 3 dimensions en France. André Martin était à l'époque un des rares "anciens" qui avait compris que l'évolution technologique que l'on constatait allait imposer une évolution inéducable du cinéma d'animation. Spécialiste du Cinéma d'Animation, il inscrivait pleinement cette évolution dans l'Histoire du Cinéma d'Animation. Faire de l’Art avec un ordinateur ne relève plus du domaine du bricolage ou de l’expérimentation, c’est une réalité qui s’expose dès 1982 au Festival international de télévision de Monte-Carlo dans le cadre d’un forum dédié aux nouvelles images. A cette époque, une bascule technologique s’opère et un monde de « nouvelles images » apparait. Avec le développement des ordinateurs, la mise en place du Plan recherche image initié par Jack Lang qui va apporter une aide économique conséquente à cette nouvelle industrie en devenir. Le CNC et plusieurs autres partenaires vont soutenir cet essor avec enthousiasme. Vue la renommée des productions françaises actuelles, et en dépit de quelques faillites et projets abandonnés en cours de route, nous devinons que la suite s’est bien passé après cette période charnière. Maison vole – 2.30 min. Film de démonstration. Réalisation : André Martin-Philippe Quéau - Produit par l’INA et la Sogitec (1982). Réalisateurs : André Martin et Philippe Quéau Direction et animation informatique Sogitec : Claude Mechoulam et Xavier Nicolas Saisie informatique : Alain Grach, Jean-Luc Savarino, Daniel Poiroux Assistants de réalisation : Myriam Feuilloley, Clément Martin Coordination de production : Christian Maire Montage : Françoise Laporte Musique : Geneviève Martin Effets électro-acoustiques : Olivier Koechlin (Sogitec), Jean-Pierre Armand (IRCAM) Bande son réalisée sur le processeur numérique en temps réel 4X (licence IRCAM) Production : INA / SOGITEC AUDIOVISUEL Année de diffusion : 1983 C'est avec un immense plaisir et beaucoup d'émotion que j'ai pu revoir "Maison vole" dans une salle de cinéma, au festival d'Annecy 2 022, à côté de mes amis de l'animation. Photo : ANNECY FESTIVAL/Q. Trillot Merci à https://hist3d.fr/du-trace-au-pixel-annecy-2022/ @Jean-Baptiste Garnero Il faudrait organiser une telle séance sur Paris ! :-) Le département de la recherche prospective de l'INA et André Martin Caricature du département de la recherche prospective - Collections Geneviève et André Martin A son retour en France en 1977 après 10 ans passés au Canada, André Martin rejoint le groupe de recherche image de l'INA. Il retrouve ainsi ce qui fût le service de la recherche de l'ORTF avec lequel il collabora dès sa création et jusqu'au milieu des années 60. Inlassablement il fait la promotion de ces "nouvelles images par ordinateurs" dont il suit l'évolution depuis plus de 20 ans : Il développe les relations de l'INA avec l'Amérique du Nord notamment avec son ami Pierre Juneau ancien directeur du CRTC et président de Radio Canada. Il crée le Forum international des nouvelles images à Monte Carlo qui deviendra Imagina en 1986. (Pour plus de détails et plein de souvenirs voir la présentation de Joëlle Chaussemier collaboratrice d'André Martin à l'époque.) in https://vimeo.com/59245362. Conférence au Forum International des nouvelles images 1983 - photo collection Geneviève et André Martin Il porte aussi la bonne parole au festival d'Annecy où, à rebours de la profession du cinéma d'animation de l'époque, il nous livre une époustouflante conférence visionnaire en festival off au cinéma Vox sur l'avenir des images animées.(Ce qui ne l'a empêché de fêter dignement le centenaire du cinéma d'animation français à ce même festival (cf. "Le cinéma d'animation français est maintenant centenaire" André Martin dans Image par Image). Il écrit également plusieurs articles sur le cinéma numérique dont le très complet Naissance du cinéma Informatique no spécial 29 science et vie. Le département de recherche est multi disciplibnaire, il comporte 3 groupes : un groupe de recherche technologique avec notamment le développement du logiciel d'animation 2D Psyché, un groupe de recherche image, un groupe de productions expérimentales Des artistes de l'audiovisuel comme Thierry Kuntzel y produisent des créations expérimentales. 1980 Echolalia vidéo couleur, 32 mn - Thiery Kuntzel C'est dans cette atmosphère bouillonnante de recherche et de création que se préparaient les images de demain. La Sogitec : De l'imprimerie à l'audiovisuel Une autre société joue un rôle important dans la création de Maison vole. La "Société Générale d'Impression TEChnique" est au départ une imprimerie créée en 1964. A la mort du créateur de la société, Jacques Game , son fils, reprend l'affaire, la développe et la modernise avec son ami Christian Mons . A la fin des années 70, Sogitec travaille principalement pour l'avionneur Dassault pour qui elle met en page de la documentation technique papier. Elle se diversifie aussi vers l'audio-visuel puis vers la simulation et devient une société qui travaille principalement pour l’avionneur Dassault en fournissant des simulateurs de vol. Plaquette Sogitec de l'époque : Collection Geneviève et André Martin A l'époque, le département audiovisuel de la société Sogitec produit des films de formation sur la maintenance des avions et utilise les images de synthèse. Xavier Nicolas qui y travaille comprend tout le potentiel qu'il est possible de tirer de ces systèmes pour la création. Il convainc Jacques Game et Claude Méchoulam de mettre les systèmes à la disposition des créatifs la nuit et le week end. C'est ainsi que Sogitec est la première société française à produire dès 1982 des films en images de synthèse en utilisant la nuit les ordinateurs qui travaillaient pour la simulation et la formation le jour. La réalisation de maison vole En 1982 Le Groupe de Recherche Image est en contact avec la Sogitec qui sous l’impulsion de Xavier Nicolas cherche des opportunités de créations d’animation 3D. Un court-métrage réalisé avec les logiciels de Sogitec doit servir à montrer le potentiel de création de ces systèmes. Ce n’est pas une mince affaire de faire un film d’animation avec des logiciels de simulation de vol, les scénarios trop complexes se succèdent. André Martin apporte alors son savoir-faire de réalisateur et prend les choses en main : il simplifie le projet, une maison un peu étouffée par son environnement s'envole suite à un orage pour aller ce promener dans le ciel. Il favorise une simplicité naïve et poétique, accompagne les ingénieurs se réjouissant de chaque erreur ou imprévue qu’il fait conserver précieusement comme autant de gourmandises instrumentales. Photographie : Story Board de Maison vole in https://histoire3d.siggraph.org/images/e/e7/Maison-vole-story1.png Il faut se souvenir qu’à cette époque même à la pointe technologique, les moyens de calculs sont rudimentaires. On modélise des objets « en filaire » en trois dimensions. Ces objets constituent la scène. On compte environ 1 500 polygones dans une image. Document collection Geneviève et André Martin : Tracé en filaire de maison vole Les positions de chaque point sont calculés pour chaque image en fonction de la trajectoire d’un point de vue ce qui donne une première animation en filaire. Les couleurs des facettes de chaque image sont calculées pour produire 1/24e de seconde du film. On applique ensuite des textures et des couleurs sur chaque facette. Document collection Geneviève et André Martin : Une image de maison vole. Les ingénieurs de Sogitec ont dû développer une première version de logiciel d'animation un peu brut pour concevoir les images. Les logiciels de la Sogitec sont fait pour pour faire évoluer des paysages en temps réel en fonction du pilotage effectué par le pilote pendant la simulation. Suivre des objets en mouvement à partir d'un point de vue n'est pas tout à fait le même sujet ... Les images sont calculées de nuit et filmées automatiquement par une caméra 35 mm. On peut ensuite découvrir les résultats. Les capacité de stockage ne permettent pas de conserver les images donc si il ya un pb alors il faut tout recommencer. Le travail est laborieux mais l'enthousiasme des équipes est là. La réalisation de la musique Geneviève Martin compose la musique sur le système 4X de l’IRCAM recréant un orgue de Barbarie comme en écho à la chute finale de « Mais où sont les nègres d’antan » film d'André Martin et Michel Boschet dont elle composa la musique 20 ans plus tôt. Le système 4X est à l’époque à la pointe de la synthèse sonore. Extrait de https://www.ircam.fr/article/detail/sons-dessus-dessous-3-la-station-dinformatique-musicale-4x/ : "Il n'y a qu'en France qu'on peut construire une machine pareille"- Frank Zappa Le compositeur Luciano Berio, invité par Pierre Boulez, prend en 1974 la direction de la section électroacoustique de l’Ircam et supervise notamment un projet de synthèse et transformation de sons complexes en temps réel. À partir de 1975, Giuseppe Di Giugno et les chercheurs de l’Ircam développent alors plusieurs versions successives de processeurs numériques : 4A le premier prototype, 4B, 4C, pour aboutir en 1981, au très performant système 4X. La Station de Travail Musicale 4X est un outil informatique qui permet au musicien ou au chercheur de manipuler numériquement le son. Elle est capable d'analyser et de synthétiser de nouvelles sonorités et de transformer en temps réel le son issu d'instruments traditionnels. Pierre Boulez sera le premier à utiliser la 4X pour son œuvre Répons en 1981. Commercialisée en 1984 par la société Sogitec, la station 4X est aujourd'hui conservée au Musée de la musique . Image https://histoire3d.siggraph.org/index.php/Maison_vole Maison Vole est le premier court métrage français scénarisé réalisé entièrement en images 3D et en son de synthèse et fait à l'époque l'objet de nombreux articles. Couvertures en janvier 1983 de banc-titre (revue sur le cinéma d'animation de l'époque créée par Thierry Steff ) et de Sonovision.. - Collections Geneviève et André Martin Le film est diffusé à la télévision : au Journal Télévisé d’A2 le 4 février 83 qui présente les techniques de simulations qui permettent la réalisation de ce film. Dans mon souvenir François Mitterand a été l’invité d’un JT en février et suite à autre passage de maison vole a déclaré que « c’était ça qu’il fallait faire »; le lundi 7 février 1983 dans le magazine Juste une image sur A2 à 22h20. Le film rencontre un succès le public est prêt à accueillir ces étranges nouvelles images. On peut voir le reportage lors du journal télévisé du 4 février 1983 à partir de 21minutes et 40 secondes : On peut voir le film sur Vimeo L'équipe de la Sogitec va poursuivre sur cette lancée en s'étoffant en réalisant plusieurs films notamment publicitaires. A suivre ... Equipe Sogitec Juillet 1984: De gauche à droite à l'arrière : Alain Behar, Dominique Pochat, Véronique Damien, Jerzy Kular, Claude Mechoulam, Alain Grach, Annick Auffret, Daniel Poiroux . A l'avant : Xavier Nicolas, Christian Foucher, Eric Mises-Rosenfeld, Françoise Laporte, Bill Aylward. - Photographie collection Geneviève et André Martin. Merci à Pierre Hénon pour la nombreuse documentation en ligne (voir https://histoire3d.siggraph.org ) et son précieux livre "Une histoire française de l'animation numérique"- Pierre Hénon - ensAD éditions. https://livre.fnac.com/a12303238/Pierre-Henon-Une-histoire-francaise-de-l-animation-numerique

  • 47 - Pompoko : La Nature ou le Vivant ?

    Pompoko : les tanukis métaphore d'une humanité joyeuse et enracinée - Image https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/pompok Dans le cadre du rendez-vous Tout'anim, le forum des images et la revue Blink Blank nous ont organisé une très belle séance le jeudi 16 mars présentée par Xavier Kawa-Topor, délégué général NEF Animation, et Ilan Nguyên, spécialiste du cinéma d’animation japonais. C'est avec une émotion souvent palpable qu'ils nous ont présenté ce film du réalisateur Isao Takahata qui s'était rendu à plusieurs reprises en France pour présenter ses films et qui nous a quitté le 5 avril 2018. L'organisatrice de Tout'anim présente la séance avant de passer la parole à Ilan Nguyên et Xavier Kawa-Topor. Photo Clément Martin. Passionné par la France et la culture française, Isao Takahata s'est rendu plusieurs fois en France et a collaboré avec le Forum des Images dans le cadre du festival "Nouvelles images du Japon" créé par Ilan Nguyên et Xavier Kawa-Topor. Nos présentateurs ont partagé leurs souvenirs sur ce réalisateur foncièrement cultivé et humain à la filmographie et l'activité imposante sur le "Cinéma d'Animation". Ils ont notamment évoqué le festival itinérant "Portrait d'un cinéaste sous l'arbre" en Poitou-Charentes (2002) avec des anecdotes que seules la vie et l'humanité peuvent nous offrir. Les surprises et les joies de cette tournée ne sont pas sans rappeler celles des journées du cinéma dans les années 50. (cf. https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/la-genèse-d-annecy-2-des-journées-pour-le-cinéma ) Isao Takahata - Image https://www.kanpai.fr/culture-japonaise/isao-takahata-biographie Pompoko - Réalisation Isao Takahata - Japon - 1994 Titre original : 平成狸合戦ぽんぽこ (Heisei tanuki gassen Ponpoko) Titre français : Pompoko Réalisation : Isao Takahata Scénario : Isao Takahata, d'après une idée originale de Hayao Miyazaki Direction de l'animation : Shinji Otsuka, Megumi Kagawa Décors : Kazuo Oga Infographie : Yoshinori Sugano Son : Yasuo Urakami Musique : Yakusa Gakudan, Shang Shang Typhoon Production : Hayao Miyazaki (exécutif) Sociétés de production : Tokuma Shoten, NTV, Hakuhôdo, Studio Ghibli Durée : 119 minutes Le profond humanisme de Isao Takahata et sa culture qui ont visiblement marqué et inflencé nos présentateurs, nous les retrouvons dans cette fable écologique et philosophique sur les dégâts occasionnés par l'homme sur la nature. Comme le soulignait Xavier Kawa-Topor dans sa présentation du film, il faut distinguer la "nature" que l'humanité observe, adapte, modifie, du "vivant", concept plus juste, où l'homme fait partie intégrante de cette nature. Dans cette fable, la ville se développe à coup de bulldozer détruisant les campagnes environnantes, son écosystème, ses racines, sa culture, et ... l'espace vitale des héros du film, les "Tanukis". Ces animaux mi ratons-laveurs, mi blaireaux qui se présentent parfois comme d'adorables nounours peuvent se transformer avec plus ou moins de succès. Agressés par l'extension de la ville, ils sont menacés de pénurie de nourriture. Ils décident donc de lutter en se transformant pour effrayer les humains sur les chantiers. Mais tous les Tanukis n'ont pas la même conception de la lutte. Les sages Tanukis sont appelés pour aider dans cette lutte qui reste inégale malgré tous les efforts des Tanukis. Pompoko arrivée des sages métamorphosés en humains. - Image : https://www.paris.fr/evenements/tout-anim-mars-avant-premiere-de-la-ressortie-de-pompoko-33498 Les sages renforcent les pouvoirs de tanakis en unissant le pouvoir de chacun. image : https://www.studioghibli.fr/les-films/pompoko/ L'union fait la force, les Tanukis ensemble unissent leurs forces pour générer des hallucinations évoquant les créatures surnaturelles, les spectres et autres démons inspirés de la tradition japonaise afin de terroriser les habitants de la ville. Les spectres générés par tanukis pour terroriser les habitants de la ville. image : https://www.les-ailes-immortelles.net/forum/viewtopic.php?t=19851 La tradition avec les estampes : Le fantôme de Kohada Koheiji de Utagawa Toyokuni (1769- 24 février 1825) Image : https://www.les-ailes-immortelles.net/forum/viewtopic.php?t=19851 L'effet escompté n'est peut-être pas au rendez-vous. Les humains ont-ils un pouvoir de destruction massif y compris sur les croyances ancestrales ? Faut-il que les Tanukis utilisent leurs pouvoirs pour se transformer en humain et se fondre dans un désastre annoncé ? Ce conte philosophique nous éclaire sur une actualité qui est devenue plus critique avec, outre la destruction de la nature et de ses espèces, les premiers ravages du changement climatique qui apparaissent aujourd'hui. Isao Takahata a montré la voie ... il y a presque 30 ans dans son film aussi surprenant qu'émouvant ... le retour à nos racines pour se rappeler qu'on fait partie du vivant sera peut-être notre salut. Pompoko sera de retour dans les salles françaises à partir du 19 avril 2023. A ne manquer sous aucun prétexte ! Voir la bande annonce du film sur https://www.youtube.com/watch?v=H_fqogh8f6Y A lire : Les dessins animés peuvent-ils sauver la terre ? -Xavier Kawa-Topor- Revue Blink Blank Numéro 2 Une digression sur le thème Les dessins animés peuvent-ils sauver la terre ? à l'occasion de la parution de l'article de Xavier Kawa Topor sur : https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/les-dessins-animés-peuvent-ils-sauver-la-terre .

  • 48 - C'est le Week-end de Pâques, prêt pour un repas dominical ?

    Jean et son père dans le repas dominical - Image https://www.youtube.com/watch?v=ijgo83N2QtY Il est des moments particuliers dans l'année. Le week-end de pâques en est un. Fête religieuse la plus importante pour les catholiques, quêtes de chocolats pour les enfants avec parents et grands-parents "gagas", grand week-end pour d'autres, Pâques est une fête avant tout familiale pleine d'émotions où l'on prend plaisir à se retrouver. Cette fête est aussi l'occasion d'un repas de famille, ... on prépare un beau gigot, on peut sortir un vieux Pauillac - mon père André Martin était bordelais (1)- pour se retrouver autour d'un beau repas arrosé ... Mais attention aux possibles tensions ! Alors pour vous entraîner pour le repas dominical de ce week-end, rien de tel que de prendre plaisir à voir ou revoir "le repas dominical" pour passer un bon moment où le cinéma d'animation et l'interprétation va vous transporter dans un univers que seul l'animation peut créer, un univers où vous serez prêt à vous moquer de vous-même avant un repas de famille réussi. Le Repas dominical - réalisatrice Céline Devaux - Sacrebleu Productions - 14 mm - France 2015 Auteur, réalisateur : Céline Devaux Animation : Céline Devaux Montage : Céline Devaux, Chloé Mercier Musique : Flavien Berger Mixage, montage son : Lionel Guenoun Bruitage : Bruno Langiano Voix Française : Vincent Macaigne et George Blagden Voix Anglaise : George Blagden Techniques d’animation : 2D Sur table lumineuse Distinctions : Prix Emile-Reynaud 2015 - César du meilleur court métrage d'animation 2016 et beaucoup d'autres. Céline Devaux vous invite au repas dominical de Jean, une jeune homosexuel, avec sa mère son père et deux grands-mères. Elle nous immerge dans une mer de clichés que portent chaque personnage pour nous submerger dans des danses et des rondes surréalistes sublimées par la musique de Flavien Berger. Danses et ronde surréalistes du repas dominical. Image : http://www.formatcourt.com/2015/05/le-repas-dominical-de-celine-devaux/ Le graphisme du film nous plonge avec bonheur dans les états intérieurs des personnages, leur lassitude, leur excitation, leur provocation, leurs obsessions et leur ivresse. La très belle interprétation de Vincent Macaigne dont les dérapages criards expriment à la perfection ces irritations et ces tensions que seuls l'amour entre les êtres et les divergences de points de vues peuvent enflammer dans ces repas. Attention de ne pas s'enflammer au point de se prendre la tête ! :-) - Image https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/pornic-44210/le-cinema-est-en-fete-jusquau-21-mars-a-pornic-c7dfac37-42c4-4ae1-adfd-451473f9d496 Le film ne projette pas une vue très positive du "déjeuner familial", presque obligatoire et plein de défauts, de préjugés qui rassemble des gens qu'on aime. Les personnages du film - image http://debutscritiques.blogspot.com/2016/03/c-r-i-t-i-q-u-e-le-repas-dominical-de.html Peut-être est-ce le propre de la jeunesse de vouloir mettre l'accent, avec une vraie réussite, sur ces défauts qu'elle souhaiterait gommer avant peut être de prendre pleinement conscience du caractère éphémère des acteurs du déjeuner familial. Une fois que certains auront disparu "la pièce" prendra une autre tournure où la mise en scène du repas devra redistribuer les rôles ... En attendant de pouvoir voir le film sur un bel écran de cinéma au studio des Ursulines dans le cadre du "festival format court" le vendredi 14 avril 2023 à 19h, faites-vous plaisir en regardant le repas dominical en ligne. Vous passerez un très bon moment et vous profiterez encore mieux ... de votre repas dominical. A voir sur https://www.youtube.com/watch?v=qjnfwMX_Fqk ou sur https://www.facebook.com/watch/?v=3399527463501478 (1) voir https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/la-genèse-d-annecy-1-des-ciné-clubs-et-des-bordelais

  • 49 - Miyu épate la galerie

    Vernissage de l'exposition "Matières à animer" - Photo Clément Martin Un écrin pour les arts et techniques du Cinéma d'Animation Le Cinéma d'Animation nous étonne chaque jour par sa capacité à produire des œuvres d'art dignes de nos musées. Une seule image parmi des milliers qui isolée devient une œuvre d'art à part entière qu'on prend le temps de décrypter et de savourer. La galerie Miyu, lancée il y a un an par Emmanuel-Alain Raynal, fondateur de Miyu avec son associé Pierre Baussaron, nous offre un écrin où se succèdent des expositions temporaires dédiées aux arts et techniques de l’animation, toutes plus réjouissante les unes que les autres. Un partenariat pour une donation exceptionnelle Françoise Lémerige, chargée du traitement des collections dessins et œuvres plastiques de la Cinémathèque Française et Emmanuel-Alain Raynal, fondateur de Miyu ont mis en place un partenariat inédit, né de l’envie de participer au rayonnement de l’animation, et d’enrichir le fonds de la Cinémathèque française de documents et films émanant de la production indépendante d’animation contemporaine. Ce partenariat donne lieu en avril 2023, à une donation exceptionnelle d’œuvres et d’éléments liés à l’animation contemporaine française et internationale, choisis autant pour leur virtuosité et leur diversité technique graphique que pour leur valeur plastique. Cette donation Film n’aurait pu se faire sans la contribution des sociétés de productions suivantes : Les Films de l’Arlequin, Les Films Pélléas, Les Films Sauvages, Le Fresnoy – Studio National des arts contemporains, Insolence Production, l’Office National du Film, Sacrebleu Productions. Un vernissage avec ses œuvres et ses rencontres Le 19 avril, la galerie Miyu a inauguré l'exposition "Matières à animer" lors d'un vernissage qui accueillaient les acteurs passionnés du Cinéma d'Animation. Cette exposition nous montre des œuvres plastiques issues de la donation de 10 artistes : Céline Devaux, Dahee Jeong, Vergine Keaton, Boris Labbeé, Florence Miailhe, Momoko Seto, Georges Schwizgebel, Gianluigi Toccafondo, Theodore Uschev et Koji Yamamura. L'occasion d'admirer les œuvres sélectionnées et d'échanger avec le monde de l'animation. Les "Baconiennes peintures" du film "Le Criminel" de Gianluigi Toccafondo 1993. - Image dossier de presse Miyu et Cinémathèque Française. https://www.miyu.fr/galerie/expositions/matieres-a-animer/ Deux séances d'exception à la Cinémathèque Française Mais Miyu ne s'arrête pas là car aujourd'hui le 21 avril, La Cinémathèque Française et Miyu Productions nous offrent deux séances exceptionnelles avec des films de réalisateurs dont les œuvres sont présentées à la galerie Miyu. Une première séance à 18 h 30 de 10 courts métrages de chaque réalisateurs : Le Criminel, de Gianluigi Toccafondo Le Mont Chef, de Koji Yamamura (produit par Yamamura Animation) Je criais contre la vie. Ou pour elle, de Vergine Keaton (produit par Insolence Production) Planet A, de Momoko Seto (produit par Le Fresnoy – Studio National des arts contemporains) Le Repas Dominical, de Céline Devaux (produit par Sacrebleu Productions) voir https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/c-est-le-week-end-de-pâques-prêt-pour-un-repas-dominical Le Roi des Aulnes, de Georges Schwizgebel (produit par Between the Pictures) La Chute, de Boris Labbé (produit par Sacrebleu Productions) The Empty, de Dahee Jeong (coproduit par Sacrebleu Productions et Between the pictures) Au premier dimanche d’août, de Florence Miailhe (produit par Les Films de l’Arlequin) Les journaux de Lipsett, de Theodore Ushev (produit par l’ONF) Une deuxième séance à 21 h 00 avec la projection de "La jeune fille sans mains", premier long métrage de Sébastien Laudenbach (produite par Les Films Sauvages et Les Films Pélléas). L’idée de cette donation est née sous a l’impulsion d’une première donation faite par Sébastien Laudenbach, l’événement intégrera également la projection à la Cinémathèque française de son film "La Jeune Fille sans Mains". Le film a remporté le prix du jury au festival international du film d'animation d'Annecy 2016 et le prix André Martin pour un long métrage français en 2017. Cette séance va bien terminer une "semaine Laudenbach", avec ce film suite à la projection dimanche dernier de son film "Vibrato" qui revisite le palais Garnier sous l'angle d'une "architecture érotique" lors de la belle séance "Animation en courts" au MK2 Beaubourg animée par Jeanne Frommer de l'AFCA . voir https://www.facebook.com/profile.php?id=100057512166447 Image : https://seances-speciales.fr/cpa2019-la-jeune-fille-sans-mains/ Passez à la Galerie Miyu ce week-end pour profiter de l'exposition et à tout à l'heure à 18 h 00 et 21 h 00 pour les deux belles séances de la journée à la cinémathèque Française qui viennent compléter l'évènement. Dates de l’exposition : du 21 avril au 17 juin à la galerie Miyu 101 Rue du Temple, 75003 Paris. Séances "Hommage à l'animation contemporaine" le 21 avril 2023 à la cinémathèque Française 51 Rue de Bercy, 75012 Paris : 2 séances 18 h30 et 21 h 00. On ne peut que remercier vivement tous les acteurs de cet évènement qui fait projette le Cinéma d'Animation sous les projecteurs qu'il mérite, celui d'un art singulier et d'une précieuse richesse : « Nous avons toujours à cœur de démontrer à quel point les techniques animées peuvent apporter aux narrations contemporaines. Ce partenariat avec une grande institution comme la Cinémathèque française est un geste fort dans notre combat pour la valorisation de l’animation comme un langage reconnu et respecté ». Emmanuel-Alain Raynal Pour en savoir plus : https://www.miyu.fr/galerie/exposition/expositions/ #Cinemadanimation #galeriemiyu #cinemathequefrançaise

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