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- 27 - Festival d'Annecy 2022 : L'affiche nouvelle est arrivée !
Alors que les équipes du festival s'affairent à sa préparation et que les accréditations sont ouvertes, nous avons eu la joie cette semaine de découvrir l'affiche de l'édition 2022. Cette affiche, réalisée par Laurent Durieux, annonce une édition sous les meilleurs auspices car au-delà de sa beauté nous avons là une très réussie "affiche invitation". André Martin dans son article "La ville à témoin" (cf. Cinemas Revue Trimestrielle des Journées du Cinéma - La Ville à Témoin - Mars 1959) paru à l'occasion de l'organisation d'une exposition sur les affiches de cinéma distinguaient deux types d'affiches de cinéma : les "affiches étalage" qui "étalent les détails appétissants du produit offert au public" ; les "affiches invitations" qui partent du désir de faire autrement " en cherchant moins à accrocher le spectateur qu'à élargir le retentissement de l'oeuvre et à programmer son ambition ». Pour plus de précisions, et avec tout l'humour d'André Martin, voir https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/la-ville-à-témoin . André Martin aurait avec certitude rangé l'affiche du festival d'Annecy 2022 dans la catégorie "affiche invitation" et voici pourquoi. Tout d'abord cette affiche exprime avec bonheur le magnifique écrin dans lequel se tient le festival d'Annecy, cette très belle ville d'Annecy où l'on retourne chaque fois avec bonheur avec son lac où on peut se baigner entre deux séances de films d'animation à condition de faire un petit sacrifice en loupant une séance. Un paysage légèrement "japonisant", le calme et la douceur d'un soir tombant, des baigneurs ... On y est déjà ! :-) Ensuite l'affiche exprime subtilement la magie du cinéma d'animation qui nous attend, ce cinéma "image par image", de tous les possibles où même les bateaux volent ! L'affiche évoque avec poésie, ce "mouvement" qui permet à la communauté mondiale du cinéma d'animation et de ses passionnés de converger vers ce temple du cinéma d'animation qu'est le festival d'Annecy, avec ce frisson que l'on ressent à chaque fois à l'idée de se rencontrer à nouveaux ou de faire de nouvelles rencontres. Enfin on notera une discrète référence à la Suisse voisine, dont la création animée sera mise à l’honneur cette année sur le Festival ! Mais qui est donc Laurent Durieux qui nous a offert ce magnifique cadeau et qui synthétise dans "une seule image" toutes ces émotions et ces messages ? Laurent Durieux est un illustrateur belge, né en Belgique en 1970. Le forum des images, haut lieu du cinéma d'animation parisien avec son annuel Carrefour de l'animation, à l'occasion d'une masterclass nous en apprend un peu plus : " Laurent Durieux puise ses premières inspirations dans Métal hurlant et chez Moebius, grand raconteur d’histoires. Après des études artistiques, il entame une carrière de graphiste. À l’aube des années 2000, la découverte éblouie du travail d’Antonio Petruccelli pour la revue Fortune l’incite à explorer d’autres terrains de jeu. Il commence à dessiner pour le plaisir des affiches rétro-futuristes. En 2011, celle de François à l’Américaine, réalisée dans le cadre d’un hommage collectif à Jacques Tati, attire l’attention de la galerie Mondo. L’éditeur américain, spécialisé dans l’affiche alternative de cinéma, lui passe commande d’une lithographie du Géant de fer, qui sera la première d’une longue série. Depuis, les collectionneurs s’arrachent ses œuvres, saluées par les plus grands cinéastes, comme Spielberg ou Coppola. Ses affiches des Dents de la mer, Apocalypse Now ou la trilogie du Parrain sont emblématiques de l’art de Laurent Durieux, qui allie avec subtilité composition, couleurs, détails et perspectives, pour offrir un point de vue inédit sur le film et ses mystères. Un invité de choix pour Bédérama." voir : https://www.forumdesimages.fr/les-programmes/toutes-les-rencontres/rencontre-avec-laurent-durieux Affiche : http://www.laurentdurieux.com/#item=the-shining-hallway Il fallait donc un graphiste amateur de cinéma qui revisite les affiches de films avec succès pour réussir cette synthèse si complète, sensible et poétique du festival d'Annecy ! Devant une si belle "affiche invitation", si vous voulez passer un séjour de rêve en découvrant une multitude d'œuvres surprenantes, magiques, troublantes, émouvantes dans un cadre somptueux, réservez votre semaine du 13 au 18 juin à Annecy et prenez votre accréditation sur https://www.annecy.org/participer/accreditations pour un tarif doux avant le 28 avril ! A bientôt !
- 115 - Annecy 2025 : Les Bottes de la nuit, le grand chelem !
Les Bottes de la nuit Pierre-Luc Granjon - source image https://www.unifrance.org/film/60326/les-bottes-de-la-nuit Fantastique festival d'Annecy 2025 pour "Les bottes de la nuit" qui a obtenu le prix André Martin pour un court métrage français, le prix du public pour un court métrage pour finalement remporter le cristal du court-métrage ! Le film réalise ainsi un grand chelem aussi rare que prestigieux dans le mode de l'animation ! Remise du cristal du court-métrage à Pierre-Luc Granjon pour " les bottes de la nuit" . A droite Yves Bouveret son producteur. - Photo Clément Martin Remise du Prix André Martin à "Les bottes de la nuit' de Pierre Luc Granjon. Photo Clément Martin Remise du prix du public à "Les Bottes de la nuit" de Pierre-Luc Granjon. Photo Clément Martin Pierre Luc Granjon a pu ainsi battre un record de durée de remerciements sans aucunement exagérer ce qui constitue également une performance remarquable ! Yves Bouveret pour le cristal nous a lui gratifié d'un "ouenderfoul discours in inglish" qui restera dans les annales ! :-) Quel destin pour un film réalisé sur un outil aussi unique que magique inventé par le graveur Alexandre Alexeieff et l'ingénieur Claire Parker il y a 93 ans : l'écran d'épingles. On avait pu découvrir le film au carrefour de l'animation en novembre dernier où avait également eu lieu une passionnante conférence sur l'épopée de l'écran d'épingles que je vous invite à lire également "94 - Le Carrefour du Cinéma d'Animation 2024 a du piquant !" (1). Claire Parker et Alexandre Alexeieff chez eux au 36 avenue Jean Moulin 75014 en 1957. Photo collection Geneviève et André Martin Sur la photo qui suit vous pouvez apréhender le rapport physique avec l'instrument et également la relation intime et passionnée que l'artiste a avec l'écran d'épingles. Le réalisateur Pierre-Luc Granjon crée une image sur "l'épinette" l'écran d'épingles Alexeieff Parker du CNC lors de la rencontre au Forum des Images - Photo Clément Martin Les Bottes de la nuit - Pierre-Luc Granjon - France 2024 12'22'' Réalisation : Pierre-Luc GRANJON Production : Yves BOUVERET (AM STRAM GRAM) Distributeur : Gaëtan TRIGOT (PENTACLE DISTRIBUTION) Scénario : Pierre-Luc GRANJON Musique : Timothée JOLLY Son : Loïck BURKHARDT Montage : Antoine RODET Interprétation : Bernard BOUILLON, Brieuc LAUDET Pierre-Luc Granjon nous propose un film tendre et poétique sur la complicité d'un enfant et d'une curieuse petite bête. Le réalisateur a su dompter cet instrument exigeant pour nous offrir toutes les nuances et les mystères de la "gravure animée". Il en découle une poésie intimiste au clair de lune dont seul l'écran d'épingles bien maîtrisé a le secret, le secret d'un monde où les ombres nous parlent autant que les personnages, un monde où les gobeurs de nuages ne sont pas des monstres. La magie du clair de Lune et de l'amitié sur l'écran d'épingles. source image https://cinejunior.fr/project/les-bottes-de-la-nuit/ Un scénario simple d'une belle rencontre et d'une amitié naissante, une interprétation remarquable de Bernard Bouillon et Brieuc Baudet où les soupirs, les hésitations et les silences sont parfois plus expressifs que les paroles. Le son qui nous plonge juste assez dans un réel familial et amical puis dans une nuit de liberté alors la musique qui nous apporte ces petites touches célestes qui nous immergent dans une douce poésie nocturne. Bravo à toute l'équipe pour ce film d'exception reconnu cette année par des jurys et un public d'exception ! Quel bonheur ! Longue vie aux bottes de la nuit ! PS : Mon cher Yves rendez-vous l'année prochaine pour la fondue "Lucky Lucky" ( iffe you si ouate aïe mine !). La fondue "Lucky Lucky" - Photo Clément Martin #lesbottesdelanuit #pierrelucgranjon #yvesbouveret #amstramgramproductions #annecyfestival #gamcaanimation (1) 94 - Le Carrefour du Cinéma d'Animation 2024 a du piquant ! https://www.gamca.info/post/le-carrefour-de-l-animation-2024-a-du-piquant
- 26 - Mondo Domino : Le retour attendu de la caricature.
Francis Gavelle et Bernard Payen, nous ont régalés à nouveau lundi 22 novembre avec une nouvelle séance de "l'animation dans tous ces états" à la Cinémathèque Française. Photo Clément Martin : Présentation de la séance par Bernard Payen et Francis Gavelle Parmi cette sélection de courts-métrages français, on a eu le plaisir de voir le tourbillonnant Mondo Domino. Mondo Domino Producteur délégué : Suki Montage : Suki Animation : Gabriel Jacquel, Suki Graphiste : Suki Scénaristes : Stéphane Debureau, Suki Montage son : Jean-Philippe Gréau, Suki Auteur de la musique : Jean-Philippe Gréau Interprétation de la musique : Trio DoMiNo Mixage : Jean-Philippe Gréau Image : https://www.facebook.com/triodomino.officiel/photos/pcb.110628717743396/110621914410743/ Une époque sérieuse En générale les sélections traitant de thèmes de sociétés avec la nécessaire gravité convenue sont en très grandes majorité sérieuses. La poésie, l'expérimental et l'humour sont parfois présents mais dans l'ensemble les créateurs, les programmateurs, les jury et le marché ont tendance à privilégier l'austère gravité de notre époque sérieuse. L'humour est certainement le plus rare des ingédients présents dans l'alchimie des réalisations récentes et pourtant, bien mené, il désacralise le sujet, lui donne une liberté pleine de puissance. Ecologie, Consommation, Médias, Violences policières, Guerre. Quelle joie de découvrir ce Mondo Domino ! Le film transpire de bout en bout le plaisir de la caricature de notre société. Suki a voulu que ce film ait un "esprit cartoon" qu'on retrouve dans la désinvolture décalée des attitudes de personnages, dans les grimaces terrorisées hilarantes face aux cataclysmes d'un boléro absurde. Je rassure tous les "aficionados" de notre époque angoissée et rigoriste, ce film est très sérieux, un plaidoyer pour alerter sur la déforestation, la société de consommation, les dérives des médias d'information continue, les violences policières, les dangers de guerre nucléaire. Un film totalement "Collapsique" où on peut "flipper" à souhait ! Quel plaisir pour les amateurs de déclins et de fin du monde ! Un véritable plaisir car le film est hilarant et renoue avec la tradition de l'irrévérence et de la caricature ! On reconnaît aisément la caricature de personnages de pouvoir qui connaissent des sorts plus ou moins heureux. Les symboles de notre existence s'écroulent sous nos yeux dans un enchaînement cataclysmique que je vous laisse découvrir en regardant le film sur Arte ... Images https://www.unifrance.org/film/52370/mondo-domino Manifestations et affrontements dans un enchaînement désastreux. Du décalage pour renforcer l'impression Le principe de la caricature, au-delà du renforcement des traits, est de s'exprimer dans un contexte décalé moins attaquable mais qui amplifie le message . Le moins qu'on puisse dire c'est que l'équipe du film a parfaitement réussi ! D'abord la musique. Le trio Domino nous interprète un "hit" connu de tous revisité par Jean-Philippe Gréau , le boléro de Ravel. Des sifflements joyeux, des basses a capella, ou un vibraphone céleste nous transforment l'œuvre de Ravel pour une osmose jouissive avec le scenario ! Le rythme et le tempo invariables de la musique banalisent les évènements et renforcent le déterminisme de l'écroulement qui nous est présenté. Image https://www.unifrance.org/film/52370/mondo-domino : Le propre de l'esprit de la caricature est aussi de se caricaturer soi-même. Ici le trio Domino en pleine interprétation. La couleur des images dont le "fluo" au mauvais goût guimauve volontaire s'oppose totalement aux évènements. L'animation soignée et "cartoonesque" ainsi que le scénario de joyeuses catastrophes terminent le travail pour nous transporter dans un espace universel où les messages profonds sont brièvement masqués par le plaisir et le rire. Terminées les polémiques, les tristes premiers degrés au profit d'un très bon moment et de ses impressions rémanentes bien plus puissantes que le navrant sérieux. Image : https://www.unifrance.org/film/52370/mondo-domino Joie d'une consommation destructrice de la nature. Un plaidoyer ancien pour un cinéma d'Animation joyeux André Martin, à la veille du premier Festival de film d'animation d'Ottawa en 1976, formulait le vœu suivant : " Je terminerai sur un vœu : que la roue de l'inspiration tourne en 1976 et que disparaissent l'avant-garde ronchonne, le cauchemar concentrationnaire, le dadaïsme triste, les apocalypses résignées, et que l'art des images animées devenu réellement tragique et désopilant, se spécialise dans toutes les formes de triomphes psychologiques : indicible joie de vivre ou forte envie de rire. (source Brochure "Ottawa 76"). Suki l'a entendu ! et on ne peut que l'en remercier. Mesdames et messieurs les artistes et producteurs et diffuseurs, faites nous rire, soyez joyeux, soyez universels vos messages n'en seront que plus forts ! On peut voir le film sur : Voir l'interview de Suki sur le film : https://www.arte.tv/fr/videos/102902-000-A/entretien-avec-suki/ #mondodomino #suki #utopi #artefrance #pictanovo #gamca
- 61 - Annecy 2023 : The Beatles "I'm Only Sleeping" : Vive la Madeleine !
The Beatles "I'm Only Sleeping" Image : https://thekidshouldseethis.com/post/im-only-sleeping-beatles-em-cooper-oil-painting-animation The Beatles "I'm Only Sleeping - Réalisation Em Cooper Grande-Bretagne - 2022 - 3'02" Animation : Em Cooper Production : Jelly London, Sue Loughlin Distribution : Universal Music Operations ltd, Sophie Hilton Producer: Jonathan Clyde, Sophie Hilton C'est impossible à Annecy de tout voir pendant le festival ... Il faut se forcer (un petit peu) après tant de soirées, tant de films pour voir la séance "films de commandes" avec ses 28 courts- métrages le vendredi et après plusieurs jours sans beaucoup de sommeil ... Mais le jeu en vaut la chandelle car vous y découvrez toujours quelques belles perles d'émotions et de rêves. Le film d'Em Cooper illustre la mythique chanson "I'm Only Sleeping" du non moins célèbre album des Beatles sorti en 1966, Revolver. Le film a remporté le prix du jury pour un film de commande au festival International du cinéma d'animation d'Annecy. Il fait partie de ces films remarquables du festival de cette année et voici pourquoi. 2023 06 17 Remise du prix pour du jury pour un film de commande au festival d'Annecy Em Cooper - Photo Clément Martin Marcel Jean à gauche, délégué artistique du festival international du film d'animation d'Annecy, à la différence de l'équipe de Citia n'était pas maquillé en hommage au folklore mexicain (voir personne de droite) mais il nous a fait une belle citation des 3e JICA, première à Annecy, en s'allongeant devant tous les participants de la cérémonie de clôture dans une posture qui rappelle ... un certain André Martin en 1960 ! :-o) Vive la madeleine ! C'est un tel plaisir d'entendre cette chanson qui appartient à l'histoire de la Musique Pop accompagnée d'une illustration animée, fluide et attentionnée comme on manipule respectueusement une relique avec toute la virtuosité que l'on peut offrir pour lui donner une interprétation en images. Chacun, quel que soit sa génération, y trouvera des souvenirs, des sensations passées ... et pour les rares personnes pour qui cette chanson et cette remarquable illustration n'évoque aucun frisson ... je m'engage à prendre les réclamations sur gamca.info et à les publier. Ce n'est pas très courageux car ce travail devrait être des plus légers mais après tout nous traitons ici du sujet de la paresse. :-) Cette chanson de John Lennon, mais signée Lennon/McCartney comme toutes les chansons des Beatles à cette époque, est une ode à la paresse. Ode à la paresse - Image http://www.rfm.fr/news/The-Beatles-Decouvrez-le-clip-de-I-m-Only-Sleeping-realise-a-la-peinture-a-l-huile-27849 Thème typiquement "Lennonien", on le retrouvera en 1969 dans sa manifestation paresseuse pour la paix avec Yoko Ono. John Lennon et Yoko Onno lors de leur manifestation pour la paix en 1969 Image https://www.moma.org/audio/playlist/15/382 Les Beatles nous enveloppent dans cet hymne avec une mélodie unique. Des enregistrements de guitare rejouée à l'envers au mixage grâce au travail de l'ingénieur du son achèvent de nous emmener dans cette douce moiteur dans laquelle on baigne quand on paresse. Une madeleine délicieuse ! Em Cooper a relevé le défi, toujours un peu périlleux, de traduire une composition musicale "iconique" et l'accompagner avec une forme d'Art différente mais qui s'accorde si bien à la musique quand elle est réussie : "le cinéma d'animation". Son film nous emmène dans un tourbillon d'images qui nous balance entre des flashs, références historiques du groupe avec des images d'archives repeintes et des mouvements abstraits fluides pour autant de transitions à l'expression réussie de cette douce paresse. Quelle joie, quelle magie de remonter le temps, de s'immerger au milieu du mythe ! Image d'archive de cette divine époque où le groupe séduite le monde. Image https://www.creativeboom.com/inspiration/im-only-sleeping-em-cooper/ Cette douce moiteur dans laquelle on baigne quand on paresse. Image https://thekidshouldseethis.com/post/im-only-sleeping-beatles-em-cooper-oil-painting-animation Quel travail pour réussir une madeleine ! Il y a là un paradoxe de voir un travail aussi acharné pour s'attaquer à un éloge de la paresse. La technique utilisée est la technique classique du celluloïd mais peintes directement à la peinture à l'huile. C'est ainsi que Em Cooper a réalisé plus de 1300 peintures pour réussir à nous embarquer dans ce flux de peintures animés enlacé avec la musique. Em Cooper nous explique qu'elle aime la peinture, que ce choix technique est loin de relever de l'efficacité mais que finalement c'est une sorte d'éloge de la lenteur qui s'accorde quand même bien avec l'éloge du sommeil :-) Décidément, un tel travail qui nécessite autant de précision que d'implication nous prépare ici une madeleine digne des plus grandes pâtisseries ! Em Cooper au travail - photo https://www.instagram.com/p/Cki1782t7wZ/ On peut voir Em Cooper au travail dans : https://www.youtube.com/watch?v=44Fc23Be0qU Em Cooper nous parle de son film https://www.youtube.com/watch?v=F362nZHoVVg Alors faites-vous plaisir, montez le son et regardez "The Beatles I'm only sleeping" de Em Cooper. Les frissons sont garantis lors de la dégustation de cette magistrale et gourmande madeleine de Proust. Vive la madeleine ! On peut voir le film sur https://www.youtube.com/watch?v=5XwXliCK19Y #emcopper #thebeatlesomonlysleeping #annecyfestival #prixdujurufilmdecommande #gamca
- 62 - Des journées patrimoniales particulières
Collection Geneviève et André Martin - Don de Jean-Michel Boschet - Image du storyboard du film d'animation "Mais où sont les nègres d'antan" 1962 de Michel Boschet et André Martin. Cette année les journées du patrimoine auront pris une saveur toute particulière car Jean-Michel Boschet, le fils de Michel Boschet, m'a envoyé par la poste des documents issus des archives de Michel pour que je les intègre dans les documents que j'ordonne progressivement dans la collection Geneviève et André Martin. Après une petite frayeur à la poste qui ne trouvait pas mon colis, j'ai finalement pu récupérer l'envoi et l'ouvrir avec précaution pour découvrir, entre autre, quelques photos de films de Bretislav Pojar, des caricatures, des coupures de presse et deux gros paquets d'encres et gouaches sur papier Canson. Caricature d'André Martin par Michel Boschet pour le festival de court-métrages de Tours probablement début des années 60. Collection Geneviève et André Martin - Don de Jean-Michel Boschet Ma gourmandise picturale m'a fait commencer par les 70 dessins à l'encre et gouache du Story board de "Où sont les nègres d'antan". Chaque plan est travaillé pour lui donner un cadre. On y retrouve des commentaires d'André Martin sur l'image et ...le son. Collection Geneviève et André Martin - Don de Jean-Michel Boschet - Image du storyboard du film d'animation "Mais où sont les nègres d'antan" 1962 de Michel Boschet et André Martin avec les commentaires écrits. L'ensemble de ce story board est maintenant scanné et rangé en classeur. Son rangement numérique offre lui le plaisir d'en voir la séquence et de pouvoir naviguer dans ce projet avec ces plans refusés et ceux acceptés. Mais quel est donc ce court-métrage ? Classement des archives - photo Clément Martin Mais où sont les nègres d'antan - Réalisation Michel Boschet et André Martin - 1962 16 minutes - France Scénario, commentaire Michel Boschet et André Martin Photo : Julien Pappé, Jacques Maillet Animateurs Henri Lacam, Michel Roudevitch Décorateur René Fouin Traçage Christiane Gandon Musique : Geneviève Martin Voix Bernard Bing Son D.M.S Pierre Miville Montage Suzanne Caveau Producteur : Anatole Dauman Sociétés de production : Argos Films, Service de la recherche de la RTF, Les Films Martin-Boschet Langue : Français Format : 35 mm Le film nous conte les tribulations d'un "ethnographe" parisien qui se rend dans un petit village au fin fond de l'Afrique. Muni de tout l'arsenal du chasseurs d'images et de son, il mesure, filme et enregistre sons, musiques et danses locales. De retour à Paris il fait fortune avec ses enregistrements et devient célèbre. Il devra finalement rendre comptes au village pour l'utilisation de ces musiques qui ne lui appartiennent pas avec pour finir, un retournement de situation aussi drôle que prémonitoire. Le film nous plonge dans cette "vie précieuse" du village avec ces personnages animés à la limite de l'abstraction (pagayeurs de pirogue, joueurs de tambour). Arsenal d'enregistrement d'images et de son - dessin préparatoire - "Mais où sont les nègres d'antan" 1962 de Michel Boschet et André Martin. Collection Geneviève et André Martin - Don de Jean-Michel Boschet - Image du storyboard du film d'animation Arsenal d'enregistrement d'images et de son -Image du film cette fois. On remarque que le cochon tirelire du "sceptre du chef du village a été ajouté - -"Mais où sont les nègres d'antan" 1962 de Michel Boschet et André Martin - source https://www.senscritique.com/film/mais_ou_sont_les_negres_d_antan/460210 Les influences Les deux compères Michel Boschet et André Martin nous régalent une fois de plus avec un film au graphisme séduisant et moderne à une époque où la France peine à sortir de l'époque coloniale. On y retrouve les influences dont Michel Boschet était le pinceau et André Martin la plume dans plusieurs dimensions. La musique André Martin a toujours eu un environnement musical. Son père était violoniste et il était marié à une musicienne, Geneviève Martin qui a composé la musique du film. Ce n'est donc pas un hasard si son deuxième article dans les cahiers du cinéma en mai 1953 a porté sur Serge Prokofiev et la rencontre de la musique avec le cinéma (1). Le bruitage et la musique sont l'objet d'une attention particulière pour nous plonger avec réussite dans l'atmosphère du village. Dès le premier plan, le film nous invite à sonder "l'âme immense de l'Afrique" avec le chant des pagayeurs d'une pirogue, des bruits d'oiseaux et de forêts tropicales. Première page de « Serge Prokofieff La Musique rencontre le cinéma ». (1953 05 Les Cahiers du Cinéma no 23) La musique est également le sujet principal du scénario. Qu'il s'agisse de l'orgue de barbarie que l'on retrouvera dans "Maison Vole" en 1982 (2) ou du sujet du film très lié au travaux qu'AM mène à la l'époque de la conception du film sur lesquelles il fît une conférence en janvier 1961 au cidalc pour l'UNESCO (3). 20 janvier 1961 1ère page du rapport d'André Martin sur le film d'Art dans la préservation et le développement des Arts et traditions populaires musicales. Collection Geneviève et André Martin La vision prospective La vision prospective du monde , toujours présente chez André Martin, le film qui montre une Afrique forte qui s'affirme, Pour illustrer cette vision permanente, lire l'édifiant article d'André Martin qui , en 1965, nous annonce les comportements sociaux d'aujourd'hui en relation avec l'usage des médias instantanés (4) ou écouter la vision prospective d'André Martin sur le cinéma de synthèse et les médias en 1983 (5) La couverture du numéro d'image et son où est publié l'article d'André Martin affiche le graphisme du film. Image collection Geneviève et André Martin - 1965 03 Image et son no 182 couverture Faith et John Hubley On devine l'influence de Faith et John Hubley sur lesquels André Martin a écrit plusieurs articles (6) (7) (8). John Hubley a reçu aux premières Journées Internationales du Cinéma d'Animation se déroulant à Annecy en 1960 - les 2 premières se sont déroulées à Cannes - le grand prix de la critique internationale pour le magnifique "Moonbird". John Hubley était président du jury , il n'était donc pas possible de lui attribuer un des prix distribués par le jury. Le président du jury John Hubley et André Martin, "l'animateur du spectacle de l'animation", au festival d'Annecy en 1960 - photo de André Gobeli - Collection Geneviève et André Martin. On retrouve chez Hubley et Martin-Boschet des techniques graphiques comparables pour les décors ainsi que des silhouettes stylisées à l'encre noir qui deviennent des motifs. Dessin préparatoire de 1959 Seven Lively Arts - John Hubley - Collection Geneviève et André Martin Dessin préparatoire de 1962 Mais où sont les nègres d'antan- Collection Geneviève et André Martin - Don de Jean-Michel Boschet Dessin préparatoire de 1962 Mais où sont les nègres d'antan- Des silhouettes à l'encre noirs deviennent des motifs abstraits animés - Collection Geneviève et André Martin - Don de Jean-Michel Boschet Le burlesque Le goût du burlesque et du calembour notamment avec le titre du film rappelant le vers de François Villon « Mais où sont les neiges d'antan ? » qui conclut son poème la « Ballade des dames du temps jadis ». La passion de Michel Boschet et André Martin pour le burlesque est déjà prégnante dans la deuxième moitié des années quarante où les jeunes bordelais dévorent les films burlesques américains dans les ciné-clubs. André Martin écrira par la suite dans les années 50 plusieurs articles dans les cahiers du cinéma sur les Marx Brothers et les Buster Keaton. André Martin au milieu des années 40 et Michel Boschet (sans moustache ! ) André Martin et René Rios au Bouscat dans une parodie des Marx Brothers. On peut noter quelques touches humoristiques dans le texte ou dans l'animation comme le "sceptre" du chef du village qui est un une tirelire cochon destinée à recevoir le paiement des prestations réalisées par le village pour l'ethnographe. La sociologie L'ethnographie, un sujet central du scénario du film, est une composante des sciences sociales auxquelles André Martin s'intéresse particulièrement. En août 1961 André Martin fait sa première visite au Canada. La rencontre de sociologues québécois comme Fernand Cadieux, la lecture des livres de Marshall McLuhan (9) (10) qui fera partie de ses deux documentaires qu'AM réalisera à l'ONF (11), vont fortement influencer André Martin qui, sans abandonner le cinéma d'animation va progressivement s'intéresser aux médias et aux "communications sociales" jusqu'à prendre la direction du service de la recherche de la Commission de la Télé Radio Diffusion Canadienne en janvier 1970. Le patrimoine et les époques Même pour les archivistes et historiens en herbe "par la force des choses", la sauvegarde du patrimoine cinématographique et audiovisuel, ses rapports à l'histoire, le rôle de ces conservations interpellent en permanence. Faut-il adapter les mots et les images du passé aux canons moraux d'aujourd'hui ? Retravailler, découper, renommer, avertir ... interdire ? Ou au contraire faut-il respecter scrupuleusement les œuvres dans leur jus pour un véritable témoignage historique du passé pour mieux comprendre le présent et le futur ? Je penche singulièrement pour la deuxième option non sans avoir consulté des historiens à ce sujet pour me rassurer. :-) Et oui, vous l'aurez remarqué le titre du film comporte le mot "nègre", ce mot dérivé du latin niger qui veut dire « noir » en tant que couleur. Ce mot était utilisé depuis le XVIe siècle en France. Il est aujourd'hui considéré comme un terme péjoratif et raciste au point que je n'ai pas fait apparaître le titre du film sur l'annonce de cet article sur les réseaux sociaux sous peine de devoir subir des dizaines voire des centaines de "points de Godwin" instantanément ! On a changé le titre du célèbre “Dix petits nègres” d'Agatha Christie en "ils étaient dix" . S'il faut changer le titre d'un film profondément respectueux d'une Afrique gagnante et de sa culture alors on l'appellera "Mais où sont les neiges d'antan". Ce titre de film digne de" l'absurdie pataphysique" sera un clin d'œil fidèle aux réalisateurs... le titre du film conservera même une dimension prospective ! :-) Le film est visionable en permanence au Forum des Images à Paris ... en attendant de le voir en salle ! Une journée patrimoniale peut en cacher une autre : Cerise sur le gâteau Cerise sur le gâteau suite à la parution de cet article, Jean-Baptiste Garnero du CNC a fourni trois animations réalisées à partir de cellulos et dessins du fonds Michel Boschet déposés au CNC par les ayant droits, animations réalisées par Justin Fayand (ENSAD). Merci à Argos Films pour l'aimable autorisation de diffusion. Animation de dessins et cellules originaux de "Mais où sont les nègres d'antant". Matériaux originaux Fonds Michel Boschet déposés au CNC par les ayant droits, animations réalisées par Justin Fayard (ENSAD) ©Argos Films. L'animation en couleur du personnage existe aussi sur fond noir. Remerciements Merci Jean-Michel Boschet pour ce beau cadeau avec ce premier week-end enthousiaste et laborieux. C'est avec une émotion particulière qu'on manipule les préparatifs d'un films conçus il y a 62 ans avec ses anachronismes, ses visions prospectives, ses talents graphiques, ses influences artistiques, ses directives écrites qui soulignent le but recherché du plan. Ce classement numérique et physique nous plonge au cœur de la genèse de ce film avec ces touchants moments où les auteurs que l'on regrette chaque jour sont soudain si vivants. C'est cela aussi le patrimoine ! Merci à Ellen Schafer d'Argos films, de m'avoir permis de revoir le film dans le cadre de la préparation de cet article et pour la permission de diffuser les animations. Merci à Jean-Baptiste Garnero du CNC, toujours attentionné et attentif à la préservation du patrimoine cinématographique, pour la cerise sur le gâteau. Notes : (1) 1953 05 Les Cahiers du Cinéma no 23 Serge Prokofieff La Musique rencontre le cinéma P 24-25 (2) https://www.gamca.info/post/maison-vole-l-envolée-a-40-ans (3)1961 01 20 - UNESCO - Le Film D'art dans la préservation et le développement des arts et traditions populaires musicales - André Martin (4)1965-03 Image et Son no 182 Ou en est le culte de l'image reine ? (5)1983 03 13 "Le cinéma des cinéastes" - émission de Claude Jean Philippe avec André Martin - émission sur le film "Sans soleil" : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/sans-soleil-de-chris-marker-essai-cinematographique-d-un-homme-multimedia-3676987 (6)1962-08 Montréal 3e Festival International du Film de Montréal John Hubley L'intrépide (7) 1965-07 - Cinéma 65 Spécial Animation - John Hubley Un anarchiste de sang royal - p23-33 (8) Il existe une interview de John Hubley par André Martin et une personne non identifiée qui traduit en anglais quand cela est nécessaire qui a été numérisée. (9) La Galaxie Gutenberg : la genèse de l'homme typographique (trad. Jean Paré), Montréal, HMH, 1967. Titre original en anglais The Gutenberg Galaxy: The Making of Typographic Man, University of Toronto Press, 1962. (10) Pour comprendre les médias , Seuil, coll. Points, 1968, 404 p. (titre original : (en) Understanding Media: The Extensions of Man, McGraw-Hill, New-York, 1964.) (11) 1967 La télévision est là - Réalisation André Martin - Production Office National du Film du Canada et 1967 Image que me veux-tu ?- Réalisation André Martin - Production Office National du Film du Canada. #michelboschet #andremartin #maisousontlesnegresdantan #filmsmartinboschet #cnc #argosfilms
- 63 - Linda veut du poulet ou les tribulations "gallinacières".
Image : https://www.gebekafilms.com/fiches-films/linda-veut-du-poulet/ Linda veut du poulet sort sur les écrans le 18 octobre. Ne manquez pas d'aller voir en salle ce long-métrage d'animation avec les jeunes enfants de votre entourage pour passer un très bon moment qui enchantera tous les spectateurs. Linda Veut du poulet France 2023 Scénario et réalisation : Chiara Malta & Sébastien Laudenbach Création des personnages : Sébastien Laudenbach Création des décors : Margaux Duseigneur Musique originale et Chansons : Clément Ducol Texte Chansons : Chiara Malta & Sébastien Laudenbach Interprétation chanson du générique : Juliette Armanet Voix : Mélinée Leclerc, Clotilde Hesme, Laetitia Dosch, Esteban, Patrick Pineau, Claudine Acs, Jean-Marie Fonbonne, Antoine Momey, Scarlett Cholleton, Alenza Dus, Anais Weller, Milan Cerisier, Nahil Mostefa, Pietro Sermonti, Anna Parent. Production déléguée : Marc Irmer, Emmanuel-Alain Raynal, Pierre Baussaron. Coproduction : Flaminio Zadra Distribution : Gebelkafilms Les réalisateurs On connaissait Chiaria Malta pour ces courts-métrages notamment une trilogie consacrée à l’enfance . Chiara Malta mène une carrière très active travaillant sur plusieurs séries pour la télévision et les plateformes. Linda veut du poulet est son premier film d'animation. Extrait da A comme Azur de Chiara Malta sur https://vimeo.com/757998188 : Dans le monde de l'animation on connait surtout Sébastien Laudenbach, réalisateur de "la jeune fille sans mains", Prix André - Martin pour un long métrage français au festival d'Annecy en 2017 ou encore de Vibrato court-métrage pictural et coquin en hommage à ce paquebot lyrique qu'est l'Opéra Garnier. On retrouve dans les films de Sébastien Laudenbach ce style graphique où l'esquisse confère à l'animation et au mouvement une souplesse, une fluidité et une élégance incomparable. On peut voir la bande annonce de la jeune fille sans main sur : https://www.youtube.com/watch?v=guqRCaZCl_Y On peut voir vibrato sur : https://www.youtube.com/watch?v=ECeiECeaHkQ Le film Le film, véritable éloge du vivant s'il en est, repose sur une base tragique car Linda vit avec sa maman sans son père décédé au court d'un repas. Linda a des rapports plus ou moins tendus avec une mère surmenée et débordée. Linda veut du poulet pour déjeuner, ce caprice a une résonance toute particulière pour Linda et sa mère, qui se sent également coupable d'avoir injustement puni sa fille, part acheter les ingrédients nécessaires pour ce repas. Mais voilà on est jour de grève nationale et les fermetures des commerces compliquent fortement les courses nécessaires à ce repas. Rapports tendus entre Linda et sa maman - Image https://www.miyu.fr/production/linda-veut-du-poulet/ Il s'en suit un enchaînement de circonstances et d'évènements qui transforme ces courses et la préparation du repas en tribulations réjouissantes dont l'intensité ne fait que croître au cours du film à tel point qu'à un moment on se demande jusqu'où va aller ce crescendo rebelle qui rappelle, sur un tout autre thème et dans un style différent, le trépidant et désopilant boléro enchaînant les catastrophes de "Mondo domino" de Suki (1) . Cette succession de péripéties qui prend racine dans les origines du burlesque au cinéma s'avère très distrayante et nous change des scénarios "élaborés" abordant avec gravité des sujets sociaux. Ce long-métrage qui a bénéficié de plus de moyens que "la jeune fille sans mains" conserve cette fluidité de l'animation que nous offre Sébastien Laudenbach dans ses films mais avec plus de couleurs, des couleurs vives qui s'accordent à la fraîcheur que dégage les acteurs dans l'interprétation des personnages. Palette de couleurs associés aux personnages - Image dossier de presse Gebekafilms Ce film grand public nous parle de famille, du monde des enfants, d'une cité qui devient village, de refus d'autorité, de solidarité dans un décors contemporain. Le film rappelle parfois des bandes dessinées plus anciennes ce qui lui confère une dimension plus intemporelle. Quand une citée devient village - Image dossier de presse Gebekafilms Le film a connu un triomphe dans la grande salle de Bonlieu au festival d'Annecy et a remporté le prestigieux Cristal du long-métrage d'animation. Le tout donne un ensemble qui dégage une joie de vivre et un éclat qu'on ne peut qu'applaudir. Sébastien Laudenbach sous les applaudissements à l'issue de la projection du film en avant-première - photo Clément Martin Marcel Jean, d élégué artistique du festival international du film d'animation d'Annecy, Emnnauel-Alain Raynal, Chiara Malta, Sébastien Laudenbach et une partie de l'équipe du film lors de la cérémonie de clôture pour la remise du cristal du long-métrage. - Photo Clément Martin Alors à partir du 18 octobre 2023, emmenez vos enfants au cinéma pour voir "Linda veut du poulet". Vous passerez un bon moment avec eux ... mais attention à leurs demandes culinaires surtout s'il y a grève car vous risquez une petite révolution ! On peut voir la bande-annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=2B_qFtq5nQc (1) Voir Mondo Domino : Le retour de la caricature https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/mondo-domino-le-retour-attendu-de-la-caricature #lindaveutdupoulet #chiaramalta #sebastienlaudenbach #gebekafilms #miyuproductions #dolcevitafilms #annecyfestival #gamca
- 64 - Mars Express : Embarquement immédiat !
Les long-métrages d'animation français ne courent pas les rues même si ce trimestre avec "Linda veut du poulet", "Sirocco et le royaume des courants d'air" et "Mars Express" nous en avons déjà trois qui méritent d'être remarqués. La lutte pour le prix André Martin du long métrage va être rude au printemps prochain au festival national du film d'animation à Rennes ! Nous avons pu voir Mars Express en avant-première dans la grande salle de Bonlieu au festival d'Annecy le 14 juin dernier en présence de l'équipe et des acteurs principaux pour les voix : Léa Drucker et Daniel Njo Lobé. Les spectateurs ont adopté et applaudi ce film attendu. (Difficile d'avoir une place merci à Laurence :-) ) Marcel Jean, délégué artistique du festival d'Annecy, avec l'équipe du film lors de l'avant-première Une séance particulière Nous avons pu revoir le film à la Cinémathèque Française devant une salle à nouveau comble le lundi 20 novembre avant sa sortie deux jours plus tard. La séance était présentée conjointement par la revue sur le Cinéma d'Animation "Blink Blank" et la Cinémathèque Française. Bernard Payen (Cinémathèque Française), Xavier Kawa-Topor et Jacques Kermabon (revue Blink Blank) - Photo Clément Martin A la suite de la projection le réalisateur, le co-scénariste et le producteur Didier Creste ont répondu à nos nombreuses questions. On a pu admirer la complicité entre Jeremy Périn et Laurent Sarfati qui ont pris l'habitude de "sévir" ensemble dans la création. Jérémie Périn et Laurent Sarfati ont répondu avec bonheur à nos questions à l'issue de la séance qui nous ont régalé de confidences complices - Photo Clément Martin Plus d'une centaine de personnes ont travaillé pendant 3 ans sur ce film après deux ans d'écriture et de maturation du sujet pour un budget raisonnable, dix fois moins important qu'une production américaine de ce type pour un spectacle réussi ! Fort de ces confidences et de ces belles séances, voyons de plus prêt quel est ce film grand public original qui enchante des salles combles, un film qui nous change des blockbusters américains et autre Marvel qui finissent parfois par s'imiter eux-mêmes dans un élan autant récursif que cupide. Source image : https://www.lemagducine.fr/cinema/critiques-films/mars-express-jeremie-perin-avis-10065186/ Mars Express Réalisation Jérémie Périn -- France - 2023 - 1 h 25 Scénario : Laurent Sarfati et Jérémie Périn Direction Artisitique : Michale Robert Musique original : Fred Avril et Philippe Montaye Direction artistique voix : Martial Le Minoux 1ère Assistante Réalisation : Laetitia Nurdin Chefs animation : Nils ROBIN, Hanne GALVEZ, Nicolas CAPITAINE Chefs compositing : Cyprien NOZIÈRES, Christelle SOUTIF Montage : Lila DESILES Sound design : Fanny BRICOTEAU Mixage : Matthieu DALLAPORTA Étalonnage : Grégoire LESTURGIE Production : Everybody on deck Producteur délégué : Didier Creste Producteur exécutif animation : Marc Jousset Distribution France : Gebeka Films Voix : Léa Drucker : Aline Ruby, Daniel Njo Lobé : Carlos Rivera, Marie Bouvet : Roberta Williams, Sébastien Chassagne : l'inspecteur Simon Gordaux, Mathieu Amalric : Chris Roy Jacker, Usul : le Professeur, Geneviève Doang : Jun Chow, Marthe Keller : Beryl, Thomas Roditi : Lem, Nicolas Justamon : Brian Jobi, Jérémie Bédrune : Philippe, Thierry Jahn, Serge Faliu, Eilias Changuel, Barbara Delsol, Nathalie Karsenti, Angéline Henneguelle, Charlotte Junière, Fanny Vambacas, Delphine Braillon, Emmanuel Bonami, Martial Le Minoux, Laurent Sarfati, Renaud Jesionek, Maxime Pacaud, Marie Chevalot Un polar Mars Express s'adresse à un public adolescent ou adulte à qui il offre un polar haletant qui se passe en 2200 principalement sur une planète Mars colonisée, oasis artificielle paradisiaque plantée au cœur d’une planète désertique et hostile à la vie. On y suit les tribulations d'une détective privée, Aline Ruby, et de son partenaire androïde Carlos Ribera qui entre recherche de hackeuse et recherche d'une étudiante disparue vont progressivement nous plonger dans une machination qui doit bouleverser la vie sur Mars. Echanges de coup de feu, courses poursuites spectaculaires, meurtres, personnages mystérieux, tous les ingrédients d'un film d'actions sont réunis pour nous entraîner dans cette histoire et pour résoudre le puzzle dans lequel nous plonge les auteurs. Carlos Ribeira et Aline Ruby dans un "aéroport". source Image https://www.unifrance.org/film/52852/mars-express Une fable de science-fiction Le film est aussi une fable de science fiction qui prend ses racines dans la série de nouvelles "les robots" d'Isaac Asimov (1950) qui fixait les trois lois de la robotique qui gouvernaient le comportement de ces automates. Première édition des nouvelles aux Etats unis en 1950 - image : https://historical.ha.com/itm/books/signed-editions/isaac-asimov-i-robot-new-york-gnome-press-1950-first-edition-typed-note-card-signed-by-asimov/a/6069-30197.s Il reprend les thèmes concrètement présents dans les projets en lente gestation de l'humanité et également présents dans la littérature depuis des décennies ... coloniser la lune pour ensuite coloniser Mars et ainsi ne plus dépendre uniquement de notre unique vaisseau ... la planète Terre. Imaginaire de la colonisation de la lune et de mars. Image https://www.nouvelobs.com/sciences/20161012.OBS9749/coloniser-mars-ou-la-lune-le-dilemme-de-la-conquete-spatiale.html L'univers du film qui nous offre la vision aboutie de ces projets, dans deux siècles, avec un mélange d'éléments prospectifs, mêlés habilement à des éléments familiers, ce qui permet au spectateur de résoudre avec plaisir, petit à petit, sa compréhension de ce monde tout en participant à l'intrigue du scénario d'un spectacle réussi. Vision futuriste avec détails familiers - image : https://www.animationmagazine.net/2023/05/mars-express-director-jeremie-perin-producer-didier-creste-share-a-glimpse-of-life-on-another-world/ Des paysages urbains familiers, des robots modélisés par des descendants de Jean-Paul Gauthier ? :-) - Source Image https://www.animationmagazine.net/2023/05/mars-express-director-jeremie-perin-producer-didier-creste-share-a-glimpse-of-life-on-another-world/ Une réflexion sur notre avenir Comme toujours, les récits de science-fiction s'appuient sur des interrogations, les envies et les angoisses liées au changement, au progrès technique, aux rapports entre les individus pour proposer une vision prospective. A la peur de l'automatisation, de son impact sur notre planète, sur l'emploi, sur les comportements sociaux, aux impacts du numérique, des réseaux et de la communication instantanée qui isolent et virtualisent une partie de notre vie, viennent s'ajouter les angoisses liées à l'usage de l'intelligence artificielle. Le film n'échappe pas à la règle et s'appuie avec acuité sur ces préoccupations contemporaines du spectateur. Les peurs liées à l'intelligence artificielle résonnent particulièrement car elles se sont fortement amplifiées entre de le début de la conception du film et sa sortie avec l'apparition en fanfare des "IA génératives" qui génèrent traduction, texte, images, sons, voix, musiques, animations à partir de base de données et ... de la production des "auteurs". A l'époque où chacun s'interroge sur la réglementation et le cadrage des "GAFAM", Space X, et autre twitter, gigantesques entreprises parfois plus grosses que des Etats, qui s'emparent de nos données les plus intimes, réinventent nos créations, orientent notre jugement et la pensée collective; A l'époque où les moyens de communication, les projets transhumanistes ou spaciaux prétendent façonner des avenirs, de futures conquêtes colonisatrices, de futurs êtres, le film est en pleine résonnance avec son temps pour nous proposer une vision d'un avenir possible. Dans le film, des entreprises privées et leurs monopoles technologiques dominent l'organisation des sociétés où des androïdes, dont certains peuvent conserver la mémoire des défunts, se mêlent avec ambiguïté aux humains. De nouveaux automates, les "organiques" émergent comme une nouvelle technologie révolutionnaire. Le scénario nous immerge dans ce monde crédible au travers d'une enquête policière. Des décors somptueux qu'on survole avec cette extase, des scènes d'actions haletantes nous offrent ces émotions que seul un bel écran de cinéma et le cinéma d'animation peuvent nous procurer. L'intrigue, l'ambiguïté entre l'automate et le vivant nous amènera petit à petit à un dénouement métaphysique et ... spectaculaire. On peut voir la bande annonce su film sur : https://www.youtube.com/watch?v=7iroDVDTPco Alors si vous n'avez pas encore vu le film qui a fait un bon démarrage, "Embarquement immédiat" sur Mars Express pour 1h25 de suspens et d'enquête comme seule le cinéma d'animation peut vous en proposer ! N'oubliez pas d'attacher votre ceinture ... turbulences prévues dès le décollage ! On souhaite un beau succès en France et à l'internationale à ce film qui le mérite. Pour en savoir plus : Mars Express : coexistence artificielle par Jérémy Chommanivong https://www.lemagducine.fr/cinema/critiques-films/mars-express-jeremie-perin-avis-10065186/ ‘Mars Express’ Director Jérémie Périn Mixes Mature Themes With Anime Influences in Noirish Sci-Fi Thriller By Ben Croll https://variety.com/2023/artisans/global/mars-express-jeremie-perin-anime-mk2-1235639839/ ‘Mars Express’ Director Jérémie Périn & Producer Didier Creste Share a Glimpse of Life on Another World par Ramin Zahed https://www.animationmagazine.net/2023/05/mars-express-director-jeremie-perin-producer-didier-creste-share-a-glimpse-of-life-on-another-world/ Mars Express : critique d’une vraie pépite SF par Antoine Desrues https://www.ecranlarge.com/films/critique/1496302-mars-express-critique-vraie-pepite-sf Coloniser Mars ou la Lune : le dilemme de la conquête spatiale - Par Jean-Paul Fritz - Publié le 12 octobre 2016 - Jean-Paul Fritz - Nouvel Observateur https://www.nouvelobs.com/sciences/20161012.OBS9749/coloniser-mars-ou-la-lune-le-dilemme-de-la-conquete-spatiale.html #marsexpress #jeremiperin #cinemathequefrancaise #annecyfestival #gamca
- 65 - Une jeune planète : "La planète sauvage" a 50 ans.
Le dimanche 26 novembre dernier, le 20e Carrefour du cinéma d'animation nous a encore gratifié d'une soirée remarquable avec la présentation de la planète sauvage par Xavier Kawa-Topor et Fabrice Blin, auteurs du livre "L'Odyssée de la Planète sauvage", accompagné de Jean-Gaspard Páleníček écrivain, traducteur et curateur franco-tchèque qui a également participé aux recherches sur ce film en Tchéquie. Xavier Kawa-Topor, Fabrice Blin et Jean-Gaspard Páleníček nous présente l'histoire de ce long-métrage. Photo Clément Martin Présentation du livre "L'odyssée de la planète sauvage" Nos trois intervenants nous ont raconté l'objet du livre sur la genèse du long-métrage d'animation "La planète sauvage" réalisé par René Laloux, prix du Jury à Cannes en 1973. Image : https://capricci.fr/wordpress/product/lodyssee-de-la-planete-sauvage/ Ils nous ont plongé dans cette genèse avec une abondante illustration, photos d'époques, dessins préparatoires de Roland Topor, éléments de Story Board; autant de témoignages des relations entre René Laloux et Roland Topor, mais également avec les équipes tchèques qui ont fait le film à Prague dans les studios Jiří Trnka héritier de la longue tradition de cinéma d'animation tchèque et du cinéma d'Etat Tchécoslovaque qui a pris un essor international après la deuxième guerre mondiale. René Laloux sur un dessins de la planète sauvage -source photo : https://capricci.fr/wordpress/product/lodyssee-de-la-planete-sauvage/ La tchécoslovaquie terre d'animation Dès 1945, Jiří Trnka fonde avec Eduard Hofman et Jiří Brdečka un studio d'animation appelé Bratři v triku. Un jeune animateur Josef Kabrt travaille dans ce studio sur les films Le Diable à ressorts(1946) et le cadeau (1946) (1). Le genre cinéma d'animation convient au régime communiste et on assiste à la naissance d'un cinéma d'Etat aux nombreuses productions. Dès 1946, Jiří Trnka remporte le Grand Prix international du dessin animé pour "Les animaux et les gens de Petrov", et Karel Zeman gagne le Grand Prix international du scenario de court métrage avec "Rêve de Noël". Jiří Trnka remporte l'année suivante le Premier Prix du festival du film d'animation de Paris en 1947 et il est de nouveau primé au Festival de Venise 1948 pour son premier long métrage : l'Année tchèque (Špaliček). A partir de 1955, à l'occasion d'un voyage culturel autour du cinéma en Tchécoslovaquie, l'équipe des journées du cinéma est en contact directe avec ces réalisateurs tchécoslovaques (2). Les tchèques sont présents un an plus tard aux premières journées internationales du cinéma d'animation à Cannes en 1956 (3). Pour la première fois des réalisateurs tchécoslovaques, russes, français, américains se rencontrent et découvrent leurs travaux respectifs un festival dédié au Cinéma d'animation. C'est le début d'un mouvement qui se prolongera pour aboutir en 1960 à la création de l'Association Internationale du Film d'Animation toujours active aujourd'hui. C'est dans ce courant porteur que le cinéma d'Etat Tchécoslovaque fait sa promotion et son marketing pour se développer à l'international. Couvertures de catalogues Tchécoslovaque à la fin des années 50. - Collection Geneviève et André Martin Les relations avec la France sur le cinéma sont très étroites avec des associations comme "Paris- Prague" qui font la promotion du cinéma Tchécoslovaque où l'on retrouve André Martin, Marcel Martin, Chris Marker et d'autres personnalités marquante de l'époque sur le cinéma et le cinéma d'animation. Couverture du Numéro 9 de Paris-Prague paru en 1957 ou 1958 consacré au cinéma Tchécoslovaque. Collection Geneviève et André Martin Le cinéma d'animation tchécoslovaque se développe de plus en plus à l'internationale en proposant des prix attractifs pour des films d'animation destinés à la télévision. C'est ainsi que 13 épisodes de Tom and Jerry seront réalisée à Prague au studio Rembrant au début des années 60 pour les Etats-Unis ! A partir de la fin des années 50 le studio Bratři v triku travaille avec Jean Effel sur le long-métrage d'animation "La création du monde" qui sortira en 1962. Josef Kabrt participe à ce film. Il s'est rendu à Paris en 1958 pour rencontrer Jean Effel avec Eduard Hofman et Adolf Hoffmeister (4). L'odyssée de la planète sauvage Quand René Laloux commence travailler avec le studio tchèque, c'est avec une équipe chevronnée dirigée par Josef Karbt qui travaille sur des films d'animation depuis plus de 20 ans dans le studio Bratři v triku et qui a déjà l'expérience de production d'un long-métrage en coproduction avec la France avec "la création du monde". René Laloux doit composer et s'imposer en tant que réalisateur auprès de Josef Kabrt mais doit aussi gérer des échanges plus ou moins facile avec Roland Topor qui a des idées très arrêtées sur le film. La production du film commence à peine en mars 1968 que le printemps de Pragues éclate, suivi des purges associées à la répression des soviétiques. René Laloux croit le film perdu puis la réalisation reprend et l'odyssée continue. Jiří Trnka meurt le 30 décembre 1969, le studio perd son Maître spirituel. Au générique, on voit que le studio de réalisation s'appelle "Jiří Trnka". Est-ce Bratři v triku rebaptisé Jiří Trnka ? (5). Le film se fait non sans tensions et sort en 1973 en deux versions, une française réalisée par René Laloux et une tchécoslovaque avec pour réalisateur au générique ... Josef Kabrt. Le film marque l'histoire du cinéma d'animation et influencera tout un cinéma dans les décennies qui suivront. Il obtient pour la première fois pour un film d'animation, le prix du Jury à Cannes et obtient un large succès populaire en salle. René Laloux jure qu'il ne retravaillera plus avec les pays de l'Est .... ce qui ne l'empêchera pas de recommencer avec la Hongrie cette fois pour la production des Maîtres du temps. :-) La planète sauvage - réalisation Renée Laloux - 72 mn -France-Tchécoslovaquie Réalisation : René Laloux Scénario : René Laloux, Roland Topor, d’après le roman Oms en série de Stefan Wul Dessins originaux : Roland Topor Graphisme : Josef Kabrt Décor : Josef Vana Image : Lubomir Rejthar, Boris Baromykin Son : Jean Carrère, René Renault Musique : Alain Goraguer Chefs animateurs : Jindrich Barta, Zdena Bartova, Bohumil Sedja, Zdenek Sob, Karel Strebl, Jiri Vokoun Montage : Hélène Arnal, Marta Latalova Synchronisation : Hélène Tossy Bruitage : Robert Pouret Paysages sonores et effets spéciaux : Jean Guérin Mixage : Paul Bertault Production : Les films Armorial – ORTF – Cheskoslevensky Film Export, avec Vaclav Strnad et Simon Damiani, André Valio-Cavaglione Distribution : Connaissance du cinéma Studio d’animation : Studio Jiri Trnka et Kratky film à Prague Sortie nationale : 6 décembre 1973 Voix : Tiwa / Jennifer Drake Terr / Eric Baugin Maître Sinh / Jean Topart Terr adulte, le commentateur / Jean Valmont Après ces passionnants échanges qui ont dépassé le temps prévu mais qui nous ont paru si court, on a pu voir le film qui nous raconte l'histoire des Draags, des géants bleus qui cohabitent sur la planète Ygam avec des petits êtres, les Oms. Vulnérables par leur petite taille, les Oms sont au mieux des jouets ou des esclaves pour les Draags au pire, ils sont persécutés voir exterminés. Roland Topor : un univers graphique remarquable Roland Topor artiste et créateur polymorphe a réalisé tous les dessins préparatoires du film. S'il n'a pas participé à la production du film nos intervenants nous ont montré qu'il est intervenu notamment avec des commentaires parfois un peu tranchant sur le story board. Il avait déjà collaboré à deux reprises à des courts-métrages réalisés par René Laloux. Roland Topor a ainsi créé un univers graphique remarquable aussi fantastique qu'onirique et mystérieux. On y distingue de multiples influences avec : Des chimères qui nous rappellent l'œuvre médiévale de Jérôme Bosch; Chimère rappelant l'œuvre de Jérôme Bosch - image https://capricci.fr/wordpress/product/lodyssee-de-la-planete-sauvage/ Une flore étrange tantôt ronde et généreuse et avenante, tantôt hostile ; Une flore parfois hostile : https://www.cinemaniak.net/la-planete-sauvage-un-voyage-onirique-introspectif/ Une faune surréaliste peuplée d'animaux géants étranges, Monstrueux mollusque et un petit détail en bas à droite ... qui aura son importance. Image : https://www.ecranlarge.com/films/842748-planete-sauvage-la Josef Kabrt et l'équipe du studio La technique utilisé pour réaliser le film par le studio tchèque a été le papier découpé. Cette technique consiste à dessiner un élément d'une image, un personnage par exemple, puis à la découper et le colorer. En répétant l'exercice on obtient une suite de "mots" qui permettent ensuite de composer la "phrase" qui constitue une scène. Exemple de suite de papiers découpés permettant moins d'une demi-seconde d'animation- Source image : https://capricci.fr/wordpress/product/lodyssee-de-la-planete-sauvage/ Les studios tchèques ont non seulement respecté le caractère original des dessins de Topor mais l'on sublimé en en animant les composants. René Laloux a rapidement validé l'usage de cette technique pour la réalisation du film qui met si bien en valeur le travail graphique de Roland Topor. Dessin préparatoire de Roland Topor - source https://www.2dgalleries.com/art/la-planete-sauvage-198907 Image du film. On voit ici la fidélité aux dessins préparatoires de Roland Topor. - source https://www.vagabond-des-etoiles.com/cinema/la-planete-sauvage-rene-laloux/ La musique La musique vient compléter cette création avec les compositions originales et innovantes d'Alain Goraguer. Alain Coraguer, décédé en cette année 2023, est un pianiste qui vient du jazz connu aussi comme arrangeur de la variété française (Vian, Gainsbourg, Ferrat)(6). Il a déjà composé la musique de deux courts-métrages de Laloux et Topor (Les Temps morts, 1964 ; Les Escargots, 1965). Cette fois-ci le compositeur puise dans la musique électronique de son temps avec des synthétiseurs planants, des claviers électriques et des flûtes qui nous enveloppent d'un son suave, des guitares électriques au son chaud des amplificateurs analogiques de l'époque et des batteries et des basses qui rythment et tendent le propos musical. On pense aux premiers Pink Floyd ou à Tangerine dream. N'oublions pas que le film est coproduit par le service de la recherche de l'ORTF fondé par Pierre Schaeffer en 1960. Pierre Schaeffer au sein de son service a non seulement encouragé constamment le cinéma d'animation à commencer par André Martin et Michel Boschet au tout début du service (7) au sein du "groupe de recherche image" mais également la recherche sur la musique concrète et la musique électronique au sein du "groupe de recherches musicales". On peut imaginer qu'il y a eu une certaine porosité entre le GRM et Alain Coraguer dont la musique se démarque des deux précédents courts-métrages. Les compositions d'Alain Coraguer complètent un ensemble qui nous transporte dans cette planète sauvage et nous emporte dans certaines rêveries psychédéliques ou autre expériences surréalistes du film. Hommage à Alain Coraguer - Image : https://www.reddit.com/r/criterion/comments/113rofv/rip_alain_goraguer/?rdt=61434 - Serge Gainsbourg, un draag, Alain Goraguer, Jacques Brel et Michel Legrand, d'après une photo originale de Jean-Pierre Leloir/Gamma-Rapho 1960. Une parabole sur l'humanité Les situations du film et les allégories qui le peuplent nous plongent dans une parabole sur l'humanité. L'oppression des Oms par les Draags résonnent avec tous les conflits idéologiques de la fin des années 60. Le film évoque un univers Orwelien où se décide facilement l'oppression. Assemblée où sont annoncées les décisions - Image : https://www.facebook.com/bangkokscreeningroom/photos/a.735252879902865/2867070086721123/?type=3&locale=hi_IN Dans cette parabole, on retrouve les préoccupations de l'époque qui résonnent encore aujourd'hui : exterminations d’un peuple, divisions et conflits, conquête de l’espace, progrès de la science. C'est grâce au partage de la connaissance et à la technologie qu'une issue sera trouvée et que pourra s'achever cette oppression. Apprentissage de la connaissance chez les Draag. - source Image https://capricci.fr/wordpress/product/lodyssee-de-la-planete-sauvage/ Le roman de Stefan Wul avec sa trame scénaristique rêvée, le génie graphique de Roland Topor, le savoir-faire volontaire et intrusif de Josef Kabrt et de son équipe, la musique de Alain Coraguer et l'obstination de René Laloux nous ont donné ce chef d'œuvre intemporel qui a maintenant 50 ans et qui a conservé toute la jeunesse de la planète sauvage. A voir et revoir dès que c'est possible dans une salle de cinéma ou avec le livre et le DVD paru pour les 50 ans de cette planète. On peut voir une bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=ZkIAkDsiUoo Notes : (1) Je n'ai pas (encore) trouvé de générique complet de ces films mais le lien suivant mentionne Josef Kabrt comme animateur https://mubi.com/fr/cast/josef-kabrt (2) voir Genèse du festival d'Annecy 3e partie : Des journées internationales pour le cinéma d'animation par Clément Martin - https://www.gamca.info/post/genèse-du-festival-d-annecy-3-des-journées-internationales-pour-le-cinéma-d-animation (3) A partir de 1960, les Journées Internationales du Cinéma d'Animation se tiendront à Annecy. (4) L'année Trnka par André Martin dans Paris Prague no 9 p3 (5) Information à confirmer. (6) Alain Goraguer, mort d’un compositeur discret par Thierry Jousse Publié le 15 février 2023 https://www.lesinrocks.com/musique/alain-goraguer-mort-dun-compositeur-discret-538319-15-02-2023/ (7) La place d'un "septième arts bis" au sein du service de la recherche : Martin et Boschet deux hermès de l'animation par Amandine Bertin dans Des Mondes possibles - Le service de la recherche de la télévision française et le cinéma d'animation. INA Editions 2022 sous la direction de Sébastien Denis Pour en savoir plus : L'Odyssée de "La Planète sauvage" - Xavier Kawa-Topor, Fabrice Blin - Capricci Les sons de la science-fiction dans La Planète sauvage de René Laloux (1973) - Aurélie Huz Dans Sociétés & Représentations 2020/1 (N° 49), pages 211 à 219 Éditions Éditions de la Sorbonne "René Laloux, Le Maître du genre" - par Xavier Kawa-Topor dans la revue Blink Blank no 5. "La Planète sauvage", comment ce film de science-fiction français a révolutionné le cinéma d'animation ? par Yann Lagarde avec intervention filmée de Xavier Kawa-Topor. https://www.radiofrance.fr/franceculture/la-planete-sauvage-comment-ce-film-de-science-fiction-francais-a-revolutionne-le-cinema-d-animation-2815329 Passé, Présent, Futur - La science-fiction dans les films d'animation du Service de la Recherche par Sébastien Denis p127-137 dans Des Mondes possibles - Le service de la recherche de la télévision française et le cinéma d'animation. INA Editions 2022 sous la direction de Sébastien Denis #laplanetesauvage #renelaloux #josefkabrt #rolandtopor #alaingoraguer #carrefourducinemadanimation #forumdesimages #gamca
- 66 - Herbe verte : Le chemin du cri
Rouge, la jeune femme héroïne du film - Image https://www.unifrance.org/film/56672/herbe-verte Le 20e carrefour du cinéma d'animation s'est déroulé du 22 au 28 novembre au forum des images. La compétition court-métrage pro nous a de nouveau révélé de belles découvertes dont le tourbillonnant "l'herbe verte" d'Elise Augarten. Herbe verte réalisation Elise Augarten France 12 mn Scénariste : Élise Augarten Animation : Élise Augarten et Valentine Delqueux Montage : Marthe Poumeyrol Montage son : Carlos Abreu Décors : Élise Augarten Auteur de la musique : Carlos Abreu Bruitage : Miguel Gonçalves Etalonnage : Andreia Bertini Mixage : Carlos Abreu Producteur délégué : Marc Faye Producteur étranger : Bruno Caetano Producteur exécutif : Marc Faye Coproducteur : Philippe Aussel Directeur de la photo : Guillaume Hoenig Directeurs de production : Marc Faye , Magali Hériat , Susana Miguel António , Bruno Caetano La réalisatrice Elise Augarten - Image https://www.unifrance.org/annuaires/personne/431533/elise-augarten Ce court-métrage a été développé avec Novanima Production, le soutien de la région Nouvelle-Aquitaine, il a aussi bénéficié de la Résidence francophone d'écriture pour le cinéma d'animation à Meknès grâce à la NEF Animation et le FICAM en 2019. Rouge, notre héroïne, prend le train pour retourner dans la maison de ses vacances quand elle était enfant. Les paysages défilent, maisons et végétations se succèdent et nous captivent pour nous plonger dans le monde intérieur de Rouge. Quoi de plus intime que les souvenirs retenus dans notre mémoire avec ses joies, ses angoisses, ses tristesses. Rouge s'immerge dans son enfance pour se retrouver. Les paysages défilent à la fenêtre du train déformé par la vitesse. Ils nous emmènent dans les rêveries et les souvenirs de Rouge. - Image https://www.unifrance.org/film/56672/herbe-verte Les techniques utilisées mêlant fusain sur papier, pastels gras et images réelles permettent à la réalisatrice de nous promener entre le réel et le dessin. Elle joue ainsi à un premier niveau entre le réel et les égarements songeurs de son héroïne. A un deuxième niveau, des variations d'images figuratives et abstraites reliées ou non au récit nous plongent dans le tourbillon intérieur où Rouge retrouve son enfance et des souvenirs perturbants qui nous mènerons aux pleurs et au cri. Enfin un jeu graphique réussi nous fait naviguer entre des sensations sombres et inquiétantes, des projections oniriques et les décors de ce train qui porte le message (1). Immergé dans ce cheminement intérieur, chacun pourra y projeter son interprétation, les douleurs, frustrations et angoisses de son enfance avant de rejoindre cette maison au milieu de l'herbe verte. Des images impressionnistes frôlant l'abstraction. - Image https://www.unifrance.org/film/56672/herbe-verte Où le réel se confond avec le monde des souvenirs d'enfances dans un tourbillon onirique. Image : https://colaanimation.com/herbe-verte-by-elise-augarten-in-production/ Le cinéma d'animation a cette faculté de vous projeter dans les sensations profondes d'un être humain, sensations qui, si vous essayer les décrire, relèvent plus de l'abstraction que de la description d'un réel. Elise Augarten nous en fait avec son film une démonstration remarquable en nous proposant ce chemin du cri. On peut voir la bande-annonce du film sur https://vimeo.com/774334597 (1) Petite interprétation sociologique, inspirée des travaux de Marshall McLuhan durant les années 60 pour qui le médium (ici le train) est le message (ici se plongeon dans l'enfance). :-)
- 67 - Le Piaff 2024 arrive bientôt !
Image https://www.facebook.com/PIAFF.France/?locale=fr_FR Vous piaffez d'impatience ? Tenez bon ! La 16e édition du "Paris International Animation Film Festival" débute le 16 janvier au studio des Ursulines à Paris. Le studio de Ursulines vous attend ! - Photo Clément Martin L'équipe du Piaff nous a préparé une fois de plus un programme aussi varié qu'étonnant de courts métrages d'animation. Alexis Hunot, le directeur artistique du festival, a dû faire des sacrifices pour sélectionner les films des programmes Courts, Etudes, Musique et Horizon tant les films intéressants étaient nombreux. Marie-Pauline Mollaret, présidente du Piaff, nous proposera de son côté deux séances de films expérimentaux et la compétition jeunesse. Le programme est disponible sur https://www.facebook.com/PIAFF.France/?locale=fr_FR Au-delà des trésors qu'on va pouvoir découvrir, on pourra rencontrer de nombreux réalisateurs qui viendront présenter et nous parler de leurs films. Vous pourrez voter pour les prix du public après chaque séance. l'équipe du piaff avec Antoine Bieber le graphiste de l'affiche et de la bande d'introduction des séances du festival, Alexis Hunot le directeur artistique et Anne Ory la directrice avec l'urne de votes dépouillée après chaque séance - photo Clément Martin Il y aura bien sûr quelques surprises et les "after" débridés où l'on discute à bâton rompu de cinéma d'animation. Le réalisateur canadien Steven Woloshen, le critique Francis Gavelle, la réalisatrice Florentine Grelier et la présidente du Piaff Marie-Pauline Mollaret en grandes discussions post-projection. Photo Clément Martin Alors rendez-vous le mardi 16 janvier à 19 h 00 pour la soirée d'ouverture et le début d'un festival festif. La preuve, il y a même un champagne qui s'appelle Piaff ! :-) Image https://champagnepiaff.com/products/piaff-brut-nv GAMCA reviendra bien sûr sur les films qui seront projetés très prochainement ! #piaff #studiodesursulines #gamca
- 68 - Soirée d'ouverture du Piaff, c'est le 16 Janvier !
Portrait de famille de la réalisatrice croate Lea Vidakovic, un hommage à Johannes Vermeer ? Image : https://www.facebook.com/photo/?fbid=832345228691831&set=pcb.832345335358487 Le Piaff a lieu au studio des Ursulines à partir de mardi 16 janvier et nous offre encore cette année un programme de courts métrages d'animation remarquable. Voir https://www.gamca.info/post/le-piaff-2024-arrive-bientôt pour se rappeler pourquoi il ne faut pas manquer les séances du PIAFF. Au programme de la soirée d'ouverture mardi 16 janvier : Femme ( ژن) - de Gilnaz Arzpeyma et Arash Akhgari ... à découvrir ! L'expérimental "Que nos corps traversent" de Geneviève Bélanger Genest Canada 2022 qui va glisser et ... nous glacer. Herbe verte de Élise Augarten - France nous proposera le chemin intérieur d'un cri. Image : https://www.unifrance.org/film/56672/herbe-verte Lire l'article de Gamca et regarder la bande annonce sur : https://www.gamca.info/post/l-herbe-verte-des-souvenirs-et-un-cri Le très attendu "Bien mieux" (Daug Geresnis) de la réalisatrice lituanienne Skirmanta Jakaitė qui nous avait déjà happé dans un court-métrage "kafkaïen" avec Le Jongleur en 2018. Avec "Coming out autistic" , Steven Fraser porte la parole de la communauté LGBTQ+ et de l'autisme. Voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=SWDBA0QXgNw Les Marrons glacés - Delphine Hermans & Michel Vandam abordera avec humour le thème du vieillissement et de la perte de mémoire. Voir la bane annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=jjQklz0Xw-4 Rosemary A.D. ( After Dad) de Ethan Barret un court métrage coloré sur la paternité. voir la bande annonce sur : https://www.youtube.com/watch?v=2tCHtsAiJ1E Suivra un "Portrait de famille" de la réalisatrice croate Lea Vidakovic, un hommage à Johannes Vermeer ? Image : https://www.facebook.com/photo/?fbid=832345228691831&set=pcb.832345335358487 On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=CPLoEu0eufY On terminera par le sombre Marioupol, cent nuits - Sofiia Melnyk sur la folie infernale de la guerre en Ukraine. Image https: //www.facebook.com/photo/?fbid=832345128691841&set=pcb.832345335358487 On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=7YlUT11Vh8E Alors ne manquez pas cette belle séance ! à Mardi ! #piaff #studiodesursulines #gamca
- 69 - Piaff Jour 2 : Vive les courts !
Le Moine Seishin (Monk Seishin)de Ryotaro Miyajima Image https://www.facebook.com/photo/?fbid=832538915339129&set=pcb.832539468672407 Marie-Pauline Mollaret et Alexis Hunot ont procédé à l'ouverture du festival hier ! A nous les courts métrages d'animation du monde entier ! Marie-Pauline Mollaret et Alexis Hunot ouvrent le festival. Photo Clément Martin Après une belle séance de projections, avec sous-titres bilingues Français-anglais s'il vous plaît, Elise Augarten, la réalisatrice de "herbe verte", nous a parlé de son film et du chemin intérieur qu'il porte. Elise Augarten nous parle de son film - Photo Clément Martin En fin de séance un "after" au coin de la rue des Ursulines ... avec un curieux serveur ... Le directeur artistique du festival s'est improvisé serveur ! - photo Clément Martin Pour ceux qui n'ont pas pu venir ils peuvent se rattraper avec deux séances aujourd'hui : Court-Métrage pro no 2 à 19 h 00 et Horizon no 1 à 21 h 00 Pour la deuxième séance de la compétition courts métrages pro du PIAFF 2024 au studio des Ursulines, l'équipe du festival nous propose un beau programme. Le Moine Seishin (Monk Seishin)- Ryotaro Miyajima- Japon ... Le plaisir de l'encre animée. Image https://www.animajifestival.com/monk-seishin Le Maître des marécages - Sasha Svirsky - Allemagne Hâte de voir ce nouveau court-métrage de Sasha Svirsky qui nous avait régalé avec le débridé, coloré et décalé " My Galactic Twin Galaction" . Pour en savoir plus sur Sasha Svirsky voir son site https://www.sashasvirsky.ru Image https://mubi.com/en/fr/films/the-master-of-the-swamps Le Sexe de ma mère - Francis Canitrot Vous pouvez enfin voir le sexe de ma mère ! Ne pas manquer ce film sur une mère âgée et la dépendance vis à vis de son fils dans un film cru qui a de quoi épuiser tout un bus de psychanalystes avant de les raccompagner dans les bonnes convenances de l'Art grâce à un final surréaliste. Image : Eli Court-Métrage d'animation dans ELI-20729.pdf par Francis Canitrot Gamca vous en dit plus dans " Pourquoi il faut voir le sexe de ma mère" sur : https://www.gamca.info/post/pourquoi-il-faut-voir-le-sexe-de-ma-m%C3%A8re La Saison pourpre – Clémence Bouchereau Un chant silencieux sur la puberté réalisé sur l'écran d'épingle de Claire Parker et Alexandre Alexeieff. Le film a obtenu le prix André Martin pour un court-métrage d'animation à Annecy en juin dernier. Il est en compétition pour le césar 2024 du court-métrage d'animation. Gamca vous en dit plus sur avec "Annecy 2023 : Prix André-Martin pour un court-métrage français ... on va se régaler ! 1er partie" : https://www.gamca.info/post/annecy-2023-prix-andré-martin-pour-un-court-métrage-français-on-va-se-régaler-1er-partie L'appétissant "Comezainas" de Mafalda Salgueiro suivra. Vous pouvez voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=y3aopSUUjp0` Avec "Aaaah !" de Osman Cerfon vous pourrez même hurler d'un rire puéril si vous en avez envie ! Voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=V6i4UqXa3M0 Les Rêves de Kato (კატოს სიზმრები) - Tsotne Rusishvili - Géorgie à découvrir. "Eté 96" de Mathilde Bédouet suivra avec un joli souvenir coloré de vacances bretonnes avec quelques ennuis qu'on ne souhaite à personne mais qui arrivent. Vous pouvez voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=Q7lqy-QCDgE On terminera bien sûr par une chute ! avec Le Cactus (O cacto) du brésilien Ricardo Kump On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=_7BoT3VzQdY Rendez-vous le mercredi 17 janvier au studio des Ursulines à 19 h 00 pour une belle séance de courts métrages comme on les aime ! #Piaff #studiodesursulines #gamca













