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  • 83 - Prix André-Martin pour long-métrage 2024 : des racines et des bourgeons.

    Interdit aux chiens et aux italiens d'Alain Ughetto - source image : https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19597737&cfilm=279640.html Le jury Cette année le jury qui a attribué le prix André-Martin était composé de : Apolline Caron-Ottavi, rédactrice et programmatrice à la Cinémathèque québécoise; (Canada) Christophe Chauville, rédacteur en chef de la revue Bref et responsable éditorial de la plateforme Brefcinema; Nicolas Métayer, codirecteur du cinéma Le Vincennes; Mihai Mitrica, directeur du festival Animest; (Roumanie) Caroline Vié, journaliste et critique de cinéma à 20 minutes; Le Jury a eu la lourde tâche de distinguer un film parmi une sélection de 16 longs métrages de grande qualité. Pour en savoir plus sur cette sélection vous pouvez lire l'article : 80 Prix André Martin du long métrage d'animation 2024 : c'est pour bientôt ! https://www.gamca.info/post/prix-andré-martin-du-long-métrage-d-animation-2024-c-est-pour-bientôt Interdit aux chiens et aux italiens d'Alain Ughetto C'est avec un grand plaisir que j'ai remis le prix André Martin au nom du jury au film "Interdit aux chiens et aux italiens" d'Alain Ughetto. Mathieu Courtois et Jean-François Lecorre producteurs chez "Vivement Lundi !" sont venus pour recevoir le prix tandis qu'Alain Ughetto a adressé au public une vidéo de remerciement où il nous a fait part de tout le plaisir qu'il a eu à travailler avec les équipes du film. Le réalisateur qui n'a pu être présent pour recevoir le prix a adressé ses remerciements avec une petite vidéo. Remise du prix AM : Clément Martin, Jeanne Frommer,  Jean-François Lecorre , Mathieu Courtois et Isabelle Vanini. Photo AFCA Gwendal Le Flem. Le prix récompense un film en objet animé qui retrace l'histoire de la famille d'Alain Ughetto originaire du Nord de l'Italie. Ce film d'un petit fils qui se penche sur le passé de ces ancêtres après le décès de son père, nous offre une quête racinaire sensible qui illustre avec réussite ce besoin que l'on ressent de retrouver et comprendre ses racines face aux disparitions de notre existence. Source image : https://www.fondation-gan.com/interdit-aux-chiens-et-aux-italiens-prime-aux-european-film-awards/ Pour en savoir plus sur le film vous pouvez lire l'article : 75 Interdit aux chiens et aux italiens : la généalogie animée https://www.gamca.info/post/interdit-aux-chiens-et-aux-italiens-la-généalogie-animée La forêt de mademoiselle Tang - Denis Do A la suite de la cérémonie de remise des prix, Denis Do est venu nous présenter son film “La Forêt de Mademoiselle Tang” dont la projection est entrée en résonnance avec le film d'Alain Ughetto. Denis Do nous raconte ici l'histoire d'une famille située de la province de Guangdong au sud de la Chine parlant la langue Teochew. Cette région pauvre a vu beaucoup de personnes migrer vers l'Asie du Sud-est notamment le Cambodge, le Vietnam. Colonisation anglaise, occupation japonaise, Grand Bond en avant, économies socialiste de marché sont autant de bouleversements que traversent plusieurs générations de cette famille passant au fil des décennies d'une économie artisanale à une économie moderne de consommation. Bon nombre d'émigrés en Asie du sud-est ont émigré vers l'Europe et la France notamment dans les années 40, 50 et 70. Source Image : https://animation.ciclic.fr/actualites/le-nouveau-court-metrage-de-denis-do-la-foret-de-mademoiselle-tang Pour Denis Do cette quête racinaire est aussi une lutte pour préserver une culture et une langue aujourd'hui menacée de disparition. La diaspora chinoise Teochew en France a été très sensible et mobilisée pour que le film se fasse. Sur un rythme lent assumé, le film montre les changements et les évolutions de la Chine au sein de cette famille sur six générations. La musique de Thibault Kientz-Agyeman enveloppe le film et ces changements comme un repère face à l'oubli. Au générique de fin Denis Do dédit le film "A nos racines et nos bourgeons". Ce jeune réalisateur rejoint ici son aîné Alain Ughetto avec un regard sur le passé et ses racines et la création d'une œuvre de mémoire. #festivalnationaldufilmdanimation #afca #prixandremartin #rennesmetropole #interditauxchiensetauxitaliens #alainughetto #laforetdemademoiselletang #denisdo #gamca

  • 84 - Conférence de presse du Festival d'Annecy 2024 : Annecy, "La nation animation".

    Affiche du festival d'Annecy 2024 réalisée par Regina Pessoa Le Festival arrive à grand pas avec une nouvelle étape franchie dans sa préparation : la conférence de presse qui a eu lieu le 25 avril au Centre National du Cinéma et de l'Image Animée (CNC). Accueil et coïncidence florale Amélie Leenhardt, directrice de l’audiovisuel au CNC, nous a accueilli dans la belle salle du CNC boulevard Raspail pour cette conférence de presse du festival d'Annecy. Après avoir rappelé le partenariat dans la durée entre le CNC et le festival, Amélie Leenhardt a souligné que le festival mettra à l'honneur le Portugal cette année. Coïncidence, la conférence de presse a eu lieu 50 ans jour pour jour après la révolution des œillets au Portugal. Le 25 avril est un jour férié au Portugal qui marque la fin de la dictature salazariste. Un coup d’État mené par la junte militaire qui s’est déroulé presque sans effusion de sang et qui amorce la transition des dernières dictatures de l’Europe méridionale vers la démocratie (1) . Image https://www.rtbf.be/article/la-revolution-des-oeillets-que-fete-exactement-le-portugal-le-25-avril-11187709 Un président, un festival et un temple Photo Clément Martin Dominique Puthod, président de CITIA (2) , a ensuite pris le relais. Il a d'abord présenté le bilan du festival 2023, un millésime 2023 exceptionnel, avec 15 820 accrédités (soit 19 % d'augmentation par rapport à 2022) et 102 pays représentés. En 10 ans la fréquentation du festival a augmenté de 120%. Il nous a ensuite donné des nouvelles du projet de cité internationale du cinéma d'animation qui dotera la ville d'Annecy, écrin de l'animation mondiale depuis 64 ans, d'un temple pour célébrer en permanence les cinémas d'animation du monde entier ! Après moult labeurs et les rebondissements que vous imaginez aisément entre pandémie, inflation, retards et budgets, les travaux ont démarré ! Le vendredi 22 décembre 2023, la   Ville d'Annecy   réunissait les partenaires du projet de réhabilitation du haras :   CITIA - Image et Industries créatives , l'État, la DRAC, la   Région Auvergne-Rhône-Alpes , le   Haute-Savoie General Council   et l' ADEME   pour marquer le lancement des travaux.🌲 À l’occasion de cet événement, un Cèdre du Liban a été planté par tous les partenaires, en signe de renaissance, rayonnement et pérennité du futur site. Image Ville d'Annecy - https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7143954444785815552/ Depuis on creuse, on rénove, on construit au haras pour créer un espace unique. A suivre ! Merci à Marie-Luce Frescurat, directrice du programme haras d'Annecy pour la diffusion régulière des images du chantier sur linkedin.  La cité internationale du cinéma d'animation ouvrira ses portes au printemps 2026 comme un symbole l'année du centenaire de la naissance d'André Martin, co-fondateur des Journées Internationales du Cinéma d'Animation (JICA) qui se tiennent à Annecy depuis 1960 (3 ). Un directeur qui prend tout le "pathé" Photo Clément Martin Mickaël Marin nous a d'abord parlé de l'avenir du festival dans son rapport avec : l'Art, l'industrie, le sociétal et les défis de ce siècle. Les défis du siècle Concernant le dernier point le festival effectue pour la première fois un bilan carbone et se joint ainsi aux efforts d'une profession où l'on voit certains réalisateurs pédaler pour produire l'électricité nécessaire à la fabrication de leurs images ! :-) La mesure est indispensable au pilotage des actions de diminution des émissions de carbone. Ce bilan carbone a été publié depuis en voici le résultat : Devant son impressionnante croissance, "le plus grand festival d'animation" prend cette année de nouvelles dispositions pour accueillir une programmation et des festivaliers toujours plus nombreux : Une séance supplémentaire aura lieu à Bonlieu à 8h30. Un nouveau défi pour les festivaliers passionnés dont cette privation de sommeil supplémentaire les rapprochera encore un peu plus d'un remake animé de "On achève bien les chevaux" de Sidney Pollack ! Toutes les salles du cinéma "Pathé" seront dédiées au festival soit 4 salles de projections supplémentaires ! Enfin la programmation du dimanche, journée qui avait été rajoutée la semaine dernière, sera renforcée ainsi que celle du samedi. Les bandes annonce sont arrivées ! Mickaël Marin nous a ensuite projeté le "teaser" Annecy 2024 particulièrement réussi. Il mélange pour notre plus grand plaisir des images de notre parcours de festivalier et des personnages animés évoquant le festival. On a hâte d'y être ! On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=gaLWSyhxOuE On a eu droit également au traditionnel "Annecy is coming" ! L'animation y est à l'honneur avec un bombardement haletant d'œuvres à 24 images secondes qui nous rappelle ô combien l'animation est riche en style, en techniques et en oeuvres d'art ! Annecy Arrive ! On peut voir la bande-annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=Ymv3AFryYLI Mickaël Marin nous a ensuite présenté la marraine 2024 du festival Regina Pessoa qui a reçu le Cristal du court métrage d'Annecy en 2006 pour son film "Histoire tragique avec fin heureuse" et qui avait réalisé l'affiche du festival 2015. Elle sera également la marraine du Campus Mifa 2024 et y donnera une Masterclass pour les étudiants et jeunes talents ! Elle est l'auteur de l'affiche 2024 qui symbolise parfaitement cette édition du festival en hommage à l'animation portugaise et à la danse dans sa relation avec l'animation par le mouvement (4) . Mickaël Marin a également remercié l'ensemble des entités portugaises qui ont pris part activement à la préparation de cet hommage à l'animation portugaise. Regina Pessoa - source image https://www.facebook.com/annecyfestival Un délégué artistique et la nation animation. Marcel Jean, délégué artistique du festival, a ensuite pris le relais fraîchement arrivé de Montréal. Les invités Cette année encore le Festival accueillera des figures marquantes de l'animation. Outre Régina Pessoa marraine du festival, Le festival recevra Terry Gilliam, réalisateur, scénariste, acteur et dessinateur, qui se verra remettre le Cristal d’honneur du Festival et animera une Leçon de cinéma ! Terry Gilliam - Source Image https://www.facebook.com/annecyfestival Alain Chabat, présentera en Séance événement sa nouvelle série animée pour Netflix, "Asterix : Le Combat des chefs"" dont il est le réalisateur ! Alain Chabat - Source Image https://www.facebook.com/annecyfestival - Wes Anderson, réalisateur à succès, Cristal du long métrage en 2010, nous fera l'honneur de venir vous proposer une Leçon de cinéma inédite. Wes Anderson- Source Image https://www.facebook.com/annecyfestival Il nous a ensuite présenté, pour la douzième fois cette année, la programmation de longs métrages à Annecy. Longs métrages compétition officielle Tout d'abord les longs métrages sélectionnés en compétition officielle. Une difficile sélection de  23 longs métrages parmi la centaine de films soumis. Le jury de cette compétition est composé de : Adriana GARCÍA GALÁN, Artiste, compositrice, professeure, Faculté d’études créatives, Université du Rosaire de Bogotá, Colombie Léonor SILVEIR, Actrice, Portugal Ilan URROZ, Producteur, président, Foliascope, France On soulignera le premier long métrage d'animation de Michel Hazanavicius également sélectionné à Cannes en compétition pour la Palme d’or où la caution d'un réalisateur de films en prises de vue réelle "habitué de Cannes" permet à l'animation d'être présent dans la compétition reine de ce festival. A Annecy, il aura les honneurs de la cérémonie d'ouverture que nous attendons déjà avec impatience. La Plus Précieuse des marchandises source image https://www.sortiraparis.com/loisirs/cinema/articles/312649-la-plus-precieuse-des-marchandises-de-michel-hazanavicius-en-competition-officielle-a-cannes-2024 On notera aussi le nouveau film de Claude Barras, Cristal et Prix du public du meilleur long métrage en 2016 à Annecy et César du meilleur long métrage d'animation en 2017 avec ma vie de courgette, qui revient avec Sauvages une fable écologique à découvrir. Sauvage de Claude Barras - Source image https://www.unifrance.org/film/54226/sauvages On soulignera enfin le retour au festival de Jean-François Laguionie avec un récit familial de la reconstruction d'un voilier historique dans les années 50. Slocum Jean-François Laguionie - source image https://film-animation.blogs.la-croix.com/slocum-le-nouveau-projet-de-long-metrage-de-jean-francois-laguionie/2018/03/21/ La sélection nous offre aussi un panorama de l'animation internationale à découvrir en complément des films européens avec 4 films japonais, 1 australien, 1 chinois. La sélection : Angelo dans la forêt mystérieuse  de Vincent Paronnaud (Winshluss), Alexis Ducord -Production : Shan Pictures, ZEILT - productions, Amopix, EV.L Prod, France 3 Cinéma / France, Luxembourg Anzu, Chat-fantôme  ( Ghost Cat Anzu ) de Yoko Kuno, Nobuhiro Yamashita - Production : Shin-Ei Animation Co., Ltd, Miyu Productions / Japon, France Flow  de Gints Zilbalodis - Production : Dream Well Studio, Take Five, Sacrebleu Productions / Lettonie, Belgique, France The Imaginary  de Yoshiyuki Momose  - Production : Studio Ponoc Inc. / Japon Memoir of a Snail  de Adam Elliot - Production : Arenamedia / Australie L'Orage  ( The Storm ) de Busifan- Production : CMC Pictures China / Chine La Plus Précieuse des marchandises  de Michel Hazanavicius - Production : Ex Nihilo, Les Compagnons du Cinéma, Les Films du Fleuve, StudioCanal / Belgique, France Rock Bottom  de María Trénor - Production : Alba Sotorra, Jaibo Films, GS Animation / Espagne, Pologne Sauvages  de Claude Barras - Production : Nadasdy Film, Haut et Court, Panique ! / Suisse, France, Belgique Slocum et moi  de Jean-François Laguionie - Production : JPL Films, Melusine Productions/Studio 352 / Luxembourg, France Totto-Chan : La Petite Fille à la fenêtre  ( Madogiwa no Totto-chan ) de Shinnosuke Yakuwa - Production : Shin-ei Animation Co., Ltd / Japon The Colors Within  ( KIMINOIRO ) de Naoko Yamada - Production : STORY inc., Science SARU Inc. / Japon Puis il nous a présenté les longs métrages de la compétition contrechamps. Longs métrages compétition contrechamps Le jury de cette compétition est composé de : Alexandre GAVRAS, Producer & Director, KG Productions, France José Miguel RIBEIRO, Réalisateur, animateur, producteur, Portugal Inna SAHAKYAN, Réalisatrice & productrice, Bars Media Documentary Film Studio, Arménie qui nous a enchanté il y a deux ans avec Aurora's Sunrise (5). La compétition contrechamps nous présentera 11 longs métrages : Gill  de Ahn Jae-huun -  Production : Studio Meditation With a Pencil / Corée du Sud Journey of Shadows  ( Reise der Schatten ) d‘Yves Netzhammer - Production : Freihändler Filmproduktion GmbH, Liechti Filmproduktion / Suisse La Vie, en gros  ( Living Large ) de Kristina Dufkova - Production : Barletta Productions / République tchèque Licorne brûlée   ( Sunburnt Unicorn ) de Nick Johnson - Production : 2448223 Alberta Ltd., New Machine Studios Inc., Squid Brain Studios Inc. / Canada Our Crazy Love  de Nelson Botter Jr. - Production : Tortuga Studios / Brésil Papillons noirs  ( Mariposas negras ) de David Baute - Production : Ikiru Films, S.L., Tinglado Film, Anangu Grup, Tunche Films / Espagne, Panama Pelikan Blue  de László Csáki - Production : Umbrella Collective / Hongrie Sultana’s Dream  (El sueño de la sultana ) d’Isabel Herguera - Production : Abano Producións S.L., Fabian&Fred GmbH / Espagne The Birth of Kitaro: The Mystery of GeGeGe   de Gō Koga - Production : Toei Animation Co., Ltd / Japon The Glassworker  d’Usman Riaz - Production : Mano Animation Studios / Pakistan The Missing  ( Iti Mapukpukaw ) de Carl Joseph Papa - Production : Project 8 Projects / Philippines Pour un état de la nation animation Les longs métrages n'ont pas forcément augmenté en nombre. En revanche ils ont augmenté en qualité. Pour qu'Annecy puisse faire un état complet de la Nation Animation et mette en lumière une plus grande diversité de la production mondiale et élargir encore les découvertes, Marcel Jean nous a annoncé la création d'un programme hors compétition "Annecy présente" qui accueille des films grands public et pour la jeunesse. Le programme Annecy présente : Buffalo Kids  de Juan Jesús Gar­cía Galocha, Pedro Solís García - Production : 4 CATS Pictures / Espagne Détective Conan : L'Étoile à 1 million de dollars  ( Meitantei Conan : 100-man Dollar no Michishirube ) de Nagaoka Chika - Production : TMS Entertainment Europe / Japon Diplodocus  ( Diplodok ) de Wojtek Wawszczyk - Production : Human.film  / Pologne, République tchèque, Slovaquie Extinction  de Behnoud Nekooei - Production : Magic Picture Films / Malaisie Garfield : Héros malgré lui  ( The Garfield Movie ) de Mark Dindal  - Production : DNEG Animation, Alcon Entertainment / États-Unis Give It All  ( Ganbatte Ikimasshoi ) de Yuhei Sakuragi  - Production : MOE/REIRS / Japon Le Grand Noël des animaux  de Camille Alméras, Caroline Attia Larivière, Ceylan Beyoglu, Haruna Kishi, Natalia Chernysheva, Olesya Shchukina - Production : Les Valseurs / France, Allemagne Out of the Nest  d’Arturo Hernandez  -  Production : T&B Media Global Thailand co., Ltd. / Thaïlande, Chine Renard et Lapine sauvent la forêt  ( Fox and Hare Save the Forest ) de Mascha Halberstad   - Production : Submarine Animation B.V. / Pays-Bas, Luxembourg, Belgique Sand Land  de Toshihisa Yokoshima -  Production : Bandai Namco Filmworks / Japon The Sloth Lane  de Tania Vincent, Ricard Cussó - Production : Like a Photon Creative / Australie The Worlds Divide  de Denver Jackson   - Production : Cloudrise Pictures / Canada Séances évènements Dans votre planning il vous faudra glisser quelques séances évènements dont voici le programme : Dimanche 9 juin Cristal d'honneur  remis à Terry Gilliam Film d'ouverture : La Plus Précieuse des marchandises  de Michel Hazanavicius Lundi 10 juin : Transformers One  réalisé par Josh Cooley Production : Paramount Animation et Hasbro ; en association avec New Republic Pictures Mardi 11 juin : Premières images : Le Robot sauvage  réalisé par Chris Sanders Production : DREAMWORKS, Universal Pictures International France Premières images de la série Astérix et Obélix, le Combat des chefs , réalisée par Alain Chabat et Fabrice Joubert, en leur présence. Production : Alain Goldman, TAT Productions, NETFLIX Mercredi 12 juin : Next on Netflix Animation: From "Twilight of the Gods" to "Wallace & Gromit" NETFLIX Projection en avant-première d' Ultraman: Rising  réalisé par Shannon Tindle et John Aoshima Production : Netflix Animation, Tsuburaya Productions co., Ltd., ILM – Industrial Light & Magic Jeudi 13 juin : Séance spéciale Moi, moche et méchant 4  de Chris Renaud et Patrick Delage Production : Illumination, Universal Pictures International France Vendredi 14 juin : Avant-première de Vice-Versa 2  réalisé par Kelsey Mann  Production : Pixar Animation Studios, The Walt Disney Company France Premières images de Vaiana 2  réalisé par Dave Derrick Jr. et Jason Hand; Production : Walt Disney Animation Studios, The Walt Disney Company France Ainsi que les films suivants : Silex and the city, réalisé par Jul et Jean-Paul Guigue Chang’an, réalisé par Junwei Xie et Jing Zou et bien d’autres surprises à venir. Hommage à l'animation portugaise Marcel Jean nous a présenté les programmes d'hommage à l'animation portugaise qui nous révèlera, on n'en doute pas de belle découvertes ! Photo Clément Martin Les courts métrages Comme d'habitude les courts métrages sont à peine effleurés dans les questions suivant la présentation. Quand on voit le nombre de sujets abordés et la liste pantagruélique des longs-métrages et des évènements et hommages, on pourrait comprendre que la nécessité de traiter la grandeur industrielle du cinéma d'animation mais cet effacement est finalement coupable tant le court-métrage par sa liberté de création est indispensable, fondamental à "l'Art de l'Animation". Je ferai donc un bref rappel sur les courts métrages. Annecy 2024 c'est : 7 programmes de compétition courts-métrages : L'officielle; Off-Limits; Perspectives; Jeune public; Films de fin d'études; Films de télévision; Films de commande. Soit 237 courts-métrages à déguster avec attention. S'il ne faut qu'en citer un parmi les 237 ce sera Papillon de Florence Miailhe qui va encore nous enchanter par la peinture animée ! Papillon de Florence Miailhe source image https://www.lamenagerie.com/prod_realisations/nageur-papillon/ Vous l'avez compris à Annecy, il faut faire des choix et peu dormir ! :-) Gamca comme à son habitude vous informera en priorité sur les courts métrages à ne pas manquer en particulier ceux éligibles aux prix André Martin ! La Nation Animation Avec sa couverture unique et bientôt la cité internationale du cinéma d'animation, Annecy nous offre plus que jamais un voyage unique dans la "Nation Animation". 68 ans après les premières Journées Internationales du Cinéma d'Animation, 64 ans après la création de l'ASIFA (3), Annecy porte haut et fort le drapeau du Cinéma d'Animation Mondial. Cette Nation Animation, ancrée sur son héritage, appartient au monde d'aujourd'hui et de demain pour montrer la voie vers un futur passionnant qui relèvera les défis ! Alors accréditez-vous vite pour un voyage inoubliable ! Notes (1) A lire https://www.rtbf.be/article/la-revolution-des-oeillets-que-fete-exactement-le-portugal-le-25-avril-11187709 (2) Citia organise le festival international du film d'animation et le Mifa. (3) Pour tout savoir sur les origines du du festival d'Annecy et sa première occurrence en 1960 : 7 La genèse d'Annecy 1 : Des ciné-clubs et des bordelais. https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/la-genèse-d-annecy-1-des-ciné-clubs-et-des-bordelais 8 La genèse d'Annecy 2 : Des journées pour le cinéma https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/la-genèse-d-annecy-2-des-journées-pour-le-cinéma 9 Genèse du festival d'Annecy 3 : Des journées internationales pour le cinéma d’animation https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/gen%C3%A8se-du-festival-d-annecy-3-des-journ%C3%A9es-internationales-pour-le-cin%C3%A9ma-d-animation 10 Genèse du Festival d'Annecy 4 : Les deuxièmes JICA https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/gen%C3%A8se-du-festival-d-annecy-4-les-deuxi%C3%A8mes-jica 11 La genèse du festival d'Annecy 5 : Naissance du festival https://www.gamca.info/post/la-genèse-du-festival-d-annecy-5-naissance-du-festival (4) Pour en savoir plus sur l'affiche du festival 2024, lire 79 Festival d'Annecy 2024 : L'affiche nouvelle est arrivée ! https://www.gamca.info/post/festival-d-annecy-2024-l-affiche-nouvelle-est-arrivée (5) Pour en savoir plus sur le film de Inna SAHAKYAN jury du prix contrechamps, lire 37  Aurora's Sunrise : Une leçon de vie https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/aurora-s-sunrise-une-leçon-de-vie #annecyfestival #citeinternationaleducinemadanimation #gamca

  • 85 - Abi Feijó et Regina Pessoa : les âmes portugaises

    Oncle Thomas – La Comptabilité des jours de Regina Pessoa - 2019 - Image https://programme.annecyfestival.com/oeuvres/20191900 Une première séance 2024 au festival d'Annecy, en tout bien tout honneur celle-ci est consacrée au cinéma d'animation portugais avec "Hommage à l'animation portugaise 1 – Abi & Regina, une histoire heureuse". Marco De Blois de la Cinémathèque Québécoise nous l'a présenté les deux réalisateurs à l'honneur Abi Feijó et Regina Pessoa (1) en couple dans la vie et complices dans la création de film d'animation. Le festival met à l'honneur cette année le cinéma d'animation portugais à l'occasion de son centenaire. Abi Feijó et Regina Pessoa présentent leurs films et Marco De Blois la séance - Photo Clément Martin Abi Feijó : l'âme portugaise Abi Feijó a présenté ses films dans leur ordre de création. C'est très ému qu'il a parlé de son premier film lors d'un stage qu'il a réalisé à l'ONF sous la direction de Pierre Hébert. Il a rappelé combien il devait à Pierre Hébert pour l'influence qu'il a eu sur l'ensemble de son travail. Pierre Hébert présent dans la salle a pu être applaudi à son tour. Les films de Abi Feijó nous montre l'âme du Portugal au travers de thèmes sociaux ou historiques qu'il s'agisse de l'histoire maritime du pays, des exactions complices des dictatures portugaises et espagnoles, de l'angoisse de l'immigration. Avec une grande variété de techniques, Abi Feijó traite ses sujets sombres et moins sombre parfois avec humour pour nous faire vivre le Portugal de l'intérieur dans ses épopées, ses épisodes tragiques et son imaginaire. La musique et le son particulièrement soigné achève de nous plonger dans cet univers Le sombre "Les brigants"- "Os salteadores "-  Abi Feijó - Portugal - 1993 - image https://programme.annecyfestival.com/oeuvres/950520 Regina Pesoa, l'âme personnelle Régina Pessoa nous a ensuite entretenu sur son parcours, de sa formation en peinture, de sa rencontre avec Abi Feijó et son virage vers l'animation. Ses films qui nous montrent cette fois-ci le monde intérieur des personnages : une petite fille qui a peur du noir, une jeune fille oiseau dont le cœur bât très fort ,u n garçon pas comme les autres qui rêve de trouver sa place dans le monde ou encore une nièce et son cri d'amour pour son oncle. On y voit le style de Regina Pessoa évoluer, passant du noir et blanc à l'apparition du rouge puis du vert pour donner encore plus de relief à un graphisme dense. Là encore la musique et le son sont particulièrement prenants ce qui mériterai de se pencher plus précisément sur le sujet dans un prochain article. Historia trágica com final feliz -histoire tragique avec fin heureuse Regina Pessoa - image https://programme.annecyfestival.com/oeuvres/20060128 Où les âmes portugaises rejoignent la magie d'Annecy A la sortie de la séance, mon voisin portugais m'interpelle et me donne un croquis qu'il a fait de moi ! Croquis d'Antonio Alves ... Il ne m'a pas loupé pour le pif !:-) Une rencontre sympathique avec Antonio Alves. Cette rencontre sympathique comme on peut en avoir pendant le festival m'a rappelé que les âmes portugaises n'étaient pas seulement sur les écrans ... elles sont aussi parmi nous pour cette belle semaine qui commence. A suivre ... (1) Regina Pessoa a également réalisé l'affiche du festival cette année. Voir 79 Festival d'Annecy 2024 : L'affiche nouvelle est arrivée ! https://www.gamca.info/post/festival-d-annecy-2024-l-affiche-nouvelle-est-arrivée

  • 86 - Prix André Martin 2024 pour un court-métrage : "Papillon", la mémoire de l'eau.

    Papillon de Florence Miailhe - Image https://www.lamenagerie.com/prod_realisations/nageur-papillon/ Cette année, le prix André Martin pour un court-métrage français a été remis à  Florence Miailhe pour son film Papillon lors de la séance de remise des prix spéciaux à Annecy le 14 juin. Le film avait déjà reçu l’ Ours de cristal du meilleur court métrage par le jury jeune de la compétition Génération Kplus en février dernier. Florence Miailhe est la première réalisatrice à recevoir le prix André Martin pour un long métrage pour "la traversée" en 2023 et pour un court métrage avec Papillon cette année (1). Remise du prix André Martin : Chistophe Chauville(rédacteur en chef de Bref Cinéma), Florence Miaihle (réalisatrice), Peggy Zejgman - Lecarme (responsable du pôle Culture à Citia).- Photo Clément Martin. Le prix André Martin Le prix André Martin porté conjointement par Francis Gavelle, CITIA et l'AFCA, récompense chaque année un long-métrage et un court métrage français. Cette année le jury du prix André Martin est composé de : Apolline Caron-Ottavi : rédactrice & programmatrice à la Cinémathèque québécoise, Montréal Christophe Chauville : rédacteur en chef de Bref Cinéma Nicolas Metayer : codirecteur du cinéma Le Vincennes Mihai Mitrică : directeur du festival Animest, Bucarest  Caroline Vié : journaliste & critique de cinéma, 20 minutes Papillon de Florence Miailhe -France - 2024 - 15mn Scénario : Florence Miailhe Animation : Florence Miailhe, Aurore Peuffier, Chloé Sorin Montage : Nassim Gordji-Tehrani Musique : Pierre Oberkampf Graphisme : Florence Miailhe Direction artistique : Florence Miailhe Producteurs : Sacrebleu Productions Ron Dyens, XBO Films Luc Camilli Distribution : Sacrebleu Productions Ron Dyens Après "La Traversée" qui nous racontait l'épopée de deux enfants qui se retrouvent seuls en fuyant avec leurs parents les pogroms contre les juifs (2), Florence Miailhe nous raconte l'histoire d'Alfred Nakache, nageur juif algérien originaire de Constantine qui monta au plus haut niveau mondial aux jeux olympiques de Berlin en 1936. Victime des lois raciales sous le régime de Vichy, il fût exclu des compétitions en France, déchu de sa nationalité française avant d'être déporté à Auschwitz en 1944 avec sa femme Paule et sa fille de deux ans Annie. Sa fille sera gazée à son arrivée à Auschwitz, sa femme a disparu mais lui survivra grâce à sa constitution physique hors du commun. Il reviendra ensuite au plus haut niveau en natation et water polo. Alfred Nakache - Image https://pyreneesfm.com/cerbere-une-exposition-qui-rend-hommage-a-alfred-nakache/ Florence Miailhe, en nous racontant l'histoire de ce champion, se situe encore une fois à l'opposé du registre documentaire tout en nous présentant un sujet historique profondément enraciné. C'est avec poésie, une poésie de l'eau, qu'elle nous montre un homme âgé nageant dans la mer et se remémorant les étapes de sa vie. La réalisatrice qui nous fait traverser la vie d'Alfred Nakache dans une symphonie de couleurs et de tonalités des bords de mer de la méditerranée à Auschwitz en passant par les jeux olympiques de Berlin, exprime ici tous les sommets de son Art. On ne peut que s'enthousiasmer pour ce film qui évoque aussi bien des évènements heureux, des victoires que des moments horribles et cruels avec ce graphisme que nous offre la peinture animée et cette poésie de l'eau qui nous transportent. Moment heureux Alfred et sa femme Paule prennent le bateau pour la France. Image https://www.unifrance.org/film/58615/papillon Jeux olympiques de Berlin en 1936. Les heures sombres arrivent. Image https://xbofilms.com/nageur-papillon/ Les scientifiques font des recherches sur la mémoire de l'eau, avec Papillon les artistes et les poètes nous en apportent la croyance. Ne manquez pas l'occasion de voir ce très beau cout-métrage prêt de chez vous qui aurait tant plu à André Martin qui a toujours suivi avec attention les artistes qui font de la peinture animée. Pour les parisiens, vous pouvez voir le film sur un bel écran de cinéma le jeudi 27 juin 2024à 18h30 au forum des images dans un beau programme courts-métrages primés : https://www.forumdesimages.fr/les-programmes/reprise-annecy-2024/reprise-annecy--courts-metrages-primes-2_1 On peut également voir le film actuellement sur la plateforme Arte sur https://www.arte.tv/fr/videos/107847-000-A/papillon/ (1) Boris Labbé l'a également gagné deux fois mais pour un court-métrage. (2) Lire 28  Prix André-Martin du long-métrage 2022-Durant La Traversée le jury a pris le bon chemin. https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/prix-andr%C3%A9-martin-du-long-m%C3%A9trage-2022-durant-la-travers%C3%A9e-le-jury-a-pris-le-bon-chemin #papillon #florencemiailhe #alfrednakache #sacrebleuproductions #xbofilms #Annecyfestival #AFCA #CITIA #francisgavelle #Arte #forumdesimages #gamca

  • 87 - Annecy 2024 - "Circle" : Confinement et liberté

    Circle de Yumi Joung - source image https://www.zippyframes.com/interviews/circle-joung-yumi-interview La compétition Court métrages - L'officielle 2 nous a présenté "Circle" de Yumi Joung. Un film sobre et réjouissant. Circle - réalisation Yumi Joung - Corée du sud - 06 ' 57 ''- 2024 Réalisateur :Yumi JOUNG Producteurs :MATCH CUT INC.Kihyun KIM Distribution :Kihyun KIM Animation :Yeongeun PARK Scenario :Yumi JOUNG Technique : Ordinateur 2D Une petite fille trace un cercle à l'intérieur duquel viennent s'entasser un à un toute sorte de personnage avant que la petite fille revienne pour effacer le cercle et les libérer. Circle de Yumi Joung - Image https://programme.annecyfestival.com/oeuvres/20242034 Yumi Joung nous propose un graphisme très pur en noir et blanc. Ce minimalisme favorise le symbolisme de la métaphore qu'elle nous offre. Elle nous explique, dans cette interview réalisée au festival d'Annecy, qu'elle a voulu exprimer les limites que nos sociétés imposent aux individus obérant ainsi leurs possibilités souvent restreintes à des actions répétitives. Un cinéma formel Ce qui est plaisant dans ce film, c'est la forme qui en renforce la symbolique : On part de rien, un fond gris avec une branche, une petite fille trace un cercle. Des personnages impassibles s'entassent silencieusement dans le cercle qui semble pouvoir accueillir une infinité de personnes. On observe dans cette phase une répétition des arrivées qui crée une attente. On se demande quand elles vont prendre fin, on attend une chute. La petite fille revient, efface le cercle et les personnages "libérés" poursuivent leur route. On retrouve ce même plaisir formel dans le cinéma comique, friant de ce type de narration. Dans "Une nuit à l'opéra" film réalisé par Sam Wood  en 1935 avec les Marx Brothers si chers à André Martin (1), la forme qui structure la scène est identique : Groucho arrive devant une cabine et commande à un serveur un déjeuner dans un dialogue aveugle avec Chico et Harpo. Groucho arrive dans la cabine et entame un dialogue avec Chico. Des personnages entrent successivement dans la cabine et subissent l'entassement. Leur attitude est résignée, ils subissent mais dans un registre comique. Les personnages interagissent dans un désordre "Marxien". On observe dans cette phase la même répétition des arrivées dont on se demande quand elles vont prendre fin. La technique de narration de (comique de) répétitions est au service du rire cette fois. Une femme ouvre la porte et la cabine "dégorge" de personnages qui en dégringolent dans chaos libératoire. A l'opposée de la sobriété de "Circle",  cette même forme exprime la métaphore du confinement et de la liberté mais cette fois-ci dans l'outrance et le comique. Une nuit à l'opéra- Marx Brothers 1935 source image https://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18689205.html A Night at the opera de Sam Wood 1935. La scène de la cabine. https://www.youtube.com/watch?v=PFu0KyrNAAA Circle est un beau film car il exprime avec sobriété les limites qu'on s'impose dans notre vie en société. La scène de la cabine dans "Une nuit à l'opéra" utilise la même forme mais dans l'Univers libertaire des frères Marx. Mais finalement le propos n'est-il pas le même ? ... On peut voir le film sur Arte : https://www.arte.tv/fr/videos/119358-000-A/circle/ Pour en savoir plus sur Yumi Joung et "Circle" lire : Establishing Space: 'Circle' by Korean Animation Director Joung Yumi (Berlinale 2024 Interview) in https://www.zippyframes.com/interviews/circle-joung-yumi-interview (1) Articles d'André Martin sur les Marx Brothers : 1955 02 Cahiers du Cinéma no 44. Les Marx Brothers ont-ils une âme (1) (P2-16) 1955 03 Cahiers du Cinéma no 45.  Les Marx Brothers ont-ils une âme (II) 1955 05 Cahiers du Cinéma no 47.  Les Marx Brothers ont-ils une âme (III) 1964 12 Cinema 64 - Harpo Marx à n'en plus finir #circle #yumijoung #annecyfestival #anightattheopera #marxbrothers #gamca

  • 89 - Plaisirs d'archive durent un moment : tous les voyageurs changent de train 1.

    Portrait d'André Martin par René Rios - 1948 - Collection Geneviève et André Martin. Le 4 octobre 1994, André Martin nous a quitté. Il nous a laissé des films d’animations, des courts métrages et plus d’une centaine de textes  sur le cinéma, le cinéma d’animation et les « communications sociales ». Le 30e anniversaire du décès d’André Martin est l’occasion de revenir sur cinquante ans du parcours d'un chercheur visionnaire, un pionnier infatigable qui s'est imposé comme le plus important critique, esthéticien et théoricien du cinéma d'animation mondial (1) et les multiples rencontres qui l’ont influencé. Voilà l'occasion de partager des plaisirs d'archives et de célébrer un des trois compères à l'origine de la création des Journées Internationales du Cinéma d'Animation, aujourd'hui devenu le plus grand festival de cinéma d'animation au monde : le festival  international du film d'animation d'Annecy . Ce premier article est consacré aux origines bordelaises, ... Bordeaux où tout s'est construit. Les années Bordelaises : Animation, musique, burlesque, écriture et cinéma André Martin est né à Bordeaux le 31 décembre 1925. Son père était violoniste à l’orchestre de Bordeaux et sa mère a élevé ses quatre enfants. Son environnement familial musical aura une influence sur son parcours. Photographies collection Geneviève et André Martin : André Martin bébé, sa mère Suzanne, et son père Henri. Le cinéma Le jeune André Martin est très vite passionné par le cinéma. Dès 1942 à l'âge de 17 ans, André Martin organise des projections avec son frère Pierre pour montrer le cinéma et en parler dans une ville de Bordeaux occupée par les nazis. André Martin dans la campagne bordelaise durant les années 40 - Image collection Geneviève et André Martin. En 1944 André Martin rencontre Michel Boschet au Lycée J.J. Rousseau (2); une grande amitié se crée avec une passion commune : le cinéma d’animation. Cette passion les unira pendant 50 ans. Ensemble ils écument les ciné-clubs dont l’active fédération française est créée en mars 1945. André Martin y fait ses premières armes d'animateur de débats sur le cinéma. C’est là qu’ils rencontrent d’autres passionnés comme André Rios, José Piquer, Yves Leménager, Jean Laurent et bien d’autres. 1949 03 Bulletin de la fédération française des ciné-club -  collection Geneviève et André Martin  L'écriture A partir de 1946 à bordeaux, André Martin enchaîne les petits boulots, réalise quelques courts-métrages, participe à des émissions radiophoniques à Radio-Bordeaux. Il commence à publier. Son premier article connu date d'avril 1947 dans une brochure de la fédération des centres de culture cinématographique signé André Martin, Directeur du service de documentation, et Jean Laurent, secrétaire général de la fédération des centres de culture cinématographique. Il est consacré  "l'équipe Carnet-Prévert". Couverture de la brochure - Collection Geneviève et André Martin On y retrouve son goût pour les mots, les cultures qui s'entrecroisent et son humour parfois irrévérencieux.  La  fédération des centres de culture cinématographique a possiblement été créée le 3 janvier 1947 (A vérifier). Un article d'AM est publié le 27 Décembre 1947 dans L'action de cette semaine no 78 : « Première Nouvelle et voici l'ère exacte :  au 4e top il sera exactement zéro siècle. » Ce texte humoristique décrivant les périples anachronique d'un journaliste hors du temps cherchant à couvrir le scoop de la naissance du Christ est illustré par son ami René Rios. L'horloge parlante du titre est une référence à la technique en collision avec l'histoire des communications. Ce sera une préoccupation permanente d'AM. Article humoristique d'André Martin - Collection Geneviève et André Martin. L'écriture on la retrouve également dans de petits scénarios enfantins dans une bande dessinée publicitaire pour la lessive Percoq illustrée par Michel Boschet et dont AM a fait les textes. Publicité Lessive Percoq environ 1948 - Collection Geneviève et André Martin. Le burlesque Cette bande bordelaise d'amis passionnée est plutôt joyeuse, la dimension burlesque du cinéma séduit particulièrement André Martin. Il s'intéresse notamment au burlesque américain et au Marx Brothers. Michel Boschet (sans moustache), André Martin et René Rios dans une imitation des Marx Brothers. - Photographie Collection Geneviève et André Martin Article de 1946 sur le rire américain dans les archives d'André Martin. - Colelction Geneviève et André Martin Publicité pour les Marx Brothers de cette époque. Collection Geneviève et André Martin Le cinéma d'animation André Martin réalise également des films d’animation avec ses amis . On connait aujourd'hui Radio clinique" film publicitaire pour un magasin de réparation de postes de radio réalisé par Michel Boschet ; André Martin ; J. Piquer et René Rios, 1’ – 35 mm. L'équipe récupérait des vielles radios pour les recycler comme cellulo (2). Ce film est archivé au Centre National du Cinéma et de l'image Animée à Bois d'Arcy. Photographie CNC ( http://www.cnc-aff.fr/Internet_cnc/Internet/ARemplir/Fiches/Films_Ecran/Ecran_R.html ) : Radio Clinique. La musique Vers 1948, André rencontre Geneviève de la Vaissière de Lavergne, pianiste et étudiante en musique au conservatoire de Bordeaux qu’il épousera en 1950. La musique continuera ainsi a faire partie de la vie familiale et culturelle d'AM. Michel Boschet André Martin et Geneviève de la Vaissière à Bordeaux en 1949.Photographie Collection Geneviève et André Martin. En 1950 Geneviève de la Vaissière monte à Paris pour y continuer ses études au conservatoire, André Martin suit également ainsi que Michel Boschet. La décennnie 50 se construira à partir de Paris avec plein de surprises ! A suivre. (1) Hervé Joubert-Laurencin : Du bon usage des primitifs : Émile Cohl dans les écrits d’André Martin in https://journals.openedition.org/1895/2503 (2)  "André Martin écrits sur l'animation 1." - Bernard Clarens.​

  • 6 - Le festival d'Annecy va fêter ses 60 ans

    Cette année le festival d'Annecy fête en juin ses 60 ans. Cette soixantième, Cov-19 oblige, sera virtuelle ! André Martin, co-fondateur des Journées Internationales du Cinéma d'Animation et infatigable animateur du Festival pendant de nombreuses années, aurait sans doute été passionné par cette édition innovante à laquelle nous participerons par Internet du 15 au 20 juin 2020. Pas de pic-nic ! mais dans sa forme numérique, Annecy durera plus longtemps et sera pendant deux semaines la capitale mondiale et virtuelle du cinéma d'animation. Le cinéma d'Animation africain y sera à l'honneur, l'occasion de découvrir un cinéma d'animation moins connu ... jusqu'ici. Image : https://www.annecy.org/accueil Ce sera aussi l'occasion de fêter l'âge maintenant respectable de cette grande manifestation. En prévision de ce joyeux anniversaire, nous allons en profiter pour revenir aux origines et à la genèse du Festival d'Annecy. Tout au long des jours précédant Annecy nous allons faire ensemble un retour sur l'époque, les circonstances et les pionniers qui ont permis sa "création" en 1960. La suite au prochaine épisode La genèse d'Annecy 1 : Des ciné-clubs et des bordelais.!

  • 5 - Le cinéma sans caméra ou la rencontre des structures.

    André Martin (1925-1994), distinguait le cinéma "de synthèse et de total contrôle" qu'est le Cinéma d'Animation, du Cinéma classique : "un art d'enregistrement". Le cinéma sans caméra en est une manifestation les plus aboutis tant cette apparente liberté est souvent créée à partir d'un appariement rigoureux entre chaque image et la segmentation de la durée du discours musical : la mesure. L'invention du cinéma sans caméra Len Lye (1901-1980), sculpteur et réalisateur de films d'animation avant-gardistes et expérimentaux néo-zélandais, a inventé le cinéma sans caméra ... en 1935 avec un film magnifique : Colour Box. Photographie : Len Lye https://expcinema.org/site/en/wiki/artist/len-lye Pour être tout à fait exacte le peintre, sculpteur et réalisateur futuriste italien Arnaldo Ginanni Corradini (1890-1982) a réalisé avec son frère Bruno Corradini entre 1910 et 1912 des courts métrages abstraits, en colorant directement le film non traité mais je n'en sais malheureusement pas plus et je ne sais pas si il subsiste une copie de ces films. (Si quelqu'un a des informations ou des images sur ce sujet je suis preneur.) Et si on s'affranchie du support qu'est la pellicule alors l'inventeur est Emile Reynaud (1844-1918) avec son théâtre optique et ses pantomimes lumineuses (1892) avant même ... l'invention du cinéma. Collection Geneviève et André Martin : Fac-similé d'une affiche Pantomimes lumineuses de 1892 datant de 1929. Len Lye a réalisé Colour box en peignant, grattant et imprimant directement les images sur la pellicule, un court-métrage qui est au 7eme art, ce que le photogramme est à la création photographique. Il nous a offert une oeuvre digne des grands maîtres de l'abstraction ... mais animée ! Il a développé une approche inédite des rapports musique-images qui fait de lui l'incontestable précurseur du "clip musical" sur la musique "The Belle Creole" by Don Barreto and his Cuban Orchestra. Voir sur https://vimeo.com/28834678 (Copie de qualité moyenne). Image : Colour box https://filmcolors.org/galleries/a-colour-box-1935/ Nouvelle découverte Marco De Blois, conservateur et programmateur à la Cinémathèque Québécoise, nous a confinement informé sur Facebook de la mise en ligne de la mise en ligne par la Cinémathèque Française de "Surprise Boogie" d'Albert Pierru court- métrage d'Animation réalisé directement sur pellicule en 1956. Image : Surprise Boogie d'albert Pierru - https://www.cinematheque.fr/article/876.html Ce fût pour moi une nouvelle découverte dans l'innombrable et prolifique patrimoine de l'art du Cinéma d'Animation. Je n'ai pas encore assez lu et compris André Martin, ces catalogues précis et pointus mais parfois abscons pour un apprenti de l'histoire du Cinéma d'Animation. Je remercie Marco De Blois et bien sûr la cinémathèque française pour cette découverte. Un lien entre le maître Norman Mclaren et Steven Woloshen Marco De Blois, dans son post évoquait " un lien entre le Maître Norman McLaren et Steven Woloshen". Pour ma nièce Mathilde qui a également débusqué ce bijou de "Surprise Boogie" et pour tous ceux qui veulent découvrir ou redécouvrir cet univers créatif et expérimental, nous allons préciser ce lien en revenant sur les courts métrages des ces trois réalisateurs où la liberté intuitive, synthétise le lien entre l'image et la musique. Norman McLaren (1914-1987) Ce réalisateur écossais de films d'animation est considéré et reconnu comme un maître absolu de l'animation mondiale. Il a fait ses études aux beaux-arts de Glasgow et s'est rapidement consacré au cinéma puis au cinéma d'animation avant de partir pour New York en 1940. Il y trouve un emploi dans dans une société de films industriels. Son ambition était "de faire des films abstraits pour interpréter l'esprit de la musique". John Grierson (1898-1972), qui dès 1928 avait accompagné Len Lye avec la London Film Society dans son premier film d'animation "Tusalva" sorti en 1929 , vient de fonder l'Office Nationale du Film à Ottawa. Il a pratiquement kidnappé Norman McLaren au grand dam de son employeur en l'assurant d'une liberté de création. L'immense Norman McLaren va pouvoir illuminer le cinéma d'Animation au Canada à l'ONF pendant plus de 40 ans. André Martin a suivi les travaux de Norman McLaren avec assiduité et passion. Il a réalisé ce qui est une des premières filmographies complètes en 1958 de ce créateur hors norme dans une série de 3 articles dans les cahiers du Cinéma où il a également analysé son œuvre. Cahiers du Cinéma no 79, 80, 82 (Janv., Fév, Avril 1958). Collection Geneviève et André Martin : maquette du titre de l'article 1ere partie Les cahiers du Cinéma no 79 - Janvier 1958 Titre de l'article 1ere partie Les cahiers du Cinéma no 79 - Janvier 1958 avec un dessin de Norman McLaren. 1949 Caprices en couleurs (Begone dull care) - ONF - Canada - 7mn Réalisation Evelyn Lambart et Norman McLaren. Musique Oskar Peterson trio. voir sur https://www.onf.ca/film/caprice-en-couleurs/ Images : Caprices en couleurs - https://2017.tiffr.com/shows/begone-dull-care Collection Geneviève et André Martin : Norman McLaren et Evelyn Lambart travaillant directement sur la pellicule pour begone dull care. Ils peignaient 4 ou 5 secondes puis les visualisaient avec la bande sonore. Si ça n'allaient pas ils repeignaient et procédaient à différents essais afin d'obtenir le synchronisme et l'effet attendu. C’est à l’entracte d’un concert à l’Esquire Show Bar de Montréal que Norman Mclaren a rencontré Oscar Peterson et lui a proposé de réaliser un film abstrait sur sa musique. Oscar Peterson, après avoir vu « Dots loops » et « Star and stripes » à l’Office National du Film, a accepté avec enthousiasme de collaborer à ce projet. Le film suit la forme de la sonate avec deux rythmes rapides séparés par un motif lent. Cette forme musicale intéressait particulièrement Norman McLaren et il l'a utilisé dans plusieurs de ses films. L'illustration suivante montre l'intérêt que Norman Mclaren portait aux formes musicales en en illustrant et en en commentant une série pour le Journal Musical Canadien en 1960 . Les textes sont de Marthe Blackburn, réalisatrice et épouse de Maurice Blackburn un compositeur qui a collaboré avec Norman McLaren .(Ca amusait beaucoup ma mère que quelqu'un qui s'appelle "Blackburn" ne parle pas anglais :-) ) Images collection Geneviève et André Martin : 1960 03 25 JMC Musical Chronicle Vol 2 No 4 Sonate Pour interpréter la musique du film, O. Peterson était accompagné d'un contrebassiste et d'un batteur. Images : The Oskar Peterson trio : https://twitter.com/globaljazzqueen/status/876182890580758528/photo/1 Dans le premier mouvement O. Peterson nous emmène au piano dans un rythme endiablé accompagné par une contrebasse et une batterie. Différents thèmes visuels sont utilisés : Lignes blanches agitées et grattées sur fond noir qui se fondent avec le jeu d'O.P. dans le registre grave du piano. Image : https://jazzanimated.wordpress.com/category/oscar-peterson/ Défilés de motifs continues ponctués par l'apparition de formes synchrones avec la contrebasse ou la batterie. Formes blanches sur fond noir en phase avec le piano. Images en flash à peine perceptibles pendant un solo de batterie : image en N&B, https://twtiaf.com/2019/film.php?id=85&lang=en Le deuxième mouvement est un mouvement lent. "comme le film est plutôt fatiguant, je voulais apporter une sorte de respiration" (N. McLaren Octobre 1975 Revue Séquences p47). Des lueurs et des traits pales évoluent sur un fond noir dans des danses volatiles. Le troisième mouvement s'emballe à nouveau reprenant les thèmes musicaux et certaines images du premier mouvement. 1956 Surprise Boogie - réalisation Albert Pierru. France 4mn 45 Voir sur https://www.cinematheque.fr/henri/film/75004-surprise-boogie-albert-pierru-1956/?fbclid=IwAR02jH3j9twsi2nqyR0nrjg02gjF5nTOhSFpmofuFHuoxOmtpQdE2XBahrw Albert Pierru (1920-1985) est un émule de Norman McLaren dont il apprit la technique du film dessiné sur pellicule. Il nous offre ici un petit bijou sur une musique originale de Robert Cambier qui n'est pas sans rappeler celle d'Oskar Peterson sur caprices en couleurs. Parmi les effets très proches de ceux obtenus par Evelyn Lambart et Norman McLaren, on y trouve des touches plus personnelles comme ces petits personnages schématiques animés trompettiste, tromboniste, pianiste fumant une cigarette en jouant, danseuse avec jupe banane ou encore ces cordes vibrantes de contrebasse qui s'immiscent dans des successions de formes abstraites originales dont certaines rappellent la peinture abstraite contemporaine, fusion animée d'un Joan Miró et d'un Paul Klee. Abstractions rappelant Paul Klee ou personnages schématiques animés nous immergent dans le boogie. Images : https://www.cinematheque.fr/article/876.html On remarque aussi des partitions de l'image en mosaïques animées et synchrones. Image : https://www.cinematheque.fr/article/876.html Steven Woloshen (1960-) Steven Woloshen inspectant la pellicule à L’Office National du Film du Canada. Novembre 2016 photo Stéphane Dreyfus : https://film-animation.blogs.la-croix.com/steven-woloshen-lanimation-avec-les-mains-mais-sans-camera/2016/11/28/ J'ai pu découvrir Steven Woloshen et ces court-métrages, grâce un autre passionné du Cinéma d'Animation : Alexis Hunot (http://www.zewebanim.com). Il nous a offert une très belle présentation lors de la PIAFF 2019 en présence du réalisateur. S. Woloshen a souligné l'importance de la musique dans ces films. " Je fais des films avec les musiques que j'aime". Nous avons pu savourer ainsi de nombreux court-métrages sur ces musiques parmi lesquelles celles du Vienna art Orchestra (Bru ha ha ! 2002), de Jimmy Hendrix (Curse of the Vodoo Child 2005), Dave Brubeck (Take Five 2003). Mais Steven Woloshen en plus d'être un créateur remarquable est également un personnage de roman et son vécu nous offre la trame d'un beau scénario de film ! Durant ces discussions à bâtons rompus entre Steven Woloshen et Alexis Hunot, je me suis posé la question pourquoi l'auteur avait systématiquement son pack de jus d'orange à la main ... Il avait décidément très soif pour ne pas s'en séparer ! En fait il s'agissait de l'instrument qui lui permettait de réaliser des films dans la voiture où il travaillait en tant que chauffeur d'acteurs sur les grosses productions au Canada ! Cette boîte lui permet de peindre directement la pellicule contenue dans ce boîtier. C'est avec ce boîtier que notre créateur a entièrement réalisé le film "1000 plateaus" (2014) dans cette voiture. D'un côté il y avait la grosse machine industriel du cinéma et ses plateaux de tournage, de l'autre l'artisan qui créait une œuvre magnifique en attendant de conduire les stars d'un point à un autre. Une belle histoire pour un bon scénario d'un film narratif et concret. :-) Photographie Clément Martin : Alexis Hunot anime un échange avec Steven Woloshen le 21/09/19 lors de la 12e édition du Piaff. Steven Woloshen tient à la main l'instrument qui lui a permis de réaliser "Mille Plateaus". 2003 Cameras Take Five - Réalisation Steven Woloshen- Canada -3mn A voir sur : https://lightcone.org/en/film-4645-cameras-take-five Le morceau de jazz de Dave Brubeck Quartet, Take Five, est le point de départ de cette interprétation visuelle abstraite réalisée par peinture sur la pellicule. Cette musique a été composée par le saxophoniste du groupe Paul Desmond. Take Five est joué en Mi bémol Mineur avec des mesures de 5/4 (4 noires et 2 doubles-croches entrecoupées de silences). Le rythme à cinq temps est original et innovant pour le Jazz de l'époque. Structures musicales et séquences animées Le film est la musique est décomposable en 8 parties distinctes ( Il y en a 10 dans le morceau original cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Take_Five ). C'est sur cette forme que c'est appuyé Steven Woloshen pour réaliser son films. Partie 1 Intro : Batterie, piano et contrebasse installent le groove 5/4 avec l'ostinato de deux accords : Mibm - Sibm7 x8. Générique des formes abstraites flash et crépitent sur un fond noir. Différentes entre le début à la batterie et la suite avec le piano. Partie 2 Section A : Mélodie au saxo de deux fois quatre mesures similaires. Mélodie : Ré-Mi-Mi-Si puis Ré-Mi-Si-Mi. Des lignes courbes et des formes à base des segments s'étalent sur le fond noir accompagnant la respiration du saxophone. Partie 3 Section B : Pont musical au saxo de deux fois quatre mesures similaires. Mélodie : Do-Si-La-Sol puis Do-Si-La-Fa. Ces lignes continuent leur ballet sur des fonds granuleux turquoises et bleus. Un fond vert ponctuant brièvement pour marquer la fin de cette partie. Partie 4 Section A' : Mélodie : Ré-Mi-Mi-Si puis Ré-Mi-Mi-Si. Des formes se développent sur fond noir et reprennent leur ballet. Partie 5 Section solo 1 : Solo improvisé au saxo. Les formes se combinent sur fond noir avec quelques flashs rythmés des fonds précédents et finissent par créer une structure. Image : https://www.cinematheque.fr/film/137233.html Partie 6 Section solo 2 : Solo improvisé à la batterie. La structure s'évapore laissant place aux flashs de formes sur fond noir qui accompagnent le solo de batterie. Un fond vert partiel marque la fin de la partie Partie 7 Section A' (Mélodie : Ré-Mi-Mi-Si x2) précédée de l'ostinato d'introduction (Mibm - Sibm7). Formes qui évoluent sur fond noir. Partie 8 Conclusion : Mélodie Si-Si-Mi (Mi persistant comme note finale) Générique de fin finissant par nos souhaiter une bonne nuit sur la note finale. Si l'improvisation et le hasard sont nécessaires étant donné la nature du matériau peint qui laisse peu de place au repentir à moins de recommencer une séquence d'image, un tel film nécessite une préparation soignée pour assurer un tel synchronisme et une telle osmose entre le mouvement des formes et les caractéristiques des instruments. Et si vous adorez le cinéma sans caméra ... L'expérimentation des techniques de cinéma sans caméra est aujourd'hui un exercice que pratiquent quelques jeunes réalisateurs qui quittent un moment l'ordinateur pour se consacrer à ces joies de l'analogique et de la matière. Vous pouvez également visionner Liza du créatif et talentueux Bastien Dupriez avec ses danses abstraites sur une composition du même nom de George Gerswhin interprétée par Jean-Michel Pilc : https://vimeo.com/410922836?fbclid=IwAR16HlLj6Ukh9J0s47MpjJwiDFHPdvaJVR26ALRM56VE0Q193s4CieGWtZc image : http://fr.zewebanim.com/index.php?post/2020/04/25/Liza-de-Bastien-Dupriez Ou encore voir ou re-voir Rainbow Dance de Len Lye (1936) sur une musique de Burton Lane, qui mélange prise de vue réelles et peinture directe sur pellicule. Len Lye a tourné avec de la pellicule noir et blanc dont il a fait un film couleur en ajoutant des images peintes au pochoir et en manipulant les trois matrices du système Gasparcolor. Le procédé Gasparcolor venait d'être développé en 1933 par la chimiste hongroise Dr. Bela Gaspar. La modernité et la fraicheur de ce film est tout simplement stupéfiante. Voir sur https://vimeo.com/154697834 Image : https://flashbak.com/len-lyes-1930s-fabulous-short-films-for-the-post-office-382218/ Ce court-panorama du cinéma sans-caméra rappelle ses capacités incroyables d'abstraction, de relations avec le mouvement et la musique et ce depuis un siècle maintenant. En espérant qu'il permettra à Mathilde de faire d'autres découvertes d'œuvres uniques à revoir bientôt (Cov-19 oblige) dans les musées d'art moderne et dans les salles qui projettent du cinéma expérimental et formaliste.

  • 4 - Epidémique : On rame et c'est "pagaie"...

    Image collection Geneviève et André Martin : Tifusari de Vatroslav Mimica C'est en rangeant quelques photographies de la collection Geneviève et André Martin que je suis tombé sur une photographie d'un court-métrage d'animation du croate Vatroslav Mimica de "Tifusari" (Les typhiques)  sorti en 1963. En ces temps difficiles de confinement et de pandémie, et seulement si vous avez le moral, vous pouvez visionner le court-métrage d'animation du croate Vatroslav Mimica : "Tifusari" (Les typhiques)  sorti en 1963. https://www.youtube.com/watch?v=i5C8jyZb948&t=624s En ces temps de pandémie et de défi mondial, ce cours-métrage d'animation nous offre une occasion d'avoir un regard plus local sur la Croatie, ce beau pays sur l'Adriatique. Ce court-métrage sombre et mortifère, inspiré du poète Jure Kaštelan, nous entraine dans dans un paysage dévastés et nous immerge dans les hallucinations de partisans malades du typhus. Le style massif de style gravures sur bois dépeint graphiquement les hallucinations de résistants qui marchent dans une lande dévastée. La copie disponible en consultation sur YouTube en VO est en Croate. Même si le croate est une langue latine elle est totalement incompréhensible pour un français. Ceci ajoute à l'abstraction et à la lourdeur du film. Jure Kaštelan le poète Maître du style et de la versification, Jure Kaštelan fut l’un des majeurs poètes croates du XXe siècle, un poète profondément humaniste, qui dans sa poésie a habilement marié des aspects classiques et modernes, écrits et oraux, collectifs et individuels, réels et mythiques, populaires et intellectuels. La Seconde guerre mondiale à laquelle il a pris part en tant que membre de la résistance a profondément marqué son œuvre poétique. http://dicocroate2.over-blog.com/2018/04/jure-kastelan.html Vatroslav Mimica réalisateur de films d'animation est l'un des piliers et fondateurs de l'école de Zagreb. Il nous a quitté tout récemment, le 15 février 2020.

  • 90 - Plaisirs d'archive durent un moment : tous les voyageurs changent de train 2.

    Dessin de Len paru dans Ouest-France dans article sur les journées du Cinéma de Nantes. Collection Geneviève et André Martin. A l'occasion du 30e anniversaire du décès d'André Martin, Gamca revient sur 50 ans de son parcours. Après "Les années bordelaises" (Lire sur https://www.gamca.info/post/plaisirs-d-archive-durent-un-moment-tous-les-voyageurs-changent-de-train-1 ),  voici "Des journées pour le cinéma" . Montée à Paris Geneviève de la Vaissière monte à Paris en 1950 pour continuer ses études de musique au conservatoire. André Martin l’accompagne. Il travaille chez Publicis comme concepteur (1). André Martin écrit également des livres pour enfants, des scénarios de bandes dessinées illustrées par Michel Boschet aux éditions Fleurus. AM, qui "rêvait d'emprunter un passage souterrain et de ne pas le rendre", a réalisé également des livrets de devinettes avec son lot de calembours aux éditions Fleurus. André Martin n'est jamais loin du burlesque. Couverture d'un livret de devinettes des éditions Fleurus conçu par André Martin. Collection Geneviève et André Martin André Martin et Michel Boschet écument la vingtaine de ciné-club parisiens. AM est vite reconnu comme un des orateurs des débats post-projection. Il y défend l'animation considérée comme un sous-produit dans les ciné-clubs. C’est lors de ces séances que MB et AM font la connaissance de Pierre Barbin qui anime le ciné-club de Versailles. Pierre Barbin reconnait en André Martin le présentateur idéal pour animer les séances de ciné-club du mardi dans l'un des cinémas Edeline(1). Les Journées du cinéma Début 1951 André Martin, Michel Boschet et Pierre Barbin, membre de la nouvelle Fédération Centrale des Ciné-Clubs, envisagent l'organisation de manifestations d'un type nouveau qui allaient devenir les" Journées Du Cinéma". Il s'agit d'atteindre ponctuellement l'ensemble du public d'une ville en restituant au Cinéma une couleur et un attrait que des années d'habitudes lui avait fait perdre. Le cinéma d'animation, "cinéma de synthèse" qui n'est encore que le dessin animé y occupe bien sûre une place de choix mais le cinéma, "cinéma d'enregistrement", y est également présent aussi bien avec des grands classiques que des films de jeunes cinéastes à découvrir. Les premières expériences se font à Versailles et également à l'aide d'une camionnette qui sert de moyen de projections itinérant. Le cinéma descend dans la rue et touche un public populaire. André Martin faisant son boniment devant une camionnette Citroen H1 qui servait à faire des projections ambulantes au milieu du public des villes visitées. - En haut à gauche en costume cravate : Pierre Barbin. Photographie collection Geneviève et André martin. Le 14 Novembre 1951 l'Association "Les Journées du Cinéma » est créée par André Martin, Michel Boschet, Pierre et Gisèle Barbin. La formule est lancée et le même mois à Versailles, des vedettes de l'époque sont membres du Jury du Concours de Vitrine : Serge Reggiani, Pierre Trabaud, Raymond Bussière et Brigitte Auber.  Les salles de cinéma sont vides car les spectateurs sont à l'extérieur ?  Qu'à cela ne tienne, les journées du cinéma vont les chercher  dans les squares, dans les rues ! Papier à Entête et pied de page des Journées du Cinéma de Versailles Novembre 1951 Membres du Jury du Concours de Vitrine : Serge Reggiani, Pierre Trabaud, Raymond Bussière et Brigitte Auber. Images collection Geneviève et André Martin. L'équipe des journées à Versailles filmant l'évènement des journées en extérieur. Le cinéma est dans la rue ! On reconnait Michel Boschet derrière la caméra. - Collection Geneviève et André Martin. La formule des journées du Cinéma rencontre un franc succès. Cette confrontation d'œuvres confidentielles avec le public populaire des "villes de province" suscite l'intérêt. Concours de vitrine chez les commerçants, élection de Miss Cinéma, projections itinérantes, expositions, séances de projections et de présentations spectaculaires séduisent le public. On projette Norman McLaren à la sortie des usines, Alexandre Nevski devant des murailles d’époques. Photographies Collection Geneviève et André Martin : Couverture du livret des journées de Carcassonne, Affiche des JDC de Troye en juin 1953. Programme des journées de Carcassonne. Documents collection Geneviève et André Martin. André Martin y captive l'audience ... L'équipe des journées remplit les salles (2) ! André Martin présente l'exposition durant les journées du cinéma d'Amiens. Image Collection Geneviève et André Martin   Les notables sont tous présents pour l'évènement : ici le maire, le député, l'évêque et le préfet sont initiés au précinéma au journées du cinéma d'Amiens dans le cadre de l'exposition organisée à cette occasion. André Martin présente des appareils du précinéma aux Journées d'Amiens. Photographie collection Geneviève et André Martin. Le spectacle que donne l'équipe possède un esprit forain et spectaculaire (3) pour captiver un large public. Michel Boschet et André Martin explique le Cinéma d'animation dans un spectacle burlesque. Image Article 1956-12-14 du Dauphiné Libéré sur les JDC de Valence. Collection Geneviève et André Martin Michel Boschet faisant un numéro de lasso pour illustrer le mouvement. Photographie collection Geneviève André Martin François Truffaut dans un court article dans les cahiers du cinéma repris dans le bulletin des journées du cinéma de fin 1954 souligne l’intérêt des présentations d’AM et MB : « En soirée, c’est un festival de dessin-animés. Chaque bande est présentée par André Martin et Michel Boschet; comme nos amis ne sont pas de ceux qui conférencient, ils ont mis au point un étonnant numéro au cours duquel ils sautent, tombent, dansent en un mot : s’animent. J’ai le sentiment d’assister à quelque chose comme l’éclatement de la critique. Il ne suffit plus d’écrire ou parler sur le Cinéma, il faut citer les images … Bref, tout cela est passionnant et, de ce numéro où l’influence des frères Marx est visible, on retire l’impression d’une chose plus sérieuse, plus intelligente, plus fructueuse enfin qu’une conférence d’Henri Agel. » (4) On peut se faire une idée de ce spectacle en visionnant Septième Art Bis (5). Dans une France où la fréquentation des salles de cinéma est inférieure aux pays limitrophes, les directeurs de salles ravis accueillent les bras ouverts l’équipes des journées. André Martin, Michel Boschet et Pierre Barbin sillonnent la France en présentant des courts métrages de prise de vue réelle et d’animation, des longs métrages de jeunes créateurs, à découvrir des films en version originale sous-titrée ce qui n’était pas commun à l’époque. En Décembre 1954 déjà 11 000 km parcourus et 487 000 m de films projetés ! Décembre 1954 programme d'une séance de prjections au CNC. Document Collection Geneviève et André Martin Le succès est tel que les "journées arrivent" à Cannes, en 1955. Alors que le festival de Cannes fête les 60 ans du cinéma (1894) , André Martin, frondeur y programme les pantomimes lumineuses d’Emile Reynaud (1892) , créées deux  ans avant  l’invention du cinéma ! Ces présentations et l’exposition organisée par Michel Boschet sont un succès. 1955 05 06 Hommage aux Pionniers du Cinéma d'Animation - Document collection Geneviève et André Martin André Martin à Cannes en 1955 - Collection Geneviève et André Martin L'équipe des journées du Cinéma s'étoffe dans la deuxième moitié des années 50. Raymond Maillet, un ami de régiment de Michel Boschet, suite à la fermeture du cabaret de la rose rouge 76 rue de Rennes et quelques petits boulots, rejoint les journées du cinéma en 1956 (6). Il accompagne Michel sur la mise en œuvre des expositions. Edouard Chamard rejoint également l'équipe pour l'accueil du public et des personnalités. 1956-57 Les Journées d'Avignon : Edouard Chamard, Agnès Varda, André Martin, Jacques Maillet, Pierre Philippe, Raymond Maillet - Photographie Collection Geneviève et André Martin. Un festival d'un genre nouveau : Tours En septembre 1955, l'équipe crée le festival international du court-métrage de Tours. Ce festival est organisé par l'Association Française pour la Diffusion du Cinéma en collaboration avec la Préfecture, le Conseil Général d'Indre et Loire et la mairie de Tours. Ce festival a la particularité, pour l'époque de ne projeter que des courts-métrages, format singulier moins connu du grand public, où la créativité et l'Art sans concession est Roi. 1955 André Martin avec une jeune photographe de 27 ans dont le sublime premier long-métrage solaire "La pointe courte" a été projeté aux Journées du cinéma, Agnès Varda, devant l'Olympia à Tours. Photographie Collection Geneviève et André Martin Ecriture, les fondamentaux. En Mars 1952 AM cosigne avec Michel Boschet un premier article militant sur le cinéma d’Animation "Dessin animé & Pesanteur" publié dans le no 6 de la revue "l'Age du cinéma ». Couverture L'âge du cinéma no 6 paru en 1952 et première page de l'article Dessin animé et pesanteur. Collection Geneviève et André Martin On retrouve dans cet article beaucoup d''éléments qui caractérise la pensée d'André Martin et de thèmes qui seront présents dans ses articles et dans sa démarche toujours pionnière : L'attrait pour l'innovation et ses oppositions. L'irrévérence face aux choses administrées qui freinent la création. Les références à la musique et ces rythmes pour évoquer les innovations du "film d'animation" (7). Les rapports entre les images animées et le son.  La critique des critiques qui se consacrent uniquement aux grandes avenues de la consécration au lieu de regarder l'avenir. Une vision prospective à 20 ans ...qui atteindra même les 60 ans dans les années 60 ! Il y présente également un "catalogue" impressionnant de films d'animation pour illustrer son propos qui fonde un "Art immense" dont le dessin animé n'est qu'une "étroite application". Au-delà de la théorisation du cinéma d'animation comme Art méconnu... mais "immense", André Martin serait l'inventeur du terme "Cinéma d'Animation" ici représenté en 1952 par le terme "Film d'animation"... On cherche toujours un précédent, en vain. Le dessin animé n'est pas mort mais vive le "Cinéma d'Animation", il a son nom ! Ecriture, les journées Comme l'illustre cette encre de Michel Boschet, André Martin est la plume du spectacle et de la fête des journées du cinéma et du festival de Tours. André Martin alimente en texte la gazette des journées du cinéma. Dessin de Michel Boschet - Collection Geneviève et André Martin L'équipe fondatrice des journées signe en avril 1953 son plaidoyer pour les journées du Cinéma dans les Cahiers du Cinéma no 22. André Martin publie également régulièrement des articles sur les journées du cinéma. On y retrouve son plaidoyer, déjà présent dans "Dessin animé et pesanteur", pour ces films d'animation "Image par image" trop rarement projetés face à l'écrasant succès de l'industrie des cartoons américains et de leurs personnages célèbres. Il plaide et clame l'importance de ces films méconnus, ces "films de création TOTALE" qu'il s'agisse du patrimoine historique ou des créations contemporaines. 1955 09 23 Les Journées du Cinéma no 13 "Cinéma à une image près" - André Martin- Document Collection Geneviève et André Martin. Son intérêt pour la technique, la prospective et l'innovation n'est jamais loin, ici cet article sur le cinéma en relief. L'avenir le confirmera. 1952 12 Le cinéma en relief met l'écran à portée de main - Document Collection Geneviève et André Martin On retrouve également des articles sur le patrimoine du cinéma d'animation, ici sur Emile Reynaud "le premier venu" dans l'histoire du Cinéma. 1957 01 12 Les Journées no 23 - André Martin : "Emile Reynaud le premier venu". Collection Geneviève et André Martin. Reconnu par les critiques, les producteur, réalisateurs et auteurs sur le cinéma, dont André Bazin co-fondateur des Cahiers du Cinéma, André Martin va publier régulièrement  sous sa signature dans les Cahiers du Cinéma à partir de mai 1953. A suivre ! (1) "André Martin, Ecrits sur l'animation 1" par Bernard Clarens (2)  « Où passe la jeune équipe de ces journées, l’herbe ne repousse plus entre les rangées de fauteuil. » François Truffaut dans la revue Arts. (3)1983 03 13 "Le cinéma des cinéastes" - émission de Claude Jean Philippe avec André Martin -  émission sur le film "Sans soleil"  de Chris Marker :  https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/sans-soleil-de-chris-marker-essai-cinematographique-d-un-homme-multimedia-3676987 (4) Henri Agel était un professeur et un critique de Cinéma. (5) 1961 Le septième Art bis Réalisation: Jean Manceau. Présentation et écriture : Michel Boschet et André Martin. Production: ORTF - Office de Radiodiffusion-Télévision Française. Emission en deux parties de 27 et 24 minutes. (6) Lettre d'information de l'AFCA août/septembre 2004

  • 91 - Lillian Schwartz : du motif au mouvement

    Olympiad de Lillian Schwartz, 1971, 16mm film. Source Image https://astriasuparak.com/2018/02/17/the-nations-finest/07-olympiad_schwartz_three-figures/ Lillian Schwartz, pionnière de l'animation numérique, nous a quittés. C'est l'occasion de revenir sur la rencontre improbable de cet artiste avec les chercheurs en informatique graphique à la fin des années 60. L'Art Cinétique En 1966, Schwartz s’intéresse à l’art cinétique. Lillian Schwartz présente une sculpture cinétique et interactive, " Proxima Centauri", lors de l'exposition « The Machine as Seen at the End of the Mechanical Age » , q ui s'ouvre en 1968 au musée d’art moderne de New York. Cette sculpture met en valeur des motifs en mouvement à la surface d'une sphère blanche translucide. (1) Proxima Centauri - extrait du magnifique catalogue de l'exposition «  The Machine as Seen at the End of the Mechanical Age » - source https://www.moma.org/documents/moma_catalogue_2776_300292931.pdf Elle rencontre lors de cette exposition Leon Harmon. Ce chercheur aux laboratoires Bell travaille avec Ken Knowlton sur de large photomosaïques obtenues par agrégation de motifs graphiques simples. Leon Harmon invite Lillian Schwartz aux Laboratoires Bell. Elle y passera .. 23 ans ! Image : Lillian Schwartz à Bell Labs - http://lillian.com Ken Knowlton (à gauche) et Leon Harmon (à droite) devant leur impression " Studies in Perception I" présentée à l'exposition «  The Machine as Seen at the End of the Mechanical Age » en 1968 au musée d’art moderne de New York. Source Image https://www.nytimes.com/2022/06/24/technology/ken-knowlton-dead.html Les laboratoires Bell Lillian Schwartz trouve aux laboratoires Bell un univers riche et créatif avec des chercheurs ouverts, sans préjugés sur le parcours des personnes. Elle y découvre la programmation et l’informatique et collabore avec de nombreux scientifiques dont Ken Knowlton qui développe un nouveau langage de programmation graphique lui permettant de créer des images numériques (2). Pixillation 1969 - 4 mn Ces rencontres donnent un premier film mixant des peintures animées et des motifs générés par ordinateur. Mieux vaut arriver détendu pour la projection où se succèdent des flashes hallucinogènes de motifs colorés ou de tâches peintes en mouvements accompagnés par la musique saccadée de Gerhson Kingley qui complète une véritable expérience sensorielle en tension. « Cette écriture plastique » est « attentive aux réponses physiologiques du spectateur ». La combinaison atypique de talents artistiques et technologiques, l’usage de motifs graphiques plus avancés ainsi que de la couleur illustrent l’avancée des images numériques rendues possibles par l’usage des langages de programmation. Images Pixillation 1969 :   https://digitalartarchive.siggraph.org/artwork/lillian-f-schwartz-kenneth-c-knowlton-pixillation/ Voir le film « Pixillation » sur https://vimeo.com/56480534 . Flashing Light 1971 Flashing Light 1971 film co-réalisé avec Ken Knowlton sollicite nos rétines dans le même registre à partir de motifs animés. [FLASHING LIGHTS] Lillian Schwartz, Ken Knowlton - Googolplex (1971) - sur https://www.youtube.com/watch?v=XAlXN-F2vPQ Olympiad 1971 Pour Olympiad, Lillian Swartz et Ken Knowlton ont collaboré à une évolution de Beflix. Le langage Explorer à base de Fortran offre plus de possibilités à l’artiste. L’usage du langue Fortran permet des possibilités de calculs supplémentaires (voir MINI-EXPLOR/ a FORTRAN-coded version of the EXPLOR language for mini (and larger) computers/ ACM SIG.pdf) : Mise en place d’algorithmes, Boucles imbriquées , Tris, Calculs de « Monte Carlo » (hasard), Et la formalisation d’automates d’états finis qui permettent de générer des images à l’aide d’une grammaire. Grace à ces moyens de calcul, Lillian Schwartz assemble et combine ses motifs géométriques concentriques pour représenter un coureur en mouvement. La couleur est rajoutée en post-traitement. Ce film marque un pas supplémentaire dans l’évolutions des images animées par ordinateur après le démarrage des travaux de Knowlton avec de simples affichages de caractères en codes ascii, les motifs concentriques mouvants, l’équipe de Bell Laboratories s’attache maintenant à la représentation graphique du mouvement humain presque un siècle après les travaux de Jules Marey et d'Eadweard Muybridge. Olympiad Lillian Schwartz Image : https://www.artforum.com/picks/lillian-schwartz-63976   Chronophotographie : man-running-plate-62-from-animal-locomotion-1887-Eadweard-muybridge. source https://pixels.com/featured/man-running-plate-62-from-animal-locomotion-1887-eadweard-muybridge.html On ne peut plus malheureusement voir le film sur internet, il faut se contenter d'un extrait sur https://www.youtube.com/watch?v=faqnx54amFE Nous avons une pensée pour Lillian Schwartz qui nous a quittés à l'âge de 97 ans et qui nous lègue des dizaines de courts métrages expérimentaux en 2D et en 3D réalisés pendant une trentaine d'années. Une rétrospective de cette artiste originale qui au tout début des années 70 a fait passer les images par ordinateur en 2D du motif au mouvement et qui a laissé son empreinte dans l'histoire de l'animation par ordinateur serait la bienvenue ! (1)"The machine, as seen at the end of the mechanical age " by K. G. Pontus Hultén .  P 204 à consulter sur https://manage.wix.com/dashboard/ca9f97c2-b5c1-4339-933f-7334fd95a95c/blog/ee336294-9a08-4191-93c6-15b450b89dd3/edit?lang=fr (2) 23 Naissance du cinéma Informatique 2e partie : Les années 60 et les pionniers du numérique. https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/naissance-du-cinéma-informatique-2e-partie-les-années-60-et-les-pionniers-du-numérique

  • 92 - Fontevraud 2024 : Où la musique rencontre le cinéma.

    Catherine Totems, artiste indépendante, enseignante, ancienne responsable du pôle animation de l'Atelier de Sèvres et "passionnante passionnée" des arts et du cinéma d'animation en plein échanges complices avec Pierre-Emmanuel Lyet aux 13e rencontres de Fontevraud « Les Chemins de la Création » - Photo Clément Martin La 13ème édition des Rencontres de Fontevraud s'est déroulée les vendredi 18 et samedi 19 octobre 2024 . Com me chaque année ces rencontres permettent de découvrir des auteurs dans le processus de création d'un film d'animation. Parmi ces présentations toutes aussi captivantes qu'instructives, on est toujours enthousiasmés par quelques rencontres remarquables et singulières. Cette année Gamca vous invite à découvrir ou redécouvrir un réalisateur qui construit la rencontre de la musique avec le Cinéma d'animation et qui n'a pas fini de nous réjouir ! Pierre-Emmanuel Lyet Illustrateur, réalisateur, directeur artistique, enseignant, on peut inscrire Pierre-Emmanuel Lyet dans la lignée de ces illustrateurs polymorphes qui ont touchés avec bonheur au cinéma d'animation. En tant qu'illustrateur, excusez du peu, il vient de réaliser la couverture du prestigieux New Yorker, le 30 septembre dernier ! Couverture du New Yorker de Pierre Lyet Source Image : https://www.newyorker.com/culture/cover-story/cover-story-2024-09-30 Mais ce n'est pas de l'illustrateur ni même du réalisateur prolixe de documentaires et autres films de commande (1) qui méritent le détour dont il sera question mais du réalisateur de films où "la musique rencontre le cinéma" dans des jeux formels qui caressent ces plaisirs aussi intenses qu'avouables que peut nous offrir le cinéma d'animation. Et voici pourquoi ! Parade - Pierre Emmanuel Lyet - 8'06"- 2009 Réalisateur : Pierre-Emmanuel Lyet Scenario : Pierre-Emmanuel Lyet avec l'aide de Joris Clerté Animation : Pierre-Emmanuel Lyet & Jean-Yves Castillon Conformation & étalonnage : Stéphane Jarreau Musique originale : Mathieu Balanant Studio son : Tabaskko Montage son : Pierre-Emmanuel Lyet & Bruno Guéraçague Mixage musique : Christophe Grémiot Mixage film : Bruno Guéraçague Dialogues et musique : Tantely Zafimehy Production musique : Jean-François Coen Voix : Sharon Mann & Henry Samuel Suivi de projet - ensad : Georges Sifianos & Serge Verny Productrice - doncvoilà : Virginie Giachino Assistante de production : Chloé Machenaud Stagiaire de production : Cindy Marie Parade - Pierre Emmanuel Lyet - Source Image https://graphism.fr/court-mtrage-parade-entre-formes-couleurs/ Pierre-Emmanuel Lyet est diplômé de l'école supérieure des Arts décoratifs de Paris et il s'est distingué comme un créateur original et prometteur dès son film de fin d'étude en 2009. Son film jongle graphiquement entre abstractions et figurations colorées dans des jeux formels. Sur fond noir des motifs géométriques colorés et des yeux sont en mouvement au grès des sons et de la musique. Les mouvements de ces motifs réagissent de manière synchrone à la musique. Source image copie (partielle) d'écran de "Parade". Sans fond noir ou partiellement masqué dans un jeu de formes, un aréopage d'animaux voir de monuments (2) apparaissent avant de retourner dans l'abstraction ou le jeu pur de l'image et du son s'exprime. Source Image : Parade Capture d’écran à 4' 18'' Si l'auteur nous a fait part de l'influence de Norman McLaren et notamment du "Merle" (McLaren 1958 ONF Canada), en voyant ses films on pense souvent à McLaren tant ce jeu figures et musiques est omniprésent dans son œuvre. Le Merle - Norman McLaren - Office National du Fim - Canada 1958 Source image https://transmettrelecinema.com/film/jeux-dimages/le-merle/ On peut voir le merle sur https://www.youtube.com/watch?v=aos6gIHN3h4 Dès son film de fin d'étude Pierre-Emmanuel Lyet a construit celui-ci en fonction d'un projet musical. La musique originale a été composée par Mathieu Balanant dans le cadre du cours de musique à l’image dirigé par Marie-Jeanne Serero au conservatoire national supérieur de paris. On notera également le petit clin d'œil au classique du cinéma avec un dialogue de "Autant en emporte le vent" (1939). :-) On peut voir le film sur https://vimeo.com/95099469 Pierre et le loup - Gordon, Pierre-Emmanuel Lyet et Corentin Leconte -30' - 2013 Illustration : Pierre-Emmanuel Lyet Animateurs : Jean-Yves Castillon, Emmanuel Linderer et Christophe Nardi Animation et effets visuels : Doncvoilà productions Supervision des effets spéciaux : Stéphane Jarreau Musique originale : Sergueï Prokokiev Interprétation : Orchestre National de France, Direction d'orchestre : Daniele Gatti Voix : François Morel Production : Camera Lucida productions et Radio France avec la participation de France Télévisions Avec Pierre et Loup, Pierre-Emmanuel Lyet s'est attaqué avec deux autres réalisateurs au célèbre conte pour enfant de Serge Prokofieff composé en 1936 en combinant cette fois-ci prise de vue réelle et animation. Il est vrai que ce conte musical pour enfant est propice à l'animation; Walt Disney ne s'y était pas trompé dès 1946. Pierre et le loup Walt Disney 1946 - Source image https://disney-planet.fr/pierre-et-le-loup/ Au travers de l'histoire d'un jeune garçon, Pierre, et des autres personnages, l'oiseau, le canard, le chat, le loup, le grand-père et les chasseurs, cette version du conte permet aux enfants de se familiariser avec l'orchestre symphonique et sa musique. Le film présente l'orchestre et les instruments en les associant à des personnages : Pierre : le quatuor à cordes  ; l'oiseau : la flûte traversière  ; le canard : le hautbois  ; le chat : la clarinette  ; le loup : les cors  ; le grand-père : le basson  ; les chasseurs : bois et cuivres Les personnages sont stylisés et représentés par un assemblage de signes et symboles typographiques. Il reprend ainsi sa démarche que l'on trouve par exemple un an plus tôt dans "les droits collectifs" -2012. (1) Les personnages : le chasseur, le chat, le grand-père, l'oiseau, Pierre, le loup, un chasseur. Image https://garance-illustration.com/pierre-emmanuel-lyet/ Pierre est un personnage vivant filmé, il accompagne l'orchestre en jouant du violon. Pierre intégré dans les décors de Pierre-Emmanuel Lyet- copie d'écran à 16" de https://vimeo.com/94642585 L'orchestre et le chef sont aussi présentés au jeune public au sein du conte pour les sensibiliser à la musique symphonique. Ils interagissent également avec les personnages animés. L'orchestre - source image https://www.reforme.net/culture/programmes-tv/jeunesse-pierre-et-le-loup-conte-musical/ Le maestro Daniele Gatti et l'oiseau - Copie d'écran 1'17"" de https://vimeo.com/94642585 Un travail sur les images filmées permet d'intégrer Pierre et les musiciens en mouvement dans le décor les mêlant ainsi également au récit. On y retrouve les jeux graphiques de couleurs et silhouettes noirs qui se découpent sur le fond. Pierre et les musiciens défilent avec le loup capturé en se mêlant au décors en noir. Image https://gordon.black/pierre-le-loup-2 On peut voir un extrait sur vimeo https://vimeo.com/94642585 Luz & les Solidos - série en animation et prises de vues réelles de 9 épisodes - 6 X 9' - 2023 Écriture et réalisation : Gordon, Corentin Leconte, Pierre-Emmanuel Lyet Création graphique : Pierre-Emmanuel Lyet Studio d’animation : Miyu Interprétation : Orchestre de Paris dirigé par Ariane Matiakh Musique : Ludwig van Beethoven Production : Camera Lucida et Philharmonie de Paris Avec la participation de France Télévisions Après " Pierre et le Loup" , la même équipe a poursuivi sa collaboration pour les programme jeunesse de France TV avec la réalisation d'une série hybride qui mélange à son tour animation et prises de vues réelles, " Luz et les Sonidos" . Cette série de neuf épisodes propose des mouvements de neuf symphonies de Ludwig van Beethoven. Luz est une petite fille de huit ans qui découvre les symphonies de Beethoven et l'orchestre symphonique accompagnée par les Sonidos, de petits êtres lumineux qui vivent dans les instruments de musique. Luz visite l'orchestre accompagnée par les solidos. Image https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/63095140 Les Sonidos interprètent visuellement l'œuvre et projette en association avec la musique un visuel lumineux et féérique qui enchante les aventures de Luz. Ici les Sonidos recrée un Volcan au milieu de l'orchestre symphonique de Paris qui émerveille Luz. Image https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/63095140 Luz vit à chaque épisode une aventure différente et visite les instruments de l'orchestre symphonique avec de plus en plus de complicité des musiciens et de la cheffe d'orchestre. Luz visite l'intérieur d'un violon - Image https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/63095140 Les réalisateurs réalisent ici une prouesse réussie avec son lot d'interactions entre les images en prises de vue réelle et les personnage animé qui permet de créer une connivence heureuse entre les musiciens, la cheffe d'orchestre, Luz et les Sonidos. Cette association permet au spectateur de suivre les aventures de Luz en étant entièrement immergé dans le monde de l'orchestre symphonique. La connivence entre Luz et la cheffe d'orchestre Araine Matiakh.   Image https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/63095140 Cet exercice oblige à gérer une chronologie précise à chaque étape de conception et de réalisation. Le tournage en prise de vue réelle est effectué selon un plan précis qui devra s'intégrer avec l'animation à une image prêt. Dès les travaux préparatoires, le projet se construit avec des analyses en relation étroite avec la musique. Pierre-Emmanuel Lyet nous a expliqué à Fontevraud les analyses schématiques effectuées sur la musique pour préciser un premier projet. Photo Clément Martin Ce travail aboutit à un schéma chronologique précis qui place à la seconde prêt les instruments, les plans filmés et les plans animés ! Si vous ajoutez qu'il a fallu cinq jours de tournage avec un orchestre dont l'agenda est plein 2 ans à l'avance, vous imaginez l'accumulation des contraintes qu'il a fallu affronter pour réussir l'exercice. Ne manquez pas de voir la série avec vos enfants sur la plateforme France TV sur : https://www.france.tv/france-4/luz-et-les-sonidos/ La musique rencontre le cinéma En Mai 1953, Le premier article signé seul par André Martin dans les Cahiers du Cinéma était consacré à ... Prokofieff ! Il s'intitulait "La musique rencontre le cinéma". Il y évoquait les rapports formels entre la musique et le cinéma soulignant ainsi un intérêt soutenu sur les rapports de l'image et du son. Sans risque de faire parler un homme disparu dont Gamca célèbre actuellement les 30 ans de son décès dans une série d'articles, nul doute qu'il aurait adoubé "l'illustrateur" (3) Pierre-Emmanuel Lyet qui porte haut et fort un cinéma d'animation originale dans la lignée de ses Maîtres. Pierre-Emmanuel Lyet - Image https://villa-albertine.org/va/fr/residents/pierre-emmanuel-lyet/ (1) Vous pouvez voir un exemple de film de commande avec "les droits collectifs" (2012) sur https://www.pierre-emmanuel-lyet.fr/filter/animation/Les-droits-collectifs dont les décors et les figures sont construites avec des symboles typographiques. (2)Un dinosaure "casimiresque" et un pont de brooklin en silhouette, serait-ce un clin d'œil discret à Godzilla? (3) André Martin, "La revanche des illustrateurs" dans le bulletin de  l’ACA no 4 Janvier 1959. #pierreemmanuellyet #luzetlessonidos #Francetv #okoo #rencontresdefontevraud #gamcaanimation

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