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  • 22 - Jacques Drouin, l'apporteur d'épingles (1943-2021) : passion et transmission.

    Jacques Drouin avec Alexandre Alexeïeff au festival d'Ottawa en 1976 Collection CNC, fonds Alexeïeff / Parker, donation Alexeïeff-Rockwell. (Mon seul souvenir de Jacques Drouin correspond à l'âge qu'il avait sur cette photo. :-)) Jacques Drouin, réalisateur et animateur québecois d'exception sur "l'écran d'épingles", nous a quitté le 28 août dernier à Kamouraska au Québec. Nous perdons un créateur passionné qui a toujours accompagné avec bienveillance d'autres passionnés pour que cette technique rare et précieuse du cinéma d'animation continue son chemin avec d'autres créateurs et d'autres ingénieux "bricoleurs" afin de prolonger l'œuvre d'Alexandre Alexeieff et Claire Parker. Hommage. Au-delà de la douleur et de la tristesse des êtres chers, des amis et des amateurs de cinéma d'animation, il nous reste une œuvre remarquable et la chance de revoir projeté ses films en salle dans "d'absolument obligatoires" hommages à ce grand créateur : 1974 : Trois exercices sur l'écran d'épingles d'Alexeïeff 1976 : Le Paysagiste 1976 : Spaghettata 1979 : La Belle Ouvrage (indicatif de la série) 1979 : Bande-annonce de la Semaine du cinéma québécois 1986 : L'Heure des anges (coréalisé avec Břetislav Pojar) 1988 : Bande-annonce pour les 25 ans de la Cinémathèque québécoise 1990 : Bande-annonce pour le Festival international du film d'animation d'Ottawa 1994 : Ex-Enfant 2002 : Une leçon de chasse 2003 : Jours d'hiver (film collectif coordonné par Kihachirō Kawamoto) 2004 : Empreintes Il a également participé à de nombreux films d'animation auxquels il a participé en tant que monteur ou animateur. L'écran d'épingles par Claire Parker (1906-1981) et Alexandre Alexeieff (1901-1982) Jacques Drouin incarne la merveilleuse passion de l'écran d'épingles. Mais qu'est-ce que l'écran d'épingles ? Un instrument totalement original issu de la rencontre d'une ingénieure et d'un graveur. Alexandre Alexeieff, graveur russe, a rencontré Claire Parker, une américaine ingénieure, lors de cours de gravure qu’il donnait à Paris. Ils ont par la suite combinés leurs talents pour inventer l'écran d'épingles et réaliser des films d'animation sur celui-ci. Claire Parker et Alexandre Alexeieff dans leur maison du 14e arrondissement en 1957. Photo collection Geneviève et André Martin L’écran d’épingles est un dispositif composé d’aiguilles disposées en quinconce dont les têtes dévient plus ou moins la lumière suivant qu'elles soient enfoncées et en fonction de la position de la tête. Cet écran permet d’exploiter les ombres portées générées par ce "tableau de points mécanique" ancêtre des pixels de nos écrans d'ordinateurs pour générer image par image des " gravures animées". Image CNC : l'écran d'épingles et les instruments permettant d'imprimer une formes aux épingles. https://www.cnc.fr/cinema/actualites/la-deuxieme-vie-de-lecran-depingles_111766 Alexeieff et Parker ont réalisé, avec une première version de l'écran d'épingles, un court-métrage, "une nuit sur le mont chauve" qui est sorti en 1933. Collection Geneviève et André Martin : Une nuit sur le mont chauve. 1933. Ils ont par la suite réalisés de nombreux films avec cette technique, perfectionnant l'instrument et la technique. Leur œuvre se distingue par deux dimensions indissociables : l'invention et la construction d'un instrument unique : l'écran d'épingles, les films d'animation qu'ils ont réalisés. Jacques Drouin s'est approprié et à transmis ces deux dimensions avec brio. Jacques Drouin : La relève Alexandre Alexeieff avait fait un séjour au Canada dans les années 40 où il avait réalisé "En passant" sur l'écran d'épingles à l'ONF. Il avait ainsi instillé le virus de "l'épinglomaniat " au Canada. Ce virus finit par atteindre le réalisateur Norman Mclaren qui fit construire un écran d'épingles à la fin des années 60 car il craignait que cette technique si particulière de fabriquer des films d'animation disparaisse. Collection Geneviève et André Martin : Norman Mclaren et l'écran d'épingles qu'il fît fabriquer. Jacques Drouin est arrivé à l’écran d’épingles sans avoir subi l’influence directe d’Alexandre Alexeïeff et Claire Parker. Jacques Drouin n’a pas assisté à l’atelier qu’avait donné le couple célèbre à l’ONF en 1972 et qui avait donné lieu à un documentaire réalisé par Norman McLaren. Mais il avait vu l’écran d’épingles miniature de l’ONF lors de la Rétrospective mondiale du cinéma d’animation à Montréal en 1967 et avait découvert "Le nez", d’Alexeieff, à New York. Quand il rencontre René Jodoin au début des années 1970 pour un stage à l’ONF, l’atelier a déjà eu lieu. Le jeune Jacques annonce à Jodoin qu’il souhaite s’initier, lors de son stage, à l’écran d’épingles. Le résultat de ces expériences a été "Trois exercices" sur l’écran d’épingles d’Alexeïeff". Jacques Drouin fût ensuite adoubé par Norman McLaren et fît ses armes sur l'écran d'épingle de l'ONF. Image ONF : Le jeune Jacques Drouin, Norman McLaren et Indira Gandhi qui fit une visite impromptue à l'ONF lors d'un séjour au Canada en juin 1973. En attendant les séances d'hommage que nous allons avoir la chance d'avoir suite à cette triste nouvelle, vous pouvez voir et revoir en ligne le magnifique "le paysagiste" 1976 sur le site de l'ONF sur https://www.onf.ca/film/le_paysagiste/ ou sur Dans ce film, Jacques Drouin a exprimé toutes les joies graphiques que peut nous procurer l'écran d'épingles, lumières mouvantes, ombres portées, grains suaves, évocations du gras d'un fusain de l'artiste. Au-delà de ces jubilations, Jacques Drouin nous a invités dans ce film à l'intérieur de celui-ci dans l'univers du créateur, dans ses pensées, son imagination avec toutes ses dimensions oniriques, intimes ou graphiques. Images : Le Paysagiste, © Jacques Drouin in http://lencredesfees.canalblog.com/archives/2012/12/17/25934195.html Image : Office National du Film du Canada Jacques Drouin : le plaisir de la transmission "Je ne suis déjà plus le seul “héritier” d’Alexandre Alexeïeff et Claire Parker. Les prochains auront la responsabilité de propager le génie des inventeurs mais c’est en utilisant cette technique qu’ils empêcheront l’écran d’épingles d’être enfermé dans le Cabinet des curiosités." Jacques Drouin dans Alexeïeff / Parker – Montreurs d’ombres , Edition de l’œil / Musée-Château d’Annecy, 2015 Jacques Drouin est resté pendant une trentaine d’années le seul dépositaire de cette technique d’animation unique au monde, avant de passer le relais à la réalisatrice Michèle Lemieux. Cette transmission a permis à Michèle Lemieux de réaliser avec l'écran d'épingles , " Le Grand Ailleurs et le petit ici" (2012). Michèle Lemieux à côté de l'écran d'épingles de l'Office national du film du Canada, lors du tournage de son film Le Grand ailleurs et le petit ici, 2012. Auteur du cliché Wolfgang Noethlichs Image : http://musees.annecy.fr/Media/Images/Images-hors-SITRA-Armadillo/Partenaires-exposition/Exposition-Alexeieff-Parker-montreurs-d-ombres/Michele-Lemieux-et-l-ecran-d-epingles-de-l-ONF On peut voir ci-dessous ce film produit par l'Office National du Film du Canada : https://www.onf.ca/film/grand_ailleurs_et_le_petit_ici/ Jacques Drouin a ainsi permis un premier relai dans l'utilisation de l'instrument. Mais il fallait aussi continuer à en transmettre l'utilisation. Toujours avec bienveillance et passion, il a accompagné 8 réalisateurs français initiés à la technique par Michèle Lemieux. Il a pu ainsi apporter ses conseils précieux à Justine Vuylsteker, pour l’écriture de son court métrage Etreintes - premier film conçu en France entièrement sur l'Epinette, à Nicolas Liguori ou Clémence Bouchereau sur son tournage de La Saison pourpre sur l’écran d’épingles du CNC. Image https://animation.ciclic.fr/actualites/etreintes-de-justine-vuylsteker-nouveau-projet-en-residence Justine Vuylsteker Étreintes 2018 | 5 min La conservation du "patrimoine instrumental" Jacques Drouin a ainsi permis un premier relai de ce savoir-faire pérenniser cette technique d'animation. Après avoir transmis à son tour le virus de "l'épinglomaniat ". Mais cette transmission restait fragile. Les écrans d’épingles Alexeieff-Parker sont trop rares. Ce sont aussi des objets patrimoniaux, fragiles et vieillissants. Pour illustrer cette rareté voici un petit recensement des écrans historiques recueilli auprès de Jean-Baptiste Garnero du CNC. (Certainement à préciser). L'épinette 1943 VEC a été acquise et restaurée par le CNC avec la complicité active de Jacques Drouin. L'ONF a le proto 68 qui est opérationnel pour des essais. L'ONF a également le NEC qui est opérationnel. Il fallait d'abord s'attaquer à la restauration de ces écrans d'épingles afin de permettre la réalisation de nouveaux films dans le futur. Sans ces quelques "stradivarius" de l'animation, point de prolongement de la création ! A partir de 2007, grâce à son amour pour "l’instrument" et son expertise en la matière, il restaure les trois principaux écrans d’Alexeïeff-Parker, réalisant encore sa passion de la transmission. Le Centre national du cinéma et de l’image animée acquiert, en 2012, le dernier écran d’épingles construit par Alexeïeff et Parker, afin de permettre aux artistes européens de créer à l’aide de cet outil exceptionnel. Nommé l’Épinette, cet appareil a été restauré successivement par Jacques Drouin et Michèle Lemieux et constitue un legs à la communauté mondiale de l’animation. "Voici un nouveau chapitre pour une invention toujours vivante." Au-delà des restaurations brillamment réalisées, il restait un autre point faible à adresser ... Même après restauration, il n'y avait pas assez d'écrans d'épingles dans le monde pour favoriser la création ! Les "stradivarius" d'origine étaient opérationnels encore fallait-il savoir fabriquer de nouveaux instruments. Là encore Jacques Drouin a apporté un support inestimable. Jacques Drouin s'est construit un petit écran d'épingles pour son usage personnel, expérimentant ainsi les techniques de construction. Image : Jacques Drouin avec le "baby screen" fabriqué par Alexeieff et acheté par l'ONF à la fin des années 60. Photographie : Lëa-Kim Châteauneuf En janvier 2015, un informaticien d'Annecy passionné d'animation, Alexandre Noyer, contacte Jacques Drouin pour avoir de conseils sur la fabrication d'un écran d'épingles. Les échanges par messagerie sont le témoignage de la maîtrise complète de Jacques Drouin de l'écran d'épingles instrument complexe dans construction comme dans son utilisation. Jacques Drouin demande un peu de temps pour répondre aux nombreuses questions techniques posées. Il y répond point par point en février : Utilisation de tubes, Plan de perçage, Matière de la plaque, Epaississeur de la plaque et longueur des épingles, Caractéristiques des épingle, longueurs, diamètre, Taille de l'écran, Epaisseur de l'écran, Placement des trous, Angle d'alignement des trous, Friction et diamètre des épingles des trous, peinture et couleur des épingles Lubrification (ou pas) des tubes, .... Et Jacques Drouin a conclu son long mail de réponse par : "Je n'ai peut-être pas répondu à toutes vos questions car un projet semblable demandera quelques essais et erreurs pour être satisfaisant. J'espère que l'Exposition Alexeieff prévue pour juin au Musée d'Annecy vous apportera d'autres éclaircissements. Michèle Lemieux sera là et j'y projette aussi d'y aller. Je vous y verrai avec plaisir pour partager le progrès de votre projet. J'espère vous avoir éclairé un peu. " On y voit toute la bienveillance, la modestie et l'attention qu'il porte au projet et à son auteur. Voici quelques photos de la fabrication d'un mini écran que Jacques Drouin a construit en 2008 pour son plaisir et qui illustrent son intérêt pour la construction de l'instrument. Il a transmis ces photos à Alexandre Noyer à l'époque où il construisait son premier prototype. Grâce à ces échanges, Alexandre Noyer construit son premier écran d'épingle en 2015 : Le "Cactus" composé de 26 000 épingles. En Juin à Annecy, il rencontre Jacques Drouin et Michèle Lemieux pour leur montrer cette première réalisation. Vu les difficultés de conception d'un tel instrument, on imagine le plaisir qu'a éprouvé Alexandre Noyer à présenter son écran à Jacques Drouin. Photographies Alexis Hunot : Annecy Juin 2015 Alexandre Noyer montrant son premier ecran d'épingles le cactus à jacques Drouin avec Théodore Uschev, Georges Schwizgebel et Michèle Lemieux. Un nouveau constructeur d'instrument En avril 2016, Alexandre Noyer a terminé un deuxième prototype, le Spinae (100 000 épingles ), sans tête donc avec une meilleure résolution que Michèle Lemieux a pu tester et adouber au Festival d'Annecy en juin. Le réalisateur québécois Alexandre Roy réalise un premier court-métrage sur ce prototype en 12 jours à Genève : " Jim Zipper". En 2020, après deux ans d'échanges, La Bande Vidéo qui est un centre d'art video et d'animation contemporain à Québec, a commandé un écran d'épingles "haute résolution de 200 000 épingles "l'Alpine" à Alexandre Noyer. Alexandre Noyer et l'Alpine in https://www.cartoonbrew.com/tools/building-a-pinscreen-how-to-make-one-of-the-rarest-tools-in-animation-208131.html? fbclid=IwAR1tCMJO__8_qnnJphkzNtTgFOITi4veVYOGObV8XSn6M6JG05IY7OTg8LE Echanges Alexandre Noyer - Jacques Drouin en novembre 2020. Jacques Drouin y célèbre une invention toujours vivante... et l'histoire continue ! Grâce à la transmission les innovations et la création continuent ! Grâce à ce travail de transmission aussi bien sur l'art de "jouer" de l'écran d'épingles que sur l'accompagnement de la restauration des écrans ou la création de nouveaux instruments, des innovations permettent de nouvelles créations. Claire Parker et Alexandre Alexeieff utilisaient de nombreux instruments (rouleaux, voir des poupées russes !, etc ..) pour imprimer des formes sur l'écran d'épingles comme les images suivantes : Voir le film sur https://www.dailymotion.com/video/x6bbgij . Photo ONF : Claire Parker et Alexandre Alexeïeff https://www.onf.ca/selection/lonf_celebre_lecran_depingles/ Claire Parker et Alexandre Alexeïeff (Photo ONF) : https://blogue.onf.ca/blogue/2018/07/25/justine-vuylsteker-et-lappel-de-lecran-depingles/ Aujourd'hui de nouvelles techniques peuvent être utilisées pour combiner l'usage de l'écran d'épingles et les possibilités du numérique. Alexandre Roy (Découpe plexiglas) et Alexandre Noyer (impression 3D) échangent sur l'utilisation de nouvelles techniques pour fabriquer des empreintes pour l'écran d'épingles. Le film d'Alexandre Roy en cours de réalisation sur l'Alpine à "la Bande Vidéo" utilise des empreintes fabriquées avec ces techniques. Dans la lignée des pionniers de l'écran d'épingles de nouveaux réalisateurs rendent hommage à d'autres pionniers grâce à l'écran d'épingles. Pour son projet, Alexandre Roy s’est inspiré librement de séquences d’images créées par les pionniers de la photographie du mouvement - dont les recherches ont préfigurées l’invention du cinéma - tel qu'Eadweard Muybridge (1830-1904) ou encore Étienne-Jules Marey (1830-1904 également). Ensuite, il les a retravaillés à l’ordinateur pour en faire des pochoirs servant à être imprimé sur l’écran d’épingles. Il prolonge ainsi non seulement le travail d'Alexeieff -Parker et de Jacques Drouin à cette occasion mais aussi celui de Jules-Etienne Marey, d'Eadweard Muybridge à la fin du XIXe siècle ou de Lillian Schwartz (1927-) au tout début des années 70 dans un élan patrimoniale et jouissif. Ces nouvelles techniques de fabrication d'empreintes permettent de créer avec agilité et souplesse des objets devenant autant d'alphabet du mouvement dont on peut ensuite imprimer les formes sur l'écran d'épingles pour créer les phrases d'un mouvement. Du 17 mai au 18 juin 2021, Alexandre Roy était en résidence à La Bande Vidéo où il travaillait sur son film et son exposition « Trompe-L’œil ». Le cinéaste a exploré l'utilisation de l'impression 3D et de la découpe laser pour créer des pochoirs qui servent à produire des séquences animées sur l’Alpine. On a hâte de voir le film ! Une image de Trompe-l'oeil : image https://www.facebook.com/LACHAMBREBLANCHE Une empreinte : image https://www.facebook.com/LACHAMBREBLANCHE Etienne-Jules Marey (1830-1904) - Etude du mouvement (1886) à voir sur Youtube Eadweard Muybridge : chronophotographie du mouvement de la marche fin du XIXe siècle in https://www.researchgate.net/figure/Photographs-taken-by-Eadweard-Muybridge-in-the-late-19th-century-for-analyzing-human_fig15_267954415 Image : "Olympiad" 1971 Lillian Schwartz (1927-) , video, color, sound, 2 minutes 33 seconds in http://www.fsgso.pitt.edu/wp-content/uploads/2017/09/01_Schwartz_OLYMPIAD.jpg Merci Jacques Jacques Drouin a non seulement été le précieux relais des pionniers de l'écran d'épingle mais il a su transmettre son savoir sur la construction de l'instrument et de son "jeu". Il a assuré ainsi le relais et la plus belle des transmissions d'un savoir-faire qui a 88 ans ! Devant une telle œuvre, on résiste pas à l'envie de lui écrire quelques mots avec émotion : "Cher Jacques, vous nous laissez seuls avec le bel avenir de l'écran d'épingles que vous nous avez préparé. Je n'ai que le souvenir furtif de vous avoir croisé quand j'avais 14 ans dans la R16 de Michel Boschet au sortir des films Martin-Boschet. C'est bien peu mais j'ai eu tout même la chance d'avoir été assis à côté d'un grand homme ! Vos œuvres sont là pour nous réjouir, vous avez magiquement transmis un témoin fragile et grâce à vous ... la grande histoire du cinéma d'animation continue avec de nouvelles techniques des plus originales. Merci Jacques pour votre belle vie généreuse, merci de nous avoir apporté tant d'épingles ! A lire : Je remercie Alexandre Noyer, Alexis Hunot, et Jean-Baptiste Garnero ainsi que les auteurs des articles ci-dessous pour leur aide à la préparation de cet article. Disparition du réalisateur Jacques Drouin (CNC) h ttps://www.cnc.fr/cinema/actualites/disparition-du-realisateur-jacques-drouin_1527356 Hommage à Jacques Drouin : Le modèle… vivant Marcel Jean 30 août 2021 https://www.cinematheque.qc.ca/fr/nouvelles/hommage-a-jacques-drouin-le-modele-vivant/?fbclid=IwAR37ZVFXy2YEE7DAvI6qH4mofEOaeTCxsAMoVsJngjbnSyNKqARiK4FeV7c Jacques Drouin: entre ombre et lumière Mario Cloutier 5/12/2009 https://www.lapresse.ca/cinema/nouvelles/201207/17/01-4550059-jacques-drouin-entre-ombre-et-lumiere.php# Jacques Drouin et l’écran d’épingles : Une histoire d’amour 31 août 2021 https://sommetsanimation.com/fr/nouvelles/jacques-drouin-et-l-ecran-d-epingles-une-histoire-d-amour/?fbclid=IwAR1aMkkUqcwm6B7cedjHedGNzIYSIJhhReHvets91LFOWtwX2i3Y5sUJHOk La deuxième vie de l’écran d’épingles https://www.cnc.fr/cinema/actualites/la-deuxieme-vie-de-lecran-depingles_111766 L’Office national du film du Canada rend hommage au cinéaste d’animation Jacques Drouin https://ctvm.info/loffice-national-du-film-du-canada-rend-hommage-au-cineaste-danimation-jacques-drouin/ Building A Pinscreen: How To Make One Of The Rarest Tools In Animation By ALEX DUDOK DE WIT | 09/03/2021 https://www.cartoonbrew.com/tools/building-a-pinscreen-how-to-make-one-of-the-rarest-tools-in-animation-208131.html Acquisition de l'Alpine - Acquisition Of "L'Alpine" — La Bande Vid éo https://labandevideo.com/fr/calendrier/nouvelles/acquisition-de-lalpine-acquisition-of-lalpine/ Ecran d’Epingles : retour sur une technique d’animation atypique avec Alexandre Noyer https://www.3dvf.com/redaction/dossier-1472-1-ecran-d-epingles-retour-sur-une-technique-d-animation-atypique-avec-alexandre-noyer-html/2/ A voir : Annecy 2017 : Cadavre Exquis https://www.youtube.com/watch?v=9_FZNnPQ80g&t=13s

  • 21 - Prix du jury et prix du public "horizons" Piaff 2021: "Le village Abandonné", la lumière animée.

    MITOVEBULI SOFELI (Le Village abandonné, Abandoned Village), 2020, Géorgie. Réalisation : Mariam KAPANADZE Production : STUDI KVALI XXI, INT. ANIMATION FILM FESTIVAL NIKOZI, Mariam KANDELAKI Direction artistique : Irakli Toklikishvili Scénario : Mariam Kapanadze Graphisme : Irakli Toklikishvili Storyboard : Irakli Toklikishvili Animation : Elene Murjikneli Son : Postred Durée : 14 min. Tout d'abord merci à Alexis Hunot directeur artistique du PIAFF de m'avoir donné l'occasion d'être membre du jury du programme horizons en compagnie de Annie-Claire Alvoët, plasticienne et Marion Eschard qui s'occupe des relations presse dans l'excellente société Malavida. Le film a été présenté à au festival d'Annecy dans la catégorie perspectives et au PIAFF dans la catégorie horizons. Il peut paraître étonnant d'attribuer le prix Horizons du PIAFF 2021 à un tableau immobile de 14 minutes, et pourtant le jury a été instantanément unanime. Le public également qui par son vote lui a attribué le prix du public pour cette catégorie. Ce tableau nous montre une journée d'un village abandonné avec pour seul acteur la lumière et les bruits off de vie rurale avec ses animaux, ses personnages. Ces sons nous rappellent-t-ils la vie passée de ce village ou proviennent-ils d'à côté du tableau ? .... on ne le sait pas. On ne sait pas non plus quelle catastrophe a créé l'abandon de ce village; exode rurale, catastrophe climatique, conflit comme l'a connu la Géorgie en 2008 ? Chaque spectateur peut y trouver son explication. Cette journée sur ce tableau immobile nous offre des jubilations discrètes parfois impressionnistes avec ces changements de lumières très progressifs. Seuls quelques nuages et un orage perturbent un moment ce ballet d'ombres et de lueurs. Cette lumière, seul mouvement de vie perceptible, ce combat entre l'ombre et la lumière, projette ainsi une lueur d'espoir sur ce village. Soyons optimiste, peut être reviendra-t-il à la vie. Le film est construit autour de 22 différents paysages peints par l'artiste Irakli Toklikisshvili avec de l'aquarelle de la gouache, de l'encre et du "mascara" ( je n'ai pas trouvé quelle matière est utilisée pour peindre avec du "mascara". Problème de traduction ? ). Chaque tableau exprime une tonalité : Village en deuil, après midi, coucher de soleil nuit, ... A partir de chaque tableau l'animation de la lumière est obtenue par une technique de "grattage" et l'utilisation de l'ordinateur en 2D. Il en résulte d'infimes variations difficile à capter et un tour de force avec ces tableaux qui évoluent si discrètement qu'on a hâte de revoir le film pour mieux en gouter les métamorphoses lumineuses. N'est-ce pas le propre de l'animation d'offrir tant de changements qu'on est obligé de revoir les films remarquables pour mieux les appréhender ? photo https://gravityfromabove.wordpress.com/2019/06/25/love-in-an-abandoned-village/?fbclid=IwAR0wlRuWsH4dKgWTr-5rUreUKsvRaMQZXotjOnOKPC0dgIgdBvh7nwvYbu8 : Irakli Toklikisshvili, Mariam Kapanadze, Elene Murjikneli. Annonce du prix du jury et du public Horizons à "Un village abandonné" ainsi que d'une mention pour le film "Scalp deep" de Naseeba Bagalaaliwo. Courte interview réalisée à l'occasion du festival d'Annecy de Mariam Kapanadze avec une présentation de l'équipe du film. Ce film marque les débuts de Mariam Kapanadze en tant que réalisatrice de film d'animation. Il nous a enthousiasmé par son originalité et nul doute que Mariam Kapanadze et la Géorgie nous offriront à l'avenir d'autres surprises aussi réjouissantes. Voilà un bel horizon ! A lire : Un film “coup de cœur Annecy 2021” de Mariam Kapanadze sur http://www.anima-studio.com/blog/le-village-abandonne/ Haunting Sounds of Abandoned Village sur https://postredaudio.com/2021/06/09/haunting-sounds-of-abandoned-village/?fbclid=IwAR2wIJSBorFf3QXGeCITlsr_7oJbZJCgxFoq8PmhbbpP-1ge3mzx5-1vvJ8 Love in an Abandoned Village https://gravityfromabove.wordpress.com/2019/06/25/love-in-an-abandoned-village/?fbclid=IwAR0wlRuWsH4dKgWTr-5rUreUKsvRaMQZXotjOnOKPC0dgIgdBvh7nwvYbu8

  • 20 - Le monde en soi : l'Art Brûlant

    Quand l'Art brûle. image : https://vimeo.com/444021949 Écrit et réalisé par Sandrine Stoïanov et Jean-Charles Finck Produit par Jérôme Barthélemy et Daniel Sauvage Avec les voix de : Sandrine Stoïanov, Jean-Charles Finck, Camille Condemi Storyboard, Animatique, Layout : Jean-Charles Finck Posing, Décor : Sandrine Stoïanov Animation 2D : Sandrine Stoïanov et Odile Comon, Valérie Schaefer, Rayane Raji, Marianne Lebel, Jean-Charles Finck Peinture : Sandrine Stoïanov et Zaza, Zyk, Émilie Mercier, Urs Häberli Compositing : Sandrine Stoïanov et Christelle Soutif, Marc Koenings Montage : Jean-Charles Finck Chargée de production : Clémence Bouche Assistants monteurs : Youri Borg, Mathilde Sari Musique originale : Pierre Caillet Montage son : Xavier Thibault Mixage : Laure Arto Étalonnage : Laurent Navarri Nous avons eu la chance de pouvoir voir le film à Annecy, au Piaff et sur Arte mais le film est si beau et si dense qu'on ne se lasse pas de le revoir. Rencontre au haras au festival d'Annecy 2021 : de gauche à droite Tony, Florentine Grelier, Jean-Baptiste Garnero, Jean-Charles Finck et Sandrine Stoïanov. Photo Clément Martin. Sandrine Stoïanov et Jean-Charles Finck nous offrent ici un film époustouflant sur l'épuisement dans la création. Le film raconte l'histoire d'une jeune femme qui souhaite se faire exposer dans une galerie et travaille acharnement pour livrer les œuvres attendues par un galeriste. Image : https://www.unifrance.org/film/52022/le-monde-en-soi La jeune peinte peintre se met à nue dans une frénésie créative pour "délivrer" les oeuvres. Le film alterne des plans sobres dans une chambre d'hôpital où l'on voit la jeune femme inerte, vidée de son énergie et des plans colorés qui fourmillent de messages graphiques qui nous raconte le chemin de l'artiste jusqu'à son "burn out" ! Pour Sandrine Stoïanov "la couleur elle-même a une narration" et exprime "les humeurs du personnage". Elle traduit "le plein" dans la création et la folie qui s'empare du personnage allant jusqu'à des couleurs saturées, très vives, violentes. et "le vide" dans les scènes d'hôpital où la jeune artiste devient transparente. Image du film dans le cadre de l'hôpital voir sur https://stokanovska.wixsite.com/monsite/le-parcours-de-l-ecureuil . Sandrine Stoïanov nous a confié au Piaff après la projection du film qu'elle a voulu que le paysage urbain traduise l'état d'esprit de cette artiste qui perd pied dans la création : "quand on est enceinte on voit des femmes enceintes partout, quand on a une jambe cassé on voit des handicapés partout" Dans le film, les affiches, les passants sont autant d'acteurs qui nous racontent l'explosion d'émotions suite à l'épuisement de l'artiste et sa surinterprétation de tous les signaux qu'elle ne peut plus gérer, qui deviennent obsessionnels. Un exemple de détails des affiches que l'on perçoit subrepticement. image https://stokanovska.wixsite.com/monsite/le-parcours-de-l-ecureuil Cette explosion atteint son paroxysme dans une scène magnifique où l'artiste perd pied dans le métro et où l'on voit un défilé hallucinatoire d'œuvres artistiques célèbres et d'images oniriques qui emportent notre héroïne dans un tourbillon terrible mais jubilatoire pour le spectateur. Où l'image devient onirique vu dans https://www.unifrance.org/film/52022/le-monde-en-soi L'animation peinte, si elle nous réserve de belles surprises, passe par des défis techniques importants comme en témoignent les propos recueillis par Francis Gavelle dans https://www.fichesducinema.com/2021/06/annecy-2021-focus-sur-le-monde-en-soi-de-sandrine-stoianov-jean-charles-finck/?fbclid=IwAR2KSIJdyylxKw6acpBmZoPm4iUPxRcXiyJQrLgUrFwcp4Njma41wpkYFhk. Sandrine Stoïanov : "Une autre difficulté technique était de faire un film en peinture à l’encre animée sous la caméra, nécessairement avec du papier épais, pour éviter qu’il gondole, et de fait sans la possibilité de travailler avec la transparence du papier sur une table lumineuse, comme on le fait en général en animation traditionnelle. Nous en avons discuté avec notre ami Quentin Francotte, qui a conçu et construit pour nous un banc-titre d’un genre particulier, permettant de projeter chaque pose d’animation en peinture à l’encre sur le papier de la suivante, et ainsi d’animer la peinture dans le graphisme que nous voulions. Il a aussi conçu une plaque à picots permettant de poinçonner le papier, afin qu’il soit toujours tendu et positionné au bon endroit sous la caméra, qu’il a baptisée “la stokaboard”." Jean-Charles Finck : "Des difficultés artistiques, pas vraiment. Hormis le fait que le personnage principal de notre film étant une jeune peintre, il fallait montrer ses œuvres et leur évolution plastique au cours du film, ce qui a obligé Sandrine à se mettre à la peinture à l’huile, technique difficile qu’elle n’avait jamais pratiquée. Mais là encore, c’était un choix. Les difficultés qu’a entraîné la fabrication de ce film, nous les connaissions ou les envisagions dès le départ. Nous les avons assumées et surmontées." De grands bravos aux auteurs pour ce film très personnel, aux qualités graphiques remarquables qui traite un sujet difficile dans une effervescence graphique sensible et juste. Le Cinéma d'Animation nous offre une fois de plus un film singulier. A voir et revoir absolument et si possible sur un bel écran de salle de cinéma pour prendre plaisir à cette intense et belle histoire dont les images qui défilent trop vite à la vitesse du Cinéma d'Animation ! :-) A voir : Pour avoir envie de le voir en salle, possibilité de visionner le film sur Arte en ce moment : https://www.arte.tv/fr/videos/052393-000-A/le-monde-en-soi/ Les illustrations et peintures de Sandrine Stoïanov et des images de son film sur son site : https://stokanovska.wixsite.com/monsite Rencontre avec Sandrine Stoïanov et Jean-Charles Finck : https://www.arte.tv/fr/videos/100562-000-A/rencontre-avec-sandrine-stoianov-et-jean-charles-finck/ . A lire : L'interview de Sandrine Stoïanov et Jean-Charles Finck par Francis Gavelle dans https://www.fichesducinema.com/2021/06/annecy-2021-focus-sur-le-monde-en-soi-de-sandrine-stoianov-jean-charles-finck/?fbclid=IwAR2KSIJdyylxKw6acpBmZoPm4iUPxRcXiyJQrLgUrFwcp4Njma41wpkYFhk Entretien réalisé par Nicolas Bardot le 15 avril 2021 dans http://www.lepolyester.com/entretien-avec-sandrine-stoianov-et-jean-charles-finck/ Le Monde en soi dossier artistique : https://www.cnc.fr/documents/36995/160963/LE+MONDE+EN+SOI_Dossier+artistique.pdf/9b81f9b0-2cc0-1122-4cf1-76ebdf580972

  • 19 - Prix du film "Off-Limits" Annecy 2021 : "Tunable Mimoid". La beauté de la communication impossible.

    Métamorphoses progressives dont on suit fasciné les itérations. Image : https://tadar.net Titre original : Tunable Mimoid Réalisation : Vladimir TODOROVIC Pays : Australie Année de production : 2020 Durée : 06 mn 51 s Réalisation : Vladimir TODOROVIC Production : HOOPSNAKE STUDIO, Vladimir TODOROVIC Musique : Brian O'Re Chaque année la programmation du programme "off-limits" du festival d'Annecy nous propose une petite perle surprenante de court-métrage. L'année dernière nous avions eu l'hommage surréaliste du Polonais Marcin Gizyck (avec Wieczór -(Sunset) de Marcin Gizyck) au réalisateur de films d'animation et peintre polonais Zenon Wasilewski. (cf. https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/surréalité) Cette année nous avons encore été gâtés avec un programme où l'on retrouve notamment le lauréat du prix André-Martin du court-métrage Ismaël Joffroy-Chandoutis pour Maelbeek sur lequel j'aurai l'occasion de revenir dans un prochain post. Tunable Minoid se présente comme un film didactique nous exposant avec le plus grand sérieux trois expériences scientifiques réalisés sur ces mystérieux minoïdes. Dans ma grande naïveté et sans doute pour mon intérêt pour l'imagerie scientifique, j'y ai cru. Et ce même si une des expériences utilisant les "rayons gamma" m'a intrigué car cela ressemblait à une référence aux bandes dessinées de science-fiction de chez Marvel du début des années 60 où le sympathique professeur Banner se transformait en Hulk suite à une exposition à ces rayons. Image : https://www.catawiki.com/fr/l/26868233-incredible-hulk-vol-1-1962-105-109-x5-issue-i-amf-top-collection-eo Le film déroule sobrement trois expériences où les mimoïdes sont exposés à des radiations et ondes électromagnétiques. Les minoïdes répondent à ces sollicitations en se métamorphosant lentement en formes graphiques tridimensionnelles fascinantes. S'agit-il d'organismes primitifs qui grouillent et se multiplient ? de chaires vibrantes excitées, de galaxie lointaine en pleine explosion déroulant des filaments incandescents ? Mystère, mais les images sont sublimes ! Explosions biologiques ou galaxiques ? Image : https://tadar.net Chaires excitées par les radiations ? Image : https://tadar.net Organismes primitifs en développement ? Image : https://tadar.net Malgré mon petit doute, j'avais hâte de me renseigner sur ce film pour en savoir plus. Quelle fût ma déception, en lisant les articles de Marie-Pauline Mollaret et Nicolas Thys, pour apprendre que c'était un faux documentaire animé sur une parodie d'expérience scientifique. :-) Un peu honteux de ma naïveté, j'ai quand même été content d'apprendre que ce court-métrage rend hommage au roman de science-fiction de Stanislaw Lem (un autre Polonais ...), Solaris qui date de 1961 et donc de la même époque que mon petit doute ! :-) Comme l'année dernière avec Sunset de Marcin Gizyck (qui n'a pas eu le prix) on se retrouve dans un film qui s'enracine dans des références à un créateur et une œuvre plus ancienne. Dans le roman Solaris de Stanislas Lem, Solaris est une planète recouverte par un océan qui laisse apparaître à sa surface des formes géométriques étranges , qui semblent manifester les signes d'une certaine intelligence. Les messages que cet océan envoie aux héros explorateurs de ce roman sont interprétés et matérialisés par ceux-ci dans un référentiel qui leur est propre organisé autour de leurs fantasmes, de leurs craintes ou de leur terreur. Cette parabole de la communication explore les principes et les effets de la communication entre deux univers étanches qui ont chacun leur référentiel et qui communique dans un dialogue récursif où chaque acteur de cette communication déforme et adapte le message. Ce roman de science-fiction se distingue par un discours scientifique et métaphysique parfois abscons qui a fait l'objet de nombreuses analyses parmi lesquelles l'intéressante : Solaris de Stanislas Lem - la modélisation mathématique et la récursivité dans la figure de la communication impossible de Véronique Tremblay. Mais revenons au film et son auteur qui rend hommage à ce roman. Vladimir Todorovic travaille à base de langage informatique et conçoit des "systèmes génératifs" qui produisent ces formes étranges en métamorphose. Ses programmes produisent des "structures narratives" qu'il appelle des "generatives movies". Ces projets sont régulièrement exposés dans des festivals des expositions ou à des symposiums internationaux sur l'Art Electronique. D'un point de vue technique ces images sont animées par programmation en 3D : Itérations récursives où les fonctions, médiateurs indéterminés, interprètent message et effectuent des modifications de l'image ? où l'implémentation et la technique illustrerait la parabole de la communication avec ses fonctions qui interprètent les messages dans leur propre référentiel ? Images obtenues comme des phrases issues de motifs de base (alphabet) puis transformées par une grammaire et ses règles de production (phrase = image) ? Images fractales ? Utilisation du hasard ? Pour l'instant il faudra se contenter de ces interrogations en attendant d'avoir des précisions (investigation en cours). Finalement mon acquisition naïve mais jubilatoire durant la projection répond aux objectifs du film : j'ai interprété ces troublantes métamorphoses dans mon référentiel. Me voilà rassuré. Il me reste à lire Solaris de Stanislaw Lem cet été et à revoir le plus vite possible le très beau Solaris d'Andreï Tarkosky (1972). A lire : Article de Marie-Pauline Mollaret sur le programme off-limits : https://www.ecrannoir.fr/2021/06/16/annecy-2021-une-selection-off-limits-politique-et-rejouissante/ Article de Nicolas Thys sur le programme off-Limits : https://revue24images.com/festival/festival-dannecy-2021-jours-5-6-deja-la-fin-des-retrouvailles/ Solaris de Stanislas Lem - la modélisation mathématique et la récursivité dans la figure de la communication impossible de Véronique Tremblay. Presse de l'Université du Québec. https://www.erudit.org/fr/revues/tce/2002-n68-tce607/008249ar.pdf A voir : Voir des films de Vladimir Todorovic sur : https://vimeo.com/tadar Vous pouvez y voir : The Running Nude (generative VR experience) pour illustrer la variété des projets de Vladimir Todorovic sur le cinéma expérimental. Etre en immersion dans un film expérimental ça fait envie ! :-) Voir Silica-Esc (2010) pour mieux appréhender les "Generative Movies" :

  • 18 - Palmarès Annecy 2021-Durant "La Traversée" de Florence Miailhe, le jury n'a pas pris le bon chemin.

    Où l'image animée devient un tableau poétique - Image - : https://www.lamenagerie.com/prod_realisations/la-traversee/ Florence Miailhe et son équipe nous ont offert une œuvre remarquable pour nous rappeler, s'il en était besoin, que le cinéma d'animation est un art majeur. La traversée France, Tchéquie, Allemagne. 2021 Réalisateur Florence Miailhe Scénario : Marie Desplechin, Florence Miailhe Directeur artistique animation : Youri Tcherenkov (CZ) Animateurs France : Valentine Delqueux, Marie Juin, David Martin, Aurore Peuffier, Anita Brüvere, Ewa Łuczkow, Paola de Sousa AnimateursAllemagne Aline Helmcke, Urte Zintler, Ewa Łuczkow Animateurs Tchéquie : Lucie Sunková, Polina Kazak, Eva Skurská, Anna Paděrová, Zuzana Studená, Marta Szymanska Musique : Philipp E. Kümpel Directeurs de postproduction : Jean Delduc, Matthias Reger Directeurs de production : Dominique Deluze (FR), Karsten Matern (DE), Marcela Vrátilová (CZ) Producteurs Les Films de l´Arlequin, Balance Film, MAUR film, XBO Films, ARTE France Cinéma, MDR/ARTE Germany, Česká televize Distributeurs GEBEKA FILMS Marc BONNY Ce long-métrage nous raconte la migration d'une sœur et d'un frère qui fuient les progroms et la persécution. Ce film très personnel prend ses racines dans l'expérience qu'ont vécues son arrière-grand-mère au début du siècle lors du pogrom de 1905 à Odessa en Ukraine et sa mère qui a dû fuir en zone libre face à la persécution des juifs suite à l'occupation nazi. Florence Miailhe s'est inspiré des croquis de sa mère réalisés lors de cette fuite. Ce conte en six chapitres, écrit par Florence Miailhe et Marie Desplechin, traite le sujet sombre et actuel des migrations de populations oppressées comme les deux autres films primés à Annecy dans la catégorie long-métrage. Mais ce film se distingue par la poésie des images et du scénario qui nous emporte dans un univers intemporel, prégnant qui nous enveloppe, nous transporte dans son histoire. Florence Miailhe est passée maître dans l'utilisation des techniques de peinture sur verre et de l'utilisation du sable dans l'animation dans la lignée de ses modèles Caroline Leaf, Jean-François Laguionie ou Youri Norstein. Pour le film un banc titre à trois plaques de verre a permis de combiner décors réalisés sur papier de soie transparents, sur lequel on peut superposer un cellulo pour apporter des détails et enfin trois plaques de verres permettent de peindre à la peinture à l'huile, les trois niveaux apportant la profondeur de l'image résultant de ces superpositions. Ce projet qui a muri pendant plus de 10 ans a pris 3 ans de production avec des équipes en France, Tchéquie, et en Allemagne. Ce premier long-métrage réalisé en peinture à l'huile sur verre a constitué un véritable défi pour la réalisatrice qui a du inventer un pilotage et un suivi du travail des équipes tout en transmettant aux équipes de son savoir-faire unique afin d'entretenir ainsi la connaissance et le plaisir de ce savoir-faire. Univers forain d'un des chapitres du film - image : https://www.ladepeche.fr/2019/04/28/la-traversee-un-film-tout-en-peinture,8170987.php Une co-production internationale s'est avérée indispensable à la production de cette œuvre que la réalisatrice qualifie "d'édifice monstrueux": Réalisation des décors à Toulouse 13 bancs titres avec 3 plaques de verre conçus spécifiquement pour le film pour les animateurs répartis dans 3 pays. Un processus d'animation en équipe de peinture sur verre qu'il a fallu inventer. post-production, étalonnage et musique réalisés en Allemagne Pour plus d'informations sur la conception et la construction du film voir "Rencontre avec Florence Miailhe" dans le cadre de la "9ème rencontre professionnelle sur l'écriture du film d'animation" à Fontevraud, le 3 octobre 2020 où Florence Miailhe échange avec Jacques Kermabon sur la véritable épopée que constitue la réalisation de ce court-métrage. Dommage que cette prouesse de réaliser un long-métrage en peinture sur verre n'ait pas été reconnue par le jury. Certes Florence Miailhe a déjà reçu beaucoup de distinction dans sa carrière dont : le César du meilleur court métrage en 2002 avec "Au premier dimanche d'août", une mention spéciale au Festival de Cannes en 2006, ou encore un Cristal d’honneur en 2015 au Festival international du film d’Animation, mais cette réussite unique méritait de toute évidence le cristal du long-métrage cette année. Le film ne manquait pourtant pas de critères pour lui attribuer le Cristal : Premier long-métrage en peinture à l'huile sur verre, Une équipe en majeur partie féminine, Une volonté de partager son savoir-faire, Une esthétique remarquable qui se distingue par son enracinement et son audace, Une histoire intemporelle, grave et cruelle, associée à des préoccupations qui nous touchent et qui permet des niveaux de lecture pour chaque public. Une histoire qui nourrit notre réflexion sur les problèmes de migration et influe sur notre perception de ces crises migratoires. Des personnages romanesques aussi bien prédateurs, exploiteurs, égoïstes, bons, sauveurs que victimes ou opprimés. Une histoire sensible, captivante avec son chemin, celui de deux enfants obligés de grandir trop tôt, emportés dans une fuite tragique qu'ils doivent assumer. Images de la traversée - exode et oppression : https://www.gebekafilms.com/fiches-films/la-traversee/ et http://www.maurfilm.com/the-crossing-2/ Mais le Jury, souverain, n'a pas pris le bon chemin lui préférant une autre beau film plus documentaire qui n'a cependant pas atteint cette dimension universelle et poétique qui transcende le sujet. Le public ne s'est pas perdu pendant la Traversée comme en témoigne la longue ovation debout qui a suivie la projection du festival dans la grande salle de Bonlieu. Peut-être aurait-il fallu faire de la peinture sur "cristal" au lieu du "verre" pour achever de convaincre. Cette mention a défaut d'un Cristal du long-métrage a pour beaucoup momentanément "plombé" l'ambiance de la très réussie cérémonie de clôture. Le film sort le 29 septembre. Nul doute, vu l'accueil enthousiaste des spectateurs que nous avons vécu à Annecy, que le public saura trouver le chemin des salles obscures pour une traversée inoubliable. C'est finalement l'essentiel. A lire et voir sur le film : "Rencontre avec Florence Miailhe" : https://www.youtube.com/watch?v=jaz85sLq_ng 'En pleine traversée" de Jacques Kermabon dans le no 1 de la revue Blink Blank : https://revue-blinkblank.com Article de Pauline Mollaret : https://www.ecrannoir.fr/2021/06/22/annecy-2021-la-traversee-de-florence-miailhe-et-flee-de-jonas-poher-rasmussen-mettent-le-drame-humain-des-refugies-au-coeur-du-palmares/ Article d'Olivier Delcroix : https://www.lefigaro.fr/culture/festival-d-annecy-la-traversee-de-florence-miailhe-enflamme-le-public-20210619 Article de Stéphane Dreyfus : Annecy 2021 : un palmarès comme une peine de cœur - https://film-animation.blogs.la-croix.com/annecy-2021-un-palmares-comme-une-peine-de-coeur/2021/06/20/?fbclid=IwAR0rW7YvqlabuAoWsI_4OovBiQXm_Ap7f74GAT5eUOC9x9gk_qOe9oBajZE Entretien réalisé par Marie-Pauline Mollaret et Nicolas Thys lors du dernier festival d'Annecy Interview de Florence Miailhe https://www.youtube.com/watch?v=XVsSIxd58RU #latraverse #florencemiailhe #arte #annecyfestival #gamca

  • 17 - 120e anniversaire de la naissance d'Alexandre Alexeieff

    Alexandre Alexeieff dans son jardin dans le 14e arrondissement de Paris. Photographie Collection Geneviève et André Martin Alexandre Alexeieff aurait eu 120 ans le 18 avril 2021. L'occasion de proposer cette photo de saison prise chez Alexandre Alexeieff . Ce créateur de génie, avec sa femme Claire Parker, ont inventé l'écran d'épingles. Ils nous ont offert de magnifiques films d'animations, véritables "gravures animées". Ils ont également inventé un procédé de totalisation permettant la capture de mouvements pendulaires qu'ils ont ensuite animés pour faire du mouvement des objets d'autres objets animés. Vous pouvez voir deux de ces films en parcourant : https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/naissance-du-cinéma-informatique-1ère-partie-des-pionnières-et-des-pionniers.

  • 16 - Naissance du cinéma informatique : 1ère partie : des pionnières et des pionniers

    Images : Collection Geneviève et André Martin : No spécial L’avenir des images (Couverture) datant de 1979 ou 1980. Abstronic - Mary Ellen Bute 1952 in https://alchetron.com/Mary-Ellen-Bute#mary-ellen-bute-c9c7b500-bc94-44af-a1d1-8f28d07fd2b-resize-750.jpeg André Martin dans son article "Naissance du cinéma informatique" célèbre avec enthousiasme la naissance du cinéma informatique qui connaît à l’époque « une progression comparable à celle du cinéma muet à partir de 1918 ». Son article, comme toujours très dense, recense méticuleusement les créateurs qui ont contribués à cette naissance. Mais toute naissance suppose une période de gestation aussi André Martin commence-t-il par nous décrire l’ensemble des étapes pionnières, qu’elles soient analogique des années 30 à 50 ou numériques à partir des années 60 qui ont précédées cette naissance. Les supports, les dispositifs mécaniques, électriques ou électroniques et les films réalisés par ces pionniers, bien qu'analogiques, préfigurent le développement de l'image numérique en traçant une voie ingénieuse et parfois stupéfiante de modernité. Ce premier post est consacré à ces pionniers de l'analogique qui ont précédés le numérique. Bienvenu dans ce monde étonnant. 1 Pionniers de l’image photomécanique Ces pionniers sont d’abord ceux qui ont explorés « l’image dynamique automatisée » avec des « instruments » permettant d’exploiter les propriétés physiques de la lumière et/ou du mouvement. Claire Parker (1906-1981) et Alexandre Alexeieff (1901-1982) On ne peut, bien entendu, omettre de citer Claire Parker et Alexandre Alexeieff et « l’écran d’épingles » dispositif composé d’aiguilles dont les têtes ovales dévient plus ou moins la lumière permettant d’exploiter les ombres portées générées par ce tableau de points mécanique ancêtre des pixels pour générer image par image des « gravures animées". Alexandre Alexeieff, graveur russe, a rencontré Claire Parker, une américaine ingénieur, lors de cours de gravure qu’il donnait à Paris. Ils ont par la suite combinés leurs talents pour inventer l'écran d'épingles et réaliser de nombreux films, véritable gravures animées.. André Martin a posé dans son histoire du cinéma d'animation "de synthèse", le jalon du "premier système mécanique de synthèses" en l'année 1933 avec le film d'Alexandre Alexeieff et Claire Parker une "Une nuit sur le mont chauve" et "ses gravures animées". Voir sur https://www.dailymotion.com/video/x2psmj (meilleur copie) Il leur dédicacera son film en images de synthèse « Maison Vole » au début des années 80 : « A Claire et Alexandre Alexeieff, cet « autre » écran d’épingles… » Photos collection Geneviève et André Martin Principe de l’écran d’épingles : celles-ci plus ou moins enfoncées et suivant la position des têtes permettent de générer une image par omble projetée. « En passant » 1940 Alexandre Alexeieff film réalisé à l‘ONF. Le résultat d’un dispositif en « haute résolution » :-). Gif : https://www.tumgir.com/tag/Alexander%20Alexeieff On ne peut plus voir le film "En Passant" en ligne; il faut donc se contenter d'un extrait dommage : Mais un autre dispositif inventé par nos deux créateurs est peut être un peu moins connu : le « banc de totalisation ». Cette « colonne robot » est munie d’un vérin hydraulique et permet la mise en rotation d’une poulie à l’aide d’un câble enroulé et fixé au vérin. Cette poulie permet l’animation d’objets. Photo collection Geneviève et André Martin Tournage du film « sève de la terre » 1955 - Publicité pour Esso - Sur la photo Alexandre Alexeieff, Irmgard Messant-Serelle, Claire Parker. On y voit également le vérin à gauche et le système de câbles permettant l’animation. Le mouvement résultant de ce phénomène physique peut être simulé par ordinateur, mais il va falloir du courage pour simuler la combinaison des équations du vérin, des câbles et des poulies ! Dans la lignée de la chronophotographie de Etienne Jules-Marey (1886), ce dispositif permet de capturer une trajectoire et son mouvement mais Claire Parker et Alexandre Alexeieff vont faire de ces trajectoires un objet qui lui-même va être animé en composition avec avec d’autres objets. Images : Etienne–Jules Marey Balle rebondissante, étude de trajectoire. Chronophotographie sur plaque fixe - 1886. Sève de la terre Claire Parker et Alexandre Alexeieff : https://rateyourmusic.com/images/all?type=F&assoc_id=30600 1955 Voir le film sur : https://www.youtube.com/watch?v=kDTG-katSvY 2 Pionniers de l’image photo-électronique Mary Ellen Bute ( 1906 - 1983 ) Dès 1932 Mary Ellen Bute a exploité les possibilités graphiques de l’image électronique en contrôlant plastiquement et électroniquement le balayage d’un oscilloscope dans ces films expérimentaux. Parmi 14 courts métrages, Mary Ellen Bute réalise en 1937 un court métrage expérimental "Parabol" en collaboration avec le sculpteur Rutherford Boyd et le réalisateur Ted Nemeth. Parabol est un hommage aux courbes paraboliques dont les équations mathématiques décrivent la poésie naturelle des trajectoires des objets captifs de la gravité terrestre. Ce filme combine trucages, surexpositions, animation image par image, jeux d'ombres et lents mouvements de caméra sur des sculptures (et courbes paraboliques dessinées avec un oscilloscope?). Ce film accompagné d'extraits de La création du monde , ballet de Darius Milhaud, offre au spectateur une expérience envoûtante et hypnotique. Images : Mary Ellen Bunt dans les années 50 : https://amysmartgirls.com/happy-birthday-to-experimental-film-pioneer-mary-ellen-bute-96d15a56712f 1937 Parabola Mary Ellen Bute : https://moviessilently.com/2018/04/01/parabola-1937-a-silent-film-review/ Mary Ellen Bute et Ted Nemeth dans leur studio de New York avec une sculpture animée de Rutherford Boyd en 1936 pendant le tournage de Parabola.in http://www.unseen-cinema.com/photos/photosHIGH/IMAGE011.JPG On citera également le film "Synchromy no 4 : Escape" qui nous propose des trames sombres et des mouvements de figures colorées avec des trucages étonnant de modernité rappelant les incrustations vidéo des années 80. Des extraits de la toccata en ré mineur de J.S Bach accompagnent le spectacle. Images : Synchromy no 4 avec d'étonnants motifs saturés préfigurent les effets videos des années 80 in https://lightcone.org/fr/film-10349-synchromy-no-4 Synchromy no 4 : effet hypnotique à voir sur un grand écran de cinéma ! in https://whitney.org/collection/works/39490 Mary Ellen Bute a réalisé deux "films Abstronics" en 1952 et 1954. Elle nous explique dans "Films in review" de juin-juillet 1954 que Abstronics est un mot valise obtenu par la fusion de "Abstraction" et "electronics". Les figures et les formes obtenues à l'oscilloscope peuvent bouger sur un plan horizontal ou vertical, se rapprocher ou s'éloigner du spectateur et peuvent faire l'objet de variations à volonté créant ainsi l'illusion de scènes tri-dimensionnelles. Il est possible aussi de jouer sur la luminescence et les ombres. Ces différents réglages permettent de synchroniser parfaitement avec la musique "Hope down" de Aaron Copeland et de "Ranch house party de Don Gillis. Les figures et les formes de Abstronics ont été colorées à la main pour donner des effets étonnants proche du "Video Art" qui allait suivre ... surtout un quart de siècle plus tard ! Extraits sur https://vimeo.com/217727679 . Image : https://pbs.twimg.com/media/CPOLqYdUkAApku8.png:large Voir des extraits de Abstronic sur https://www.facebook.com/watch/?v=10155406482792220 et https://vimeo.com/ondemand/abstronicbymaryellenbute . Mary Ellen Bute et ... Norman Mclaren (1914-1987) Enfin afin d'illustrer les méandres des chemins de rencontre de l'animation et du cinéma expérimental, on citera le film "Spook Sport" réalisé par Mary Ellen Bute en 1940 avec un jeune animateur écossais lors de son séjour à New York qui précéda son installation au Canada : Norman McLaren. Le film se présente lui-même au début comme une combinaison de couleur, de musique et de mouvement pour présenter un nouveau type de "film-ballet". Les images sont cette fois-ci créées sur cellulo ou par dessin direct sur la pellicule. Des extraits de la danse macabre de Camille Saint-Saëns accompagnent le ballet des spectres, personnages du film. Images : Spook Sport in https://ex-is.org/exchoice/-spook-sport-amp-mary-ellen-bute-amp-norman-mclaren-ted-nemeth McLaren utilisera des figures de Lissajous dans "Around is around réalisé" en 1952. Photographie : collection Geneviève et André Martin 3 Pionniers de l’image Electro-optique John et Paul Whitney John et Paul Whitney dès le début des années 40 explorent le développement formel de figures géométriques élémentaires élaborées sur un modèle sériel (transposition, inversion, rétrogradation…) à l’aide d’un « traceur optique » construit à partir d'un système de guidage de tir anti-aérien de la seconde guerre mondiale acheté dans un surplus de l'armée américaine. On y remarque l’influence des travaux d’Oskar Fischinger dans les années 20. Images : Studio des frères Whitney au début des années 40. https://rhizome.org/editorial/2013/may/9/did-vertigo-introduce-computer-graphics-cinema/ Pour en savoir plus sur le système de tracés de trajectoires conçus par les frères Whitney à partir d'un système de guidage anti aérien des années 40, voir https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/la-ville-à-témoin . Les Frères Whitney ont réalisé des images animées pour le magnifique générique de Saul Bass pour le film Vertigo d'Hitchcock. Photographies : 1 John Whitney devant son ordinateur analogique https://www.tested.com/art/movies/512325-whitney-family-pioneers-computer-animation/ 2 Une image du générique de Vertigo illustrant les tracés obtenus avec le système : http://www.jeansegura.fr/whitney.html 3 Le système de guidage de tirs anti aérien M5 : https://www.diyphotography.net/alfred-hitchcocks-vertigo-possibly-first-movie-use-computer-animation/ Douglas Leigh et le système EPOK Douglas Leigh a racheté les droits d’un système EPOK inventé par l’autrichien Karl Ullstein. Ce système est un media hybride qui permet de projeter et d’animer image par image des animations sur un écran géant constitué de 4 104 cellules photo-électriques connectées à des tubes de mercure qui magnifiaient l’image et géraient une grille de lampes électriques. Cet autre ancêtre de l'image pixelisée offrait un affichage géant en extérieur d'images animées. Les panneaux d’affichages animés du système EPOK ont été inaugurés à New York sur Time Square en 1937 pour de la publicité. Le monde de l’animation l’a rejoint immédiatement. Image : An example of an early EPOK advertisement for Schaefer Beer animated by Otto Messmer, Times Square in https://www.researchgate.net/publication/337994833_Introduction_to_Animation_and_Advertising/download Otto Messmer (1896-1983) Otto Messmer est l’inventeur du célèbre personnage Felix Le chat. Paramount, qui détenait les droits du personnage, a demandé au producteur Pat Sullivan de produire les films afin de conserver Otto Messmer pour la réalisation. Pat Sullivan finit par acquérir les droits en 1922 et Otto Messmer collabora avec lui jusqu’à son décès en 1933. Photographie : Otto Messmer et Pat Sullivan in https://www.fun-film-talk.com/animation.html Otto Messmer ne pouvant récupérer les droits, abandonna le cinéma et se consacra exclusivement à l’illustration et la bande dessinée … jusqu’en 1937 où la chance de l’animation tourna. Douglas Leigh embaucha Otto Messmer pour une fructueuse collaboration qui allait durer 37 ans jusqu’à la retraite d’Otto Messmer en 1973. Messmer a conçu et dirigé des personnages et des graphismes animés pour le « Leigh-EPOK Spectacular » que Leigh décrivait comme un affichage publicitaire sur-dimensionné avec des lampes pour une animation inusitée ». Le mariage d’Otto Messmer et d’EPOK. Photographie : Otto Messmer discutant avec with Douglas Leigh sur le storyboard d'un affichage d'une séquence animée sur l'Epok.Courtesy Alec la permission de Doris Messmer sur https://www.awn.com/animationworld/electric-felix-man. On peut voir des animations réalisées par Otto Messmer pour l’Epok : Où on retrouve ... Norman Mclaren Un tel système de projection admirable par son gigantisme et fascinant pour les passants ne pouvait être ignoré par Norman Mclaren qui croise à nouveau des pionniers et continue à explorer ces moyens expérimentaux. En 1961 Norman Mclaren réalise "Welcome to Canada" un film d'animation en noir et blanc de 8 mn sur pellicule 35 mm destiné à promouvoir le tourisme au Canada New York Lightboard. Dans ce court métrage d'animation image par image, Norman McLaren anime des symboles linéaires en papier découpé. (cf. https://www.onf.ca/film/new_york_lightboard_fr/ (Pas d'encre sur pellicule ?)). Destiné à passer en boucle, ce film reprend habillement les codes de l'affichage géant pour se faire succéder des coutres séquences rythmées qui font la promotion des festivals et des activités d'été que l'on peut pratiquer au Canada. Qui d'autre que le maître de la persistance rétinienne dans l'animation depuis Blinkity Blank (cf. 1955 04 Les Cahiers du Cinéma Paragraphe p 54 sur Rencontre avec Guy Coté) pouvait mieux exploiter ce support ? Les lettres, tout comme dans les génériques de Saul Bass, s'animent après 14 siècles d'immobilité pour devenir des acteurs agiles et joueurs des séquences. Le cinéma d'animation est dans la rue, le résultat captive et fascine les passants, spectateurs improvisés de la ville dans l'esprit "des journées du cinéma", le gigantisme nord-américain en plus ! Voir le film New York Lightboard Record (1961, 7'), de Norman McLaren, court documentaire sur la réaction des passants sur https://www.onf.ca/film/new_york_lightboard_record_fr/ . Comme le dit si bien une découpe du journal Montréal-Matin du 7 juillet 1961 : « Si les New Yorkais et les millions d’Américain qui visitent la métropole américaine ne connaissent pas les attractions touristiques du Canada, ce ne sera certes pas la faute de l’Office de tourisme du gouvernement canadien. » https://blogue.onf.ca/blogue/2014/01/22/norman-mclaren-times-square-new-york/https://blogue.onf.ca/blogue/2014/01/22/norman-mclaren-times-square-new-york/ Images de New York Lightboard Record sur https://www.onf.ca/film/new_york_lightboard_record_fr/ . ©ONFC-NFBC Ces pionniers avec leurs systèmes qu'ils soient électroniques, photomécaniques ou calculateurs analogiques ou encore systèmes d'affichage (dont la télévision sur laquelle j'aurai l'occasion de revenir) ont exploré les voies d'un cinéma expérimental innovant qui nous fait penser aujourd'hui qu'ils étaient déjà prêt 20, 30, 40, 50 ans avant à explorer les possibilités qu'allaient offrir l'informatique et les images numériques. Mais l'histoire ne faisait que commencer. André Martin a poursuivi dans son article la genèse de la naissance de l'image numérique .... La suite bientôt dans une deuxième partie de cette histoire passionnante ...

  • 70 - Piaff Jour 3 : Pour quelques trésors de plus !

    Hémorragie Ruth Hayes USA - image https://www.facebook.com/photo/?fbid=833676655225355&set=pcb.833676951891992 Après la belle séance d'hier sur les courts métrages pro avec l'intervention de Francis Canitrot le réalisateur du "Sexe de ma mère" et du réalisateur géorgien Tsotne Rusishvili du film "Les Rêves de Kato", nous continuons le festival avec les trésors d'aujourd'hui. Francis Canitrot et Tsotne Rusishvili ont répondu aux questions d'Alexis Hunot. - Photo Clément Martin Séance Courts métrages pro no 3 jeudi 18 janvier 19 h 00 Mon Cher Mr Whitman - My dear Whitman de Jeremiah Dickey Etats-Unis 1 mn 43 Où il sera question d'une lettre au poète américain Walt Whitman écrite par un jeune écrivain britannique qui s'appelait ... Bram Stoker. Un tout petit numéro de Luc Lavault France 12 mn 21 Fuir l'enfer ... oui mais où aller ? Image https://bapstudio.com/un-tout-petit-numero/ Le film Un Jour si blanc Vasily Chirkov Russie 6 mn 01 sera une découverte. Nun or never Heta Jäälinoja Finlande 10 mn 52 Il a bien fait rire le public du festival d'Annecy en juin dernier et y a remporté le Prix du public et le Prix France TV pour un court métrage. image : https://www.sweatyeyeballs.com/seaf2023_international1.html Petite bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=AIgGIc3bNfs Dans Shackle Ainslie Henderson Royaume uni 9 mn 54 réalisé en "stop motion" des esprits des bois explorent les pulsions humaines. On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=nIjgV77K-8o Le très beau et très fort film expérimental Hemorragie de Ruth Hayes (Etats-Unis 4 mn 07) évoque le combat pour le droit à l'avortement aux Etats Unis suite à la révocation de l’arrêt "Roe v. Wade", qui reconnaissait le droit à l’IVG aux États-Unis. Dans un style graphique remarquable, héritier du pop art, le film exprime avec puissance la cruauté des conséquences de cette révocation. Orage Benoît Michelet France 15mn50 Le film nous offre une belle œuvre graphique à l'encre et au crayon pour nous plonger dans l'atmosphère pesante du  quotidien de Céline. Sa robe pour le final - Haljina za finale- de Martina Mestrovic (Croatie 8mn 45) Où une grand-mère teint sa robe de mariée pour être enterré avec. 27 de Flóra Anna BUDA (France Hongrie11mn) Le film n'a pas obtenu le prix André Martin du court-métrage à Annecy mais la réalisatrice peut se consoler en ayant remporté la Palme d'or 2023 du court-métrage à Cannes et le Cristal du court-métrage 2023 à Annecy ! :-) Alice, l'héroïne du film qui célèbre ses 27 ans, s'échappe de son environnement familial pour une virée nocturne. Elle se dérobe à son quotidien en faisant la fête avec un cocktail d'alcool et de drogue. Image https://papageno.hu/intermezzo/2020/06/buda-flora-anna-uj-filmterve-dijat-kapott-az-annecy-2020-fesztivalon/ Pour en savoir plus voir https://www.gamca.info/post/annecy-2023-prix-andré-martin-pour-un-court-métrage-français-on-va-se-régaler-3e-partie On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=8VHPg5uCv_c Beau programme n'est-ce pas ? mais attention la séance suivante sera exceptionnelle et tout aussi passionnante. Rencontre Vergine Keaton / Vale Poher Jeudi 18 janvier 21 h 00 Vergine Keaton et Val Poher. Images https://www.ateliersmedicis.fr/le-reseau/acteur/vergine-keaton-11888 et https://www.tasteofindie.com/vale-poher-les-3-elephants/ Vergine Keaton fait partie de ces réalisatrices qui sont tout autant originales par leur démarche que remarquables par leurs œuvres. Vale Poher l'a accompagnée dans le processus de création de ses deux premiers films par ses compositions musicales. Grâce à cette rencontre exceptionnelle, elle nous entretiendront de ce rapport magique entre l'image animée et la musique. Grâce à ces deux artistes nous nous rapprocherons comme jamais de cette alchimie dont le résultat nous réjouit tant. On va mieux savoir comment on crée la tension de la poursuite de ces cerfs par une meute de chiens dans la forêt dans « Je criais contre la vie. Ou pour elle. » (2009) « Je criais contre la vie. Ou pour elle. » - image https://www.verginekeaton.net/vergine-keaton-films On en saura également plus le travail réalisé sur Marzevan (2015) film en animation 3D cette fois. Marzevan - image https://www.unifrance.org/film/41103/marzevan Pour finir, on espère avoir des nouvelles de "Bataille" long-métrage en préparation où assaillants et assiégés vont se livrer un combat pour une petite ville de la Renaissance italienne. Peintures d'époques matériaux de base pour l'élaboration de "Bataille". images https://www.verginekeaton.net/vergine-keaton-films A ce soir 18 janvier au studio des Ursulines pour 2 séances mémorables à partir de 19 h 00 ! #piaff #courtsmetragespro #studiodesursulines #verginekeaton #valepoher #gamca

  • 71 - Piaff J4 : Les courts pro no 4 et l'expérimental qui rentre en piste !

    Image : https://www.jennyjokela.com/Film-Sweet-Like-Lemons Une belle troisième soirée Nous avons encore eu deux belles séances hier au studio des Ursulines. Lors de la séance court métrage pro no 3 (1), Alexis Hunot a pu recueillir les commentaires du réalisateur Luc Lavault et de la co-scénariste  Léa Pernollet sur le film "un tout petit numéro" ainsi que des producteurs Nicolas de Rosanbo et Céline Valint de "Orage" de Benoît Michelet. Céline Valint,  Nicolas de Rosanbo et Luc Lavault. - Photo Clément Martin Nicolas de Rosanbo, Luc Lava ult et Léa Pernollet - Photo Clément Martin Alexis Hunot anime le débat avec sa verve habituelle - Photo Clément Martin En deuxième séance nous avons pu assister à la rencontre avec la réalisatrice Vergine Keaton et la musicienne Vale Poher qui nous ont parlé de leurs expériences de création. Vergine Keaton et Vale Poher - Photo Clément Martin Les story board précis de Vergine Keaton qui permettent également de composer la musique. photo Clément Martin Courts métrages pro no 4 Notre Uniforme de Yegane Moghaddam Iran Le film nous traite de la condition féminine en Iran grâce aux souvenirs d'écolières qui prennent forme poétiquement sur son ancien uniforme d'écolière. Le film a obtenu le pri x Jean-Luc Xiberras pour un premier film à Annecy en juin dernier. Notre Uniforme de Yegane Moghaddam Iran Argent et Bonheur de Ana Nedeljković et Nikola Majdak Jr Serbie On a hâte de découvrir ce film en pâte à modeler image par image qui nous propose avec humour les joies de la rigueur économique. Image https://www.mutoscope.fr/movie/money-and-happiness/ On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=-t7rYEekzU8 Notre douleur de Shunsaku Hayashi Japon 16 mn 08 Une réflexion sur nos douleurs communes qui nous relient. Box Cutters de Naomi Van Niekerk France, Pays-Bas, Afrique du Sud Une jeune femme se souvient a été attaquée par trois hommes alors qu'elle rentrait chez elle. Mais la vie quotidienne doit reprendre son cours. image https://www.annecyfestival.com/le-festival/competition/fiche-film:film-2023270 Ce qui bouge est vivant de Noémie Marsily Belgique Pendant que des limaces se promènent sur le carrelage de la cuisine, Noémie dresse son autoportrait, mouvant et fragmenté, à la lisère entre l'intime et le brouhaha du monde. On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=2Pf_n0ZR2KY Morning shadows de Rita Cruchinho Neves Portugal A découvrir ... On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=54RxB53S56w Doux comme des citrons de Jenny Jokela - Royaume Uni Nef Animation nous confie concernant leprojet qu'il s'agissait du d euxième volet d'une trilogie commencée avec le film "Barbeque", un film expérimental en peinture animée sur l'expérience de rétablissement après une agression sexuelle, un voyage viscéral vers l'acceptation de soi. Image : https://www.jennyjokela.com/Film-Sweet-Like-Lemons Etes-vous prêt à voir un Matisse animé ? Via Dolorosa Rachel Gutgarts France 12 mn Le film a été sélectionné à la semaine de la critique en juin dernier et en voici le synopsis. Entre toxicomanie, premières découvertes de la sexualité et état de guerre permanent, la cinéaste cherche sa jeunesse perdue en errant dans les rues de Jérusalem. Image https://animation.ciclic.fr/actualites/nouveau-court-metrage-en-residence-dolorosa-de-rachel-gutgarts On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=nI_BTQH3wso KLITCLIQUE Anna Spanlang Autriche 2 mn 04 On peut s'interroger de la présence d'un film en prise de vue continue avec quelques surimpressions et des projections sur les personnages dans un festival de cinéma d'animation mais ce film musical ne manquera pas d'intérêt et qui sait va-t-on découvrir une séquence animée. Y verrait-on une subtile transition vers la séance expérimentale ? :-) https://www.facebook.com/photo/?fbid=833676655225355&set=pcb.833676951891992 Séance cinéma d'animation expérimental no 1 Cette année Marie-Pauline Mollaret nous offre 2 séances avec sa sélection. Le cinéma d'animation expérimental est d'autant plus divers qu'il est parfois frontalier du cinéma d'animation tant par des procédés originaux que l'utilisation de la prise de vue continue. Ce cinéma est rare, on ne voit souvent les films qu'une seule fois sur un bel écran de cinéma. Cette première des deux séances présente donc un caractère d'exception à souligner ! Ma préférence ? Les films qu'on peut accrocher dans un musée au côté d'oeuvres contemporaines. Sol 2 Olivier Fouchard France 9 mn 20 Eruptions et autres phénomènes du soleil peints directement sur pellicule ... Un peu long mais si court par rapport à la vie du soleil ! Image https://www.facebook.com/photo/?fbid=833676655225355&set=pcb.833676951891992 La Montagne renversante Annabelle Verhaeghe France 5 mn 11 Un poème animé. Tovo de Thomas Steiner Autriche 8mn Un cheminement en prise de vue "time elapse" et des surimpression de lignes entremêlées et de dripping. On peut l'accrocher au musée. :-) Tovo de Thomas Steiner - Image https://www.sixpackfilm.com/en/catalogue/2617/ On peut voir la bande annonce sur https://vimeo.com/394274546 Motus de Nelson Fernandes Portugal 4 mn 10 A découvrir Courte bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=6EBeU6My0JI 4:4 de Hongxiang ZHOU Chine 2 mn 25 Film à découvrir Enharmonique (Le combat du feu et de l’eau) Kaveh Kavoosi France 11mn01 Un projet qui lie peinture abstraite et musique contemporaine, dans un mouvement circulaire grâce à la vidéo. Image http://esaavignon.eu/wp-content/uploads/2022/06/Kaveh_Kavoosi-porte-folio.pdf O/S de Max Hattler Allemagne 5mn Expérimentation qui s'inspire des travaux d'avant-garde dégénération graphique de son du 20e siècle. Image http://maxhattler.com/os/ Leipzig Noir de Caspar de Gelmini Allemagne 9mn14 Le travail de ce compositeur réalisé pour l'IRCAM et le flutiste Rafal Zolkos. Image https://vimeo.com/476838943 La Prochaine fois je t’accompagnerai Camilla Dron Argentine 1 mn Film qui combine plusieurs techniques d'animation à découvrir. Image https://www.wenow.online/videos/detail/69309-la-proxima-te-acompano-camila-dron Occhiolino Michaela Grill Autriche 10 mn Michaela Grill poursuit ici ses travaux sur les images microscopiques. Image : https://www.sixpackfilm.com/en/catalogue/2766/ Le pépiement silencieux des chiffres invisibles de Vera Sebert Autriche 10mn 11 Attention aux flashs d'insectes ! Image https://mubi.com/en/fr/films/silent-chirping-of-invisible-digits Rendez-vous au studio des Ursulines le 19 janvier à 19 h 00 pour une autre belle soirée d'animation ! (1) voir https://www.gamca.info/post/piaff-jour-3-pour-quelques-tr%C3%A9sors-de-plus #piaff #studiodesursulines #gamca

  • 72 - Piaff J5 : C'est le week-end !

    Harvey - Janice Nadeau - Image https://www.unifrance.org/film/55958/harvey C'est le Week-end et le Piaff nous offre 3 séances chaque jour samedi et dimanche au studio des Ursulines avec 3 programmes de compétitions. Samedi 20 janvier 17h Compétition Jeunesse 1 19h Compétition Études 1 21h Compétition Expérimental 2 Dimanche 21 janvier 16h: Compétition Jeunesse 2 17h30: Compétition Etudes 2 19h30: Compétition Musiques Aujourd'hui emmenez vos enfants à la séance de la compétition jeunesse pour leur faire découvrir de magnifiques courts-métrages d'animation qui leur sont destinés. Et demain, comme ils vous demanderont d'y retourner, soyez prévoyant et organisez votre après-midi en conséquence. Ils pourront voir le tendre et touchant "Harvey" de la québécoise Janice Nadeau qui nous offre un regard poétique sur le deuil d'un enfant qui échappe à celui-ci grâce à son imagination. Pour les plus grands, la compétition étude vous permettra de faire connaissance avec ces jeunes talents qui nous impressionnent déjà. Pour les amateurs d'esthétique et de recherche sur l'image et le son, Marie-Pauline Mollaret nous a concocté un magnifique programme de la compétition expérimentale dont la deuxième séance va encore nous offrir de belles surprises qui tutoient l'histoire de l'Art avec bonheur parfois au frontières du cinéma d'animation. La première séance d'hier nous a offert ce spectacle rare que nous offrent artistes plasticiens et chercheurs. Marie-Pauline Mollaret nous a présenté les films de la compétition, Alexis Hunot a assuré la traduction pour les spectateurs étrangers. Photo Clément Martin Durant cette séance on aussi bien pu voir le soleil dans tous ses états avec "Sol 2" d'Olivier Fouchard, que subir une séance de flash intenses sponsorisés par les ophtalmologistes avec "Le pépiement silencieux des chiffres invisibles" de Vera Sebert ! :-) Sol 2  d'Olivier Fouchard Image https://www.facebook.com/photo/?fbid=833676655225355&set=pcb.833676951891992 Le pépiement silencieux des chiffres invisibles de Vera Sebert Image https://mubi.com/en/fr/films/silent-chirping-of-invisible-digits Nous avons exploré les relations entre le son et l'images avec plusieurs artistes avec O/S de Max Hattler ou Leipzig Noir de Caspar de Gelmini. O/S de Max Hattler - Image Image http://maxhattler.com/os/ Leipzig Noir de Caspar de Gelmini 2020 - Image https://vimeo.com/476838943 Deux bijoux à distinguer On notera parmi ses films deux bijoux particulièrement ciselés à accrocher dans un musée. Tovo de Thomas Steiner Autriche 8mn Un cheminement en prise de vue "time elapse" et des surimpression de lignes entremêlées avec un passage en hommage au dripping de Jackson Pollock vraiment magnifique. On peut l'accrocher au musée. :-) Tovo de Thomas Steiner - Image https://www.sixpackfilm.com/en/catalogue/2617/ Le deuxième cour-métrage à remarquer parmi toutes ces trouvailles de la programmatrice, fait partie d'un projet de long métrage en 6 chapitre : Enharmonique de l'artiste peintre et plasticien iranien Kaveh Kavoosi (1). A la suite de la projection, le réalisateur Kaveh Kavoosi est intervenu pour nous confier la genèse de ce film. Marie-Pauline Mollaret avec Kaveh Kavoosi dans la séance d'entretien post projection. - Photo Clément Martin Ce long métrage s'inspire du livre poétique "la nature" (De natura rerum) du philosophe romain, Lucrèce, qui vécut au 1er siècle avant Jésus-Christ. Sur ce long-métrage,  Kaveh Kavoosi, artiste qui était habitué aux œuvres monumentales, a dû trouver lors "du confinement" comment poursuivre son chemin de création avec une table de 1 m2. Et bien il a filmé en macro en "prise de vue continue" (2) 1 cm² de fluides et matières sur une plaque métallique avec tout juste un peu de montage pour éliminer des perturbations inesthétiques lors d'évènement d'injection de fluide avec des outils adaptés au contexte microscopique. Le résultat est un magnifique combat coloré de fluides et de matières qui évoluent patiemment dans un somptueux ballet accompagnée d'une musique narrative. Si Kaveh Kavoosi est resté discrets sur les techniques employées (3), nous savons malgré tout qu'il s'agit de mettre en œuvre expérimentalement des phénomènes physique et chimiques impliquant des fluides, de la matière et une plaque métallique. Nous avons vu le chapitre 5 de 11 mn01 d'Enharmonique : Le combat du feu et de l’eau. Voici ici une image tirée de Enharmonique qui n'appartient pas au chapitre 5 mais qui illustre aussi bien la nature qu'une image qui serait prise de la navette spatiale. Image extraite de http://esaavignon.eu/wp-content/uploads/2022/06/Kaveh_Kavoosi-porte-folio.pdf Si le long-métrage est terminé, il n'est pas encore diffusé. Nous avons hâte de voir le long-métrage dans son ensemble ! Le cinéma d'animation a toujours fortement interagi avec l'Art expérimental et l'Art expérimental lui a bien rendu ! (5) Le cinéma expérimental recherche et explore les rapports entre l'image et le son sans frontières didactiques et même si, stricto sensu, ce film en enregistrement continu n'appartient pas au domaine de l'animation, par sa science laborieuse, par sa gestion précise et orchestrée d'évènements physiques et chimiques, par sa construction prédéfinie et synthétique il a avec bonheur pleinement sa place dans un festival d'animation ! Bravo aux organisateurs, André Martin qui se définissait plus comme un chercheur (4) que comme un réalisateur, aurait adoré être parmi vous hier soir ! Rendez-vous ce soir au studio des Ursulines pour la deuxième séance de la compétition expérimentale qui ne manquera pas de nous apporter de nouvelles et belles émotions ! (1) Voir Kaveh Kavoosi portfolio in  http://esaavignon.eu/wp-content/uploads/2022/06/Kaveh_Kavoosi-porte-folio.pdf (2) Coucou Florentine :-) (3) Après tout nous nous trouvions tout de même dans un festival de cinéma d'animation et l'assemblée n'attentait peut-être pas un exposé scientifique ! :-) (4) 1983 03 13 "Le cinéma des cinéastes" - émission de Claude Jean Philippe avec André Martin -  émission sur le film "Sans soleil" : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/sans-soleil-de-chris-marker-essai-cinematographique-d-un-homme-multimedia-3676987 (5) voir la contribution du cinéma expérimental au cinéma par ordinateur https://www.gamca.info/post/naissance-du-cinéma-informatique-1ère-partie-des-pionnières-et-des-pionniers et https://www.gamca.info/post/naissance-du-cinéma-informatique-2e-partie-les-années-60-et-les-pionniers-du-numérique #Piaff #cinemaexperimental #kavehkavoosi #enharmonique #gamca

  • 73 - Piaff J6 : Dernier jour pour finir en musique !

    2023 Orchestra Mariam Qortua Georgie 1 mn - image https://animafestival.be/fr/espace-pro/courts-metrages-nuit-animee/orchestra Le programme Nous arrivons déjà au dernier jour du Piaff 2024 avec 3 séances au studio des Ursulines. Au programme de ce dimanche 21 janvier : 16h: Compétition Jeunesse 2 17h30: Compétition Etudes 2 19h30: Compétition Musiques Cette année la soirée de clôture sera consacrée à la musique et au clips ! Auparavant on pourra connaître le palmarès de l'ensemble des compétitions. Compétition expérimentale 2 Avant d'entamer la dernière phase de ce marathon de plus de 120 courts métrages revenons sur la séance cinéma expérimental no 2 d'hier soir. Nous avons encore assisté à une séance exceptionnelle. Nous avons eu de nouveau droit pour clôturer celle-ci à un film certainement aussi sponsorisée par les ophtalmologistes tant les flashes quasi incessants de "Cave Painting" de ce maître de l'avant-garde expérimentale autrichienne qu'est Siegfried A. Fruhauf vous mettent à rude épreuve pendant 14mn30. :-) Cave painting - https://cinema-austriaco.org/en/2023/04/03/cave-painting/ Mais c'est deux autres films remarquables dont GAMCA voudrait souligner la projection. Technique no 9 : le massage myofascial de Sofia Silvestrova Russie 6mn18 Ce premier film de la séance consacré à la possession et faisant référence à des films d'horreur célèbres comme l'Exorciste nous propose pendant 6 minutes des montages graphiques et colorés très intéressants. Malheureusement peu d'informations internet sur le travail de Sofia Silvestrova, pas d'image et pas de possibilité, pour l'instant, de le revoir en ligne. A suivre. Technique no 9 : le massage myofascial de Sofia Silvestrova - image https://www.facebook.com/photo?fbid=836416424951378&set=pcb.836417138284640 Technique no 9 : le massage myofascial de Sofia Silvestrova - image https://www.facebook.com/photo?fbid=836416478284706&set=pcb.836417138284640 Astrogolem de Thorsten Fleisch Allemagne 6mn23 De célèbres inventeurs Nikola Tesla (électricité, robotique, ...) et Alan Turing (mathématique informatique,) voient leur laboratoire envahi par d'étranges créatures. Pour lutter contre cette invasion il demande de l'aide à "Robomarie" Curie pour trouver l'Astrogolem susceptible d'arrêter cette folie. Le film tout en collages délirants avec des matériaux graphiques contemporains de nos 3 "héros" notamment de la fin du XIXe et du XXe siècle qui nous rappellent les travaux du tchèque Karel Zeman -voir L'invention Destructrice 1957 - ou des polonais Walerian Borowczyk et Jan Lenica revisités avec les possibilités techniques d'aujourd'hui et la couleur. Astrogolem - Image https://vimeo.com/379556394 Astrogolem - Image https://www.facebook.com/photo/?fbid=836416438284710&set=pcb.836417138284640 Astrogolem - Image https://www.facebook.com/photo?fbid=836416444951376&set=pcb.836417138284640&locale=fr_FR On trouve beaucoup de matériaux en ligne à visionner sur le travail de Thorsten Fleisch sur https://vimeo.com/fleischfilm On peut voir la bande annonce du film sur https://vimeo.com/379556394 #Piaff #studiodesusulines #gamca

  • 74 - They shot the piano player : Francisco Tenório Júnior pour l'éternité

    image https://www.dulacdistribution.com/film/they-shot-the-piano-player/176 Pour sa 20e édition, le carrefour de l'animation qui se déroule chaque année au Forum des Images nous a présenté en ouverture du festival, le 20 novembre dernier, le long-métrage "They shot the piano player" en présence de Fernando Trueba et Javier Mariscal. Fernando Trueba et Javier Mariscal interrogé par les organisateurs du carrefour de l'animation lors de la présentation du film - Photo Clément Martin Le film est sorti en salle le 31 janvier 2024. Ne manquez pas cette occasion de voir cette enquête sur la disparition subite d'un pianiste de jazz brésilien surdoué, Francisco Tenório Júnior. They shot the piano player - Réalisation Fernando Trueba et Javier Mariscal - Espagne France - 2023 - 104 mn Auteur & Réalisateur Fernando Trueba Réalisateur & Directeur artistique Javier Mariscal Directeur technique Juan Carlos Concha Riveros Montage Arnau Quiles Supervision et montage son Eduardo Castro Mixage Alberto Ovejero Design personnages Marcello Quintanilha Directeur de l’animation Carlos León Sancha Avec les voix de Jeff Goldblum, Tony Ramos, Abel Ayala, Roberta Wallach, Angela Rabelo, Stephen Hughes, Alejandra Flechner Musiciens interviewés Vinicius de Moraes, Tom Jobim, João Gilberto, Caetano Veloso, Milton Nascimento, Gilberto Gil, Paulo Moura, João Donato Productrice déléguée Cristina Huete Co-producteurs Serge Lalou, Sophie Cabon, Bruno Felix, Janneke Van De Kerkhof, Femke Wolting, Humberto Santana Producteur associé Arnauld Boulard Producteurs exécutifs Nano Arrieta, Juan Carlos Concha Riveros, Fabien Westerhoff, Ulrik Frémont Directrice de production Paula Blanqué Catalina Production déléguée Fernando Trueba Pc Sa Co-producteurs They Shot The Piano Player Aie, Les Films D’ici Méditerranée, Submarine Sublime, Animanostra, Gao Shan Pictures, Julian Piker & Fermin Sl, Arte France Cinéma Producteur associé Gao Shan Pictures, Studios d’animation Les Films du Poisson Rouge (Angoulême) Les Fées Spéciales (Montpellier) Studio Mariscal (Barcelone) Submarine (Pays-Bas) Animanostra (Portugal) Gao Shan, Shan Too Studios L'enquête Le cinéma d'animation nous propose à nouveau un film documentaire qui traite cette fois-ci de l'enquête d'un journaliste new-yorkais sur la disparition subite du jeune virtuose du piano brésilien : Tenório Júnior en mars 1976, à Buenos Aires, dans les temps troublés et agités de la veille du coup d’État militaire en Argentine. Ce journaliste imaginaire, seul petite concession au réel du film, illustre l'enquête qu'à mené le réalisateur sur Tenório Júnior après avoir rencontré sa musique. Au cœur de l'enquête du journaliste. Image dossier de presse. Le film célèbre le mouvement musical de la Bossa Nova, nous plonge dans cette période musicale prolifique qui nous a donné quantité de musiques remarquables et qui a fait rayonner le jazz et la musique brésilienne pendant plus d'une décennie dans un courant de liberté créatrice sans précédent. L'animation a permis de redonner vie à Tenório, de le voir et de l’entendre jouer, mais aussi de reconstruire les bars, les clubs où la Bossa Nova est née avec tous les grands noms de cette musique. Où l'animation redonne vie à Tenório Jr. - Image https://www.zippyframes.com/feature-animation/they-shot-the-piano-player-interview L'animation vous replonge plus de 50 ans en arrière dans les concerts de l'époque. Image dossier de presse. Un univers lumineux de liberté et une face sombre et tragique Le film nous fait découvrir avec bonheur cette époque bénite en faisant même revivre des situations oubliées comme les concerts d'Ella Fitzgerald qui a chanté quatre soirs au Copacabana Palace en 1960 et dont il ne reste aucune trace. Mais il traite également au travers de cette enquête de la tragique et subite disparition de Tenório. Il oppose ainsi la magie libre de la création musicale à la violence, la servitude et la bêtise des totalitarismes. En allant voir le film vous suivrez l'enquête. Elle est passionnante et vous allez rencontrer toutes ces légendes comme si vous y étiez. Ella Fitzerald au Copacabana - Image https://www.imdb.com/video/vi3272787737/ Les réalisateurs Fernando Trueba est plutôt connu pour ces films réalisés en prise de vue continue même s'il avait déjà réalisé, en collaboration avec Javier Mariscal, un premier film d'animation Chico et Rita sorti en 2011.Ce film traitait déjà de la musique de jazz avec l'histoire d'un pianiste et d'une chanteuse cubains, dans le milieu du jazz afro-cubain à La Havane et à New York au milieu du xxe siècle. Fernando Trueba - Image https://www.facebook.com/senscritique/photos/a.376256762986/10157982394052987/?type=3 A la fois illustrateur, réalisateur, peintre, auteur de bandes dessinées, designer d’intérieur, graphiste, créateur de mode, d’ameublement et acteur l’art de la scène, Javier Mariscal est un de ces artistes polymorphes et prolifiques qui les rendent si proche du cinéma d'animation, cinéma de tous les Arts. Javier Mariscal Artiste polymorphe - image https://www.mobles114.com/fr/disenador/javier-mariscal-4/ La conception du film C'est avec la complicité de ces deux créateurs que le film a su exploiter des types matériaux très différents : vidéos, photographies, dessins, images d'archive. et ce pour les unifier dans l'univers graphique de Javier Mariscal . Javier Mariscal a créé cet univers graphique particulier pour accueillir ces différents matériaux hétérogènes au service du récit. L'Animation de ces dessins et de ces décors n'étaient pas chose aisée compte tenu de la complexité du dessin de Javier Mariscal très détaillé, dans un style proche de la bande dessinée, en plus pour un long métrage qui nécessite la création d'un grand nombre d'images. Le film n'est donc pas inoubliable par son animation mais il l'est par cette magie issue de cet immense travail d'exploitation des matériaux en animation qui permet de reconstruire un passé et un présent avec une signature graphique originale et cohérente. Pour réaliser cette animation Javier Mariscal a recréé les décors et les personnages dans son style graphique coloré et détaillé à partir des différents matériaux créant ainsi des dessins clefs de l'animation. Les films du poisson rouge ont utilisé leurs logiciels propriétaires pour extraire une trame au trait noir et blanc de ces dessins clefs pour les animer. Il a ensuite fallu projeter le travail graphique de Mariscal, casse-tête pour les animateurs en ce qui concerne les ombres et les couleurs. Catherine Estève nous décrit en détail ces prouesses qui en réalité sont encore plus complexes dans (1). On peut voir sa bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=sy57yBCqTlg Fernando Trueba nous a confié au carrefour de l'animation qu'il avait réalisé ce film en techniques d'animation image par image car il ne voulait pas que ce film passe sur la chaîne Histoire pour une audience confidentielle. Il voulait faire connaître Tenório Júnior le plus largement possible, qu'on redécouvre et qu'on écoute sa musique, qu'on ne l'oublie pas. L'objectif est atteint, le film est une réussite et on écoute la musique de Tenório Júnior. Allez voir le film dans une belle salle de cinéma. Vous écouterez ensuite en boucle son unique album, "Embalo" qu'il a réalisé en 1964. Ce petit bijou du jazz brésilien de l'époque vous enveloppe tout au long du film dans cette atmosphère envoutante de la Bossa Nova. Vous rencontrerez Francisco Tenório Júnior ... pour l'éternité. A écouter sur https://www.youtube.com/watch?v=-SiNd7grZPI . (1) Dossier de presse très complet de "They shot the piano player" consultable sur https://www.dulacdistribution.com/film/they-shot-the-piano-player/176 #theyshotthepianoplayer #Tenório #fernandotrueba #javiermariscal #carrefourdelanimation #gamca

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