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  • Photo du rédacteurClément Martin

Genèse du Festival d'Annecy 4 : Les deuxièmes JICA

Dernière mise à jour : 28 févr. 2023

Pourquoi vos critiques sont muettes ?

En Janvier 57, la revue "Cinéma" publie un numéro spécial sur le cinéma d'Animation. Suite aux premières JICA, l'AFDC a préparé ce numéro en collaboration avec cette revue. André Martin contribue à ce numéro avec de nombreux articles.

En introduction de ce numéro spécial qui ouvre également l'année 1957 "en 24 bonheurs par secondes", André Martin continue son combat et sa propagande pour sortir le cinéma d'animation, cet Art majeur, de la "clandestinité". Et si le festival Cannes a attribué en 1955 à l'unanimité, la palme d'or du court-métrage à Norman McLaren pour "Blinkity blank", la couverture médiatique du film estelle restée beaucoup trop discrète. Ce numéro spécial offre une première tribune de l'année au cinéma d'animation.


L'Association des Artistes et des Amis du Cinéma d'Animation

Le 19 janvier 1957, suite au premières JICA, l’idée de promouvoir l'animation française dans le cadre d'une association a germée dans un groupe d’animateurs et de promoteurs du cinéma d’animation français réunissant entre autres : Alexandre Alexeïeff, Arcady, Berthold Bartosch, Omer Boucquey, Paul Grimault, Henri Gruel, Jean Image, Raymond Maillet, Pierre Barbin,  de créer l’ACA. Cette association a pour objectif d’unir et de coordonner les acteurs de l’animation française et d’organiser les soutiens pour mieux développer l’animation dans sa dimension créative et innovante. Le cinéma d'animation français se structure et cette nouvelle association vient compléter le dispositif de l'AFDC qui continue ses actions avec les journées du cinéma, le festival de Tours et les JICA.  Cette association deviendra l’AFCA en 1971.

Le premier numéro du bulletin de l'ACA sort durant l'année 1957.


Les Premières JICA qui ont permis ces rencontres avec les autres cinéma d'animation ont contribué à faire prendre conscience que l'Animation, trop confidentielle, n'était pas à sa juste place en France. Paul Grimault, président de l'association, plaide en introduction de ce premier bulletin pour un regroupement des forces vives de l'animation et de ses amateurs pour obtenir de nécessaires actions de soutien à l'animation française qui favorisent la création.

André Martin y rédige également un faire-part de naissance pour l'ACA. Ce faire-part est assez amer envers une animation française endormie qui ne tient pas son rang. Forte heureusement les animateurs français ont pu ressentir lors des premières JICA "l'engageante diversité des possibles de l'animation et la richesse de certaines écoles internationales" et qui leur a permis "de retrouver un enthousiasme qu'ils croyaient perdu". De cet enthousiasme naît entre autre l'ACA.


Documents Collection Geneviève et André Martin : Premier bulletin de l'ACA

Couverture, Introduction du bulletin par Paul Grimault, 1ère page de l'article d'André Martin.



Les deuxièmes JICA

André Martin nous rend compte de ces deuxièmes journées dans le no 84 des Cahiers du Cinéma de juin 1958 dans un article mi-figue mi-raisin, "Condoléances et surprises de l'animation". Toujours empreint d'un cabotinage "Marxien", il ne manque pas de souligner le sérieux de son implication de journaliste allant même jusqu'à participer au tournage de la Joconde, Palme d'or du court-métrage de l'édition 1958 du festival de Cannes, pour y promouvoir les tricots Mona Lisa.

Le paradoxe de ces deuxièmes JICA est la faible contribution des "paradis de l'animation" USA, Tchécoslovaquie, Canada alors que la Pologne, la Yougoslavie, la Roumanie prennent le relais.

Collection Geneviève et André Martin : Couverture des cahiers du cinéma no 84 et première page de l'article d'André Martin.

Côté condoléances

De nouvelles techniques, caméra et animation électronique, traçage et coloriage photographique, permettent de répondre "à la boulimie indifférenciée de l'ogre télévision". Cette industrialisation nous éloigne du regretté travail classique du dessin animé. André Martin nous adresse le faire part de décès de "l'animated cartoons". Les grands ateliers ferment leurs portes, Walt Disney ne produit quasiment plus d'animated cartoon, la UPA déçoit avec la série Ham and Hattie.

Image : http://mayersononanimation.blogspot.com/2012/04/ham-and-hattie-are-ho-hum.html


Des films comme Flebus de Ernst Pintoff ne semble pas suffir à rassurer André Martin sur l'évolution de l'animation américaine.


Des absents

Les tchèques sont absents de la programmation cette année-là. Trnka termine "les songes d'une nuit d'été", Hofman "la création du monde", Zeman "l'invention destructrice".

Les russes font "un bon en avant de cinq ans" avec "la réalisation de ses vœux" ou" La merveille" (Alexandre Ivanov).

Les canadiens sont peu représentés dans la programmation.


Des nouveautés

De belles nouveautés viennent heureusement réjouir les spectateurs de ces deuxièmes JICA.

On voit ainsi le retour de Len Lye dans l'animation avec "Free Radicals", film gravé directement sur pellicule.

Paul Grimault avec La Faim du monde, film de commande du Commissariat Général du Gouvernement – ancêtre de l'UNESCO – La Faim dans le Monde raconte en trois minutes et demi l'histoire de l'humanité, l'explosion démographique et le déséquilibre croissant de la répartition des richesses entre les pays riches et les pays pauvres. Cette animation destinée à un public international pour compléter un ensemble audiovisuel pour l'exposition de Bruxelles ne comporte aucun dialogue mais est accompagnée par la musique d'Henri Crolla.

image : https://www.senscritique.com/film/La_Faim_du_Monde/25087986


Arcady propose "trois films publicitaires excitants groupés sous le titre Derrière le miroir".


Les pays de l'est sont bien présents malgré l'absence des tchécoslovaques. Les yougoslaves "envahissent" ces journées avec Vatroslav Mimica et son "un solitaire".

Extrait de l'article Condoléances et surprises de l'animation.

Nikola Kostelac avec "La première" :

Image : https://www.filmaffinity.com/en/film898091.html

ou encore Dusan Vukotic avec Abracadabra :

Image et voir le film : https://www.youtube.com/watch?v=kd_fusEXlGc


La Roumanie est également représentée avec "Sept arts" de Ion Popescu-Gopo qui a obtenu la palme d’or du court métrage à Cannes en 1957 avec "Courte histoire". Sept arts nous présente les tribulation d'un petit personnage qui s'impose aux dinosaures grâce à l'Art.

Sept arts à voir : https://www.dailymotion.com/video/x2sypmv


Ces 2ème JICA sont aussi  l'occasion d'une première rencontre avec les polonais Jan Lenica et Walerian Borowczyk et de leurs films "Il était une fois" et "la maison" qui renouent avec le cinéma d'avant-garde et expérimental et qui ne resteront pas sans suite.

images : Dom la Maison de Jan Lenica et Walerian Borowczyk dans https://membrane.tumblr.com/post/246914845/gif-animé-membrane-tiré-de-jan-leniča-et

A voir sur https://www.dailymotion.com/video/xigb5c


La lumière vient aussi d'un indépendant, ancien de Walt Disney et de la UPA, John Hubley,  avec "les aventures d'un *" et ses textures en mouvement.

Photographie collection Geneviève et André Martin. (Le film est en couleur).


La Grande-Bretagne propose un film de 35 minutes d'un jeune réalisateur de 25 ans, Richard Williams. André Martin apprécie : "La perfection de cette œuvre, la première d'un jeune animateur" ... "annonce le cinéma plastique d'une jeune génération qui tournera les obstacles à son avantage."

Les deuxième JICA sont bien sûr l'occasion pour les créateurs de se rencontrer à nouveau dans cette ambiance festive et irremplaçable des JICA. Norman McLaren est présent à cette deuxième édition et goûte son premier pastis. S'il n'y a pas d'exposition cette année-là, un très grand nombre de créateurs sont présents. Si quelqu'un sait en  identifier tous les figurants, ça m'intéresse !


Photographie publiée par "Festival international du film d'animation d'Annecy" sur Facebook.

On reconnait notamment parmi les grands noms de l'animation Paul Grimault, Henri Gruel, Jean Jabely, Alexandre Alexeïeff, Claire Parker, John Hubley, Peter Foldes, Bruno Bozetto, Norman McLaren, Boris Kolar, Richard Williams ; et parmi les membres fondateurs Michel Boschet, André Martin, Pierre Barbin, ou encore Raymond Maillet.

Si quelqu'un sait en  identifier tous les figurants, ça m'intéresse !

Collection Geneviève et André Martin : Promenade en bateau. Norman McLaren au fond à gauche, Michel Boschet avec l'appareil photo. Qui sont les autres ?

Collection Geneviève et André Martin : Promenade en bateau. Paul Grimault en veste claire, Jean Jabely derrière lui, André Martin au fond à gauche Michel Boschet au fond. Qui sont les autres ?

Collection Geneviève et André martin : Norman Mclaren découvre les charmes du pastis dans la douceur cannoise.


Henry Moret et Georges Gondran du ciné club d'Annecy ont également participé à ces deux éditions. Ils entretiennent de très bonnes relations avec l'équipe des journées. Malgré le côté agréable et prestigieux de tenir les JICA à Cannes, ces journées sont un peu dans l'ombre du festival de Cannes. L'idée germe  de déplacer les JICA ... dans la ville d'Annecy !  Peut-être pour que les critiques soient moins muettes ? ...


A suivre. Prochain épisode : La genèse d'Annecy 5 : Naissance du festival d'Annecy

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