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  • Photo du rédacteurClément Martin

Festival d’Annecy 2022, trop long ou trop court ? 1ère partie

Dernière mise à jour : 21 juin 2023



Image : Intersect de Kick Koy (Suisse) prix off-limits Annecy 2022


Le 46e Festival international du film d'animation d'Annecy s’est achevé après avoir rassemblé le monde de l’animation pendant une semaine. Chacun s'est dispersé la tête pleine d’images, de spectacles, de rencontres et de partages avec de belles cernes sous les yeux. Car à Annecy cette année, plus que jamais il fallait “trancher” !

Avec plus de 500 films proposés, un grand nombre de longs métrages et des courts-métrages plus longs, il fallait être philosophe, cueillir sa propre sélection et attendre une prochaine occasion de voir les films qu'on a manqué.


Après ce tourbillon, il fallait bien quelques jours de repos pour revenir sur les moments qui m'ont marqué dans le festival cette année. Voici ceux de la première journée.

Le dimanche soir on trépigne !


Annecy s'est avant tout le plaisir de rencontrer ses amis de l'animation, il y a donc d'abord la traditionnelle et indispensable fondue du dimanche soir au Freti pour se préparer au démarrage du festival le lendemain.

Photo Clément Martin : Les amis de l'animation

Au fond : Marie-Pauline Mollaret, Yanick Heude, Véronique Dumon.

A gauche du fond vers l'avant : Francis Gavelle, Florian Delporte.

A droite du fond vers l'avant : Sofia El Khyari, Nicolas Thys, Florentine Grelier, Tony "Crayon".



Jour 1


Le lendemain, il faut vite partir dans le centre d'Annecy. Grâce à la mairie d'Annecy et son système de location de vélo courte durée on est à Bonlieu en un quart d'heure de petit port en longeant le lac et ses magnifiques Paysages.

Bravo Annecy !

Station de vélo libre-service de petit port :-)


L'officiel 1 courts métrages


Le cinéma d'animation, c'est d'abord et avant tout des courts-métrages se où les particularités et la typicité de l'œuvre expriment toute la puissance et la diversité de celui-ci. Les longs-métrages peuvent ensuite s'en inspirer avec souvent quelques concessions.


Un petit tour en salle de presse où Francis Gavelle prépare son article du jour et dès 10 heure on commence par le programme Officiel 1 des courts métrages. Une belle séance !

Un petit loupé sur la projection du premier film Mirascas de Raphaëlle Stolz pour un problème de DCP. le film est repassé à la fin mais pas le temps de le voir si on voulait voir la prochaine séance car entre retard des séances et proximité de la suivante s'était compliqué cette année. Ce sera pour une autre fois.


Puis c'était l'occasion de revoir Steakhouse de Spela Cadez (Slovénie, Allemagne, France) . Le film a été très apprécié pour son caractère "tranchant" et "carboné" ! Pour ma part, je ne m'y ferai jamais, probablement un problème de langue ! :-)

Le film a obtenu le prix du Jury.


Taaskohtumine de Üllo Pikkov - Estonie

Ensuite nous avons eu droit à un beau film estonien "Taaskohtumine" de Üllo Pikkov réalisé en prise de vue image par image.

Le film est malheureusement un peu abscons si on n'en lit pas le résumé auparavant. Réalisé avec des objets animés image par image, objets et personnages ont été conçus avec des matériaux de récupération provenant de l'île où se situe le film. Les personnages représentés par des plumes reviennent sur leur île qu'ils avaient abandonné pendand la guerre. Le film nous raconte ce retour.

La direction artistique de Anu-Laura Tuttelberg se ressent fortement dans ces attelages improbables et ces personnages en plumes qui nous offrent des passages tout en subtilité et tendresse.

Image : https://www.nukufilm.ee/arhiiv/taaskohtumine/


Hysteresis de Robert Seidel (Allemagne)


On a poursuivi avec le superbe Hysteresis de Robert Seidel (Allemagne) aux images baroques de danseur en train de fondre et de couler pour un effet graphique somptueux sur un bel écran.

Image : Hysteresis in https://tportmarket.com/films/hysteresis/


Ce film est un écho animé, moderne et irrespectueux de notre si belle chapelle Sixtine ! Cinq siècles plus tard.


Amok de Balázs Turai (Hongrie, Roumanie)

Dans cette très belle première séance on a ensuite vu avec un plaisir non dissimulé "Amok" de Balázs Turai. Je ne suis pas forcément un adepte des films déjantés mais ici j'ai été enthousiasmé par le côté délirant et cohérent de ce film. Couleurs fluo, nain de jardin et super héros masqué, persécuté par ses démons intérieurs et ses folies meurtrières. Il aurait pu manquer une psychanalyse par un singe pour compléter ce tableau psychotique mais non tout y est !


Le film a obtenu le Cristal du court métrage et le Prix France TV pour un court métrage. Nous aurons donc l'occasion de le revoir.


Voir la courte bande annonce :



Sprite Fright - Matthew Luhn, Hjalti Hjalmarsson (Pays-Bas)


On a terminé la séance par Sprite Fright, ce film sans originalité graphique car conçu en "espéranto 3D" est un film divertissant grand public avec de drôles de champignons dont le combat symbolise la revanche de la nature sur nos abus. Développement durable oblige, on ne s'ennuie pas.

Image : https://www.clevelandfilm.org/films/2022/sprite-fright


Puis c'est le moment de partir en courant pour rejoindre la séance off-limits qui me réserve chaque année une belle surprise en éloge au cinéma expérimental. Mirascas de Raphaëlle Stolz est reprojeté ... avec les bonnes couleurs. Je ne le verrai pas.


Séance Off-Limits


On arrive essoufflé à la séance off-limits; tout juste le temps de faire la bise à Marcel Jean le Directeur artistique du festival à l'entrée de la salle puis de lever le pouce en lui disant "ça commence fort ! " :-).


"La mujer como imagen, el hombre como portador de la mirada" de Carlos Velandia (Colombie)


Ce film expérimental reprend des plans de l'histoire du cinéma en nous les proposant en séquences saccadées. Le son est lui aussi haché pour un effet réussi. On regrette juste que l'exercice soit resté sérieux avec une succession sage de séquences, un peu de combinatoire rythmée avec un jeu de formes, nous aurait amené une jubilation supplémentaire.


"Under the Microscope" de Michaela Grill (Autriche Canada)


Ce film nous propose des images de processus cellulaires, des éclatements de pollen et des germinations avec des flashs de couleurs mettant nos rétines à l'épreuve pour notre plus grande joie. Ce film est bien entendu à voir au premier rang; il aurait sans conteste obtenu le "graminée award" si ce prix avait existé ! :-)

Image : https://www.viennale.at/en/film/under-microscope

Intersect de Kick Koy (Suisse)


Pour terminer sur cette séance off-limits, on citera Intersect de Kick Koy (Suisse) qui nous propose des métamorphoses numériques de roches, de végétation d'insectes en cinq chapitres. Le chapitre nous montrant un traveling sur un insecte est magnifique !

Le film a obtenu le prix off-limits à Annecy.


Pause déjeuner

Annecy c'est magique ! Il faut que je vienne à Annecy pour déguster un improbable "hamburger vegan" avec un authentique marxiste ! :-)


Photo Florentine Grelier.


Longs Métrages


Annecy c'est aussi les long-métrages. Nous avons commencé par Silver Bird and Rainbow Fish en compétition Contrechamp 1 qui n'a pas vraiment retenu mon attention. Le hamburger vegan a-t-il été trop bon ?


Island de Anca Damian (Roumanie, France, Belgique)

Nous avons poursuivi avec Island de Anca Damian (Roumanie, France, Belgique). Présenté en grande pompe dans la grande salle de Bonlieu, le film m'a déçu.

Le film se veut une métaphore de notre monde, la solitude volontaire sur une île envahie par des migrants, des ONG, des gardes. Inspiré de Robinson Crusoé le récit, se disperse trop en entassant les sujets à la mode de notre pauvre monde pour ne les traiter qu'en surface sous forme de paraboles molles. C'est dommage une meilleure lisibilité, un peu plus de simplicité n'aurait pas desservi le film et ses qualités.

Photo Clément Martin : Marcel Jean, Anca Damian et une partir de l'équipe du film.




Cérémonie d'ouverture

Pour terminer cette belle journée de projections, il y avait la cérémonie d'ouverture. Marcel Jean a officié tout à son en aise en maître de cérémonie passant la parole aux "officiels" pour leur discours : le maire d'Annecy François Astorg et le président de Citia Dominique Puthod.

Nos "officiels" se sont réjoui du retour à un festival complet, fort de ses délégations étrangères après une édition 2020 en ligne et une édition 2021 hybride. Dominique Puthod a évoqué la situation de l'Ukraine. Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes présent dans la salle a été chaudement applaudi.


Hommage à Giannalberto Bendazzi

Un hommage a été rendu à Giannalberto Bendazzi professeur et historien du cinéma d'Animation qui nous a quitté en décembre dernier. L'équipe du festival lui a dédié l'édition du Festival.

Pour ceux qui suive régulièrement ce blog vous connaissez mon intérêt pour le l'histoire du cinéma d'Animation. Giannalberto Bendazzi fait partie de ces rares personnes qui travaillent inlassablement pour couvrir le plus exhaustivement possible l'histoire de cet art autant méconnue qu'infinie dans ces œuvres.


Toujours avec humilité, comme le montre ce courrier adressé à André Martin, Giannalberto Bendazzi a patiemment construit pendant plusieurs année une première histoire encyclopédique du Cinéma d'Animation qu'il a publié en 1978. L'exemplaire de mon père fait partie de mes livres de chevet.

Collection Geneviève et André Martin : Lettre de Giannalberto Bendazzi à André Martin.

Giannalberto Bendazzi a par la suite continué pendant plus de quarante ans à compléter cette histoire encyclopédique, l'adaptant également pour les jeunes générations qui n'ont souvent pas connu la pellicule. Cet immense travail a donné lieu à la publication d'un nouvel ouvrage en anglais et en 3 tomes sur 1 500 pages en 2015 : "Animation : a world history".

Ces ouvrages sont un leg inestimable pour toutes les personnes qui prennent le relais pour comprendre le cinéma d'animation et son histoire passée et à venir.

Pour en savoir plus sur Giannalberto Bendazzi voir cette conférence :


Les Minions 2 : Il était une fois Gru

Réalisation : Kyle Balda, Brad Ableson, Jonathan del Va. USA


L'évènement de la soirée d'ouverture était la projection en avant-première mondiale pour ce deuxième film des "Minions" dont le premier opus a connu un succès d’envergure.

Les minions font partie de ces longs métrages d'animation qui font parler de l'animation par leur succès en salle et la presse s'est largement étendu sur cette avant première pendant le festival. Cette "locomotive" a une caractéristique bien particulière : celle d'une alliance franco-américaine.


Depuis 2010 "Illumination", une filiale indépendante d’Universal Pictures s'est associé au studio d’animation français Mac Guff. Leur première coopération a été sur la réalisation du premier film de la franchise : Moi, moche et méchant de Pierre Coffin et Chris Renaud.


Fort de ce succès Mac Guff et Illumination ont consolidé leur union et fondé Illumination Mac Guff en 2011 pour réaliser 11 autres films qui ont tous connus le succès.


L’équipe des "Minions 2 : Il était une fois Gru" est montée sur scène, avant la projection du film.

Chris Meledandri, fondateur et PDG du studio Illuminations a déclaré :

  • «L’histoire de Moi, moche et méchant a débuté à Annecy, et il est normal je pense qu’on soit ici ce soir pour ce nouveau film ».

avant d’inviter le reste de l’équipe (excepté Pierre Coffin, absent) à monter sur scène.

Photo Clément Martin. L'équipe des Minions 2


Après ces échanges chaleureux on a pu voir le film. Bien sûr nous sommes sur un produit grand public. On n'échappe donc pas :

  • aux gentils et aux méchants,

  • au gentil - méchant et au méchant gentil,

  • aux monstres strato-magiques

  • aux combats d'arts martiaux.

  • à une fin .... chuuuuuuttttttt !

On empile les recettes mais le film est plaisant, enlevé avec ses personnages typiques : Gru, les minions et les "vicious 6". Un nouveau succès tout public à prévoir pour promouvoir le Cinéma d'Animation.


Cette première journée du festival a été copieuse, gourmande. Elle illustre, si cela était nécessaire, combien le Cinéma d'Animation est riche, divers, créatif, abondant. Un dernier petit verre entre amis et retour à petit port pour récupérer quelques heures .


A suivre !














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