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- 78 - Plaisirs d'archives durent un moment : Lejf Marcussen !
"Tonespor" de Lejf Marcussen - 1983 - Danemark - Photo collection Geneviève et André Martin Le classement des archives est un travail minutieux où chaque détail compte. Si cette activité peut apparaître parfois laborieuse et solitaire, elle réserve souvent de belles surprises. Une enveloppe, une lettre, des photographies Après avoir numérisé une enveloppe, une lettre de Lejf Marcussen à André Martin datant de juin 1985 et des photos sans annotations de styles plutôt hétérogènes, en prenant bien soin de garder le tout groupé, ce fût l'heure des recherches sur internet et dans les livres d'histoire du cinéma d'animation. L'enveloppe et la lettre de Ljf Marcussen adressée à André Martin le 18 juin 1985 Images Collection Geneviève et André Martin Quelques exemples des photographies qui se trouvaient dans l'enveloppe. photos : Collection Geneviève et André Martin Lejf Marcussen (1936-2013) Lejf Marcussen - image https://www.dfi.dk/en/viden-om-film/filmdatabasen/person/lejf-marcussen Les recherches ont été assez faciles ! On trouve de choses sur internet et dans la littérature. J'ai pu ainsi découvrir les travaux de Lejf Marcussen, réalisateur danois de films d'animation expérimentaux. Diplômé de l'école danoise de design et de l'académie royales des Arts de Copenhague, il a intégré le secteur audiovisuel de la "Danmark Radio". De 1977 à 2002, il a réalisé douze films expérimentaux qui s'intéressent plus particulièrement aux rapports entre l'image et la musique. Filmographie de Lejf Marcussen. source : https://www.dfi.dk/en/viden-om-film/filmdatabasen/person/lejf-marcussen Trois films Les trois familles de photographies concernent trois de ses films. Stills 1978 La première série de photographies sont des images de Stills. On ne peut malheureusement pas voir le film en ligne ... il reste donc à découvrir. Dans 'Stills', Lejf Marcussen prend comme point de départ sonore les ondes courtes électroniques. D'un point de vue graphique, il fait évoluer une série de modèles statiques (dessinés au stylo sur celluloïd) pour les faire 'bouger' à travers des transformations constantes et des changements de couleur. (1) Le film est ici accompagné d'une musique synthétique. Image : https://www.dfi.dk/viden-om-film/filmdatabasen/film/stills Sten (Stones) 1982, 8'25 La deuxième série concerne le film en couleur Sten (Rochers). On ne peut également pas voir le film en ligne ... il reste donc à découvrir. Dans ce film Lejf Marcussen nous propose des métamorphoses obtenues à partir de photographies de rochers et de superpositions avec pour accompagnement sonore une composition sur harpe celte d'Alain Weber. Sten - photo en N&B collection Geneviève et André Martin Tonespor (Tone traces) 1983 La troisième série de photographies, en couleur cette fois, concerne le film Tonespor. Avec Tonespor Lejf Marcussen continue avec brio son travail sur la relation entre l'image et la musique en s'appuyant sur le final de la 5e symphonie de Carl Nielsen, maître danois de la musique symphonique. "Tonespor" où des signaux lumineux illustre la musique dans leurs mouvements et leurs couleurs Photo collection Geneviève et André Martin Lejf Marcussen nous offre ici le spectacle fascinant de trainées lumineuses et colorées qui progressent dans l'espace accompagnant parfaitement instruments, rythmes et tonalités dans un synchronisme parfait. Lejf Marcussen atteint ici la perfection pour illustrer graphiquement la forme musicale du contrepoint et ses lignes musicales distinctes. On peut voir le film sur https://www.youtube.com/watch?v=sm4ZPDqeO1I en attendant de le voir sur un bel écran de cinéma. Mais ce n'est pas tout ! Lejf Marcussen a réalisé des films dans des genres graphiques très différents pour illustrer avec maestria le rapport image son dans la musique ... et on peut les voir en ligne ! The Conductor 1978 Vous pouvez visionner le désopilant "The Conductor" film de 3 minutes qu'il réalisa en 1978. Cette fois-ci le réalisateur exprime de manière figurative cette relation image-son-musique sur l'ouverture du carnaval romain d'Hector Berlioz (1844) en nous montrant un chef d'orchestre vivre la musique qu'il dirige dans une caricature si réussie qu'elle traduit à merveille le réel du ressenti de celui-ci. A voir sur https://www.youtube.com/watch?v=Gl1k8SNfCeI Den Offentlige Røst (The Public Voice), 1988 - 11' A partir d'un tableau de Paul Delvaux, Lejf Marcussen nous offre un jeu de travelling avant qui pénètre dans le tableau nous offrant un tunnel abstrait avant d'entamer un mouvement contraire qui nous offre d'autres explorations. On peut voir le film sur https://www.youtube.com/watch?v=sXMPNBewNbk Au festival d'Annecy, en 1989, le film a obtenu une mention spéciale pour la technique au service de l'imagination et le prix de la presse. L'œuvre de Lejf Marcussen a été consacrée en 1990 par le prix "Héritage Norman McLaren" au festival d’Ottawa. Un peu d'histoire Avec ses travaux, notamment Tonespor, Lejf Marcussen s'inscrit dans la lignée des œuvre s d'Oskar Fischinger, Mary Ellen Bute et de Norman McLaren où les réalisateurs cherchent à traduire en images animées la musique que l'on écoute pour nous procurer des joies synchroniques et contrapuntiques (2). Pour situer le film de Marcussen dans l'histoire de ces recherches sur le rapport image son en animation vous pouvez notamment visionner ces cinq films : Oskar Fischinger On peut noter dans ce parcours historique le travail d'Oskar Fischinger au début des années 30 avec Study no 8 1931 d'Oskar Fischinger sur la musique de l'apprentis sorcier (1897) de Paul Dukas qui rencontrera à nouveau l'animation et Disney en 1940 sur fantasia. Voir un court-extrait sur https://www.youtube.com/watch?v=9JU3GFgMWh8 Ou encore "An Optical Poem", 1938 sur une musique bien connue de Franz Liszt qui sera également reprise dans de nombreux cartoons. Voir le film sur https://www.youtube.com/watch?v=6Xc4g00FFLk&t=303s Marry Ellen Bute Synchromy no4 : Escape" de Mary Ellen Bute (1938) est un autre exemple de recherche autour de la relation entre la musique et l'image sur la toccata de Bach. Les années 30 ont ceci de particulier de nous proposer plusieurs films étonnement modernes et en avance sur leur temps (3) parmi lesquels on compte "Synchromy no4 : Escape" avec des motifs issus d'oscilloscopes colorés à la main dont le rendu est stupéfiant pour l'époque ... on dirait de la vidéo des années 80 ! On peut voir le film sur https://www.youtube.com/watch?v=YRmu-GcClls Ne boudez votre plaisir et regardez aussi "Tarantella" Mary Ellen Bute (1940) co-animé avec Norman McLaren dont les abstractions cinétiques nous offre un rendu visuel de la musique de Edwin Gershefski. A voir sur https://www.youtube.com/watch?v=czDsy8BYP1M Norman McLaren Bien sûr ! Si Norman McLaren a collaboré avec Mary Ellen Bute, il réalisera par la suite plusieurs films majeurs sur la relation entre la musique et l'imagge animé. Vous pouvez-voir Synchromy Norman McLaren 1971 sur https://www.youtube.com/watch?v=_UA40sL06sU Ces plaisirs d'archives nous montrent une évidence, une rétrospective Lejf Marcussen serait la bienvenue sur un bel écran de cinéma ! On pourrait même inscrire celle-ci dans la démarche historique de ses aînés ! A bientôt dans une belle salle de cinéma ? Notes : (1) source Den Dansk Film Institut https://www.dfi.dk/is/viden-om-film/filmdatabasen/film/72483 (2) McLaren a réalisé un film avec Mary Ellen Bute " Spook sport" en 1940 lors de son passage à New York avant de rejoindre l'Office National du Film du Canada qu'il ne quittera plus. Voir "16 Naissance du cinéma informatique : 1ère partie des pionnières et des pionniers " sur https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/naissance-du-cinéma-informatique-1ère-partie-des-pionnières-et-des-pionniers (3) voir Rainbow Dance - Len Lye (1936) ... déjà le clip musical ? sur https://www.youtube.com/watch?v=JpVrIjj8mhU #lejfmarcussen #tonespor #maryellenbute #oskarfischinger #normanmclaren #gamca
- 79 - Festival d'Annecy 2024 : L'affiche nouvelle est arrivée !
Source Image : https://www.lefilmfrancais.com/cinema/166147/annecy-2024-s-affiche Chaque année nous attendons avec impatience l'affiche du Festival International du Cinéma d'Animation d'Annecy. Elle est arrivée ! A Annecy, le festivalier doit affronter et réussir un audacieux marathon de culture et de plaisir. Il doit lutter contre le temps pour : Voir les courts-métrages, les longs-métrages, le MIFA, les conférences, les "Wip", les offs ; Assister aux spectacles et aux différents évènements diurnes et nocturnes propices à tant de belles rencontres avec ces passionnés d'animation du monde entier qui se retrouvent joyeusement dans ce si bel écrin pour le Cinéma d'animation qu'est la ville d'Annecy depuis 1960 (1)(2). Cet écrin se situe sur les bords du lac d'Annecy, un des symboles de la ville avec la magnifique promenade du Pâquier qui longe le lac et qu'on emprunte volontiers de Bonlieu à l'Imperial Palace. Cette année l'affiche est sportive ! Elle nous appelle à ces baignades obligatoires tant la vision des montagnes qu'on a en se baignant est exceptionnelle. La réalisatrice portugaise Regina Pessoa, Cristal du court métrage en 2006 avec "Histoire tragique avec fin heureuse" est l'auteur de cette affiche. Elle nous annonce que l’animation portugaise sera à l’honneur lors de l'édition 2024. On peut voir la bande annonce du film sur https://www.youtube.com/watch?v=b3GSG8fIP1o Regina Pessoa nous a confié quelques clefs de cette affiche dans un post facebook (3). Regina Pessoa - Belle photographie du regretté André Gobeli photographe historique du festival - source image https://www.cineserie.com/persons/2360673/ Trois thèmes pour Annecy 2024 Le sujet principal de l'affiche est une femme. L'attitude puissante et sportive de cette femme qui nage évoque le premier thème de l'affiche : "la femme forte". A la nageuse vient se juxtaposer si vous regardez bien la silhouette d'une danseuse avec cheveux, robe et mantille. L'artiste évoque ainsi un autre thème du festival cette année : "la danse". Pas de danse sans musique alors qu'un chant s'échappe de la bouche de la nageuse libérant des oiseaux qui s'envolent dans une suite d'images clefs qui symbolisent également l'animation. Enfin la présence des fleurs rouges sur laquelle on peut s'interroger devient limpide quand on vous l'explique. Ces fleurs sont des œillets et commémore le 50e anniversaire de la "révolution des œillets" et la chute de la dictature qui sévissait au Portugal depuis 1933, comme un hommage aux valeurs de liberté et d'universalité de ce pays mais aussi à celles de la culture et du cinéma d'animation. Le lac d'Annecy, le Portugal, le Cinéma d'Animation, la Femme Forte, la Danse, la Musique, nul doute que la diffusion de l'affiche 2024, qui marque le début d'un chemin qui va nous amener au festival du 9 au 15 juin, annonce une nouvelle édition remarquable et festive concoctée par les équipes de Citia. Les accréditations sont ouvertes ! :-) #annecyfestival #reginapessoa #gamca (1) 25 Le Festival d'Annecy a 60 ans : conservateur, dirigeants et docteurs, l'examinent ! https://www.gamca.info/post/le-festival-d-annecy-a-60-ans-conservateur-dirigeants-et-docteurs-l-examinent (2) 11 La genèse du festival d'Annecy 5 : Naissance du festival https://www.gamca.info/post/la-genèse-du-festival-d-annecy-5-naissance-du-festival (3) https://www.facebook.com/reginapessoa/posts/pfbid087UrtnmXGowTAuBUK3NcNJ8JYTs6G52w4PNS7fSS8cYPxGkvFQajAk7G2bHD7QKHl
- 15 - Prenez une bouffée d'air pur !
Rivages 2020 France Durée : 08 mn 21 s Réalisation : Sophie Racine Production : Am Stram Gram, Yves Bouveret Direction artistique : Sophie Racine Scénario : Sophie Racine Graphisme : Sophie Racine Storyboard : Sophie Racine Layout : Sophie Racine Décors : Sophie Racine Animation : Sophie Racine, Gabriel Jacquel Compositing : Sophie Racine, Gabriel Jacquel Musique : Yan Volsy Son : Yan Volsy Montage : Sophie Racine Ce film a obtenu le prix André-Martin du meilleur court métrage français au festival d'Annecy en juin 2020. A l'occasion des 60 ans du Festival d'Annecy, je voudrais remercier Francis Gavelle pour la création des prix André Martin court et long-métrage à Annecy. Ces prix alternatifs au palmarès "officiel" mettent en valeur des films dont les qualités graphiques et l'intérêt instrumental en font des oeuvres à part et souvent à part entière ! Ces prix perpétuent la pensée d'André Martin sur le Cinéma d'Animation qu'il a "projeté et animé" successivement dans les ciné-clubs, les journées du cinéma, le festival de court-métrage de Tours, les Journées Internationales du cinéma d'Animation ... et au festival d'Annecy pour s'arrêter, pour l'instant, en 1960 et à cet anniversaire ! Photo Clément Martin : André Martin dans sa maison de Villeneuve-le-roi en 1979. Je profite de ce post pour afficher cette photo d'André Martin qui porte son regard sur la lumière car elle n'est pas sans rapport formel (Grain, contrastes, noirs profonds, lumière, personnage pas concerné par le regard de l'autre) avec le film de Sophie Racine même s'il s'agit d'un intérieur avec un cadre qui compose des artefacts et un personnage. Il faut remercier également le jury des prix André-Martin 2020 qui était composé de passionnés d'animation. : Mohamed Beyoud, directeur artistique, Festival international du cinéma d'animation de Meknès, Cécile Giraud, médiatrice cinéma, Cinémas indépendants de Nouvelle-Aquitaine, Alexis Hunot, activiste du cinéma d'animation, d'avoir distingué ce film qu'aurait apprécié André Martin. :-) Mais revenons au film ... :-) En ces temps pandémiques où se succèdent les privations qui nous réduisent le plus souvent à un horizon minéral dans les villes, quoi de plus précieux que la belle promenade que nous propose Sophie Racine dans son film. "Ce film a pour sujet le rivage, cette frontière mouvante entre l’image et la terre. Construit à partir d’un décor dessiné à 360 degré inspiré des rivages de l’île de Batz. Il y a peu de personnages. Le paysage est centrale et les éléments en sont les véritables personnages." Vous pouvez écouter Sophie Racine nous parler de son film sur https://www.youtube.com/watch?v=iT_i_UsmRo8. Quelle joie de se laisser emmener sur un chemin où se succèdent des tableaux abstraits qui frémissent sous les éléments et dans lesquels viennent s'animer les surprises de la nature. Les discrètes vibrations de la faune et la flore vivante nous enveloppent pour nous offrir ces beaux spectacles. Promeneurs, pêcheurs de coques ou enfants qui jouent dans les rochers, nous plongent dans nos souvenirs heureux, ceux où on se rappelle s'être arrêté pour contempler la vie, respirer en se disant "mais qu'est-ce qu'on est bien !". On continue notre parcours en observant à distance mais avec plaisir ces paysages. La musique de Yan Volsy, avec instruments à cordes, nous accompagne avec la même discrétion en se mêlant aux sons naturels de la lande enregistrés pendant les repérages pour les décors. Le son et la musique viennent compléter l'ensemble avec bonheur. image : https://2.bp.blogspot.com/-CqPmWmKbug8/WVs_Hlyt4NI/AAAAAAAAC-o/0nbC-vsY0GYhG4L_makFO_o0FOkzjtmRwCLcBGAs/s1600/Rivages-1-SophieRacine.jpg Mais par quel miracle ce court-métrage nous fait-il si bien respirer et humer les embruns ? Bien sûr, il y a le goût de Sophie Racine pour la peinture et l'aquarelle de paysages et de compositions végétales colorées qui lui permettent de saisir la délicatesse du sujet . Cependant, elle a opté ici pour un abandon de la couleur. Elle renforce ainsi la structure des images. La diminution des informations dans l'image noir et blanc et contrastée renforce le "message" et nous fait frôler l'abstraction . La lumière devient un acteur principal du film et la structure des images en met en valeur les variations. Sophie Racine nous précise des éléments techniques dans "Annecy 2020 : « Rivages », vingt-quatre heures dans la vie d’une plage" Article et propos recueillis par Stéphane Dreyfus (https://film-animation.blogs.la-croix.com/annecy-2020-rivages-vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-plage/2020/06/19/ ) : "Tout a été dessiné sur ordinateur. J’ai ensuite intégré des linogravures numérisées, pour obtenir cette trame granuleuse et ces nuances de gris. Pour l’animation des nuages ou de la brume, je voulais quelque chose de très précis, donc je l’ai affiné lors du "compositing"." Images : Merci à Sophie Racine pour ces images. On y voit ces plans abstraits de nature qui s'animent délicatement dans le film. Les qualités graphiques ainsi obtenues nous offrent : «Un film qui fait appel aux sens, une évocation de la mer, du vent, de la lumière, pour prendre le temps de découvrir un petit bout de terre bordé par la mer. Une invitation à regarder ce qui nous entoure." cf. https://www.youtube.com/watch?v=iT_i_UsmRo8 Le film n'est pas disponible pour le visionner sur internet, il nous faudra donc encore patienter un peu pour le voir sur un bel écran avec un beau son, dans une belle salle de cinéma qu'on attend tous. :-) André Martin aurait, avec certitude apprécié, le talent de Sophie Racine qui nous fait prendre une si belle "bouffée d'air pur" grâce au Cinéma d'Animation. Devant le traitement graphique qui se rapproche de la gravure et du monotype (estampe), face à ce grain animé qui fait frémir la nature, il aurait certainement dit à notre jeune créatrice : "Quand faites-vous un film avec l'écran d'épingles ? Alexandre et Claire l'ont fait pour que des artistes comme vous l'utilisent après eux".
- 14 - Les dessins animés peuvent-ils sauver la terre ?
Suite à la parution du no 2 de la revue Blink Blank sur le cinéma d'animation, le bel article de Xavier Kawa-Topor sur le cinéma d'animation et l'écologie nous donne l'occasion de mettre en évidence trois court-métrages d'animation sur des sujets liés à l'écologie à situer dans le contexte de l'époque et annonciateurs des difficultés rencontrées aujourd'hui : l'usage civil de l'atome, l'urbanisme et le développement, la surconsommation. Usage civil de l'atome : Un atome qui vous veut du bien 1959 Réalisateur : Henri Gruel Scénariste : Henri Gruel Société de production : Les Films Hermès Directeur de la photographie : Marcel Cisewski Dessins : Michel Boschet, Manuel Otero, Michel Dery, Assistant Jean Tappou Animation : Michel Cisewski, Jacques Leroux, Assistant Jacques Thierry Texte : André Martin dit par Jacques Bodoin Musique : Henri Gruel Direction d’orchestre : Geneviève Martin Montage : Laurence Mery Ce film ne peut pas être visionné en ligne. En 1959, André Martin et Michel Boschet collaborent, après la Joconde, à un deuxième film réalisé par Henri Gruel. Geneviève Martin effectue la direction d’orchestre pour l’enregistrement de la musique originale composée par Henri Gruel. Geneviève Martin en cette même année 1959 composera sa première musique de film d'Animation pour Julien Pappé. Collection Geneviève et André Martin : Henri Gruel et André Martin Ce film à vocation pédagogique présente les vertus du nucléaire et cherche à contrecarrer les croyances négatives sur celui-ci. AM a écrit les textes de ce court-métrage. Ce film de commande rassure avec humour sur les idées fausses qui tournent autour du nucléaire. En 1959 le nucléaire s'est surtout manifesté par ses applications militaires qui font peur, en pleine guerre froide, avec sa course belliqueuse à l'armement nucléaire entre les deux blocs. ( voir https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/enfin-adulte-le-cinéma-d-animation sur " A Short Vision" Joan et Peter Foldes 1956 ). Le nucléaire civil est indissociable du nucléaire militaire et ce court-métrage sort quelques semaines avant le premier essai de français de la bombe atomique le 13 février 1960. Photographie : https://www.lechorepublicain.fr/paris-75000/actualites/il-y-a-60-ans-la-premiere-bombe-atomique-francaise-zebrait-le-ciel-saharien_13739970/ Sur ce lien vous pouvez également visionner un intéressant reportage de l'époque sur ce premier essai, tout à la gloire de la France, de sa puissance militaire avec toute la naïveté rassurante de la propagande de l'époque dont on est depuis revenu. Au-delà de ce contexte belliqueux qui, une fois de plus, fait avancer la science et la technologie, ce court métrage est consacré à des applications plus heureuses. Non le nucléaire ne crée pas de maladies, de problèmes agricoles, ou des dérèglements climatiques, au contraire le nucléaire civil promet de belles applications médicales, de conservation des aliments, d'irrigations, création de matériaux. Le ton léger de cet optimisme scientifique s'exprime avec l'enthousiasme mesuré possible à l'époque. On y reconnait le goût d'André Martin pour l’histoire pour illustrer les peurs ancestrales de notre monde. Photographie collection Geneviève et André Martin : Un atome qui vous veut du bien. On y retrouve aussi son goût pour le calembour Marxien entre "soupe aux champignons", "ses fusées gothiques" ou "mosco-vites et bien" sans oublier de nous prévenir que "c'est en pompant que les déserts deviendront plus pimpants". :-) Photographies collection Geneviève et André Martin : Un atome qui vous veut du bien. L'animation image par image est faite sur cellulo dans des décors simplifiés qui mettent en évidence le discours. On y voit l'influence de la UPA des débuts dans la stylisation des personnages et de John Hubley pour ses décors texturés. Le film comporte également des séquences en prises de vue réelles traitées par polarisation pour créer des images colorées et saturées pour souligner et symboliser les angoisses sur le nucléaire. image : https://lhybride.org/programmation/archives/item/781-trésors-des-archives-françaises-du-film-comiques-et-absurdes.html : Un atome qui vous veut du bien. Si ce sujet de commande impose une admiration volontairement béate du nucléaire en devenir, le film n'oublie pas de rappeler que "les arts du feu", la maîtrise de l'énergie ont toujours été complexes pour l'humanité. Dans sa promotion de l'énergie nucléaire et de l'utilisation de l'atome, le film n'en oublie pas moins dans sa conclusion de souligner que seule la sagesse permettra d'en tirer de la prospérité et non des catastrophes. Réflexion sur le nucléaire : Un peu de polémique ? :-) Paradoxe de notre époque avec les graves problèmes de réchauffement climatique, le nucléaire produit aujourd'hui une énergie décarbonnée avec certes les problèmes des déchets mais ces problèmes sont sans commune mesure avec les impacts violents à venir sur les humains et la biodiversité avec les changements de climats. Image : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nucléaire_%3F_Non_merci_!#/media/Fichier:Nucleaire.jpg Malgré le film d'Henri Gruel et les textes d'André Martin ... l'énergie nucléaire fait toujours peur avec ses radiations invisibles. Le dogme anti-nucléaire rend difficile une réflexion globale sur l'énergie et le niveau de prospérité que nous souhaitons. La pression populaire qui se construit sur l'émotion devant de rares accidents conséquents , son exploitation politique mènent les pouvoirs de décision à des décisions dommageables pour l'environnement (Arrêt des centrales nucléaires en Allemagne et augmentation conséquente de la production des centrales à lignite !, arrêt de Fessenheim,...). On souhaiterait un réel débat sans obérer les réalités qui doivent nécessairement l'animer, l'éclairer et être discutée. L'énergie nucléaire est la forme de production qui fait le moins de morts par teraWh produit sur les principales sources de production. Le niveau de prospérité et de confort dont nous bénéficions est directement corrélé à notre production d'énergie. Sans le nucléaire ce niveau de prospérité risque de s'effondrer assez brutalement. https://www.contrepoints.org/2017/08/04/296088-nucleaire-source-denergie-plus-sure Certes le "mix énergétique" semble être la solution miracle, cette litanie va-t-elle sauver l'humanité ! Sans remettre en cause le développement des énergies renouvelables, celles-ci sont-elles vraiment "alternatives" ? Pour alimenter cette réflexion voici un point de vue, certes un peu péremptoire, mais qui pose clairement le débat sur l'énergie nucléaire comme on le voit rarement : Ecoutez Jean-Marc Jancovici ingénieur spécialiste du climat et de l'énergie. Urbanisme et développement : Demain - Paris 1959 Réalisateurs : Michel Boschet , André Martin Production : Les films Roger Leenhardt Animateurs : Jacques Leroux, Michel Roudevitch Décorateurs : René Fouin et Manuel Otero Prise de vue : Julien Pappée Musique originale : Guy Bernard Support original : 16 mm couleur Durée : 16min Voir le film sur : https://www.dailymotion.com/video/xw6lak En cette même année 1959, André Martin et Michel Boschet réalisent leur premier film d'animation connu depuis les années bordelaises. Le texte est travaillé en rimes et vers. On retrouve dans l'équipe du création du film, une partie de la future équipe des films Martin-Boschet avec Michel Roudevitch et René Fouin et Julien Pappé (qui réalise et produit également ses propres films). Il est produit par Roger Leenhardt. Ce dessin animé qui vise à promouvoir la politique d’aménagement à Paris est une commande du Ministère de la Construction. Cette politique est décrite en 1958 dans un plan d'aménagement à 10 ans. Elle impacte le district de Paris créé en février 1959 devenu depuis l'île de France. https://50ans.apur.org/data/b4s3_home/fiche/65/02_plan_directeur_urbanisme_1959_appa170_7c090.pdf : Plan d'urbanisme directeur de Paris Le district de paris en 1959 : http://2.bp.blogspot.com/-QpkI-s_tLYo/UwDpWaQj-xI/AAAAAAAAEzk/TO-Glqw3GSo/s1600/districtparis.JPG On retrouve dans ce film l’intérêt et la précision d’AM pour l’histoire, ici de Paris. Le film retrace tout d'abord l’histoire du développement de Paris du Moyen Âge au XIXe siècle. Dès 1320 des dispositions sont prises pour réduire l'encombrement des troupeaux et ses premiers bouchons peu hygiéniques .... Image de demain Paris tirée de https://www.dailymotion.com/video/xw6lak Puis les aménagements d'Haussmann avec ses destructions et une première migration des délogés de ces nouveaux beaux quartiers qui exigent à Charonne ou à Belleville."Le champêtre Paradis autour de Paris se couvre de taudis". Image de Demain Paris tirée de https://www.dailymotion.com/video/xw6lak Image : http://cm2dolomieu.fr/second-empire/index.html Puis il nous présente les origines de la naissance de la banlieue et de ses avatars au XXe siècle. La banlieue se développe et dépasse le million d'habitants. Il annonce les grands principes d’aménagement des villes nouvelles et la restructuration du centre de Paris avec ses impacts sur l’architecture … et les possibles disgrâces des constructions modernes juxtaposées à des édifices plus ancien. "Un noble voisinage demande qu'on évite un moderne outrageant" https://www.dailymotion.com/video/xw6lak . Les années 60, années du développement de la voiture sont annoncées avec leurs autoroutes ... même les bouchons sont prévues ! Le "métro, boulot, dodo" arrive avec les villes dortoirs et les courses aux transports en commun. Transports en commun et Ville dortoire : https://www.dailymotion.com/video/xw6lak Document collection et André Martin : Personnage courant au travail dessiné à la craie sur papier noir pour "la rough animation". image : résultat après gouachage et application du décor https://www.dailymotion.com/video/xw6lak Le plan directeur n'en oublie pas les projets d'espaces verts où les arbres doivent remplacer les forêts de panneaux de circulation. Panneaux et espaces verts : https://www.dailymotion.com/video/xw6lak Une chanson du vieux Paris conclut poétiquement cette vision du futur en 1959. Les enjeux n'ont pas changés et le projet du grand Paris continue de remodeler la région pour un nouveau demain. Surconsommation : Automania 2000 - 1963 Réalisateur : John Halas Producer : Halas & Batchelor Cartoon s Writer Joy Batchelor Animateur : Harold Whitaker Directeur artistique : Tom Bailey Musique : Jack King Narrator : Ed Bishop Image collection Geneviève et André Martin : Automania 2000 Cette photographie en N&B renforce la force graphique des images du film. Xavier Kawa Topor cite bien sûr ce petit chef d'oeuvre dans on article. Cette fable anticipe une asphyxie de l'humanité due à l'automatisation de la production et à l'autonomie de celle-ci qui finit par étouffer l'humanité de ces produits en l'occurence la voiture. Le film s'attaque férocement à la voiture et sa manifestation qui devient quasi obligatoire du "rang social". voir le court-métrage sur Vimeo. https://www.senscritique.com/film/Automania_2000/449228 : Voiture ostentatoire pour la haute hiérarchie du Clergé. Collection Geneviève et André Martin : 1955-03-12 The Saturday Evening Post - Pub Cadillac Les business man importants doivent avoir une grosse Cadillac sinon ... ils ne sont pas importants. Production automatisée, marketing, boulimie de consommation, ingénierie forment un cercle vicieux et ce cocktail détonnant provoque une surproduction de voitures qui envahissent notre espace vital jusqu'à que "l'automatisation du pilotage de la production automatisée" des voitures échappent au contrôle des humains. Image : https://www.vodkaster.com/films/automania-2000/171459 L'automatisation des procédés de fabrication génère un flux tel de produits que nous sommes obligés de vivre dans nos voitures entassées. Le bonheur est dans la voiture ! Collection Geneviève et André Martin : Automania 2000 Cette production boulimique incontrôlable provoque une submersion de produits qui ne sont même plus utilisables et cette production ne sert plus qu'à créer des monuments d'acumulation en hommage à cette folie. Automania 2000 : https://www.cyclesheffield.org.uk/2015/11/15/cycling-in-the-pub-2-automania-2000-thinking-beyond-the-car/ Automania 2000 : https://www.moma.org/collection/works/301794 Heureusement le développement de la voiture ne nous a pas amené à de telles extrémités ! Mais il faut s'interroger et agir pour limiter nos déchets, réutiliser, recycler et moins abîmer notre planète par notre consommation. Si nous ne vivons pas dans des voitures entassées, nous avons tout de même réussi à créer des continents de plastiques qui flottent dans le pacifique ! Nos déchets provoquent d'importantes dégradations de l'environnement. Nous ne sommes pas si loin d'automania 2000 ! A ce sujet vous pouvez regarder la très belle fable onirique de de Gabriel Harel produit par Kazak Productions : La nuit des sacs plastiques (2018) César 2020 du meilleur court métrage d'animation . La nuit des sacs plastiques : https://www.facebook.com/224758128289161/photos/a.224776518287322/407792293319076/ Les jeunes créateurs continuent à essayer de sauver la terre avec des dessins animés mais sommes-nous prêt à d'importants changements de mode de vie ? Il va bien falloir si on veut éviter un effondrement de notre civilisation industrielle. La suite va être passionnante.
- 13 - La Ville à Témoin
Salon de l’affiche de cinéma Dans le cadre du festival de Versailles organisé par Charles Ford et la municipalité qui s'est tenu du 12 au 17 novembre 1959 , les journées du cinéma ,(voir https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/la-genèse-d-annecy-2-des-journées-pour-le-cinéma), organisent la 2e exposition internationale des affiches de cinéma. Une quinzaine de pays concourent pour le prix Toulouse Lautrec qui récompense la meilleur affiche. Un article présente l'évènement dans Radio-télé-cinéma (maintenant Télérama) en faisant référence à l'article d'André Martin " La ville à Témoin" . En Septembre 1959, les "Journées du Cinéma" publient une nouvelle revue trimestrielle "Cinemas" sous la direction de Pierre Philippe. Ce numéro 1 est consacré à l'affiche de cinéma avec des articles de Charles Ford, Raymond Cid et André Martin qui y présente "la ville à témoin". Dans son style "imagé", André Martin, nous offre danse cette article une description minutieuse de l’état de l’art historique et de l’époque des affiches de de Cinéma mais la publication n’inclut pas d’illustration. Pourtant son discours, entre affiches commerciales et de création pure, nous offre un panorama graphique gourmand où l’animation, l’innovation technique n’est parfois pas loin. On ne peut pas résister à emprunter les pas d’André Martin pour illustrer cet article 60 ans après afin de se replonger dans l’univers jouissif des affiches de Cinéma et ses environs. Dans «La ville à témoin » AM distingue deux catégories d’affiches des destinées à promouvoir les films dans la ville : les affiches étalages, "les plus nombreuses", et les affiches invitations. Les affiches étalages Destinées à satisfaire les producteurs, ces affiches "étalent les détails appétissants du produit offert au public" : "fruits de la violence", "splendeurs nouveaux-riches de palais", stars "plus déshabillées que dans le film ", "baisers et visages idolâtrés par le public". Essentiellement commerciales, ces réalisations ne doivent pas troubler la gourmandise de la clientèle. On y présente « le produit ». Si le style est convenu et sans originalité, le temps leur a tout de même donné une signature, celle de son époque. Affiches : Le prince et la danseuse 1957 : https://www.pinterest.fr/pin/535576580656653500/ le fruit défendu 1952 : https://www.pinterest.fr/pin/118360296442379584/ Pandora 1951 : http://blog.costabravas.fr/monument-ava-gardner/ des femmes disparaissent 1959 : https://forum.westernmovies.fr/viewtopic.php?t=11353&start=2355 Traquenard 1958 : https://moncinemaamoi.blog/2017/04/30/party-girl-nicholas-ray-1958/ Le rouge est mis 1957 : https://moncinemaamoi.blog/2017/12/10/le-rouge-est-mis-gilles-grangier-1957/ Les affiches invitations Heureusement dans quelques grandes occasions, le désir de faire autrement incite des producteurs ou des réalisateurs "en cherchant moins à accrocher le spectateur qu'à élargir le retentissement de l'œuvre et à programmer son ambition ». Face à cet abandon du « carambolage classique des têtes d’affiches et des petits tableaux caractéristiques », on ne peut que s’attarder pour goûter la variété de ces créations qui élargissent « le retentissement de l’œuvre et proclame l’ambition du film ». Ces affiches prennent la rue et les spectateurs à témoin des efforts et des risques que prenez des créateurs exigeants avec une conception particulière de l’affiche de Cinéma qui devient progressivement une branche importante de l’imagerie moderne. En gagnant en valeur artistique, les affiches ne soucient plus de dresser des inventaires aguichants du film annoncé, elles en tirent un symbole, une expression condensée qui par sa lisibilité et son charme ne se révèlent pas moins captivantes. Ce style progressant, on trouve de plus en plus les deux type d'affiches de cinéma pour un même film, ce qui permet aux exploitants de mieux cibler leur public, « affiche piège à mouches pour les simples dévoreurs de films et celle destinée aux gourmets plus exercées". Cette heureuse cohabitation n’a pour but que de donner l’envie à la ville d’aller au cinéma ! Images : 1 Affiche étalage de « Sois belle… et tais toi » (Marc Allégré 1957) https://www.ecranlarge.com/films/845136-sois-belle-et-tais-toi . Il existe une autre affiche étalage de Jouineau Bourduge. http://www.intemporel.com/produit/affiche-sois-belle-et-tais-toi-120x160cm-67871/ 2 Affiche invitation de « Sois belle… et tais toi » Affiche de Christian Broutin Collection Geneviève et André Martin : 1959 Radio-Cinéma-Télévision : Article le premier salon de l'affiche de cinéma. Représentation cubiste de Mylène Demongeot. On peut voir une petite image en couleur sur http://www.cineressources.net/ressource.php?collection=AFFICHES&pk=1463 Voici d'autres affiches invitation pour mieux comprendre leur complémentarité. André Martin y cite d'abord quelques réussites classiques de cette catégorie, pour situer le discours dans l’histoire du Cinéma. L’estampe de l’arroseur arrosé de Marcelin Auzolle en 1896, pour le cinématographe Lumière. Image : https://www.le-courrier.ch/le-palais-lumiere-raconte-lepopee-du-cinematographe/ L’affiche de la roue d’Abel Gance réalisée par Fernand léger en 1922. L'affiche de Metropolis réalisé en 1927 par Boris Bilinsky costumier, chef décorateur et affichiste, d'origine russe. L'affiche est une peinture réalisée par l'artiste allemand Heinz Schulz-Neudamm à l'occasion de la sortie du film en 1927. Elle fait partie d'une série de quatre peintures encore en circulation. Image : https://www.telerama.fr/cinema/metropolis-l-affiche-la-plus-chere-de-l-histoire-du-cinema-de-nouveau-aux-encheres,83691.php L'affiche invitation de la "Belle et la bête", créée par Jean Cocteau en 1949, comparée à l'affiche étalage d'origine en 1946. Affiche étalage d'origine à la sortie du film en 1946 : https://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2017/03/21/26010-20170321ARTFIG00284--la-belle-et-la-bete-de-cocteau-le-point-de-vue-humain-est-totalement-absent-selon-le-figaro-de-1946.php Affiche invitation de Jean Cocteau pour le festival du Film Maudi dessinée en 1949 : https://movieposters.ha.com/itm/movie-posters/fantasy/la-belle-et-la-bete-discina-1946-french-grande-4575-x-6225-jean-denis-malcles-artwork/a/7162-86440.s André Martin cite encore pour le Royaume-uni, le film Hue and Crye avec « un style d’affichette qui combinait la typographie et la naïveté de l’estampe populaire grâce au talent d’Edward Bawden. » Ou encore « l’excellente affiche invitation des diaboliques » qui « a fait son petit effet sur les Champs-Élysées sans qu’une critique majeur ou un spectateur éclairé reconnaisse les attributs précis d’une des scènes culminantes du film ». Image : http://www.fan-de-cinema.com/affiches/les-diaboliques.html Œuvre d’art à part entière, combinant graphismes, typographies et messages formels, l’affiche invitation et leurs auteurs sont proches du cinéma d’animation. Des illustrateurs comme les polonais Jan Lenica, Walerian Borwczyk ont pratiqué les deux exercices. L’affiche peut être intimement lié au film également et son générique souvent avec trucages et animations. Dans cette catégorie, André Martin ne pouvait pas oublier de citer dans son article le maître du générique, « prince de la recherche plastique » l’américain Saul Bass (1920-1996). En 1953, il démarre un collaboration de 25 ans avec Otto Preminger en pour lequel il crée l’affiche de « the moon is blue ». Le film comporte des dialogues susceptibles de provoquer la censure de l’époque. Saul Bass conçoit une affiche suffisamment allusives pour ne pas offusquer les ligues de vertu, Bass propose un visuel simple qui le caractérisera : Une couleur de fond un motif noir représentant une simple fenêtre sur le rebord de laquelle deux oiseaux jettent un coup d’œil indiscret derrière le store demi-baissé. Le style Saul Bass est né ! Une autre affiche du film existe. Plus explicite, elle tient plus de l’affiche étalage. Images : http://www.josephmartinegan.com/2016/10/06/moon-blue-motion-picture-production-code-otto-premingers-moon-blue-2/ http://flyergoodness.blogspot.com/2010/08/saul-bass.html Suivront, au cours des années 50 les films cités dans l’article d’AM avec toujours ce style remarquable chez Saul Bass avec : « The man with de golden arm » (Otto Preminger 1955) permettant une combinatoire visuelle offrant un peu « d’affiche d’étalage » tout en conservant un style unique réunissant ainsi la synthèse des publics. Images : https://www.cinematheque.fr/article/815.html https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_au_bras_d%27or « Vertigo » (Hitchcock 1958) où nous allons nous attarder sur le générique qui prolonge l’affiche dans une continuité mathématique. Images : https://www.pinterest.cl/pin/16044142392870300/ ou encore « Anatomy of a murder » (otto preminger 1959) où les formes simples monochromes d’un corps disloqué annonce la couleur ! Image : https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/saul-bass-l-039-homme-qui-a-revolutionne-les-affiches-et-generiques-de-films-une-exposition-inedite-en-france_3358213.html « La ville à témoin », l’animation n’est pas loin de l’affiche. Dès que l’on parle des graphistes et des illustrateurs, l’animation n’est pas loin (cf. 1959 Article d'André Martin " La revanche des illustrateurs" in Bulletin no 4 des Artistes et des Amis du Cinéma D'animation). Saul Bass, Maître du générique dès les années 50, signera également des œuvres remarquables dans les années 60 et 70 mais, chronologie oblige, limitons-nous pour l'instant aux années 50. Le générique de Vertigo suffit à lui seul à décrire la créativité de ce graphiste dont le goût pour l’animation, le formalisme, les techniques innovantes et les procédés de création de l'image animée rejoignent intimement la pensée d’André Martin. photographie de Saul Bass : http://gdesign-e.blogspot.com/2014/08/saul-bass-1920-1996.html La technique au service de la création Très porté sur les innovations, Alfred Hitchcock demande à Saul Bass d’imaginer un concept pour le générique de son prochain film, Vertigo. Saul Bass a réalisé ce générique, qu’on présente souvent comme le premier réalisé par un « ordinateur analogique », . Ce générique utilise une machine electro-mécanique qui a été construite par John Whitney (1917-1995) en utilisant un système militaire de guidage de missile de la deuxième guerre mondiale acheté au surplus des armés en 1956. ( cf. https://www.awn.com/mag/issue2.5/2.5pages/2.5moritzwhitney.html ) Cette machine permet de calculer des trajectoires et donc de tracer de magnifiques courbes entrelacées qui ne demandent qu’à être animées. Cet ordinateur analogique est une machine à dessiner suivie par un système automatique permettant le mouvement d'une caméra autour d'une œuvre. Il est plus précisément composé d'une série de trois tables rotatives, d'un système de caméra et de d'autres surfaces servant à la pré-programmation d'images et de séquences animées dans un environnement aux axes multiples. Lorsque mis en marche, les tables tournaient sur elles-mêmes et simultanément sur d'autres axes en se déplaçant horizontalement devant le champ de la caméra qui pouvait elle-même tourner ou zoomer vers le haut ou le bas. (cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Whitney,_Sr.). Photographies : 1 John Whitney devant son ordinateur analogique https://www.tested.com/art/movies/512325-whitney-family-pioneers-computer-animation/ 2 Une image du générique de Vertigo illustrant les tracés obtenus avec le système : http://www.jeansegura.fr/whitney.html 3 Le système de guidage de tirs anti aérien M5 : https://www.diyphotography.net/alfred-hitchcocks-vertigo-possibly-first-movie-use-computer-animation/ Où l’animation et ses techniques immergent le spectateur en osmose avec la musique et les images pour le capter dans le film dès son générique. Le sublime générique de Vertigo où la musique de Bernard Herrmann, les trames dramatiques d’Hitchcock et les constructions de Saul Bass atteignent ensemble une intense osmose musicalo-scénaristique qui nous plonge intensément dans le film dès les premières images. Partant du visage et de la rétine d'une actrice (Kim Novak ?), il nous transporte dans un tournoi de spirales kaléidoscopiques qui bien que d’origines analogiques sortent tout droit d’équations mathématiques de calcul de trajectoires et préfigurent, étonnamment pour l'époque, l'imagerie par ordinateur à venir vingt ans plus tard. (cf. https://rhizome.org/editorial/2013/may/9/did-vertigo-introduce-computer-graphics-cinema/ ) Image : http://indexgrafik.fr/saul-bass/ Avec une parfaite compréhension de l’œuvre, Saul Bass annonce au spectateur les grands thèmes du film : le vertige, la chute, à la perte de contrôle …. mais rien n’est annoncé, tout est suggéré créant un certain malaise prenant chez le spectateur qui l’immerge instantanément dans l’univers angoissant et vertigineux du film. Image : https://www.pinterest.fr/pin/346355027566409734/ « Une atmosphère de l’étrange créée simultanément par une partition musicale consubstantielle aux images : cordes, harpes ou flûtes jouent un arpège de six notes ascendantes et descendantes répétées et fluctuantes dont le leitmotiv produit un effet hypnotique de fuite tourbillonnante, lourdement ponctué de cuivres qui introduisent une dramatisation inquiétante et lugubre ». cf. http://libresavoir.org/index.php?title=Vertigo_%28Sueurs_froides%29_d%27Hitchcock Avertissement de l'auteur : Attention, si vous regardez le générique de Vertigo, vous aurez une envie irrésistible de le voir ou le revoir ! L'auteur décline toute responsabilité sur l'addiction qui pourrait en résulter. :-) J'aurai l'occasion de revenir sur l'œuvre de Saul Bass, qui non seulement a produit de nombreuses affiches de film dans un style graphique qui lui est propre, des génériques invitations et qui a réalisé avec brio toute une déclinaison de produits remarquables, originaux (affiches, génériques, pochettes de disques, objets), dont le graphisme conserve encore aujourd'hui une signature forte et originale qui marque l'histoire du cinéma ... et de la télévision. Cette force de création au service des médias rejoint là encore la pensée d'André Martin dans une approche multi support des médias, de leurs messages et de leur impact sur "les communications sociales". La ville en est témoin, la promotion du cinéma par ces affiches fait appel a des talents exceptionnels qui animent le sens de l'œuvre cinématographique et des médias. Post-scriptum : Ceci était un Article Invitation : C'est à se demander si ce sujet ne mériterait pas quelques "bulles de rêves" entre amis de l'animation et de tous les cinéma. :-) (cf. http://fr.zewebanim.com/index.php?).
- 12 - Surréalité
J'ai terminé ma dégustation 2020 du festival d'Annecy "On line" par la catégorie "off-Limits". Le titre de cette suite de courts-métrage m'a titillé. Le côté off est toujours passionnant, ce n'est pas André Martin qui nous contredirait. On ignore les limites à franchir, l'annonce est séduisante. Je me suis bien distrait, en regrettant parfois pour certains films, aux qualités graphiques indéniables, un savant et assidu travail de sinistrose particulièrement réussi. La musique Des "musiques" électro, rendant hommage aux condensateurs EDF, des bruits simples de sérieux pétomanes débutants, des pseudo-variations avec bêlements et gloussements, n'arrivant pas cependant à être inquiétants et lubriques mènent parfois à la liquéfaction du spectateur, état qui précède de peu l'ennui abyssale. L'animation Des travaux de formes appliquées, d'étonnants mouvements de huisseries pénitentiaires ou l'évolution de liquides qui, à l'image de l'argent, suivent ennuyeusement les pentes, les attractions naturelles et le vent, consacrent le sacrifice de tout synchronisme jouissif et le saint appariement à une plate musique. Quelle étrange science que celle d'une fuite désespérée de toute forme d'harmonie ou de dynamique, d'un culte hors-sol de la lenteur et du vide. Critiques en sursis ? Ces films restent malgré tout intéressants, la culture des lenteurs inexpliquées marque certes le "sérieux" des œuvres mais finissent par décevoir à la fin quand finalement ... il ne s'est rien passé. Mais qu'attendait-on ? ... Je n'ai pas trouvé. Le caractère expérimental indéniable de certains films décevant dans leur premier passage, me donne envie de les revoir sur un grand écran avec du bon son, dans l'espoir de me repentir de mes premières déceptions. En attendant avec impatience ces prochains actes de repentance et de contrition, intéressons-nous à un des films remarquable de cette programmation off-limits où cette fois-ci ... tout se passe ! Un film remarquable : Wieczór - Sunset de Marcin Gizycki - Pologne - 2019 Réalisation : Marcin Gizycki Production : Black Dwarf, Marcin Gizycki Distribution : Black Dwarf, Marcin Gizycki Direction artistique : Marta Filipiak Scénario : Marcin Gizycki Storyboard : Marcin Gizycki Décors : Marta Filipiak Animation : Marcin Roszczyniala Caméra : Lukasz Owczarzak Musique : Witold Górka Son : Witold Górka Montage : Lukasz Owczarzak Ne jouons pas les grincheux blasés qui cherchent de la bonne viande dans une pâtisserie, même si d'aucuns auraient pu déclamer : "Ceci n'est pas une pâtisserie" et réfuter ainsi ces villes critiques d'amateur glouton. Image : https://www.museumtv.art/artnews/articles/rene-magritte-ceci-nest-pas-une-pipe/ Mais voyons en quoi ce film se distingue. Le film débute avec un long travelling sur un paysage désertique. Il n'y a pas grand chose, si ce n'est de belles couleurs orange, le grain du décor qui nous laisse espérer quelques objets animés qui nous rappelleraient les beaux films d'Hermína Týrlová pour nous replonger dans nos rêves de l'enfance. Pendant ce lent traveling rasant, on a le temps de se dire qu'il s'agit peut être d'un hommage à Andreï Tarkoski. Mais ça se corse vite car dans cette lenteur et ce paysage vide, la musique de Witold Górka nous saisit et l'ensemble commence à nous transporter dans un autre univers ... où plus rien n'est sûr. Une batterie, quelques notes de guitare, un peu de piano, installe une curieuse atmosphère dramatique dans ce lent mouvement qui crée l'attente. Le travelling continue pour s'arrêter sur un rail jouet autour duquel des personnages incrustés en prise de vue réelle, attendent avec sérieux, quasi immobiles; la musique monte en puissance. Il se passe peu de chose mais l'ensemble crée avec bonheur une tension : il va se passer quelque chose ... Un lent travelling arrière élargit le cadre, que c'est beau le cinéma quand il y a un cadre ! Un train jouet arrive et s'arrête, les personnages ne montent pas. Le travelling arrière continue, le train repart et ... On ne raconte pas la fin, non mais alors ! :-) Tous les mouvements de caméra, leurs lenteurs, les couleurs, les décors et les personnages presque immobiles, prennent tous leurs sens dans ce final. Ils participent à une forme cinématographique riche et dense pour notre plus grand plaisir. On ne peut qu'applaudir avec ferveur Marcin Gizycki (1951-) réalisateur, critique mais également historien de l'art ... qui nous offre une sublime surprise et un plaisir esthétique. Le dernier plan fait référence à une peinture surréaliste de Zenon Wasilewski (Wieczór - Sunset 1962) rappelant, comme l'ensemble du film, les œuvres de Magritte . image : 1953 René Magritte - Le bon exemple - Portrait d'Alexandre Iolas in https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cMeMe6/rdqg86y Quel plaisir ! ce film où tout est cohérent, où tout se justifie au fur et à mesure de notre gourmande découverte : lenteurs, mouvements de caméras, attitude des personnages, couleurs, musique qui nous enveloppe graduellement et une fin improbable, simple et jouissive tant elle est intégrée dans des références culturelles, pleine de (non) sens. Bravo et merci pour une telle richesse ! Mais notre "goinfrerie", si elle est déjà pleinement satisfaite, n'est pas encore comblée par ce film. L'hommage animé était-il encore insuffisant ? L'auteur de la peinture, à laquelle il s'est beaucoup consacrée à la fin de sa vie, n'est autre que Zenon Wasilewski, un des pères du film d’animation polonaise. Graphiste dans des studios de cinéma publicitaire, dessinateur de dessins humoristiques et satiriques dans les années 30, il se lance sur un film d'animation sur le roi Krakus, souverain légendaire de Pologne, et fondateur de la ville de Cracovie qui lui doit son nom. Interrompu par la deuxième guerre mondiale. Il complète ce film de marionnettes en 1947 avec un film en noir et blanc "Za króla Krakusa". Jusqu'en 1951, il a été le seul producteur de film de marionnettes en Pologne avant l'émergence de talents sur lesquels j'aurai l'occasion de revenir. image : Za króla Krakusa. Un courageux jeune homme affronte le dragon qui terrorise le royaume in http://fototeka.fn.org.pl/public/cache/1-F-3497-1-1500x.jpg (2) On peut voir une copie en anglais sur https://www.youtube.com/watch?v=HlO-4cJ8L6U Image Zenon Wasilewski plaçant une marionnette dans le décor. in ttps://kultura.poznan.pl/mim/kultura/news/relacje-recenzje-opinie,c,9/animator-jak-wasilewski-walczyl-ze-smokiem,96282.html Quel magnifique hommage ! dense, sensible, cultivé dont les racines culturelles suintent et distillent la sève d'un plaisir complet à ses spectateurs. Non, décidément ce film n'est pas une pipe ! Il faut voir et revoir Wieczór - Sunset de Marcin Gizyck car c'est un film remarquable.
- 11 - La genèse du Festival d'Annecy 5 : Naissance du Festival
Suite aux deuxièmes Journées Internationales du Cinéma d'Animation, l'AFDC envisage de déplacer les journées dans une autre ville que Cannes afin de mieux promouvoir l'évènement. Annecy avec son lac, ses montagnes, ses canaux et son activité touristique, offre un cadre agréable et les infrastructures hôtelières nécessaires pour recevoir les participants. La proximité de l'aéroport de Genève permet de répondre au caractère international de la manifestation. Son activité cinéphilique intense avec son ciné-club, la présence et l'implication d'Henry Moret et Georges Gondran complète le cocktail initial qui va permettre à ce projet de se concrétiser. Cette vue du casino d'Annecy qui peut accueillir les manifestations ne parle-t-elle pas d'elles-même ? Image : recherche google A l'AFDC, Pierre Barbin et Edouard Chamard vont s'atteler à la tâche de monter les journées à Annecy. Frénésie Créative Les deux trublions du cinéma d'animation Michel Boschet et André Martin, moins concernés par l'action politique et administrative, sont sur tous les fronts de la représentation, de l'écriture et de la création. Après les deuxième JICA, André Martin continue d'écrire bon nombre d'articles dans les Cahiers du cinéma, Cinéma, le Cinéma chez soi, Sight and sound, le bulletin de l'ACA et la nouvelle revue des journées du cinéma "cinémas". Image collection Geneviève et André Martin: Couvertures de quelques numéros où André Martin a publiée en 58-59. André Martin participe également activement à la revue Paris-Prague de l'association France-Tchécoslovaquie avec une présentation de l'exposition sur Jiri Trnka qui se tient fin 1959. Image : collection Geneviève et André Martin: No1 de la nouvelle série Paris-Prague Les deux compères continuent d'animer festivement les journées du cinéma, le festival de Tours. Ils sont également de plus en plus impliqués dans la création. Après La Joconde d'Henri Gruel où André Martin et Michel Boschet font de la figuration en camelot et en dessinateur de rue, Michel Boschet est le personnage principal des Astronautes de Walerian Borowczyk. André Martin écrit les textes de "Un atome qui vous veut du bien" d'Henri Gruel, il nous informe sur les bienfaits du nucléaire ... à condition d'être sage. Enfin ils réalisent "Demain Paris" un film d'animation sur l'urbanisme galopant en île de France. Ce premier film, produit par Roger Leenhardt, regroupe une grande partie de l'équipe que l'on retrouvera bientôt aux films Martin-Boschet. Images 1 et 2 Michel Boschet et André Martin dans la Joconde © INA. Images 3 et 4 Collections Geneviève et André Martin : Un atome qui vous veut du bien (en N&B). Michel Boschet dans les Astronautes de Walerian Borowczyk. Image 5 : Collections Geneviève et André Martin : personnage dessiné à la craie sur fond noir dans Demain Paris. Image 6 : Image correspondante du film après ajout du décors. Politique et budgets Mais laissons nos deux pionniers, forts occupés à vivre et à promouvoir tous les cinémas, et revenons à Annecy. En novembre 1958, Pierre Barbin et Jacques Flaud, directeur du CNC, proposent officiellement à Annecy d'accueillir les 3e JICA pour ainsi devenir "la terre d'accueil du cinéma d'animation". Il faut convaincre la municipalité d'accueillir cet évènement et il faut trouver les financements. L'époque pionnière et intuitive des journées s'efface progressivement pour laisser place à une organisation nécessairement plus structurée. Henri Moret et Georges Gondran, qui ont déjà beaucoup œuvré pour que ce projet, doivent maintenant convaincre la municipalité et son député-maire Charles Bosson. La ville d'Annecy est motivée par un événement nouveau qui la démarque de ses rivales hydrothermales. Mais le budget de cette manifestation est très important pour une ville de 30 000 habitants. Grâce à l'énergie du député maire, des équipes qui montent l'évènement et grâce à l'appui du Ministère des affaires culturelles, du CNC et du Ministère des affaire étrangères, le budget sera bouclé. Charles Bosson sera partie prenante du projet. Il faut maintenant le préparer. Préparation des 3èmes JICA En Mars 1960, le numéro 3 de la revue Cinéma présente le comité d'organisation des 3e JICA. Il y a du monde ! L'évènement prend de l'ampleur, se structure, se hiérarchise avec un nombre impressionnant de présidents ! J'imagine avec gourmandise André Martin au milieu de ce respectable aréopage comme un Groucho dans Duck Soup ! :-) Dans son article "Tête de ligne", où il compare, toujours frondeur et décalé, la programmation d'un festival à la gestion rigoureuse et sérieuse des trains par un chef de gare, André Martin nous fait un "teasing" sur le futur contenu du festival qui s'annonce passionnant. Le cinéma d'animation sera polytechnique et fort heureusement Raymond Maillet et Michel Boschet préparent l'exposition qui permettra au public d'appréhender cet art polytechnique au-delà des projections. Une exposition organisée par Raymond Maillet et Michel Boschet aura lieu au musée d'Annecy et constituera le premier élément du musée permanent du cinéma d'animation. Cette exposition traitera des techniques du cinéma d'animation. Le 6 juin 1960, Michel Fourré-Cormeray, Directeur Général du Centre National de la Cinématographie, inaugurera l'exposition des techniques du cinéma d'animation. J'en profite pour saluer Yael Ben Nun, r esponsable des collections de cinéma d'animation du musée d'Annecy. Quant aux films, on peut s'attendre à de belles œuvres, qu'elles soient construites avec des instantanés photographiques animés comme la "Maison" de Borowczyk, en papier découpés comme dans "Monsieur Tête" de Jan Lenica, à des films dessinés directement sur pellicule ou avec des traitements au tirage de McLaren. Le festival permettra d'avoir des nouvelles de Karl Zeman qui vient de triompher à Bruxelles avec son "Invention destructrice" ou de rire sur un film de Champeau et Watrin ou de Bretislav Pojar. On y retrouvera aussi bien "la plastique moderne" qui "ouvre l'animation à un champ pictural à la mesure de l'art moderne" que "l'animation fonctionnelle" avec ses signes ses formes autant de nouveaux hiéroglyphes qui se combinent aux sons et à la musique grâce à une grammaire formelle. L'équipe d'Annecy An 1 L'équipe des troisièmes JICA est en place pour ce premier festival d'Annecy. André Martin n'occupe plus de fonction particulière à l'AFDC mais s'impose comme le plus important critique, esthéticien et théoricien du cinéma d'animation mondial. C'est autour de sa personnalité que s'est construit le concept de "cinéma d'animation". Il prend donc, avec Henry Moret et Pierre Barbin, une part active au comité de sélection pour nous offrir ce beau programme. Avec sa verve, ses qualités d'animateurs, sa culture cinéphilique, son sens de la scène, il est également le présentateur idéal pour incarner le festival auprès du public. Michel Boschet reste toujours actif pour la préparation de l'exposition avec Raymond Maillet. On voit apparaître le nom de René Fouin qui travaillera aux films Martin-Boschet pendant plusieurs décennies principalement sur les décors. Edouard Chamard qui a rejoint l'équipe de l'AFDC après les journées du cinéma de Sens accompagne Pierre Barbin dans l'organisation du Festival. Documents collection Geneviève et André Martin : page 3 du journal Annecy 60 no 1 John Hubley président du jury et André Martin, face au public lors du premier festival d'Annecy. Des prix et un Jury Ce premier festival d'Annecy comporte un jury pour attribuer les premiers prix de la longue lignée du Festival d'Annecy. Le numéro 1 de Annecy 1960 nous renseigne sur sa composition : John Hubley, américain, président du jury. Karel Zeman, un des grands créateurs de films de marionnette tchécoslovaque avec Jiri Trnka, Bretislav Pojar et Hermina Tyrlova. Dimitri Babitechenko dessinateur et réalisateur soviétique de films d'animation depuis 1934. Henri Gruel réalisateur français de films d'animation et de prise de vue réelle qui participe au courant de remise à jour du film d'animation français notamment avec l'humour dans ses films. Lo Duca écrivain et journaliste sur le cinéma et le cinéma d'animation. Joseph Kosma compositeur de musiques de film (La grande illusion, les enfants du paradis, ...) mais également les musiques des films d'animation de Paul Grimault. Grant Munro réalisateur canadien à l'Office nationale du film du Canada et à cette époque au studio T.V. Cartoons de George Dunning en Grande Bretagne. Parmi les personnalités qui arrivent Annecy en ce premier jour de manifestation, on notera Ivan Ivanov-Vano ((URSS), John Halas et George Dunning (GB), Jiri Trnka, Edouard Hofman, Jiri Brdecka, Bretislav Pojar (Tchécoslovaquie), Paul Grimault, Claire Parker, Alexandre Alexeieff, Jean Image et Arcady (France), Dusan Vukotic et Nikola Kostelac (Yougoslavie), Bruno Bozetto (Italie), Todor Dinov et Stephan Topaldjikov (Bulgarie), Gyuala MacsKassy (Hongrie). Le jury est constitué, le gotha de l'animation mondial arrive, c'est l'occasion de faire une photo souvenir et de la publier. Collection Geneviève et André Martin : Page 1 de Annecy 60 no 2 avec son "rang d'oignon" pour la postérité. Prenez vos invitations ! Le premier" festival d'Annecy" se déroule du 7 au 12 juin. Soyez les bienvenus au théâtre d'Annecy qui se trouve dans le même bâtiment que le casino, André Martin vous a gardé quelques invitations pour qu'on le revisite. :-) Collection Geneviève et André Martin : Carnet d'invitation pour les séances de ce premier festival illustré par Claire Parker et Alexandre Alexeieff sur l'écran d'épingle. Et voici le programme Cette première du festival nous propose un panorama copieux de l'animation de 80 films qui nous fait rêver tant les noms des réalisateurs sont aujourd'hui rentrés dans l'histoire. Place à l'animation, voici quelques films projetés pour montrer les richesses et la diversité de cette époque fondatrice . Moonbird de John et Faith Hubley USA 1959 (Academy Award 1960- court-métrage d’animation) - séance inaugurale. Commençons tout d'abord par le lunaire et intime Moonbird de John Hubley, film hors compétition puisque John Hubley est président du jury. Le film raconte la quête au milieu de la nuit de deux jeunes enfants pour capturer un oiseau de lune. André Martin Consacre un court article à John Hubley dans Annecy 1960 no 2 : « John Hubley L’intrépide ». Il explique pourquoi, de tous les animateurs mondiaux, John Hubley est l’un des plus intrépides. Il revient sur la période passée par John Hubley chez Walt Disney où les animations policées et lisses cachaient une merveille « qui a toujours échappé au public », « celle de la première animation sur calque ». « Les créateurs de l’animated cartoon digne de ce nom, on toujours considéré le stade de la « rough animation" comme le plus beau de tous » par opposition à la « chaîne usinière » des opérations de « cleaning » qui lui succédait épurant le « dessin jaillissant » , lui enlevant son dynamisme pour lui donner « une finesse et une perfection plutôt stérilisante ». John Hubley que ce soit à la UPA avec « Rooty Tout Toot » ou à Storyboard Inc. (Tender Game, Moonbird,…) livre bataille pour la « rough animation » en collaboration avec Bob Cannon, textures, utilisation insolite des décors grâce au pochage des personnages sont autant de moyens qui s’expriment à la perfection dans Moonbird. Image Moonbird : https://mubi.com/fr/films/moonbird On peut voir le film sur petit écran avec une copie moyenne sur : https://www.youtube.com/watch?v=8U-PVZXR7WMOn Dans des décors sombres et lunaires, John Hubley « bat tous les records de désinvolture et de courage poétique en gardant les personnages tracés par Bob Cannon et lui sur les feuilles blanches du calque, les détourant avec du noir puis les mêlant au fond en mouvement par surimpression ». Le résultat crée cette curieuse atmosphère de pleine lune que les voix des enfants Hubley complètent pour nous immerger dans cette quête poétique de l’oiseau de lune. « Hubley parvient à combiner par surimpression l’Animation première, celle qui jaillit sous les crayons d’animateurs émérites à des fonds violemment décorés, sans se soucier des vibrations parasites qui se joignent au ballet réjouissant formé par les images et leur texture également en mouvement. » Monsieur Tête de Jan Lenica et Henri Gruel France 1959 - séance inaugurale. Jan Lenica est un affichiste et illustrateur polonais de très grand talent qui a sévit pour notre plus grand bonheur dans la publicité en Pologne avec des affiches remarquable comme l'illustre la très gourmande et très actuelle illustration présentée ici. Collection Geneviève et André Martin : reproduction d'une publicité pour les é tablissements de confiserie Wedel. (non daté) Avec Walerian Borowczyk, il a réalisé des films d'animation expérimentaux qui continuent à nous interpeller aujourd'hui. A l'époque du festival les deux complices sont en France et y réalisent des films chacun de leur côté. Walerian Borowczyk a réalisé "Les astronautes" avec Chris Marker, l'homme des images qui deviendra multi-média, tandis que Jan Lenica réalise Monsieur Tête avec Henri Gruel. « L’irruption de ce grand plasticien dans l’animation s’accompagne du développement de nouvelles formes d’inanimation. Et les résultats dynamiques d’une scène réalisée image par image finissent par rappeler les mouvements limités dues verres à substitution ou à tirettes des anciennes lanternes magiques. »(1961 05 Le cinéma chez soi pratique no 34 volume VII article AM Par ou commencer un film d’animation ? p 107 ) "On retrouve ici un intérêt plus pour l’aspect graphique que pour l’animation. Monsieur Tête fait partie des « personnages du Cinéma d’Animation qui arrivent en rangs serrés au bord du la d’Annecy pour y confronter leur trait, leur valeur, leur conception du monde.» (1960 03 Cinémas Revue Trimestrielle des journées du Cinéma. Tête De Ligne p12) Monsieur Tête, nous raconte l'histoire d'un bureaucrate qui se révolte contre le monde et les idées des gens autour de lui. En raison de son comportement marginal, on lui casse la tête afin qu'il rentre dans le rang. Images : https://www.bd-cine.com/fiche.php?id=12134 A voir sur petit écran sur : https://www.youtube.com/watch?v=odsIansn5Yk Prenez garde de Jiri Brdecka 1959 Tchécoslovaquie - séance inaugurale. En pleine guerre froide et avec la montée des tensions entre les deux blocs, Jiri Brdecka nous propose une vigoureuse et ironique dénonciation de la frénésie guerrière qui n'a cessé d'habiter l'humanité depuis l'aube des temps : un prologue et un final composés d'images de batailles et de destructions encadrent une petite histoire des armes et des moyens de destruction à travers les âges, de la massue à la bombe atomique. Collection Geneviève et André Martin : Prenez garde. (le film est en couleur) Changement de garde de Halina Bielinska et Wlodzimierz Haupe . 1959 Pologne - séance no 2 Lors de cette deuxième journée on retrouve d'autres polonais avec Halina Bielinska et Wlodzimierz Haup e avec un titre décidément encore bien militaire ! Ce film invisible serait bien dans une séance "oldies but goodies" sur un bel écran. Images https://www.senscritique.com/film/Changement_de_garde/11738890 et collection Geneviève et André Martin Le petit train sur les rails de Hermína Týrlová- Tchécoslovaquie - 1959 - séance no 2 e On l'appelle « La mère de l'animation tchèque » et pour cause, Hermína Týrlová est une pionnière dans son domaine. La première femme de son pays à avoir signé des œuvres animées, au milieu du XXe siècle. Couturière et bricoleuse, elle avait ce talent de savoir donner vie à tous les matériaux qui lui tombaient sous la main, des tissus en tous genres, des pelotes de laine, pour donner ses lettres de noblesse à la technique de l'animation image par image. Née en 1900 dans ce qui s'appelait encore l'Autriche-Hongrie, la réalisatrice, proche collaboratrice de Karel Zeman, a appris à concevoir des marionnettes grâce à son père, un menuisier qui fabriquait de petites figurines en bois. Adolescente, la jeune Hermína déménage à Prague pour gagner sa vie et se retrouve à faire du théâtre, du chant et de la danse. En parallèle, elle commence à écrire et à illustrer des magazines pour enfants. C'est en 1925 que sa vie d'artiste bascule. Elle rejoint Studio AB où elle rencontre son futur mari, Karel Dodal. Ce studio produit alors des films d'animation pour des agences de publicité. Elle met en scène en 1928 son premier film, dessin animé burlesque, malheureusement disparu "le génie des eaux amoureuses", avant de co-signer en 1935 avec Karel Dodal, le premier film commercial tchèque d'animation fait de marionnettes, Le secret de la lanterne . J'aurai l'occasion de revenir sur Hermina Tylova, qui malgré les tourments et les séparations d'une époque troublée pendant la guerre, a toujours conservé cette tendre attention envers les enfants pour leur offrir du rêve et de la poésie. Images Collection Geneviève et André Martin : Hermina Tyrlova avec ses marionnettes. Le petit train sur les rails: https://www.senscritique.com/film/Le_Petit_train_sur_les_rails/475974 The violonist Ernest Pintoff 1959 USA - séance no 2 Après le succès de Flebus, Ernest Pintoff récidive, en indépendant cette fois dans sa société Pintoff Productions Inc., avec ses personnages stylisés qui évoluent dans des décors épurés. Harry le violoniste joue mal du violon malgré un entraînement intensif car il n'y a pas d'âme dans sa musique. Pour jouer avec avec son âme, il faut souffrir d'abord ... Image et voir le film sur petit écran : https://www.youtube.com/watch?v=1L8xLP7z7Vc Une vache sur la lune - Dusan Vukotic - Yougoslavie - 1959 - séance no 3 On retrouve le croate Dusan Vikotic qui a déjà présenté un film au 2e JICA. Il nous raconte l'histoire d'u ne fille sérieuse et travailleuse se fait continuellement tourmenter par un garçon insouciant dont l'activité principale est de jouer au football. Pour se venger, elle décide de construire une fusée, persuade le garçon d'y prendre place, lui faisant croire qu'il part dans l'espace et l'allume... Joë chez les abeilles ou Joë captif des guêpes - Jean Image - France - 1960 - séance no 3 Il y a une petite erreur sur le programme, il ne s'agit pas guêpes mais d'abeille dans ce film destiné aux enfants qui raconte l'histoire d'un enfant invité dans une ruche. Il s'agit du premier épisode d'une série télévisée d' animation française en treize épisodes de cinq minutes, créée et réalisée par Jean Image et diffusée à partir de décembre 1960 sur RTF Télévisio n. A moins qu'il ne s'agisse du deuxième épisode intitulé Joë l captif des guêpes. Ce film illustre ce qu'était une production plus industrielle mais de qualité destinée à la télévision et aux enfants en France. Image et voir le film sur petit écran : https://www.dailymotion.com/video/x1exhu4 Peu de trace des films de la séance 4. On y projette " Demain Paris" de Michel Boschet et André Martin - France- 1959 A voir sur https://www.dailymotion.com/video/xw6lak. Short and suite - Evelyn Lambart et Norman McLaren - ONF - Canada - 1959 - séance no 5 Evelyn Lambart et Norman McLaren nous régalent de nouveau avec ce court métrage directement réalisé sur pellicule où des motifs colorés évoquant parfois quelques animaux fantasques se mouvent dans un parfait synchronisme sur la musique de jazz de Eldon Rathburn. Images de Short and suite : https://drgrobsanimationreview.com/2020/03/16/short-and-suite/short-and-suite-norman-mclaren/ https://www.imdb.com/title/tt0053276/mediaviewer/rm533360128 https://www.jonathanrosenbaum.net/2019/09/short-and-suite-1975-review/ A voir sur petit écran sur https://vimeo.com/32646147 Si vous aimez le "cinéma sans caméra" lire aussi https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/le-cinéma-sans-caméra-ou-la-rencontre-des-structures Le lion et la chanson - Bretislav Pojar - Tchécoslovaquie - 1959 - séance no 5 André Martin dans tête de ligne parle " d'un miracle de cette année faste". Ce film de marionnettes se passe dans un désert et une oasis où passe des arlequins jouant d'un petit accordéon, quelques animaux sympathiques et amateur de musique et un terrible lion qui terrorise tout le monde. Dans cette fable romantique, Bretislav Pojar nous embarque dans un conte plein de poésie où l'expression et la précision de l'animation atteint des sommets. Images : https://www.ceskatelevize.cz/porady/1001468541-lev-a-pisnicka/298352129000011/ https://www.kviff.com/en/programme/film/113061-the-lion-and-the-song/ Voir sur petit écran avec https://www.youtube.com/watch?v=nRc7nqL9yQI A man and his his dog out of air - Robert Breer - USA - séance no 6 Peintre et sculpteur abstrait, Robert Breer réalise des films expérimentaux depuis 1952. Il y expérimente différentes techniques d’animation. Ce film d'animation nous propose des successions de métamorphoses rapides réalisées par dessin sur papier avec des sons et un tout petit peu de musique. Ce film nous parait si court qu'on s'empresse de vouloir le revoir tant ces ballets de traits et de formes apparemment simples sont ... complexes à appréhender dans ces temps courts synthétisés par l'animation. Image : https://lux.org.uk/work/reel-2-recreation-a-man-and-his-dog-out-for-air-un-miracle-recreation-fistfight1 https://www.pinterest.fr/pin/77687162292423511/ Voir sur petit écran sur : https://www.youtube.com/watch?v=bkmgIwFZ5ks L'école - Walerian Borowczyk - Pologne - 1958 - séance no 6 Walerian Borowczyk nous présente une animation de photographies image par image de l'entrainement solitaire d'un soldat. Face a un mur de brique, il effectue les gestes du combat face à un ennemi invisible. Walerian Borowczyk s'amuse avec humour à animer image par image ce soldat, usant du cadre et des répétitions pour y construire ses formes dans l'animation. Le repos du soldat nous permet d'accéder à des marches plus agréables durant ses rêves ... Collection Geneviève et André Martin : L'école de W. Borowczyk. Voir sur petit écran sur : https://www.youtube.com/watch?v=vxyjogXNUE4 Un Oscar pour Monsieur Rossi - Bruno Bozzetto - Italie - 1960 - séance no 7 Le dessinateur Bruno Bozzetto, qui vient de fonder son atelier d'animation, crée le personnage de Monsieur Rossi dans ce courts métrages. Ce personnage deviendra célèbre dans une série de courts métrage durant les années 60. Ce film nous raconte l'épopée d'un cinéaste en herbe rêvant de gloire et de prix. Image : https://www.imdb.com/title/tt0373211/ Voir le film sur petit écran : https://www.youtube.com/watch?v=uJLnx_fMfxk Le palmarès Le jury nous offre le premier palmarès du festival d'Annecy d'une longue lignée à suivre, avec le grand prix attribué à Bretislav Pojar pour le lion et la chanson. Sept prix supplémentaires pour souligner la qualité exceptionnelle de la sélection et un grand prix international de la critique pour le très beau "Moon bird" de Faith et John Hubley. Photographie : http://andre.gobeli.free.fr/realisateurs.1960/bretislav.pojar.html M. Fourre-Cormeray directeur du C.N.C et Pierre Barbin remettent à Bretislav Pojar le grand prix. C'est l'occasion de saluer et rendre hommage à André Gobeli, auteur de la photographie de remise de ce premier grand prix, qui a été le photographe officiel du festival d'Annecy de 1960 à 2011 et qui nous a quitté en mars 2020 à l'âge de 99 ans. Photographie : https://www.facebook.com/AndreGOBELIphotographe/ Annecy capitale de l'animation D'un point de vue international, cette première édition est un succès. La presse étrangère est présente, le monde de l'animation a pris l'habitude de se rencontrer aux JICA et de voir des films ! Le cadre d'Annecy et le célèbre déjeuner-promenade à bord du bateau France ne font que renforcer les liens entre ceux-ci. Les JICA sont maintenant installées à Annecy, vive le festival d'Annecy ! Covid oblige Annecy fête ses 60 ans en 2021 avec des spectateurs dans les salles cette fois-ci ! :-) Bon anniversaire Annecy ! 60 ans, toujours divers, impertinent, innovant et surtout pas à l'âge de raison ! Longue vie au festival ! et merci à tous les créateurs et les organisateurs qui nous enchantent chaque année et perpétuent cette tradition née de la passion de quelques pionniers. A très vite ... avec tous les "chums" de l'animation ;-) Bibliographie : Bernard Clarens : André Martin écrits sur l'animation .1 - Editions Dreamland Dominique Puthod : Le Festival international du film d'animation 50 ans d'une histoire animée. Collection Patrimoines - Université Savoie Mont Blanc. Nicholas Thys : Cannes 70 : Annecy comes from Cannes - Le Blog d'Ecran Noir : http://ecrannoir.fr/blog/blog/2017/05/02/cannes-70-annecy-comes-from-cannes/ Hervé Joubert-Laurencin : Du bon usage des primitifs : Émile Cohl dans les écrits d’ André Martin in htt ps://journals.openedition.org/1895/2503 André Martin : 1960 03 Cinémas - Revue Trimestrielle des Journées Du Cinéma. Tête De Ligne. p12. André Martin : Annecy 1960 no 2 : « John Hubley L’intrépide » André Martin : 1961 05 Le cinéma chez soi pratique no 34 volume VII : Par où commencer un film d’animation ? Clément Martin : Geneviève et André Martin : des communications animées v 0.19. (En cours de rédaction, il va falloir attendre un peu ... :-) )
- 10 - Genèse du Festival d'Annecy 4 : Les deuxièmes JICA
Pourquoi vos critiques sont muettes ? En Janvier 57, la revue "Cinéma" publie un numéro spécial sur le cinéma d'Animation. Suite aux premières JICA, l'AFDC a préparé ce numéro en collaboration avec cette revue. André Martin contribue à ce numéro avec de nombreux articles. En introduction de ce numéro spécial qui ouvre également l'année 1957 "en 24 bonheurs par secondes", André Martin continue son combat et sa propagande pour sortir le cinéma d'animation, cet Art majeur, de la "clandestinité". Et si le festival Cannes a attribué en 1955 à l'unanimité, la palme d'or du court-métrage à Norman McLaren pour "Blinkity blank", la couverture médiatique du film estelle restée beaucoup trop discrète. Ce numéro spécial offre une première tribune de l'année au cinéma d'animation. L'Association des Artistes et des Amis du Cinéma d'Animation Le 19 janvier 1957, suite au premières JICA, l’idée de promouvoir l'animation française dans le cadre d'une association a germée dans un groupe d’animateurs et de promoteurs du cinéma d’animation français réunissant entre autres : Alexandre Alexeïeff, Arcady, Berthold Bartosch, Omer Boucquey, Paul Grimault, Henri Gruel, Jean Image, Raymond Maillet, Pierre Barbin, de créer l’ACA. Cette association a pour objectif d’unir et de coordonner les acteurs de l’animation française et d’organiser les soutiens pour mieux développer l’animation dans sa dimension créative et innovante. Le cinéma d'animation français se structure et cette nouvelle association vient compléter le dispositif de l'AFDC qui continue ses actions avec les journées du cinéma, le festival de Tours et les JICA. Cette association deviendra l’AFCA en 1971. Le premier numéro du bulletin de l'ACA sort durant l'année 1957. Les Premières JICA qui ont permis ces rencontres avec les autres cinéma d'animation ont contribué à faire prendre conscience que l'Animation, trop confidentielle, n'était pas à sa juste place en France. Paul Grimault, président de l'association, plaide en introduction de ce premier bulletin pour un regroupement des forces vives de l'animation et de ses amateurs pour obtenir de nécessaires actions de soutien à l'animation française qui favorisent la création. André Martin y rédige également un faire-part de naissance pour l'ACA. Ce faire-part est assez amer envers une animation française endormie qui ne tient pas son rang. Forte heureusement les animateurs français ont pu ressentir lors des premières JICA "l'engageante diversité des possibles de l'animation et la richesse de certaines écoles internationales" et qui leur a permis "de retrouver un enthousiasme qu'ils croyaient perdu". De cet enthousiasme naît entre autre l'ACA. Documents Collection Geneviève et André Martin : Premier bulletin de l'ACA Couverture, Introduction du bulletin par Paul Grimault, 1ère page de l'article d'André Martin. Les deuxièmes JICA André Martin nous rend compte de ces deuxièmes journées dans le no 84 des Cahiers du Cinéma de juin 1958 dans un article mi-figue mi-raisin, "Condoléances et surprises de l'animation". Toujours empreint d'un cabotinage "Marxien", il ne manque pas de souligner le sérieux de son implication de journaliste allant même jusqu'à participer au tournage de la Joconde, Palme d'or du court-métrage de l'édition 1958 du festival de Cannes, pour y promouvoir les tricots Mona Lisa. Le paradoxe de ces deuxièmes JICA est la faible contribution des "paradis de l'animation" USA, Tchécoslovaquie, Canada alors que la Pologne, la Yougoslavie, la Roumanie prennent le relais. Collection Geneviève et André Martin : Couverture des cahiers du cinéma no 84 et première page de l'article d'André Martin. Côté condoléances De nouvelles techniques, caméra et animation électronique, traçage et coloriage photographique, permettent de répondre "à la boulimie indifférenciée de l'ogre télévision". Cette industrialisation nous éloigne du regretté travail classique du dessin animé. André Martin nous adresse le faire part de décès de "l'animated cartoons". Les grands ateliers ferment leurs portes, Walt Disney ne produit quasiment plus d'animated cartoon, la UPA déçoit avec la série Ham and Hattie. Image : http://mayersononanimation.blogspot.com/2012/04/ham-and-hattie-are-ho-hum.html Des films comme Flebus de Ernst Pintoff ne semble pas suffir à rassurer André Martin sur l'évolution de l'animation américaine. Image : Flebus Ernst Eintopf 1957 in http://cinema4celbloc.blogspot.com/2016/01/flebus-1957.html Des absents Les tchèques sont absents de la programmation cette année-là. Trnka termine "les songes d'une nuit d'été", Hofman "la création du monde", Zeman "l'invention destructrice". Les russes font "un bon en avant de cinq ans" avec "la réalisation de ses vœux" ou" La merveille" (Alexandre Ivanov). Les canadiens sont peu représentés dans la programmation. Des nouveautés De belles nouveautés viennent heureusement réjouir les spectateurs de ces deuxièmes JICA. On voit ainsi le retour de Len Lye dans l'animation avec "Free Radicals", film gravé directement sur pellicule. Paul Grimault avec La Faim du monde, film de commande du Commissariat Général du Gouvernement – ancêtre de l'UNESCO – La Faim dans le Monde raconte en trois minutes et demi l'histoire de l'humanité, l'explosion démographique et le déséquilibre croissant de la répartition des richesses entre les pays riches et les pays pauvres. Cette animation destinée à un public international pour compléter un ensemble audiovisuel pour l'exposition de Bruxelles ne comporte aucun dialogue mais est accompagnée par la musique d'Henri Crolla. image : https://www.senscritique.com/film/La_Faim_du_Monde/25087986 Arcady propose "trois films publicitaires excitants groupés sous le titre Derrière le miroir". Les pays de l'est sont bien présents malgré l'absence des tchécoslovaques. Les yougoslaves "envahissent" ces journées avec Vatroslav Mimica et son "un solitaire". Extrait de l'article Condoléances et surprises de l'animation. Nikola Kostelac avec "La première" : Image : https://www.filmaffinity.com/en/film898091.html ou encore Dusan Vukotic avec Abracadabra : Image et voir le film : https://www.youtube.com/watch?v=kd_fusEXlGc La Roumanie est également représentée avec "Sept arts" de Ion Popescu-Gopo qui a obtenu la palme d’or du court métrage à Cannes en 1957 avec "Courte histoire". Sept arts nous présente les tribulation d'un petit personnage qui s'impose aux dinosaures grâce à l'Art. Sept arts à voir : https://www.dailymotion.com/video/x2sypmv Ces 2ème JICA sont aussi l'occasion d'une première rencontre avec les polonais Jan Lenica et Walerian Borowczyk et de leurs films "Il était une fois" et "la maison" qui renouent avec le cinéma d'avant-garde et expérimental et qui ne resteront pas sans suite. images : Dom la Maison de Jan Lenica et Walerian Borowczyk dans https://membrane.tumblr.com/post/246914845/gif-animé-membrane-tiré-de-jan-leniča-et A voir sur https://www.dailymotion.com/video/xigb5c La lumière vient aussi d'un indépendant, ancien de Walt Disney et de la UPA, John Hubley, avec "les aventures d'un *" et ses textures en mouvement. Photographie collection Geneviève et André Martin. (Le film est en couleur). La Grande-Bretagne propose un film de 35 minutes d'un jeune réalisateur de 25 ans, Richard Williams. André Martin apprécie : "La perfection de cette œuvre, la première d'un jeune animateur" ... "annonce le cinéma plastique d'une jeune génération qui tournera les obstacles à son avantage." Les deuxième JICA sont bien sûr l'occasion pour les créateurs de se rencontrer à nouveau dans cette ambiance festive et irremplaçable des JICA. Norman McLaren est présent à cette deuxième édition et goûte son premier pastis. S'il n'y a pas d'exposition cette année-là, un très grand nombre de créateurs sont présents. Si quelqu'un sait en identifier tous les figurants, ça m'intéresse ! Photographie publiée par "Festival international du film d'animation d'Annecy" sur Facebook. On reconnait notamment parmi les grands noms de l'animation Paul Grimault, Henri Gruel, Jean Jabely, Alexandre Alexeïeff, Claire Parker, John Hubley, Peter Foldes, Bruno Bozetto, Norman McLaren, Boris Kolar, Richard Williams ; et parmi les membres fondateurs Michel Boschet, André Martin, Pierre Barbin, ou encore Raymond Maillet. Si quelqu'un sait en identifier tous les figurants, ça m'intéresse ! Collection Geneviève et André Martin : Promenade en bateau. Norman McLaren au fond à gauche, Michel Boschet avec l'appareil photo. Qui sont les autres ? Collection Geneviève et André Martin : Promenade en bateau. Paul Grimault en veste claire, Jean Jabely derrière lui, André Martin au fond à gauche Michel Boschet au fond. Qui sont les autres ? Collection Geneviève et André martin : Norman Mclaren découvre les charmes du pastis dans la douceur cannoise. Henry Moret et Georges Gondran du ciné club d'Annecy ont également participé à ces deux éditions. Ils entretiennent de très bonnes relations avec l'équipe des journées. Malgré le côté agréable et prestigieux de tenir les JICA à Cannes, ces journées sont un peu dans l'ombre du festival de Cannes. L'idée germe de déplacer les JICA ... dans la ville d'Annecy ! Peut-être pour que les critiques soient moins muettes ? ... A suivre. Prochain épisode : La genèse d'Annecy 5 : Naissance du festival d'Annecy
- 9 - Genèse du festival d'Annecy 3 : Des journées Internationales pour le Cinéma d'animation.
1955 est l'année du début de l'internationalisation des activités de l'Association Française pour la Diffusion du Cinéma. En octobre Brigitte Auber, Jean Delannoy et Serge Reggiani se rendent en à Prague en Tchécoslovaquie pour les journées du Film Français. André Martin, Pierre Barbin se joignent à la délégation française. Ces journées du film français ont aussi permis des déplacements en bohème et Slovaquie pour "se familiariser avec toutes les branches du film d'état tchécoslovaque". Pour André Martin cette manifestation est l'occasion de rencontrer Jiri Trnka et les autres maîtres du cinéma d'animation Tchécoslovaque. Ces prises de contacts ne vont pas tarder à se concrétiser, l'association a comme projet avancé d'organiser les premières "Journées Internationales du Cinéma d'Animation" à Cannes en 1956. Photographies Collection Geneviève et André Martin : Page d'une revue culturelle de la Tchécoslovaquie à destination des Français relatant la venue de la délégation française des Journées du Film Français. André Martin, Pierre Barbin, Jean Delannoy, Serge Reggiani,, X, Y, Brigitte Auber, Z. 1956 Première Journées Internationales du Cinéma d'Animation "Ce qui n'est pas imaginé n'existe pas" Comme souvent dans toute entreprise innovante, ces premières journées du cinéma d'animation ont fait douter leurs organisateurs jusqu'au bout. Certes les invitations furent lancées "ne manquant jamais de prédire l'importance future de cette mémorable rencontre" mais il a fallu le tout dernier moment pour que de bonnes nouvelles se confirment et que Zeman, Alexeieff, Trnka, Hofman et Botsutow et que leurs films arrivent bien." « Jusqu’à présent les rencontres entre réalisateurs de différents pays ne pouvaient être qu’accidentelles, privées et unitaires, survenues à l’occasion de voyages entrepris pour d’autres films. Ces premières journées internationales du cinéma d’animation ont marqué la fin de ces contacts accidentels et préparé des relations permanentes ». Une photographie connue qui appartient désormais au patrimoine du cinéma d'animation rassemble les participants des premières JICA. Défense de fumer ! :-) Photographie collection Geneviève et André Martin : Atamanov - Imanov Vano - Karl Zeman - Jiri Trnka - Eduard Hoffman - Paul Grimault - Alexandre Alexeieff - Claire Parker - Henri Grule - Pierre Barbin - André Martin- Jean Jabely - La femme qui tend le micro restera-t-elle inconnue ? André Martin a préparé pour l'occasion avec Michel Boschet une belle brochure à la gloire du cinéma d'animation et de son exposition. L'exposition est un succès. Un contributeur a même regretté de ne pas avoir avoir apporté des documents "plus importants" tant l'exposition était riche en volume et en qualité. Collection Geneviève et André Martin : Brochure présentant l'exposition des premières JICA Cette première voit la rencontre heureuse en pleine guerre froide des créateurs russes, tchécoslovaques, américains, français qui échangent ravis sur la création animée. Henry Moret et Georges Gondran du Ciné-club d'Annecy sont présents à ces premières JICA et participent à cette fête de l'animation. Ces journées ont présenté un copieux et magnifique programme qui laisse rêveur de 60 films d’animation, inédits ou classiques indiscutables, sur 6 journées du 25 avril au 1er mai. Des films qui couvrent un impressionnant panorama des techniques et impose l’existence d’un autre cinéma, le cinéma d’animation. On ne résiste pas à s'attarder sur quelques films de ce mythique et pantagruélique programme. Collection Geneviève et André Martin 1ere page du programme des JICA. Première journée : Evolution du dessin La première journée est consacrée à l’évolution du dessin dans le cinéma d’animation. Rooty Toot Toot de John Hubley (1951) - UPA- USA-7mn. Le magnifique Rooty Toot Toot qui « accumule les modernismes graphiques ». photographies : http://www.michaelspornanimation.com/splog/?p=3020 visionner le film sur https://www.youtube.com/watch?v=EE8_ddz0XvI Les spectateurs peuvent également apprécié le très beaux L’amour et le dirigeable de Jiri Brdecka (1946, Couleur, Tchécoslovaquie) aux remarquables dessins de Kamil Lhotak. On aimerait bien le voir ... Collection Geneviève et André Martin : L’amour et le dirigeable de Jiri Brdecka (1946, Couleur) Huff and Puff de Grant Munro ONF 1955 Film réalisé pour l’armée canadienne, Huff and Puff » décrit les dangers de l’hyperventilation pour les pilotes. « Ce film a fait rire l’impassible Trnka. » Dommage, on ne le trouve pas sur le site de l'ONF. Deuxième journée : l’évolution du rythme Parmi les films projetés on retrouve : C’est l’aviron de Norman McLaren (1945) où grâce aux travelling enchaînés par surimpression, Norman McLaren obtient un mouvement continu accentué par le balancement. Photographie ONF Voir le film sur https://www.onf.ca/film/cest_laviron/ Le diable à ressort de Jiri Trnka (1946). Ce film qui exorcise l’occupation nazi, tout juste terminée, est à ranger dans l’histoire des super-héros au côté de Captain America ! Il utilise toute la gamme des effets rythmiques. « A sa sortie ce film apparut comme le premier manifeste de toutes les possibilités rythmiques jusqu’alors ignorées par le cinéma d’animation » (Programme des premières JICA). Collection Geneviève et André Martin : Le diable à ressort de Jiri Trnka (1946) Voir sur https://www.youtube.com/watch?v=w3WHGUXj7IE On ne pouvait pas parler du rythme sans projeter Blinkity Blank de Norman McLaren (1954) palme d'or du court-métrage en 1955 . « Faut-il raconter la fantastique rencontre d’oiseaux et de masques que l’on croit voir dans « Blinkity Blank », ou bien convier les spectateurs à un simple feu d’artifice, ou encore, lui annoncer un poème sexuel ? Mieux vaut s’en tenir à l’émouvant spectacle d’une pensée directrice subtile utilisant au maximum les principes de construction image par image. » Image : https://twitter.com/Toadette_IAD/status/906965090058076160/photo/3 Troisième journée : l’évolution du sujet Le cinéma d’animation est trop souvent relégué dans le « domaine de la nursery » où triomphe le cartoon américain, « le style chat et souris ». Cette séance consacrée à l’évolution du sujet montre « que le cinéma d’animation peut recourir à toutes les ressources d’une vision personnelle du monde, atteindre la satyre aigüe, annexer le lyrisme ou le tragique. » Le millionnaire qui vola le soleil (Zdenek Miler, Tchécoslovaquie, 1948 ) nous offre une animation discontinue par groupe de six à dix images, ce qui crée des mouvements par changements brusque de plans successifs. « Cette économie d’intervalles a permis à Zdenek Miler de réaliser lui-même toutes les phases et de conserver ainsi au dessin et au trait une personnalité rarement préservée. Miler atteint un extraordinaire pathétique sociale dont le tragique peut être rapproché de l’œuvre de Bartosch." Incontestablement un chef d’œuvre du graphisme individuel animé ». Collection Geneviève et André Martin : Le millionaire qui vola le soleil - Zdenek Miler. Animal Farm John Halas et Joy Batchelor (1955) d’après le roman de George Orwell 1934. Image : https://cinemaderien.fr/animal-farm-la-ferme-des-animaux-1954/ A Short Vision Joan et Peter Foldes GB 1955 Sombre film et sujet grave qui selon la technique du pastel enchaîné nous montre les tragiques métamorphoses de la mort atomique, sujet d’angoisse de l’époque, en pleine guerre froide et course à l’armement atomique. Image : https://www.senscritique.com/film/A_Short_Vision/13053528 Pour plus d'histoire sur ce film voir blog : https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/enfin-adulte-le-cinéma-d-animation. Quatrième journée : recherche de la matière et découpage animé Elle cette fois consacrée à la recherche de la matière et au découpage animé. On y retrouve McLaren avec Phantasy (1952) animation d’objets en feuilles de métal découpées et Alouette (1944) film en éléments découpés qui annonce le film Rythmetic. Photographie : Phantasy - https://www.imdb.com/title/tt0045028/mediaviewer/rm3339072000 Photographie : Alouette - https://www.fandor.com/films/alouette L’Office National du Film du Canada est encore représentée par Cadet Rousselle de George Dunning et Collin Low (1946) également réalisé avec des feuilles de métal découpées. photographie : https://www.youtube.com/watch?v=hDWLMiI-hMw On y voit aussi deux films de Jiri Trnka dont Le joyeux cirque (1951). Trnka et son équipe y utilise l’animation de papier découpé, que Trnka ne pratique que très rarement. Photographie : https://www.awn.com/news/animation-breakdown-returns-greatest-shorts-earth A voir sur https://www.youtube.com/watch?v=D-ZT740sJZU avec deux autres films de Trnka. D’autres films montrent l’utilisation de la transparence. La baleine de Noburo Ofuji (1952) Japon Ce film utilise des fragments de cellophane de couleur afin d’obtenir, en mouvement, la transparence multicolore des lanternes japonaises. Photographie : https://www.nishikata-eiga.com/2011/12/noburo-ofujis-whale-1952.html L’idée de Berthold Bartosch France 1934 Berthold Bartosch a placé des personnages plats , formés d’éléments séparés sur un système multi plan formé de trois étages de verre progressivement dépoli qui éclairés par dessous plonge le décor dans cet univers glauque et sombre, métaphore de l’idée. Photographie collection Geneviève et André Martin : L’idée de Berthold Bartosch Cinquième journée : recherche de la matière et économies de moyens Cette cinquième journée ne lésine par sur les moyens avec un copieux programme dans lequel on trouve notamment les films suivants. Ombrelle et Parapluie de Pierre Tarcali (1956) Les Personnages simplement tracés contrastent avec les décors dessinés à la plume qui restent un peu estompés donnent un effet de matière séduisant. Photographie collection Geneviève et André Martin Films réalisés par Claire Parker et Alexandre Alexeieff Deux films réalisés avec « l’écran d’épingle » inventé par les auteurs et qui permet de réaliser des gravures animées : La nuit sur mont chauve 1933 Photographie : http://musees.annecy.fr/Media/Images/Images-hors-SITRA-Armadillo/Partenaires-exposition/Exposition-Alexeieff-Parker-montreurs-d-ombres/Une-Nuit-sur-le-Mont-Chauve. Auteur du cliché : © Alexeïeff Rockwell- Cinédoc Paris Films Coop 2015 En Passant 1944 Photographie collection Geneviève et André Martin Sève de la terre 1955 Trois autres films d’Alexeieff sont projetés dont le tout récent Sève de la terre, film de commande pour Esso. Photographie : https://www.senscritique.com/film/Seve_de_la_Terre/21689836 Photographie collection Geneviève et André Martin : Alexandre Alexeieff et Claire Parker Tournage de Sève de la terre. Colour Box Len Lye 1934 « Un des premiers films réalisé sans caméra par dessin et coloration directe sur la pellicule. Les motifs sont dessinés d’une façon continue sans que soient marquées les séparations des images. L’animation devient ici pleinement un art de composition du mouvement. » Photographies : https://filmcolors.org/galleries/a-colour-box-1935/ Sixième journée : l’animation tri-dimensionnelle Objets modifiés imagée par image Two Bagatelles Norman McLaren 1952 « La prise de vue image par image de personnages vivants … permet d’obtenir des raccourcis, des élans et de s mouvements totalement irréels. ». Ce film permet de voir Grant Munroe s’animer lui-même ! Photographie : collection Geneviève et André Martin : Tournage de Two Bagatelles Two Bagatelles : http://lafilledecorinthe.com/wordpress/mot-clef/passer-a-travers-les-murs/ Les Voisins Norman McLaren 1953 Il n’était pas possible de présenter des films avec prises de vues image par image sans présenter ce chef d’œuvre que sont les voisins. Remarquable mise en oeuvre des moyens d’animation pour au service d’une construction et d’une progression dramatique. Photographies : collection Geneviève et André Martin : Tournage des voisins - Norman McLaren déplace les objets … pour la prochaine image Les Voisins : https://flatpackfestival.org.uk/event/norman-mclaren-shorts-2 Films de marionnettes image par image. Les films de marionnettes filmés image par image était représentés entre autre par "le chapiteau sous les étoiles" de Wlodzimiertz Haupe ( Cyrk Pologne 1954) dont « l’animation et l’humour ont une sureté calme qui se rapproche de Jiri Trnka. » Photographies : collection Geneviève et André Martin Un avant et un après André Martin rend compte de cette première dans le no 60 des cahiers du cinéma. Outre les frayeurs inhérentes à l'organisation de tout festival, cette première n'était pas gagnée d'avance ! Regrouper en pleine guerre froide des artistes américains, russes, tchécoslovaques et d'autres constituait un vrai défi même si, ici ou là, la motivation officielle pour la propagande du meilleur des mondes de la culture a aidé. Nouveau succès, c'est par la culture et ici par le cinéma d'animation que les peuples se rencontrent stupéfaits de leur proximité dans leur passion commune. Ces premières JICA marquent le passage "d'un avant et un après" pour le Cinéma d'Animation. Les créateurs du monde de l'animation sont entrés en relations grâce première JICA... Ils ne se quitteront plus. Collection Geneviève et André Martin : Couverture du no 60 des Cahiers du cinéma et première page de l'article d'André Martin sur les JICA. Rencontre et Discussion entre Steve Bosustow, Paul Grimault, Alexandre Alexeieff et Jiri Trnka. La suite au prochaine épisode, La genèse d'Annecy 4: "Les deuxièmes journées Internationales pour le Cinéma d'animation".
- 80 - Prix André Martin du long métrage d'animation 2024 : c'est pour bientôt !
Affiche 30e festival National du film d'animation réalisée par Raphaëlle Stolz 30e édition d'un festival qui fête ses 41 ans Le Festival National du Film d'Animation approche, il démarre dans 2 semaines à Rennes. C'est avec une certaine impatience que j'attends ce moment car je n'ai pas eu l'occasion récemment de m'y rendre. Ce festival a été créé par Raymond Maillet (1) et l'Association Française pour le Cinéma d'Animation (AFCA) en 1983 à l'origine en région parisienne à Marly le roi. J'y avait assisté en 1985 ... il y a 39 ans ! :-). Je vais donc essayer de me racheter de ce manque d'assiduité par quelques articles sur le festival. La trentième édition de ce festival toujours organisés par l'AFCA nous propose une sélection de : 60 courts-métrages, 51 œuvres en panorama dont : 12 clips, 20 séries et unitaires TV, 10 films et 9 films d'ateliers, 9 longs-métrages. Un magnifique paysage du cinéma d'animation français pour se régaler du 13 au 17 avril ! Bien sûr le premier de ces articles est consacré au prix André Martin ! Quel sera le prix -Martin 2024 pour un long-métrage d'animation ? Le prix André-Martin créé à l'initiative de Francis Gavelle, du Citia et de l'Afca récompense chaque année un long-métrage et un court-métrage d'animation français. Pour la deuxième année la récompense pour le long-métrage d'animation sera remise lors du festival National du Film d'Animation, celle du court-métrage étant toujours remise à Annecy. Pour pouvoir concourir, les longs-métrages doivent être sortis en salle en 2023 et la part de coproduction française doit être de 20% minimum du budget total. Cette année seize films concourent pour le prix et la compétition est particulièrement rude. L'aventure que constitue la réalisation d'un long-métrage d'animation est également rude tant l'exercice est exigeant et plein d'embûches. Il faut donc saluer cette belle sélection qui illustre la bonne mais toujours fragile santé du cinéma d'animation en France(2). Linda veut du poulet ! - Chiara Malta & Sébastien Laudenbach Le film de Chiara Malta & Sébastien Laudenbach fera-t-il le grand chelem après le Cristal à Annecy et le César du long-métrage d'animation ou laissera-t-il ce prix à un autre film ? La fluidité du graphisme et de l'animation de Sébastien Laudenbach se conjugue ici avec bonheur à la mise en scène de Chiara Malta. Ce film pour la jeunesse est un petit bijou qui séduit petits et grands. Pour en savoir plus voir : 63 Linda veut du poulet ou les tribulations "gallinacières". https://www.gamca.info/post/linda-veut-du-poulet-ou-les-tribulations-gallinaci%C3%A8res On peut voir la bande annonce sur : https://www.youtube.com/watch?v=XvyOL_uWFbA Interdit aux chiens et aux Italiens - Alain Ughetto Le film d'Alain Ughetto est un autre sérieux prétendant au prix avec son film en animation d'objet qui nous projette dans l’histoire familiale du réalisateur de la fin du 19e siècle au milieu de siècle dernier dans une fresque sensible et prenante. Pour en savoir plus voir : 75 Interdit aux chiens et aux italiens : la généalogie animée https://www.gamca.info/post/interdit-aux-chiens-et-aux-italiens-la-généalogie-animée On peut voir la bande annonce sur : https://www.youtube.com/watch?v=rvjuWPefbpQ Mars express - Jérémie Périn Il faut compter également sur le film de Jérémie Périn, polar de science-fiction, haletant du début à la fin mais également une réflexion sur les techniques développées par les grandes sociétés privées autour de l'informatique, de l'intelligence artificielle et des robots. Un grand spectacle d'actions qui nous changent des Marvels de ce monde. Pour en savoir plus voir : 64 Mars Express : Embarquement immédiat ! https://www.gamca.info/post/mars-express-embarquement-imm%C3%A9diat On peut voir la bande annonce sur : https://www.youtube.com/watch?v=7iroDVDTPco Saules aveugles femme endormie - Pierre Földes Source image : https://www.gebekafilms.com/fiches-films/saules-aveugles-femme-endormie/ Pierre Földes nous offre ici une fable onirique en adaptation de six nouvelles de Haruki Murakami. Un chat perdu, une grenouille géante volubile, un attaché commercial sans ambition, une femme frustrée et un comptable schizophrène autant de personnages dont ce conte nous livre le fort intérieur. On peut voir la bande annonce sur : https://www.youtube.com/watch?v=ki_iQX3V-rU Sirocco et le royaume des courants d'air - Benoît Chieux Après Linda veut du poulet de nouveau un film pour la jeunesse qui est décidément bien servi dans ce cru. Cette fois-ci, il enchante les enfants dès le plus jeune âge en proposant l'univers coloré plein de rêverie et de féérie de Juliette et Carmen, ces deux sœurs intrépides de 4 et 8 ans qui ouvrent un passage vers l’univers de leur livre favori, Le Royaume des Courants d’Air. On peut voir la bande annonce sur : https://www.youtube.com/watch?v=1hvhVK9utYo Mon ami robot - Pablo Berger Un robot, un chien, les années 80 et la ville de New York sont les quatre principaux "acteurs" de ce film émouvant sur l'amitié, les différences et les douleurs de la séparation. Le film a rencontré le grand prix contrechamps au festival d'Annecy 2023. On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=y_EegXszYp4 Les as de la jungle 2, opération tour du monde - Laurent Bru, Yannick Moulin & Benoît Somville Basé à Toulouse le studio TAT productions nous offre ici la suite de leur succès les as de la jungle. Ce film s'il en était besoin montre à nouveau le savoir-faire français en matière de long-métrage 3D qui font un bon parcours au box-office. Le cinéma d'animation c'est aussi des produits grands publics à succès ! On peut voir la bande annonce sur https://www.dailymotion.com/video/x8lwlt3 Miraculous, le film - Jérémy Zag Attention un carton box-office peut en cacher un autre, c'est le cas de Miraculous. Jérémy Zag continue son parcours réussi avec ce long métrage issue de la série TV à succès. On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=QidIZNU91Xs Nina et le secret du hérisson - Alain Gagnol & Jean-Loup Felicioli La jeunesse est encore gâtée avec ce film qui nous conte les péripéties de Nina, son ami Mehdi et d'un hérisson pour retrouver l'argent volé d'une usine. On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=lyxKIRWs5UM Pattie et la colère de Poséidon - David Alaux Cet autre film à succès du prolifique studio TAT Productions nous transporte cette fois-ci dans la Grèce antique. On peut voir la bande-annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=fnue_I8yo8k La sirène - Sepideh Farsi La cinéaste iranienne Sepideh Farsi nous livre ici une épopée qui a pour cadre la guerre Iran-Irak, épisode déjà ancien des malheurs du moyen-orient. On peut voir la bande annonce sur : https://www.youtube.com/watch?v=Na0bWVychFs Alors qu'on célèbrera en octobre prochain les 30 ans de la disparition d'André Martin, infatigable promoteur et défenseur du Cinéma d'Animation dont il inventa le nom au début des années 50, nul doute que ce prix 2024 aura une résonance particulière tant il célèbre par cette sélection une abondance, une diversité instrumentale, thématique, graphique et artistique du Cinéma d'Animation qui n'aurait pas manqué de le réjouir. En ce week-end Pascal, je ne résiste pas au plaisir d'accompagner cet article de cette photo d'André Martin en Saint-Patron du Cinéma d'Animation. André Martin Parc de la Gatineau en 1975 - Québec - Photo Clément Martin (1) Raymond Maillet a rejoint l'équipe des journées du cinéma dans les années 50 puis des Journées Internationales du cinéma d'Animation en en organisant les expositions. Il a dirigé le Festival d’Annecy de 1971 à 1981. Il a été le délégué général de l'AFCA depuis le début et jusqu’en 1993. Sous sa direction, l’AFCA a inauguré le cycle des projections mensuelles de l’Animathèque en 1975 et a créé le Festival national du film d’animation à Marly-le-Roi en 1983. (2) Après l'euphorie post-covid, on observe une baisse de demande au niveau des plateformes et un contexte plus tendu sur le marché de l'emploi dans l'animation en France. Au-delà des plateformes allez au cinéma voir des films d'animation ! #festivalnationaldufilmdanimation #afca #prixandremartin #rennesmetropole
- 81 - Le 30e Festival National Du Film D'Animation : C'est parti !
Samedi 13 avril le 30e festival national du film d'animation a débuté à Rennes sous un printemps estival ! La semaine a été rude aussi n'ai-je assisté qu'à deux séances bien, réjouissantes. Dans mon imaginaire | Compétition 2 La séance dans mon imaginaire a regroupé des films proposés pour la jeunesse. Un programme réussi par sa diversité des techniques employées et la variété des sujets qui a permis à chaque film d'être valorisé. Les Premiers dinosaures étaient des pommes d'Emma Lafarge France | 2023 | 3min | Couleur | Court Métrage Étudiant | Emma Lafarge, de l'école Emile Cohl, illustre avec humour dans son film en objets animés les interrogations de deux enfants Chouchou et Nana sur l'origine du monde. Les deux enfants confrontent la version symbolique et religieuse d'Adam et Eve et celle de la théorie de l'évolution. Icepick Nadia Amadou, Julien Barbieri, Pierre Ghio, Josselin Masdevall, Clara Poirier, Romane Suire, Flavie Toiron, Valantine Viotti France | V.O. - Sans Dialogue | 2023 | 5min | Couleur | Court Métrage Étudiant Image : https://www.youtube.com/watch?v=mXu-9W5rpGo Ce film de fin d'étude d'étudiants de l'école Artfx en image de synthèse 3D nous raconte les tribulations ... et les surprises d'un Pic Mineur e n plein cœur de l'Alaska sauvage. Il nous offre une magnifique représentation de la nature et de cet oiseau avec une superbe animation de vol d'oiseau. Attention ça pique ! Voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=mXu-9W5rpGo Abri de Julie Daravan Chea France | V.O. Français | S.T. Anglais | 2023 | 3min | Couleur | Image : https://ifcinema.institutfrancais.com/pt/movie?id=c1948d1b-7cce-47c7-9246-090751530806 Ce court-métrage professionnel, adapté du poème d'Esther Granek, nous propose en animation 2D et peintures des souvenirs d'enfants en camping dont la réalisatrice nous a confié qu'ils étaient totalement inventés car elle n'a jamais fait de camping. Une belle immersion dans une nature sauvage qui fait parfois peur mais une peur qui peut être domptée grâce aux ombres chinoises. Quelques images animées du film sur https://www.facebook.com/watch/?v=709655840461720 Attaques de Hélène Ducrocq France | V.O. - Sans Dialogue | 8min | Couleur | Court Métrage Professionnel Hélène Durocq nous entretient dans son film en animation 2D des relations entre le monde terrien et marin. Avec un graphisme coloré et très pur, la réalisatrice nous offre une représentation quasi formelle de ces deux mondes avec leur frontière et ses accrochages. On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=SHhy5uo1U3Y Frite sans maillot de Matteo Salanave Piazza France | V.O. Français | 2023 | 4min | Couleur | Court Métrage Étudiant Image https://mubi.com/fr/fr/films/frite-sans-maillot Ce film drôlissime nous raconte les tribulations d'Antoine à la piscine un jour où il a oublié son maillot de de bain. C'est peut-être le toboggan qui finalement apporte la solution ? :-) Que du papier de Maxime Vouillon France | V.O. Français | 2023 | 13min | Couleur | Court Métrage Professionnel image https://festival-film-animation.fr/programme-2/#/fr/film/10553/Que-du-papier Melle et Adam passent leurs journées sur le perron de leur orphelinat, attendant le retour de leur maman une lettre à la main . Le réalisateur nous propose un film entièrement réalisé en papier à l'exception des vêtements en textile et des mains en pâte à modeler. Il nous a confié s'être inspiré de "En attendant Godot" de Samuel Beckett. Tournesol de Natalia Chernysheva France | V.O. - Sans Dialogue | 2023 | 4min | Couleur | Court Métrage Professionnel Image https://www.unifrance.org/film/56445/tournesol Quel plaisir de revoir Tournesol avec cette interprétation en fanfare, collective et militaire de la vie des tournesols. Et comme dans tout collectif on trouve ici un tournesol pas comme les autres ... Tête en l'air de Rémi Durin France | V.O. Français | S.T. Anglais | 2023 | 11min | Couleur | Court Métrage Professionnel Image https://festival-film-animation.fr/programme-2/#/fr/film/10498/Tete-en-l'air Alphonse, un petit écureuil, est passionné de nuages et passe son temps à les observer les prendre en photos. On a la tête dans les nuages. Emma Lafarge , réalisatrice de Les Premiers dinosaures étaient des pommes ; Maxime Vouillon , réalisateur de Que du papier; Julie Daravan Chea , réalisatrice de Abri; Julien Barbieri et Josselin Masdeval , réalisateurs de Icepick et Hélène Ducrocq , réalisatrice de Attaques nous ont parlé de leur film à l'issue de la projection. Séance d'ouverture du festival La directrice de la programmation du Théâtre National de Bretagne et Isabelle Vanini - Photo Clément Martin C'était un Plaisir de retrouver Isabelle Vanini, la toute nouvelle déléguée générale de l’AFCA, ouvrir le 30e festival national du film d’animation à Rennes ! Jeanne Frommer de l'AFCA nous a proposé le beau programme de cette année et les responsables culturels et éducatifs locaux nous ont entretenu de toutes les initiatives qui accompagnent le festival au niveau de la métropole du département et de la région. Isabelle Vanini nous a ensuite présenté le long-métrage présenté en avant-première. Sky Dome 2123 de Sarolta Szabó, Tibor BánóczkiHongrie, Slovaquie | V.O. Hongrois | S.T. Français | 2024 | 110min | Couleur | Long Métrage | Panorama | Longs Métrages Skydome 2123 une histoire d'amour - image https://www.forumdesimages.fr/les-programmes/carrefour-du-cinema-danimation-2023/sky-dome-2123 Synospsis En l'année 2123, dans un futur où la sécheresse a ravagé la Terre, l'humanité est contrainte de sacrifier une partie de la population : toute personne de plus de 50 ans sera transformée en arbre. La société est régie par des règles impitoyables. Le jour où Stefan voit sa femme condamnée prématurément par le système, il décide de prendre les plus grands risques pour changer son destin. Le film Ce film post-apocalyptique nous montre le retour à un monde contraint et une vie plus limitée suite aux abus que nous avons infligés à notre planète. Nous suivons les tribulations de Stéphan pour sauver sa femme dans une société qui ne permet aucun écart par rapport aux règles qui permettent à l'humanité de survivre. Un élevage particulier permettant la survie de l'humanité. Image https://www.lecubegarges.fr/programme/sky-dome-2123/ Les images 3D nous offre des vues et des mouvements époustouflants à la mise en scène soignée. L'animation des personnages faite en rotoscopie permet une expression cinématographique réaliste et sensible des acteurs. Le tout nous immerge avec bonheur dans ce monde du futur. Le périple de Stéphan et sa femme. Image https://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Sky-Dome-2123-Le-climat-post-apocalyptique-dechire-Nora-et-Stefan--bande-annonce Sous ces images spectaculaires mais peu réjouissantes le film nous montre avec poésie ... une belle histoire d'amour. Le film sort très prochainement dans les salles en France. Amateurs de science-fiction film à ne pas manquer ! On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=zwZCLmEZP14 #afca #festivalnationaldufilmdanimation #gamca #Skydome2123 #rennesmetropole
- 82 - Festival National du Film d'Animation 2024 J2 : C'est la course !
Les Maîtres du temps de René Laloux 1982 Image https://www.lecinematographe.com/Les-Maitres-du-temps_a9311.html Jour de course C'était la course en ce deuxième jour du festival National du Film d'Animation. A peine le temps de sortir de l'hôtel que le trottoir d'en face était envahi d'une cohorte ininterrompue de coureurs qui s'engouffraient curieusement dans un café pour n'en plus ressortir. J'ai poursuivi mon chemin jusqu'au TMB pour ma première séance et découvert à l'arrivée une nouvelle colonne de coureurs chaudement applaudis qui s'engouffraient à leur tour dans le TMB. Je découvrais plus tard qu'il s'agissait de l'Urban Trail qui dans sa 6e édition accueillait 12 000 coureurs dans Rennes avec traversés de nombreux lieux ... dont le TMB avec trois parcours dont le plus grand fait 24 km et 3 500 m de dénivelé. Urban Trail à Rennes des escaliers et du dénivelé Image https://moulins.maville.com/actu/actudet_-running.-gagnez-votre-dossard-pour-le-rennes-urban-trail_52674-3404109_actu.Htm De mon côté j'attaquais ma course avec les escaliers pour rejoindre le 3e étage et la salle Louis Jouvet pour ma première séance. Mon ami robot de Pablo Berger Espagne- France 2023 - 101 mn Image https://www.senscritique.com/film/mon_ami_robot/55589060 Dog solitaire s'ennuie profondément. Il revit quand il fait l'acquisition d'un robot avec lequel il partage avec bonheur plein de moments de loisir. Malheureusement le robot rouille suite à une baignade dans la mer et ne peut plus bouger. Dog est obligé d'abandonner son ami sur la plage. Il s'en suit moult péripéties pour que Dog puisse retrouver son ami. Mais va-t-il le retrouver ? Les deux amis à la plage image https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/cinema/mon-ami-robot-ode-animee-pour-le-respect-des-differences-une-lettre-damour-a-la-bd-26-12-2023-IKRPLTYCWFGNDKUBAGUJNF72WU.php Un robot, un chien, les années 80 et la ville de New York sont les quatre principaux "acteurs" de ce film émouvant sur l'amitié, les différences et les douleurs de la séparation. Le film a reçu le grand prix contrechamps au festival d'Annecy 2023. Dans ce film les personnages sont des animaux qui ne parlent pas. Le graphisme des personnages est simple contrairement aux décors très détaillés dans un style bande dessiné. Le film est d'ailleurs inspiré d'une bande dessinée de Sara Varon paru en 2007. Le réalisateur Pablo Berger qui a vécu à New York dans les années 80 y a projeté ses souvenirs et le film fourmille de détails, d'objets, de marques comme autant de "madeleines de Proust" de cette époque. Attention Gamca avertit les lecteurs du risque important de siffloter du Earth Wind and Fire en sortant de la projection de ce film ! A l'issue de la projection Jonathan Fontaine qui a travaillé sur layout et l'animation du film pendant 1 an a répondu aux nombreuses questions des spectateurs. Il nous a donné plein d'informations sur la fabrication du film. Il nous a notamment parlé des défis qu'on peut rencontrer quand on fait un film avec un réalisateur et un monteur de cinéma en prise de vue réelle ou quand on doit gérer l'animation dans des décors très détaillés. Photo Clément Martin On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=y_EegXszYp4 Après ce long métrage je continuais ma course. A peine le temps d'avaler quelques cacahouètes pour assister à l'heure à la séance suivante. Au soleil | Compétition 3 The Time botanist de Glenn Paul-Parvenu France | V.O. - Sans Dialogue | 2023 | 4min | Couleur Et N & B | Court Métrage Étudiant | Ce court-métrage étudiant de l' Institut Saint Geneviève est un clin d'œil à l'histoire du cinéma d'animation. Une machine à voyager dans le temps nous emmène dans les cartoons des années 30 avant de remonter jusqu'aux origines du cinéma. source image https://concoursanimation.arte.tv/video/the-time-botanist-de-glenn-paul-parvenu-institut-sainte-genevieve/ On peut également voir le film sur https://concoursanimation.arte.tv/video/the-time-botanist-de-glenn-paul-parvenu-institut-sainte-genevieve/ Bouquet de Cécile Robineau France | 2023 | 3min | Couleur | Court Métrage Professionnel | Pour ce film réalisé dans le cadre de la série "En sortant de l'école" destinée au jeune public et diffusée sur France Télévision, Cécile Robineau interprète un poème de Robert Desnos à partir d’un souvenir d'enfance. Le film réalisé en papier découpé et des fleurs nous montre les relations entre une petite fille et une vieille dame pendant que sa maman fait du jardinage. Été 96 de Mathilde Bédouet France | V.O. Français | S.T. Anglais | 2023 | 12min | Couleur | Court Métrage Professionnel César 2024 du Meilleur Film de Court Métrage d’Animation le film nous raconte les péripéties de deux familles bloquées par la marée en revenant de la plage. Tous les spectateurs qui ont passé des vacances en Bretagne au bord de la mer y retrouveront des souvenirs. Le film est réalisé à partir d'images tournées en prises de vues réelles puis patiemment coloriées au crayons de couleur. Goutte d'eau de Selma El Malki France | V.O. Français | 2023 | 4min | Couleur | Court Métrage Étudiant Selma El Malki de l'école Emile Cohl nous montre une grand-mère qui a perdu son mari et qui souffre de ne pas arriver à le pleurer. Les petits enfants vont-ils trouver la solution ? On peut voir le film sur https://www.youtube.com/watch?v=MrpVBsWV4Eo Au 8ème Jour de Agathe Sénéchal, Alicia Massez, Elise Debruyne, Flavie Carin, Théo Duhautois France | V.O. - Sans Dialogue | 2023 | 8min | Couleur | Court Métrage Étudiant Source image : https://festival-film-animation.fr/programme-2/#/fr/film/10510/Au-8eme-Jour Ce film étonnant d'étudiants de l'école Pôle 3D de Roubaix, nous montre les bouleversements rapide d'un monde. On navigue entre abstractions, décors laineux et scènes de la nature, du vivant. On croirait qu'il y a également de la stop motion sur certains plans, mais non tout est fait en 3D. On peut voir la bande annonce du film sur https://www.youtube.com/watch?v=SyzW8fXBZdY Théo là-haut de Rachel Amar, Lien Franckel, Laurent Gastaud, Antonin Jarlan, Caroline Lott, Arthus Mariet France | V.O. Français | 2023 | 4min | Couleur | Court Métrage Étudiant Source Image https://www.forumdesimages.fr/les-programmes/carrefour-du-cinema-danimation-2023/courts-decole-2_1 Un ballon géant est posé sur les câbles à haute tension et prive la population d'électricité en pleine canicule. Personnes ne se porte volontaire pour une intervention périlleuse pour dégonfler le ballon. Les adultes désignent courageusement un adolescent pour le faire. Ce film de fin d'études d'étudiant de l' Atelier de Sèvres nous propose une métaphore sur le changement climatique avec un jugement cruel sur l’attitude des adultes face à ce défi. On peut voir le film sur https://concoursanimation.arte.tv/video/theo-la-haut-de-antonin-jarlan-atelier-de-sevres/ Beurk ! de Loïc Espuche France | V.O. Français | 2024 | 13min | Couleur | Court Métrage Professionnel De jeunes enfants en vacances au camping trouvent répugnants de s'embrasser sur le bouche mais ça reste quand même très intrigant. Une superbe et lumineuse métaphore colorée de l'envie d'embrasser l'autre et un très beau tableau des tout jeunes, de leurs intérêts et de leurs réactions. On peut voir la bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=1aA4OdTIhOY A l'issue de la projection ona pu s'entretenir avec les réalisateurs ! :-) Photo Clément Martin La course continue en route pour l'Arvor pour revoir "Les Maîtres du temps" de Réné Laloux. Les Maîtres du temps de René Laloux France Hongrie Suisse 1982 Jean-Baptiste Garnero du CNC nous avait présenté cette version restaurée 4K du film de René Laloux au festival d'Annecy en juin dernier. Cette fois-ci c'est Xavier Kawa-Topor qui nous a présenté la séance. Le film est une adaptation du roman de science-fiction de Stefan Wul, "L’orphelin de Perdide", sur des dessins de "Moebius". Il nous raconte l'épopée de Piel qui se retrouve seul sur une planète suite à une attaque des frelons. Son père a le temps avant de mourir d'appeler un fidèle ami pour qu'il vienne sauver son fils. Le père de Piel appelle son ami à la rescousse. Image https://www.lecinematographe.com/photo/art/grande/76079238-53844934.jpg?v=1698138524 Une succession d'aventures et d'évènements vont survenir. Le petit Piel sera-t-il sauvé ? On n'est pas à l'abris d'une pirouette spatio-temporelle avec un tel titre ! La rencontre avec Xavier Kawa-Topor Xavier Kawa Topor nous avait gratifié d'une très belle conférence au forum des Images sur La planète sauvage, premier long-métrage de René Laloux. Pour en savoir plus avec Gamca, lire 65 Une jeune planète : "La planète sauvage" a 50 ans. https://www.gamca.info/post/une-jeune-planète-la-planète-sauvage-a-50-ans. Xavier Kawa-Topor durant sa présentation des Maîtres du temps - photo Clément Martin Il récidive pour nous situer les maîtres du temps dans l'histoire de René Laloux et du long-métrage d'animation français qui à l'époque était une denrée extrêmement rare. Comme il n'y avait pas de studio en France pouvant réaliser des longs-métrages celui-ci a été fabriqué en Hongrie. Les budgets étant restreints, il n'a pas forcément eu la qualité espérée, sachant qu'à la même époque de sa sortie il y a eu également la sortie de Métal Hurlant réalisé avec des moyens bien supérieurs. Du fait de ces limitations, les relations avec Moebius ont été difficiles. Il n'en reste pas moins que le film reste extrêmement attachant avec ses musiques sur synthétiseurs et une certaine fraîcheur aujourd'hui désuète typique du début des années 80. A voir absolument ! A peine la conférence terminée il faut reprendre la course pour la séance de 18 h 30 ! :-) Un autre monde | Compétition 8 Misérable miracle de Ryo Orikasa France | V.O. Anglais | S.T. Anglais | 2023 | 8min | Couleur | Court Métrage Professionnel Image https://www.miyu.fr/production/emergences/ Ryo Osaka continue d'explorer l'écriture comme objet de l'animation au sens littéral dans cette très belle coproduction ONF, Miyu Productions, New Deer. Adapté d’un texte d'Henri Michaux qui est raconté par Denis Lavant, ce film d'animation réalisé en dessin sur papier nous ballade sur le chemin du texte peuplé de lettres qui sont autant de personnages. Ce chemin nous transporte par moment dans des paysages abstraits. Où l'écriture devient abstraction - image https://www.miyu.fr/production/emergences/ Jean-Franky préfère la brioche de Alice Luzé France | V.O. Français | 2023 | 3min | Couleur | Court Métrage Étudiant Source image https://festival-film-animation.fr/programme-2/#/fr/film/10511/Jean-Franky-prefere-la-brioche Jean-Franky trentenaire au chômage déprimé tente un petit déjeuner sous fond d'oppressant du long-message répondeur de sa mère. Alice Luzé dans son film de fin d'étude au lycée René Descartes a rencontré pas mal de péripéties dans la réalisation de son film pour donner ce court-métrage réussi. C'est sa mère qui a enregistré le message téléphonique mais elle nous a assuré qu'elle n'était pas comme ça dans la vrai vie ! :-) Si vous voulez tenter l'expérience aussi drôle qu'insupportable :-) à voir sur https://www.youtube.com/watch?v=JV9Zts9wCIU Margarethe 89 de Lucas Malbrun France | V.O. Allemand | S.T. Anglais | 2023 | 19min | Couleur | Court Métrage Professionnel source image : https://www.angers.fr/actualites-sorties/65262-36e-edition-de-premiers-plans-du-20-au-28-janvier/evenement/75691-courts-metrages-francais-programme-2/index.html Lucas Malbrun nous emmène dans l'ex RDA où une dissidente est internée en hôpital psychiatrie ? Une réflexion historique sur l'enfermement des sociétés des pays de l'est avec leur jeunesse et ses inspirations. Le Petit commerce de Mathis Dubrul France | V.O. Français | 2023 | 4min | Couleur | Court Métrage Étudiant source image : https://festival-film-animation.fr/programme-2/#/fr/film/10547/Le-Petit-commerce Dans ce film d'un étudiant de la poudrière, un contrôleur inspecte une épicerie alors que celle-ci est en train d'être volée. Le métier de contrôleur n'est décidemment pas de tout repos ! Via Dolorosa de Rachel Gutgarts France | V.O. Hébreu | S.T. Anglais | 2023 | 11min | N & B | Court Métrage Professionnel https://festival-film-animation.fr/programme-2/#/fr/film/10481/Via-Dolorosa Ce film jette un regard sur la une vie dissolue d'une adolescente à Jerusalem. le film fait a partir d'image argentique retraitées donne un effet particulier qui laisse au spectateur une part de subjectivité. Herbe verte d'Élise Augarten France | V.O. - Sans Dialogue | 2023 | 12min | Couleur | Court Métrage Professionnel source image : https://www.unifrance.org/film/56672/herbe-verte Ce superbe film d'Elise Augarten nous montre le chemin d'un cri. Gamca vous en dit plus sur 66 Herbe verte : le chemin du cri A lire sur https://www.gamca.info/post/l-herbe-verte-des-souvenirs-et-un-cri Furrie de Lucie Grannec France | V.O. - Sans Dialogue | 2023 | 9min | Couleur | Court Métrage Étudiant source image : https://festival-film-animation.fr/programme-2/#/fr/film/10487/Furrie Lucie Grannec nous propose un portrait coloré et fidèle de la communauté des furries. Délice de Julia Pengue, Gabriel Cassé, Garance Guilbert, Eva Rogelin, Cannelle Cazes, Adrien AvitFrance | V.O. - Sans Dialogue | 2023 | 5min | Couleur | Court Métrage Étudiant Source image https://festival-film-animation.fr/programme-2/#/fr/film/10516/Delice Une riche famille prend un diner particulier dans une immense salle sur une table opulente. Amateur de viande s'abstenir ! :-) Merci aux réalisateurs qui ont répondu à nos questions. Lucas Malbrun , réalisateur de Margarethe 89 Lucie Grannec , réalisatrice de Furrie Rachel Gutgarts , réalisatrice de Via Dolorosa Mathis Dubrul , réalisateur de Le Petit commerce Alice Luzé , réalisatrice de Jean-Franky préfère la brioche - Photo Clément Martin Cette séance a clos ma journée je n'ai pas couru le parcours le plus long ... pas de séance à 21 h 00 pour moi ! Ce fût quand même une belle course ! :-) #afca #festivalnationaldufilmdanimation #gamca #rennesmetropole











