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  • 109 - Festival National du film d'animation : de belles séries pour la jeunesse !

    La petite Casbah réalisation Antoine Colomb 2024 . Source image https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/series/petite-casbah-sur-france-4-une-formidable-serie-animee-sur-lalgerie-juste-avant-la-guerre-27-10-2024-3QOIBRLF7VB5HM54PFQYMMEL2E.php Le festival 2025 bat son plein et il faut déjà jongler entre programme de courts métrages, longs métrages, pitchs et conférences ... Le hasard bouleverse parfois le programme très serré qu'on concocte avec patience. C'est par hasard que j'ai rencontré Marie de Banville assise à côté de moi à la séance d'ouverture. Elle m'a parlé de deux évènements autour des séries pour la jeunesse auxquels elle participait. Une séance et deux épisodes Nous avons d'abord eu une projection d'un épisode de deux séries : • "La petite casbah" réalisé par Antoine Colomb et dont le scénario a été conçu par Marie de Banville, • "La vie de château” réalisé par Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H'Limi·  Nathaliel H'Limi, Marie de Banville et Nicolas Deveaux président de l'AFCA nous présente la séance. Photo Clément Martin La petite Casbah est une histoire d'amitié entre des enfants de milieux et communautés différents en plein cœur d'Alger à l'été 55 tandis que "La vie de Château" nous raconte les aventures d'une petite fille orpheline Violette. Des personnages pittoresques Les deux séries nous proposent des personnages pittoresques jeunes et moins jeunes autour desquelles s'articulent le récit. On y trouve un méchant policier, un gentil instituteur ou encore un champion de boxe dans la petite Casbah, un oncle bourru et ... Louis IV dans la vie de château. Il y a aussi bien sûr l'indispensable petit groupe de jeunes qui vivent leurs aventures. Les personnages pittoresques de la série "La vie de Château" 2024 - source image https://www.ecoledeslettres.fr/la-vie-de-chateau-adaptee-en-serie-televisee-analyse-et-pistes-pedagogiques/ Des lieux magiques La petite Casbah a pour décor "Alger la blanche", un lumineux terrain d'aventures pour les enfants tandis que la vie de château a pour cadre le somptueux château de Versailles et ses mystères. De quoi captiver nos jeunes spectateurs ! Des décors somptueux - source image https://www.gebekafilms.com/fiches-films/la-vie-de-chateau/ Table ronde sur les séries à destination de la jeunesse Nous avons ensuite pu assister à la table ronde sur les séries pour la jeunesse. Xavier Kawa Topor de Nef Animation a animé cette table ronde avec Marie de Banville scénariste de la petite Casbah, Nathaliel H'Limi réalisateur et Joseph Jacquet Directeur du développement de l'offre jeunesse France Télévisions. Joseph Jacquet , Marie de Banville, Nathaliel H'Limi, Xavier Kawa-Topor - Photo Clément Martin Les deux séries abordent des sujets graves et sérieux qui ne sont pas a priori destinés au jeune public : • Les tensions inter communautés à Alger en 1955, • et le deuil d'une petite fille qui perd ses parents lors de l'attentat du Bataclan. Les intervenants nous ont raconté le travail intense de création avec ses débats contradictoires pour décider comment évoquer des sujets difficiles auprès du jeune public : • Effleurer les drames mais ne pas les montrer frontalement, • Proposer un univers de complicités et de camaraderies entre jeunes mais également inter générationnels, • Proposer des solutions face à la violence raciste et à la mort. Effleurer le drame : La place de la République après les attentats du Bataclan suggère le drame. source image Gebeka Films dossier de presse Un univers de complicité et de camaraderie dans la petite Casbah - Source image https://www.telerama.fr/enfants/avec-petite-casbah-france-4-raconte-l-algerie-francaise-a-hauteur-d-enfants-7022779.php Après avoir perçu dans cette conférence tant de sollicitude et de travail pour offrir aux enfants un spectacle qui leur est adapté, je ne résiste pas à la tentation de vous raconter une anecdote qui prend place dans l'histoire du cinéma d'animation cette fois-ci. Courte vue ... sur le "dessin animé" ! En 1956 Peter Foldès a réalisé un film sur la bombe atomique "Short Vision". En pleine guerre froide où la compétition spatiale et militaire entre les USA et l'URSS fait rage, la bombe atomique fait peur. Peter Foldès a réalisé ce film pour montrer l'horreur de l'apocalypse nucléaire. Un bombardier approche largue sa bombe et on voit la nature, les animaux, les humains littéralement se dissoudre sous l'effet des radiations. Ce film anxiogène sur l'horreur de la bombe nucléaire n'a bien sûr jamais été destiné aux enfants. Toutefois ce "dessin animé", genre souvent perçu comme destiné uniquement au jeune public a été projeté en prime time à l'époque dans une des émissions familiales à plus grande audience aux USA : le Ed Sullivan show. Les enfants ont vu ce film, l'horreur en face et cette vision cauchemardesque les a marqués générant ainsi une grande polémique ! Pour en savoir plus lire  36 A Short Vision : courte vue et longue portée https://clementmartin75.wixsite.com/cinemadanimation/post/a-short-vision-courte-vue-et-longue-portée . Chers Parents de jeunes enfants, rassurez-vous la programmation jeunesse sur France TV fait l'objet du plus grand sérieux et de la plus grande attention pour le plus grand plaisir de vos enfants ! :-) Ne perdez pas l'occasion de passer ces séries à vos enfants sur la plateforme FranceTV ou sur Okoo. Des films d'animation de qualité, plein d'émotions et des sujets qui font progresser vos enfants tout en les distrayant. Succès garanti ! On peut voir la petite Casbah et la vie de château sur la plateforme France télévisions : • https://www.france.tv/france-4/petite-casbah/ • https://www.france.tv/enfants/six-huit-ans/la-vie-de-chateau/ #festivalnationaldufilmdanimation #lapetitecasbah #laviedechateau #nathalielhlimi #mariedebanville #josephjacquet #xavierkawatopor #francetv #gamcaanimation

  • 110 - Prix André Martin pour un long-métrage : C’est aujourd’hui !

    Affiche du 31e Festival National du film d'animation C’est ce soir lors de la cérémonie des prix du festival national du film d’animation que sera remis le prix André Martin pour un long métrage. Pour pouvoir concourir, les longs-métrages doivent être sortis en salle en 2024 et la part de coproduction française doit être de 20% minimum du budget total. Cette année encore la variété et le nombre de longs métrages en lice témoignent de la vitalité de l’animation française alors que s'installe une certaine morosité économique et budgétaire. Mais quel film va recevoir ce prix pour succéder à “interdit aux chiens et au italiens” d'Alain Ughetto ? La fable écologique "Sauvages" de Claude Barras ? Bande-annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=G4HSQA8z4n4 L’histoire colorée d’une petite fille qui n’est autre que Frida Kahlo avec Hola Frida d'André Kadi et Karine Vezina ? Bande-annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=cmHFNmjo3Pw Les aventures d'un chat fantôme dans "Anzu le chat fantôme" de Yoko Kuno et Nobuhiro Yamashita ? Bande-annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=U4EsLomVT6s Ou celles d'Angelo dans "Angelo dans la forêt mystérieuse" de Vincent Paronnaud et Alexis Ducord ? Bande-annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=JKATEFoigjs d'une orang-outan elle aussi en quête dans la forêt dans "Ozi, La voix de la forêt" de Tim Harper ? Bande-annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=VzpBa97clCQ Ou serait-ce "le parfum d'Irak" d'Alani Feurat et léonard Cohen et ses situations dramatiques que le jury va sentir comme lauréat ? Bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=dJCXOicvimk A moins que ce ne soit une "star" oscarisée avec : Le conte " la plus précieuse des marchandises", le film aux 600 000 entrées en France raconté par Jean-Louis Trintignant à l'aurore de sa vie et réalisé par Michel Hazanavicius Oscar 2012 du meilleur réalisateur pour "The Artist" et qui s'est cette fois-ci attaqué aux défis du cinéma d'animation. Bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=jJ7JkqvnXmk ou le raz de marée félin de "Flow, le chat qui n'avait pas peur de l'eau" de Gints Zilbalodis avec ses 700 000 entrées en France, son succès international, son césar et son oscar 2025 du meilleur film d'animation ? Bande annonce sur https://www.youtube.com/watch?v=vob8AGZM4Wc Ecologie, Histoire, Souvenirs, regard de l'autre ou gentils spectres autant de sujets et de thèmes qui animent ces longs-métrages. Le juré a voté, il est souverain et nous aurons la réponse ce soir. La postérité fera le reste ! 1957 11 24 Le bulletin de Tours 57 no 4 - Merci à Nicolas Thys pour la photo #prixandremartin #festivalnationaldufilmdanimation #afca #gamcaanimation

  • 56 - La grande Arche : Quand le stabile devient mobile

    La Grande arche de Camille Authouart - Image https://www.instagram.com/p/CpnXsWpN6jJ/ Continuons à nous régaler au festival d'Annecy avec cette 5 partie sur les courts métrages français ou co-produit français candidats au prix André Martin. Lundi 9, le programme officielle - court métrage no 1 nous a permis de découvrir la grande arche de Camille Authouart dans la grande salle de Bonlieu. On s'est régalé ! :-) La Grande arche - Réalisation Camille Authouart - France 2023 -11 mn 58 sec Décors : Camille Authouart Voix : Flora Fischbach Montage : Camille Authouart, Albane Du Plessix Son : Mathieu Tiger Musique : Bachar Mar-Khalifé Production : Miyu Productions Distribution : Miyu Distribution Technique : dessin, pastel sur papier, ordinateur 2D La réalisatrice Camille Authouart - Image : https://www.cotecourt.org/film/la-grande-arche Au-delà du caractère minéral, froid et austère de cet ensemble de cathédrales modernes dédié au culte des affaires qu'est le quartier de la Défense à Paris, Camille Authouart nous dresse un portrait dédié à l'intime et à la culture de ce lieu. L'intime part du déménagement de la grand-mère de la réalisatrice qui habitait ce quartier depuis 1959, départ accompagné de la nostalgie des lieux qu'on a fréquenté dans son passé. Pour gommer ce sentiment, la réalisatrice s'est rendu sur les lieux pendant plusieurs semaines pour effectuer des croquis avant de se sentir apaisé. C'est cette histoire d'une jeune femme qui dessine les lieux et d'un SDF de quartier de la grande arche que l'auteur nous conte. Ceux qui ont travaillé dans ce quartier avec tous leurs souvenirs de ballades le midi, de ces lieux si bien connus de leur passé ou leur présent seront conquis par le film qui de coins en recoins débusquent les souvenirs. Pour les autres laissez-vous tranquillement happer par cette belle promenade, la voix off de Flora Fischbach, la musique de Bachar Mar-Khalifé et les sons de Mathieu Tiger achèveront de vous immerger dans ce monde de la grande arche. Les coins et les recoins des promenades sur l'esplanade de la Défense. Image : https://www.instagram.com/p/CpnXsWpN6jJ/ On y trouve bien sûr le tableau obligatoire des masses laborieuses qui sortent du métro pour s'engouffrer dans les tours (on s'appelait les termites :-)). On y trouve également les tableaux abstraits composés par les grandes tours et leurs reflets mais aussi et surtout les œuvres d'art du plus grand musée à ciel ouvert d'Europe. Les masses laborieuses. Image https://www.instagram.com/p/CpnXsWpN6jJ/ Les tableaux abstraits composés par les grandes tours et leurs reflets. Image https://www.miyu.fr/production/la-grande-arche/ Le plus grand musée à ciel ouvert d'Europe Le quartier de La Défense, non content d'être le plus grand pôle économique d’Europe, est également le plus grand musée à ciel ouvert d'Europe avec plus de soixante-dix œuvres d'Art. On y retrouve entre autre des œuvres de Shelomo Selinger, Alexander Calder, Yaacov Agam, Joan Miró, Raymond Moretti ou encore César Baldaccini. Deux personnages fantastiques de Joan Mirò - 1976 - Image https://www.parisladouce.com/2013/04/paris-deux-personnages-fantastiques-de.html Le grand Stabile Rouge ou l'Araignée Rouge C'est avec l'araignée rouge, imposant stabile d'Alexandre Calder installé sur le parvis de la défense en 1976, que la réalisatrice va nous offrir toute la magie du cinéma d'animation quand le stabile devient mobile dans un final surréaliste et poétique. On ne peut alors s'empêcher de penser à Winsor Mckay cinéaste d'animation américain du début du siècle mais aussi auteur de la célèbre bande dessinée "Little Nemo in Slumberland" publiée chaque semaine dans le new York Herald et dans le New York American. "Little Nemo in Slumberland" dans l'épisode du 26 Juillet 1908 - Image https://en.wikipedia.org/wiki/Winsor_McCay Alors suivez le guide et ne vous privez-pas de cette visite plein de charme et de poésie. Encore une pensée pour le jury du prix André-Martin qui décidément cette année va avoir de débats animés ! PS : le 15 06 2026 : On peut maintenant le voir en ligne ! :-) a voir sur https://www.youtube.com/watch?v=SRL4jELEY88 A lire et à voir : https://camilleauthouart.net/ https://lepolyester.com/entretien-avec-camille-authouart/ https://www.fichesducinema.com/2023/06/annecy-2023-rencontre-avec-camille-authouart-realisatrice-du-court-metrage-la-grande-arche/?fbclid=IwAR3geOWCXw9HmWopu1CDRS9UoKjMW9gWJZF07RnB7P_odQDehVHdckQJ4zs

  • La genèse d'Annecy 2 : Des journées pour le cinéma

    Le 5 Janvier 1951, André Martin, Michel Boschet, Pierre Barbin, membres actifs de la nouvelle Fédération Centrale des Ciné-Clubs, envisage l'organisation de manifestations d'un type nouveau, les" Journées Du Cinéma". Il s'agissait d'atteindre ponctuellement l'ensemble du public d'une ville en restituant au Cinéma une couleur et un attrait que des années d'habitudes lui avait fait perdre. Il fallait pour cela un esprit forain et spectaculaire pour captiver un large public. Le 14 Novembre 1951 l'Association "Les Journées du Cinéma » est créée par André Martin, Michel Boschet, Pierre et Gisèle Barbin. La première manifestation a lieu à Versailles dans le fief ciné-clubique de Pierre Barbin. Pour dynamiser ces journées dans un contexte morose de fréquentation des salles de cinéma, il fallait que le cinéma redevienne "exceptionnel". Michel Boschet organise une première exposition invitant les passants à la visiter, des vedettes dédicacent des photographies dans les boulangeries et animent des avants-premières, On y projette des courts-métrages, des films d'animation, des longs-métrages inédits en version originale. André Martin anime les présentations et les débats qui accompagnent ces projections avec verve et passion . Des vedettes de l'époque sont membres du Jury du Concours de Vitrine : Serge Reggiani, Pierre Trabaud, Raymond Bussière et Brigitte Auber. La ville entière prend pendant huit jours les couleurs du cinéma avec ces vitrines décorées sur le thème de tous les cinémas. Photographie collection Geneviève et André martin : Membres du Jury du Concours de Vitrine Cette première est un succès, une audience improbable y découvre un autre cinéma et la presse salut ce succès. Raymond Bussière résume par une simple phrase ce succès à la fin de ces premières journées : "C'est bath quand même, des gens qui aiment leur boulot !" Images collection Geneviève et André martin : Revue de presse des JDC de Versailles dans une brochure des journées du cinéma Le film d'animation Les trois compères continuent à organiser des manifestations dans le cadre du ciné-club de Versailles, à forger leur discours militant sur le cinéma et à projeter des chefs-d'oeuvres en VO, des courts-métrages ... et des films d'animation. Michel Boschet et André Martin publient leur premier manifeste sur le "dessin animé" dans le numéro 6 de la revue "l'âge du cinéma" qui fait la promotion d'un cinéma expérimental et d'avant-garde. Cet article "Dessin animé et pesanteur" restera fondateur pour les deux auteurs. Le discours provocateur et tranché tire à boulet rouge sur le cartoon américain qui domine le dessin animé pour imposer le domaine artistique méconnu de la création par prise de vue image par image et lui donne un nom : le "film d'animation". :-) Le politique, le créatif et le théoricien. Fort de la notoriété grandissante des manifestations organisées par le ciné-club de Versailles, l'activité de ces trois passionnés se structure. Si on schématise, en le simplifiant, le rôle de chacun : Pierre Barbin est le politique qui organise et cherche à développer l'activité en s'appuyant sur les qualités de ses deux plus jeunes équipiers, Michel Boschet le créatif qui dessine, réalise, illustre, organise les expositions, André Martin est le théoricien qui structure et porte le discours de propagande en faveur du cinéma. Pierre Barbin avec l'aide du Centre National de la Cinématographie et du Ministère de l'Industrie monte un projet de promotion du film en France. Politique et subventions obligent , Pierre Barbin, Michel Boschet et André Martin créée l'Association Française pour la Diffusion du Cinéma pour développer ce projet. Les trois compères rassemblent dans le bureau de l'association et dans le comité de patronage des noms prestigieux du monde de arts (Bazin, Cocteau, Leenhardt, ..) et du cinéma ainsi que de la politique. Ils s'installent dans un petit local parisien au 41 avenue de Montaigne d'où ils vont lancer leurs actions commandos pour la promotion du cinéma dans toute la France. Images collection Geneviève et André martin : Brochure des journées du cinéma Manifeste des journées du cinéma Les trois équipiers co-signent une tribune pour la promotion de ces journées pour le cinéma dans le no 22 des Cahiers du Cinéma du mois d'avril 1953. Dans un contexte de désaffection du public pour les salles de cinéma, le trio se penche sur ce "premier malade imaginaire de France" victime d'enjeux industriels et des contraintes du plan Marshall. Les spectateurs ne vont plus au cinéma ? Qu'à cela ne tienne c'est le cinéma qui va aller au spectateurs ! Ils vont projeter McLaren à la sortie des usines, Alexandre Nevsky au pied des murailles, sortir Stroheim, Renoir et Alexeieff des oubliettes, offrir des chefs d'oeuvre à l'audience qu'ils méritent. Images collection Geneviève et André martin : Couverture des Cahiers du cinéma no 22 Huit jours durant les journées du cinéma comble la vie d'une ville de province avec celle du cinéma. La ville de Troye ouvre ce bal des bobines et valse avec le cinéma. Image collection Geneviève et André martin : Affiche des journées du cinéma de Troye réalisée par Michel Boschet. Les JDC projettent des films à la rencontre d'un public populaire dans toutes la ville à l'aide d'une camionnette qui sert de moyen de projections itinérant. André Martin fait le show, pédagogue et captive l'auditoire avec un cinéma spectaculaire ! Michel Boschet harangue les passants pour les inciter à visiter l'exposition des journées du cinéma et découvrir un monde qui leur est inconnu. Pierre Barbin veille sur l'organisation et sur la participation des notables locaux. Les vitrines des magasins sont décorés en l'honneur du cinéma dans le cadre d'un concours de vitrines, on élit Miss Cinéma ! La ville entière est envahie par le cinéma . C'est un succès, les salles de projections sont pleines de spectateurs qui découvrent avec enchantement un autre cinéma. Photographie collection Geneviève et André martin : 1 André Martin faisant son boniment devant une camionnette Citroen H1 qui servait à faire des projections ambulantes au milieu du public des villes visitées. En haut à gauche en costume croisé -cravate : Pierre Barbin. 2 Couverture brochure de l'exposition des JDC : "le Cinéma vous attend". Les journées sont lancées et nos trois hérauts parcourent la France : Angers, Toulouse, Carcassone, Valence en 1953, Aix en Provence, Toulon, Nevers, Strasbourg en 1954. Fontainebleau, Nantes, Cannes, Annecy en 1955 La France entière découvre Begon dull care de Mclaren (Canada 1949) , le deuxième film d'un jeune cinéaste italien, ancien assistant de Rosselini, I Vitelloni de Frederico Fellini (Italie 1953), le premier film d'une jeune photographe : "La Pointe Courte" d'Agnès Varda (France 1955) des chefs d'oeuvre en VO comme Alexandre Nevsky d'Eisentstein (URSS 1938). L'équipe s'étoffe Raymond Maillet, copain de régiment de Michel Boschet, Fabienne et Edouard Chamard , rejoignent également l'équipe. Image collection Geneviève et André martin : Edouard Chamard et André Martin au JDC de Nevers. André Martin et Michel Boschet ont maintenant rodé leur numéro forain qui enchante les spectateurs. Au Spectacle du cinéma d’animation s’ajoute les démonstrations cabotines et irrévérencieuses des deux compères. François Truffaut dans un court article dans les cahiers du cinéma repris dans le bulletin des journées du cinéma de fin 1954 souligne l’intérêt des présentations d’AM et MB : « En soirée, c’est un festival de dessin-animés. Chaque bande est présentée par André Martin et Michel Boschet; comme nos amis ne sont pas de ceux qui conférencient, ils ont mis au point un étonnant numéro au cours duquel ils sautent, tombent, dansent en un mot : s’animent. J’ai le sentiment d’assister à quelque chose comme l’éclatement de la critique. Il ne suffit plus d’écrire ou parler sur le Cinéma, il faut citer les images … Bref, tout cela est passionnant et, de ce numéro où l’influence des frères Marx est visible, on retire l’impression d’une chose plus sérieuse, plus intelligente, plus fructueuse enfin qu’une conférence d’Henri Agel. » Image collection Geneviève et André martin : 14 décembre 1956 - Dauphiné Libéré Illustration de l’article Le tour du monde de l’Animation , le spectacle le plus couru depuis l’ouverture des journées du cinéma. (Valence) Dans une France où la fréquentation des salles de cinéma est inférieure aux pays limitrophes, les directeurs de salles ravis accueillent les bras ouverts l’équipes des journées et constatent une augmentation da la fréquentation des salles entre 5% et 20% suivant les villes visitées. Les journées publient ces statistiques dans leur bulletin comme un trophée du résultat de leurs actions. La presse parisienne applaudit le succès des Journées. François Truffaut dans Arts note « Où passe la jeune équipe de ces journées, l’herbe ne repousse plus entre les rangées de fauteuil. » Image collection Geneviève et André martin : Carte de voeux des JDC 1955 La jeune équipe ne s'arrête pas là et innove encore et crée le festival de Tours (1955-1972) qui ne présente "que des courts-métrages" avec une programmation ouverte à tous les genres de films documentaire, fiction, expérimental et à l'animation. Image : La chaîne de bobines au cinéma Olympia à Tours ©AD37 Mais y a deux villes particulières où passe le cortège forain du cinéma des journées en 1955, Annecy et Cannes, qui vont profondément influencer la suite des évènements. Annecy Passionné de cinéma dès sa jeunesse, Henry Moret est l'un des fondateurs du ciné-club d'Annecy en 1945. Juré au festival de Cannes en 1946, il déploie sa passion au sein du ciné-club d'Annecy, rejoint par Georges Gondran. Ce ciné- club devient l'un des plus importants de France et franchira la barre des 1000 adhérents en 1957. En 1955, les Journées Du Cinéma s'arrêtent à Annecy pour la première fois. Ce passage est resté mémorable pour ces deux autres passionnés du cinéma. L'équipe des JDC y a présenté La Strada de Fellini en première française ... et un panorama international du cinéma d'animation qui pour beaucoup sont une révélation. Ce passage ne restera pas sans suite ... Photographie Musée d'Annecy : 1955 Journées du cinéma Annecy - projection du « Petit Soldat » (1947) de Paul Grimault Cannes : la plus internationale des villes de province du cinéma. André Martin écrit maintenant régulièrement dans les Cahiers du Cinéma sur Fellini, les Marx Brothers, Buster Keaton, Mclaren et beaucoup d'autres. Depuis 1953, André Martin dispose d'une accréditation en tant que journaliste aux Cahiers du Cinéma et se rend au festival de Cannes. Il rend compte des films d'animation projetés (voir Cahiers du Cinéma no 25 et 36) . En  1955, à l'occasion des 50 ans du cinéma - La Sortie de l'usine Lumière à Lyon a été réalisé en 1895 -, les JDC organisent une exposition sur les pionniers de l'animation. Un peu provocateur, cet hommage aux pionniers du Film d'Animation et situent les origines du Cinéma en 1892 avec la projection des Pantomimes lumineuses d'Emile Reynaud. Les différentes phases du mouvement sont peintes sur une bande souple qui annonce la pellicule de cinéma. Le Cinéma de synthèse a précédé "le Cinéma", ce cinéma d'analyse et d'enregistrement qui capture le réel. Images collection Geneviève et André martin : Hommage aux pionniers du Film d'Animation le 6 mai 1955 André Martin à la plage à Cannes en pleine lecture bien sûr ! Fac-similé d'une affiche Pantomimes lumineuses de 1892 datant de 1929. Coïncidence ou Corrélation avec cet hommage et  la présence d'AM déjà héraut de l'animation, Norman McLaren réalisateur de l'Office National du Film du Canada, obtient la palme d'or pour son court-métrage "Blinkity Blank" : "Un cinéma des limites pour oeil passionné et athlétique" (André martin in les Cahiers du Cinéma no 46- avril 55 - Le petit journal du cinéma.) Image : Blinkity Blank : https://www.cinematheque.fr/film/58563.html La suite au prochaine épisode, La genèse d'Annecy 3 : "Des journées Internationales pour le Cinéma d'animation".

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